Alors… J'en suis la première étonnée : après tout ce temps, voici un nouveau chapitre ! Ron et Drago m'ont fait un peu (beaucoup) payer la position incongrue dans laquelle je les ai mis en étant aussi peu coopératifs que possible, mais cette fois, on y est ! On y va pour les politesses /warning and co ?

Disclaimer : Je ne suis pas J. K. Rowling (dommage) et la saga Harry Potter ne m'appartient pas.

Warning : Attention : chapitre où deux mecs concluent (ensemble). Donc on est dans du rating M. Par ailleurs, cette relation implique la soumission de l'un des personnages. C'est une relation complètement consentie et assumée des deux côtés, mais c'est un texte de FICTION, qui n'est ABSOLUMENT PAS représentatif ni du sexe gay, ni des relations sexuelles en général.

Merci de tenir compte des avertissements : si vous êtes trop jeune ou que l'idée de deux hommes ensemble vous gêne, restez-en là.

Toujours impossible de poster une réponse aux review depuis mon profil, donc je profite de ce chapitre pour remercier ceux qui ont posté un com' sur les chapitres précédents ! Plus généralement, merci à tous les lecteurs qui passent par là !

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Ses yeux s'agrandirent, fascinés, tandis qu'il découvrait ce que son amant lui avait réservé.

Le mur blanc devant lui venait de se fendre, s'ouvrant en une mince ligne brillante qui s'élargissait lentement et Drago se fit brièvement la réflexion que c'était la première fois qu'il admirait un mécanisme moldu. Et puis il ne pensa plus à rien, parce que la cloison venait de s'effacer complètement le spectacle qu'elle révélait lui arracha un gémissement qui se répercuta dans la pièce silencieuse.

Le mur dissimulait en fait un vaste miroir. Et Drago, éperdu, sentit ses yeux s'écarquiller tandis qu'il découvrait son reflet.

Ses cheveux clairs en bataille, sa peau rougie par endroit et comme napée de sueur, et même le sexe gonflé, impudique et tendu contre son ventre pâle, il s'y attendait. Mais le reste…

-Magnifique, n'est-ce pas ?

La voix grondante roulait sur sa peau comme une caresse et Drago s'arqua sans vergogne contre le corps derrière lui. Ron était tendu, un univers de muscles durs, noueux, raidis par une attention avide, presque animale. Il le bouffait ouvertement des yeux dans le miroir et dans ce regard, c'était comme si le Serpentard se redécouvrait une seconde fois – sa silhouette mince, mais droite, altière jusque dans ses liens, le menton levé, et ses yeux gris, grand ouverts, au regard avide...

Depuis combien de temps n'avait-il pas ressemblé à ça ?

Après la bataille finale ?

Avant la guerre ?

Jamais peut-être...

Quelque chose dans la posture tendue rappelait l'adolescent dédaigneux qu'il avait été, mais cette lueur dans son regard - cette flamme, cette envie - n'avait jamais brillé dans les yeux du Drago d'avant-guerre.

Alors Ron avait eu raison, finalement… Raison d'y croire, de se battre, de vouloir à toute force aller le chercher parmi les ombres qui le hantaient.

Le Gryffondor avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour le ramener… Et il avait réussi.

Non, songea Drago dans un sursaut de révolte.

Ils avaient réussi.

Et soudain, c'était comme si les scories de la guerre s'écartaient, lui ouvrant un chemin qu'il n'aurait jamais cru possible d'emprunter.

Pour la première fois depuis le début de leur séance, il se redressa, affrontant délibérément le regard bleu fixé sur lui dans le miroir.

-Détache-moi.

Le Gryffondor sursauta, conscient que ses doigts venaient de se crisper durement sur les hanches nues du jeune Sang-Pur, mais incapable de se maîtriser.

Il connaissait la voix de Drago. Dans le plaisir ou la douleur, il l'avait écoutée – savourée- des dizaines de fois. Et Merlin lui pardonne, il en chérissait chaque nuance.

Mais jamais il ne l'avait entendue résonner ainsi… Avec détermination, avec calme.

Comme celle d'un homme sûr de lui-même et de ses choix.

Celle d'un homme libre...

Cette voix, c'était celle qu'il rêvait d'entendre depuis des mois. Alors ce n'était sûrement pas si grave si chacun des mots prononcés par le Serpentard venait de se planter au fond de son ventre avec la précision d'un Doloris...

Drago voulait qu'il le libère ? Il allait le faire.

Il prit son temps, cependant. Ses mains glissèrent le long des bras tendus, les paumes ouvertes, caressantes, et lorsqu'elles atteignirent les entraves de cuir, la chair soyeuse, contre sa peau, était couverte de frisson. La nuque appuyée contre son épaule, le jeune Sang-Pur avait refermé les yeux. Le corps était détendu, chaud et vivant contre le sien et Ron dut se forcer à ignorer le besoin lancinant qui lui tordait le ventre tandis qu'il dénouait méthodiquement un lien après l'autre. Finalement, le jeune Sang-Pur se retrouva libre Ron allait s'écarter, mais son regard, comme aimanté, se perdit une dernière fois dans le miroir… Et l'éclair gris qu'il croisa lui arracha un brusque sursaut.

-Reste.

La voix de Drago était délicieusement brisée, éraillée par ses cris… Des cris que Ron lui avait arrachés, pièce par pièce, et le mélange de fragilité et de détermination qui vibrait dans la voix du Serpentard envoya un éclair de désir pur au creux de son aine.

-Qu'est-ce que tu veux, Drago ? souffla-t-il.

Dans les profondeurs du miroir, le regard gris s'élargit encore, brûlant et affamé.

-Toi… C'est toi que je veux.

L'effort que fit Ron à ce moment-là pour rester impassible faillit lui couper le souffle. Mais il avait fait une promesse, et il comptait bien la tenir. Il se contenta donc de hocher la tête.

-Sur le lit alors. Tu connais la position.

A ce stade, il ne maîtrisait plus sa voix rauque, saturée d'envie : les mots claquèrent comme un coup de fouet dans le silence de la pièce. Drago frémit de la tête aux pieds. Ron, qui ne le quittait pas des yeux, savoura à leur juste valeur la façon dont les dents blanches et parfaites entamaient la pulpe de sa lèvre...Et plus encore, l'immobilité du Serpentard. Bon sang, il pouvait presque le sentir vibrer sous sa peau… Mais Drago ne bougeait pas d'un pouce. Le Gryffondor étira un sourire de loup, conscient que cette immobilité ne pouvait signifier qu'une seule chose : Malefoy était de retour, prêt à sortir les crocs… Prêt à se battre. Alors oui, c'était la fin, pour eux…

Mais cette fin ouvrait la porte au désir féroce qui consumait Ron, et il allait en savourer chaque seconde.

Lorsque Drago finit par bouger, Ron serra les poings à s'en faire mal. Il luttait pour rester immobile, pour lui laisser le choix jusqu'au bout mais par Merlin… La vision de cet homme entièrement nu qui marchait vers son lit sans le lâcher des yeux menaçait de le faire jouir sur place. Il prenait tout son temps et Ron se repaissait de chaque détail -le jeu doux des muscles longs sous la peau crémeuse, luisante de sueur, la façon dont les marques de cravache semblaient danser à chaque mouvement – SES marques, rouges et brûlantes, bien visibles dans la lumière dorée de cette fin d'après-midi, et, entre les cuisses tendues, magnifiques, le bref éclair qui transparaissait à chaque pas -l'anneau que le Serpentard portait toujours, pour lui, et qui tenait son plaisir en laisse.

Drago escalada l'imposant lit à baldaquin, s'agenouillant en silence sur les draps ouverts. Puis il tourna la tête vers lui… Et, juste comme ça, la réserve du Gryffondor explosa.

Il fut contre le meuble en une seconde, ses doigts plongeant sans douceur dans la chevelure claire en désordre. Ses lèvres percutèrent durement celles, rouges et gonflées, du Serpentard. Ron s'entendit gémir. C'était un baiser plein d'envie, presque violent, mais Drago le suivit aussitôt sa langue délicieuse s'enroula autour de la sienne, poussant, dévorant -alors Ron répondit avec plus de fougue encore. Sa poigne se resserra sans pitié tandis qu'il explorait chaque centimètre de cette bouche affamée. Drago gémissait ouvertement, lui aussi, et ces sons mouillés qui ricochaient sur sa peau entre deux baisers le rendaient féroce. L'angle aigu de la mâchoire, la ligne du cou, le creux doux, près de l'épaule…Par Merlin, comme il le voulait… Il le désirait à en crever.

Et Drago allait partir.

Mais il lui restait ces quelques instants -quelques heures tout au plus- ces moments où il tenait contre lui, où il l'embrassait, et dans ces minutes là, Drago était à lui. Un grognement impatient lui échappa et il le tira contre lui, peau contre peau, sa poitrine collée au dos nu et humide du Serpentard. Malfoy suivit le mouvement sans moufter et le son qui tomba de ses lèvres lorsque sa peau striée de coups vint frotter contre le jean que son amant portait toujours n'avait pas grand-chose à voir avec un cri de douleur.

-Regarde, souffla Ron à son oreille.

Le regard gris accrocha le sien dans le miroir. Ron cala son menton dans le creux de son cou et sourit à leur reflet. A genoux entre les draps froissés, les pommettes en feu, les lèvres entre-ouvertes, Drago était l'image même du désir inassouvi. Il affrontait le spectacle de sa propre soumission avec cette confiance qu'ils avaient bâtie ensemble et le Gryffondor se sentit durcir encore. Sa paume voyagea sur la peau chaude du ventre, descendant plus bas, toujours plus bas…

-Putain !

Drago se cambra presque désespérément, mais en vain : la main qui le caressait venait d'éviter sciemment son sexe dressé. Elle s'égara entre ses cuisses, tentatrice, jouant avec son désir et il perdit son souffle à la suivre, ondulant au rythme des doigts qui l'exploraient. La prise sur sa nuque se resserra, une poussée douce, continue, implacable qui lui tira un gémissement de délice et il laissa Ron l'amener où il le voulait. A cet instant, il se foutait bien de se retrouver à quatre pattes dans ce lit, nu et plus vulnérable qu'il n'avait jamais été : il ne s'était jamais senti autant en sécurité et les mots glissèrent de ses lèvres sans effort :

-Prends-moi.

Le mouvement brutal qui lui répondit lui arracha un gémissement de protestation mais Ron s'en fichait complètement : à ce stade, il tremblait tellement de désir qu'il arracha pratiquement la porte de la table de nuit pour récupérer l'huile dont il avait besoin. Propulsé par le même geste brusque, son jean vola à travers la pièce. Il n'avait pas encore touché le parquet que Ron reprenait le Serpentard dans ses bras. Lorsque son érection vint se nicher entre les globes rougis, le gémissement de Drago vibra littéralement de soulagement. Il tourna la tête, ses doigts s'agrippèrent à sa nuque, tirant le Gryffondor vers lui. Ron se plaqua contre son dos, laissant le Serpentard lui ravager la bouche. Ils échangèrent un baiser vertigineux, avide et bâclé qui s'acheva en une plainte haletante :

-Dépêche-toi, bordel !

Ron faillit ne pas reconnaître son propre rire, guttural, presque épuisé.

-Impatient…

L'instant d'après, il refermait une main possessive sur les fesses marquée, creusant cet espace entre elles, doux, incroyablement soyeux, qui l'attendait. Une poussée, deux… Drago gémit encore. Le contraste entre la brûlure des coups de cravache et la sensation vertigineuse de l'intrusion le rendait dingue. Il en voulait plus, encore plus, et Ron, ce merveilleux salopard, le savait, le sentait. Il aurait pu l'ouvrir d'un simple sort de lubrification… Mais il ne le faisait jamais. Quand ils étaient ensemble de cette façon-là, rien ne s'interposait rentre leur deux corps, pas même la magie.

-Ron…

-Je suis là.

Et c'était vrai. Ron l'avait rejoint sur le lit. Sur lui, autour de lui, en lui… Il était partout, l'enveloppant de tout son corps, sa poitrine contre son dos, sa bouche dans son cou, ses mains liées aux siennes et lorsqu'enfin il le prit, Drago cria. Ron pénétrait son corps comme il avait envahi sa vie, d'un mouvement implacable, sans rémission c'était bon, accablant comme une vague et le Serpentard se repoussa aussitôt contre lui parce que c'était exactement ce qu'il voulait -cette force, cette confiance totale entre eux. Ron ne l'avait jamais traité comme une petite chose fragile et cette fois-ci ne fit pas exception : il instaura immédiatement le rythme dur dont ils avaient tous les deux besoin. Drago lui rendait coup pour coup, ondulant sans vergogne à chaque poussée brutale. Les mains de Ron étaient partout sur lui, possessives, brûlantes, faisant crépiter la moindre de ses terminaison nerveuses. Sa peau déjà humide se couvrit de sueur et il cria de plaisir en sentant Weasley laper son cou avec une avidité presque sauvage. Son sexe prisonnier le torturait, ses membres tremblaient, chaque toucher, chaque caresse, chaque baiser le poussait davantage vers la folie...

-Ron !

Cette fois, sa voix dérailla pour de bon, mais il s'en fichait : le bras qui le tenait venait de le redresser brutalement. Plaqué contre un corps noueux, possédé jusqu'à la garde, Drago eut juste le temps de croiser une dernière fois les prunelles dévorantes fixées sur lui. Et puis la main de Ron se referma sur son sexe dressé, un effleurement ridiculement léger suffit à relâcher l'anneau d'or qu'il portait et sous la caresse enveloppante de cette paume, l'orgasme qui couvait dans son ventre s'abattit sur lui avec l'intensité d'une tornade.

Il cria. Il cria le plaisir qu'il avait tant attendu et qui le dévorait enfin. Quelque part à un certain niveau, il avait vaguement conscience des mots qui jaillissait de ses lèvres -un mélange confus de louanges et de supplications où le prénom de Ron revenait comme une prière- mais il n'aurait pas pu se taire, même si sa vie en avait dépendu. Son corps, son corps affamé, libre et avide, se tordait entre les bras qui ne l'avaient pas lâché il s'abandonna aux vagues qui se succédaient, chevauchant chaque glorieuse réplique de plaisir jusqu'à sentir Ron jouir sans retenue au fond de son corps avec un grognement étranglé. Le Gryffondor s'effondra presque sur lui et tout s'assombrit tandis qu'ils basculaient ensemble.

Quelque chose le touchait, passait et repassait sur son corps. C'était agréable, doux, chaud... Encore étourdi par son orgasme, Drago se tendit pourtant vers la caresse, inspirant avec gratitude l'odeur familière de lavande qui l'enveloppait. Le mouvement sur sa peau ne s'interrompit pas, mais un rire amusé résonna, le poussant à ouvrir les yeux malgré sa fatigue.

Il devait être tard le crépuscule baignait la chambre d'une ombre bleue. Agenouillé près de lui sur le drap, Ron le nettoyait à l'aide d'une serviette humide. Il était toujours nu et Drago plissa les yeux, savourant le spectacle des longs muscles qui se tendaient et se relâchaient au gré de ses mouvements. Ron lui dédia un regard complice et le Serpentard vit ses lèvres se retrousser en un sourire étonnamment doux mais il ne dit rien, se contentant de poursuivre sa tâche. Sous le toucher attentif qui parcourait chaque centimètre de son corps, effaçant la sueur et le sperme qui maculaient sa peau, Drago sentit ses muscles déjà relâchés s'alourdir encore, mais un claquement bien connu le retint juste au bord du sommeil rouvrant des yeux qu'il n'avait pas conscience d'avoir fermés, il croisa le regard de Ron, penché sur lui avec un flacon qu'il connaissait bien et secoua la tête.

-Non.

Pour la première fois ce soir-là, le Gryffondor fronça les sourcils. Ron suspendit son geste mais Drago vit briller une réelle incertitude dans le regard qui l'étudiait.

-Tu es sûr ?

Oh oui, il l'était… Drago connaissait le baume que Ron lui proposait : son amant l'avait déjà utilisé plusieurs fois lors de séances particulièrement… Vives. Il savait qu'au contact de cette pommade translucide à la fraîche odeur de menthe, la brûlure cuisante de ses fesses disparaîtrait en un clin d'œil.

Et cela, Drago ne le voulait à aucun prix.

C'était leur dernière fois… C'était terminé, entre eux. Et par Merlin, il allait trouver un moyen de surmonter ça, d'avancer malgré tout.

Mais ça ne voulait pas dire qu'il n'aurait pas besoin de chaque parcelle de ce que Weasley lui avait offert entre ces murs pour y parvenir.

Sa réflexion devait se lire sur son visage, car Ron finit par hocher doucement la tête. Il reposa le flacon et Drago se détendit tout à fait. La fatigue pesait à nouveau et cette fois, il ne résista pas, cédant au sommeil qui alourdissait ses paupières. Il eut vaguement conscience des mouvements de Ron à ses côtés, le bras solide qui l'attirait contre le corps tiède et rassurant, le drap frais qui retombait sur eux… Puis tout s'abolit et pour la première fois depuis des jours, il sombra dans un repos sans rêves.

Lorsque le soleil qui baignait la pièce gagna le lit où il reposait, Ron se contenta de se retourner et de s'enterrer plus profondément sous les couvertures. Il était réveillé, pourtant, mais un rapide regard jeté sur la pièce silencieuse lui avait appris tout ce qu'il voulait savoir et il enfouit son visage dans l'oreiller pour ne pas affronter le fait que Drago l'avait quitté.