Chapitre 15 – La bataille des quatre maisons

Pour cette rentrée, l'heure d'étude débuta silencieusement, les fantômes des maisons s'étaient rassemblés près de l'entrée et saluaient chaque nouvel arrivant. La grande horloge de l'entrée faisait raisonner les quarts d'heure dans cette atmosphère studieuse. Trois professeurs surveillaient le réfectoire, Amalia et Rogue qui longeaient les tables pour vérifier le travail des étudiants, Flitwick perché sur une chaise corrigeait des copies sous le regard inquiet de ses élèves. Ombrage avait rapidement pris la peine de rappeler aux enseignants sa surveillance accrue afin d'assurer que les règles de savoir-être soient toujours respectées en ce début d'année. Il était donc toujours difficile pour Amalia de parler à Rogue pour lui demander si Harry progressait en Occlumancie et ce dernier paraissait l'éviter. N'ayant pas de nouvelle de Sirius dans ce sens, elle espérait que tout se déroule sans encombre. Petit à petit, la jeune femme s'approcha de la table des Serpentard et leur directeur ne s'en rendit compte qu'au moment où des chuchotements mêlés à des ricanements rompirent le calme de la Grande Salle.

- Bonsoir Professeur, j'espère que vous avez passé d'excellentes vacances, lui lança-t-elle avec un sourire en coin.

- Excellentes est le mot exact, répliqua-t-il d'une voix lugubre, bien conscient que ses élèves écoutaient l'échange.

- J'en suis ravie pour vous. Seriez-vous disposé à jeter un œil à cet ouvrage et me dire s'il correspond bien au manuel…

- Hum hum !

Sortie de nulle part, la Grande Inquisitrice s'avança dans le réfectoire vers les deux enseignants, prête à renouveler ses recommandations sur la nature des échanges que devaient avoir les adultes entre eux à Poudlard. Amalia ne l'attendit pas, elle fila prendre place à la table des professeurs et se plongea sur le livre qu'elle tenait entre ses mains. En relevant un œil, elle constata qu'un des élèves de Serpentard s'agitait, son professeur d'Histoire eut alors une idée et attendit qu'Ombrage passe tout près.

- Mr. Moore, venez ici je vous prie !

Le garçon bondit sur la chaise et se tourna vers Amalia, l'air tétanisé. Une fois face à elle, il baissa le menton.

- Mr. Moore, votre dernier devoir était catastrophique. La Grande Inquisitrice m'a sommée d'être plus sévère avec les élèves dans votre cas.

Ombrage avait cette expression béate de petite fille sage, enchantée d'être écoutée.

- N'étant pas autorisée à vous mettre en retenue pour ce motif, vous allez porter ce message à votre directeur qui avisera.

Elle rédigea une missive courte et la tendit à l'élève, puis croisa les mains sous son menton, demeurant aux aguets. L'élève de Serpentard remit le courrier à Rogue en lui expliquant la raison. Il l'ouvrit et lu « Bonsoir mon prince, tu sais que mon lit est bien froid sans toi ? »

Il rougit et lui lança un regard scandalisé avant d'attendre qu'Ombrage tourne vers la rangée des Serdaigle. Il saisit une plume et du parchemin au nez d'un élève, sa main survola la feuille qu'il plia et remit d'un air furieux à l'étudiant. Timidement, le blondinet revint vers Amalia pour apporter la réponse, persuadé qu'il allait recevoir une punition mémorable.

« Ah ? Black ne s'est pas empressé de me remplacer ? Il n'apprécie peut-être pas de passer après moi ? »

Amalia retint un rire et réfléchit quelques minutes à sa réponse.

« C'est difficile de passer après la perfection, non ? Maintenant que je t'ai fait sourire, dis-moi comment se passent les rattrapages en potion de Mr. Potter ? »

L'étudiant continua à faire la navette sans relever la tête, dans l'attente de la sanction. Amalia observa la réaction de son collègue, lorsqu'il se dérida en lisant ses mots elle lui adressa un clin d'œil discret. Ombrage vadrouillait dans les allées et commença à se douter de quelque chose. La réponse était sans équivoque.

« Aussi mauvais qu'en cours de potion. L'ego surdimensionné de son père, l'arrogance de son parrain. Il n'y a rien à en tirer ! Et cesse la flatterie, cela ne fonctionne pas sur moi »

- Hum hum ! Ombrage venait de passer derrière Amalia qui surprise, sursauta. Professeur Richards, puis-je savoir quelle est la décision du Professeur Rogue concernant cet élève ? Ou sa punition consiste à vous servir de hibou ?

- Excellente question Professeur Ombrage, je ne parviens pas à relire l'écriture scandaleusement étriquée du Professeur Rogue !

- Dans ce cas, donnez-moi le mot ! Au Ministère j'ai vu passer plus d'un courrier, je suis une experte en pattes de mouche !

Amalia n'avait pas anticipé cette partie de son plan, elle hésita, le papier toujours à la main. Soudain, le parchemin brûla, Rogue s'était levé et pointait sa baguette en direction de l'emplacement où était quelques instants plus tôt le petit mot.

- Je disais au Professeur Richards que si mes élèves sont si mauvais dans sa matière, elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même et qu'il n'est pas question qu'elle gâche le précieux temps libre d'un des membres de l'équipe de Quidditch de Serpentard. Si j'étais mesquin, j'en viendrai presque à penser qu'elle le fait exprès pour nous déstabiliser dans la Coupe des quatre maisons.

Amalia lui adressa un regard noir.

- Oh, je suis certaine que le Professeur Richards ne prendrait pas le risque de défavoriser aussi clairement une des maisons de Poudlard, n'est-ce pas ?

Le double menton d'Ombrage se crispa et ses doigts boudinés s'agitaient sur sa baguette.

- Bien sûr que non ! Le Professeur Rogue se fait une nouvelle fois des idées, conclut la jeune femme en tournant les talons pour reprendre sa place à table. Flitwick ne put se retenir de commenter.

- La lune de miel est terminée entre vous apparemment !

- Aaarh ! Arrêtez Filius, vous allez m'attirer des ennuis ! souffla Amalia d'un air courroucé.

oOo

Le jeudi matin, la neige recouvrait tout le parc d'un épais manteau blanc. Hagrid s'employait à déblayer les chemins menant au château avec tellement de minutie pour impressionner la Grande Inquisitrice, qu'on aurait dit qu'un mur de verre entourait chaque sentier courant vers les serres. A la récréation de l'après-midi, les derniers flocons avaient laissé place à un ciel clair et ensoleillé où les rayons faisaient scintiller les cristaux gelés. Le Saule Cogneur au milieu de la pelouse se débarrassait de la couche de neige avec les quelques feuilles qui lui restaient encore.

Amalia surveillait les élèves dans le parc en compagnie de McGonagall et de Flitwick, leur sujet de commérage était toujours Ombrage et la mise à l'épreuve qu'elle avait adressée à Hagrid. Le professeur Chourave venait des serres, ses grosses moufles sur les mains et le nez rougit par le froid, elle se joignit à eux pour pester contre la dernière lubie de la Grande Inquisitrice sur l'approvisionnement de certains plants. Rogue pour sa part, était remonté des cachots, un courrier à la main et se dirigeait vers la volière. Il contourna soigneusement ses collègues pour éviter les remarques d'Amalia sur son comportement de la veille. Elle suivit des yeux la silhouette noire qui se détachait du paysage maculé de blanc et eut subitement une idée pour se venger.

- BATAILLE DE BOULES DE NEIGE ! s'écria-t-elle en courant dans le parc vers les élèves.

Quelques étudiants de Gryffondor l'avaient rejoint pour former un mur de glace et une quantité raisonnable de boules de neige. Ils visaient en priorité les Serpentard mais tout ce qui ne portait pas les couleurs rouges et or recevaient une salve de projectiles. Hébétés, les cibles regardaient leurs directeurs de maison qui après une brève hésitation, se mêlèrent à la bataille. McGonagall suivit Amalia dans son abris improvisé pendant que Chourave et Flitwick organisaient leurs propres rangs.

Au milieu du parc, Rogue observait ses élèves se faire littéralement battre par les trois maisons alliées contre les Serpentard. D'abord avec les bras croisés et sans prendre part, puis, voyant la défaite arriver, il s'employa à donner des ordres aux participants. Amalia ne résista pas à l'envie de le canarder, à couvert, ceux qui avaient le malheur de sortir de leur cachette pour participer à la plus grande et plus mémorable bataille de boules de neige qu'ait connu Poudlard. Les projectiles glacés passaient de l'un à l'autre des camps avec des éclats de rire et des hurlements lorsque la neige glissait à l'intérieur des capes, Amalia organisait ses troupes pendant que Minerva ensorcelait un bonhomme de neige qui lançait à un rythme soutenu les munitions que les Gryffondor lui avaient façonné. Le professeur Flitwick usait de ses talents dans sa matière pour animer des golems de glace, qui alignés, formaient un front solide et presque hermétique aux projectiles de leurs assaillants. Les Poufsouffle s'étaient enterrés dans un amas de branchages, de neige et de cailloux : leur tactique consistait à se cacher et à attendre que les adversaires reforment des boules pour les bombarder à leur tour. Le professeur Chourave les encourageait d'une voix forte et riait aux larmes dès qu'elle se faisait toucher. Enfin, les Serpentard avaient connu le plus de défections, profitant trop tardivement des conseils de leur directeur. Certains élèves ayant abandonné regardaient de loin leurs camarades livrer bataille, commentant chaque action comme un match de Quidditch.

Les cris et les rires avaient envahis le parc, les boules de neige inondaient le ciel bleu d'un nuage blanc comme si de la grêle tombait à profusion. Depuis le château, Hagrid appuyé sur sa pelle, encourageait les élèves cependant les directeurs étaient plus déchaînés encore, de vieux comptes se réglaient dans une compétition féroce mais joviale. Harry et Hermione s'amusaient comme des fous pendant que Ron leur tendait des munitions. Les cheveux clairs de Luna se fondaient dans le paysage, seule la présence de Ginny à sa gauche trahissait leur position.

- Hé ! Ta sœur aide les Serdaigle, Ron ! hurla Neville qui s'était rarement autant amusé dans la neige.

- Ah ! Dommage que Fred et George n'aient pas encore terminé leur prototype de Bombabouse Glacée ! répondit-il en évitant de peu un projectile.

- Ils sont où d'ailleurs ? s'enquit Harry en essuyant la neige qu'il avait reçu sur la tête.

Pourtant, sans raison apparente, les élèves en vert et argent s'enfuirent vers les serres et au-delà du parc sans demander leurs restes, récoltant une décharge enneigée sur leurs capes noires. En relevant les yeux, Amalia comprit ce qui les avait alertés : postés derrière Hagrid, Rusard et sa chatte les observaient, un rictus mauvais se dessinait sur le visage du concierge. Cela ne pouvait annoncer qu'une chose qui se confirma instantanément.

La forme ronde et rose bonbon si caractéristique se présenta en haut des marches conduisant au château. Elle surplombait le champ de bataille et toisait tel un rapace tous les visages tournés vers elle. Les participants semblaient s'être figés dans leurs mouvements, une boule de neige dans une main prête à partir. Le silence s'installa et tous attendaient une réaction de la part de leurs directeurs. McGonagall se releva la première, mit un terme à son maléfice et balaya la neige de sa cape avant de rejoindre les marches, le menton en l'air.

- Bonjour Professeur Ombrage, belle journée n'est-ce pas ?

Et elle continua son chemin l'air de rien vers sa salle de cours au moment où la cloche retentit. Flitwick et Chourave l'imitèrent suivis de près par les élèves de leurs maisons. La Grande Inquisitrice fulminait, pourtant il lui était impossible de réprimander les étudiants puisqu'ils avaient agi avec la complicité de leurs directeurs.

oOo

Au dîner, les conversations allèrent de bon train sur cet événement hivernal. Personne n'aurait pu accorder à une maison en particulier la victoire finale mais tous étaient d'accord pour affirmer qu'il était nécessaire d'inclure cette animation dans les traditions perpétuelles de Poudlard. Les fantômes se mêlèrent à la discussion particulièrement agitée à la table des professeurs sous le regard amusé de Dumbledore. Ombrage se leva en poussant bruyamment sa chaise en signe de mécontentement et n'attendit même pas l'arrivée des plats pour quitter la Grande Salle. Aucun des enseignants ne s'en formalisa et le débat continua.

- Je suis désolée Minerva, mon charme d'Animation était particulièrement réussi ! A la longue, mes golems vous auraient tous eu !

- Filius, ne soyez pas ridicule ! Notre bonhomme de neige avait déjà détruit la moitié des remparts des Poufsouffle et s'en prenait à vos golems à lui tout seul !

Amalia rigolait pendant que le professeur Chourave défendait sa stratégie à grand renfort de schémas sur un parchemin. Le Moine Gras survolait le groupe et acquiesça en écoutant religieusement les arguments pendant que Nick-Quasi-Sans-Tête s'égosillait à travers la Grande Salle en réclamant cent points pour récompenser le courage des Gryffondor. Une seule personne ne participait pas à cette conversation. Rogue était assis dans son fauteuil, le teint blafard, les yeux brillants, il n'avait pas touché à son assiette. Profitant de l'absence d'Ombrage, Amalia laissa ses collègues débattre et s'installa juste à côté de son ami.

- Severus, est-que tout va bien ? Tu ne dis rien...

- Je suis fatigué et je n'ai pas envie d'entendre vos remarques sur le jeu stupide de cet après-midi... rétorqua-t-il, agacé.

- Ombrage n'est pas là, tu n'as pas besoin de te montrer désagréable avec moi.

Amalia était piquée au vif par sa remarque et la seule réponse qu'elle obtint en retour fut un silence glacial suivit d'un départ brutal. Rogue quitta le dîner sans saluer ses collègues qui lancèrent un regard interrogateur au professeur d'Histoire. Elle s'excusa et s'en alla à son tour pour partir à sa recherche, le Baron Sanglant avait suivi le directeur de sa maison, ce fut donc assez facilement qu'Amalia l'intercepta en haut des escaliers menant aux cachots. La jeune femme lui saisit le bras d'une main et posa la seconde sur son front lorsqu'il se retourna pour se dégager.

- Tu es brûlant, où crois-tu aller ainsi ?

- Dans mon lit...

- Certainement pas ! Je t'amène voir Madame Pomfresh !

- Laisse-moi tranquille ! Je ne t'ai rien demandé !

Il tenta de la repousser par un geste sec mais elle était plus rapide.

- Ah ah ah ! Si tu penses réellement être en état de te battre tu vas au devant de graves déconvenues !

Elle lui barra la route, les mains sur les hanches et un grand sourire aux lèvres.

- Aller, viens.

Amalia le poussa jusqu'à l'infirmerie où la lumière tamisée des chandeliers baignait d'une douce pénombre la pièce principale. Madame Pomfresh était affairée dans son bureau à mélanger des potions, des toussotements graves s'échappaient de la salle. La garde-malade se présenta devant les professeurs, étonnée.

- Qu'est-ce que vous faites ici ?

- Je vous amène un patient réticent.

- Je vais bien, j'ai juste besoin de dormir... marmonna Rogue dont les grosses gouttes de sueur qui perlaient sur ses temps ne laissaient plus de doute sur sa fièvre.

- Ah non mon jeune ami ! Je vous garde ici au moins cette nuit ! Il y a encore une place de libre au fond de la salle derrière le paravent, allez-y et mettez-vous en pyjama, j'arrive.

L'infirmière avait raison, tous les lits étaient occupés par des élèves à l'agonie.

- Avec la bataille de boules de neige cet après-midi, ils sont allés en cours trempés sans se changer et les voilà avec un rhume ! s'exclama Madame Pomfresh.

Amalia baissa les yeux pour éviter le regard réprobateur que Rogue lui adressait et le conduisit dans l'alcôve qui lui était désignée.

- Tu peux te changer tout seul ou tu as besoin d'aide ? proposa-t-elle.

Dans un geste vif, il referma le rideau sans un mot. Après quelques minutes, l'infirmière lui apporta des remèdes, la jeune femme en profita pour s'asseoir sur le bord du lit et lui éponger le front.

- Tu as mauvaise conscience ? Rogue maugréa, un thermomètre coincé dans la bouche.

- Tais-toi, tu vas fausser le résultat.

Elle essora le linge et lui passa dans le cou.

- Comment je vais faire pour assurer mes cours demain, maintenant ?

- Severus, ne parle pas sinon la température sera fausse. En plus tu n'as pas à t'en préoccuper, j'irai voir Dumbledore en sortant pour le prévenir. Je peux demander au Professeur Binns de me remplacer et j'assurerai tes cours jusqu'à la fin de la semaine si cela te va...

Rogue ne dit rien. Il la regarda, pensif, avant d'ôter de sa bouche l'instrument.

- Tu dois vraiment avoir mauvaise conscience pour proposer cette solution au risque qu'Ombrage se rende compte qu'un fantôme peut avantageusement te remplacer.

Elle ne releva le menton que pour secouer la tête et soupirer. Heureusement que dans l'éventualité où sa présence ne serait plus la bienvenue, son ancien poste à l'université l'attendait à bras ouverts...

oOo

La gargouille devant le bureau du directeur de l'école était dans sa position initiale, signe qu'il était à la fois présent et seul.

- Guimauve à la bergamote !

La statue pivota pour révéler les marches en pierre menant au bureau. Amalia fut accueillie par la chaleur réconfortante d'un feu et l'odeur d'un chocolat chaud.

- J'espère que ta visite à l'infirmerie s'est bien passée, j'ai entendu dire qu'un nombre conséquent d'élèves étaient malades.

- Je dois admettre que j'en suis en grande partie responsable ! s'excusa la jeune femme en prenant place dans le fauteuil que le sorcier lui pointait du doigt.

Elle remarqua alors que l'armoire qui contenait d'habitude une vasque en pierre, était vide.

- Où est ta Pensine ?

- Je l'ai prêté pour de l'Occlumantie si tu vois ce que je veux dire... Il lui fit un clin d'œil. De plus, je dois te remercier. Tu as apporté un moment de joie enfantine à tout le collège aujourd'hui, tu n'as pas à en avoir honte. Je pense que cela leur a fait du bien d'oublier l'Inquisition qui sévit sur Poudlard.

- Hum, je me doute que le retour de flamme ne va pas se faire attendre... Quoiqu'il en soit, je dois assumer une partie de mes bêtises.

Amalia lui formula la proposition de remplacement pour les cours de potions, évidemment, le professeur Binns était tellement content de pouvoir reprendre en main sa classe même pour une courte semaine, qu'il n'opposa aucune objection à jouer son rôle de doublure. La Grande Inquisitrice n'émit qu'une brève pique au sujet des conséquences catastrophiques de l'hiver sur les habitants du château et l'enseignante d'Histoire passa aux potions en l'espace de quelques heures.

Dans les cachots froids et humides, Amalia était soulagée d'avoir opté un style vestimentaire plus strict et donc plus couvert quand elle s'apprêta à recevoir sa première classe. A la fin de la journée, elle avait collecté tous les devoirs en attente, collé des élèves de Serpentard réticents au changement d'enseignant et évité trois explosions lors de la préparation d'un philtre. Après le dîner, elle retourna dans la salle de potions mais ne s'attarda pas dans la pièce, le professeur frappa à la porte de l'appartement de Rogue sous la tapisserie.

- Oui ?

- C'est moi. Madame Pomfresh m'a dit qu'elle t'avait laissé redescendre tout à l'heure. Comment te sens-tu ?

Il était assis dans son lit, le regard sombre, les cheveux sales collés par la transpiration. Elle lui passa une main sur le front avant d'ajouter.

- Tu as encore de la température, est-ce que tu as pris ton traitement ?

- Va-t'en, je peux me soigner tout seul ! Rogue était grognon et se remit sous sa couette.

Loin d'être intimidée, Amalia tira sa baguette de son corsage et d'un geste, releva la couverture au pied du lit.

- Tu vas im-mé-dia-te-ment aller te laver ! Il y a une odeur d'écuries ici ! Je vais appeler les elfes de maison pour qu'un peu de rangement soit fait et qu'on te change tes draps. Mets tes vêtements au sale et si tu penses râler rappelle-toi que je peux te contraindre à faire tout cela sans utiliser ma baguette.

Le maître de potions plissa ses yeux noirs et s'enferma dans sa salle de bain en claquant la porte violemment. Lorsqu'il revint, le lit était fait et frais, la corbeille à papier vidée, le feu dans la cheminée était réactivé et des bûches empilées soigneusement dans le panier prévu à cet effet. Amalia l'attendait debout, une serviette de toilette dans les mains. Il se laissa tomber sur le bord du lit, elle s'approcha alors pour lui sécher les cheveux.

- Je n'aime pas qu'on s'occupe de moi... souffla-t-il à demi-mot.

- Pour quelle raison ?

- J'ai l'impression d'avoir une dette. D'ailleurs tu agis par pitié et par culpabilité.

Amalia arrêta son geste et s'assit à son tour.

- Bien sûr que non. Même si je n'avais pas provoqué cette émulation aux conséquences désastreuses, je serai quand même venue prendre de tes nouvelles.

Rogue lui adressa un regard curieux qui la poussa à compléter sa pensée.

- Tu es mon ami... Elle posa la serviette. Prends ton remède, j'ai une surprise pour toi.

Le sorcier la dévisagea mais s'exécuta, curieux de ce qu'elle avait à lui montrer.

- Tu as toujours la Pensine de Dumbledore pour les cours d'Occlumancie, non ?

Il hocha la tête en montrant la bassine en pierre gravée de runes qui trônait sur son bureau. Amalia l'a fit flotter jusqu'à lui et sortit de sa poche six flacons dorés contenant une brume opaque.

- Je t'ai amené de quoi t'occuper, il y a là les cours de potion d'aujourd'hui. Rogue resta à les contempler, le brouillard s'agitait dans les réceptacles. Tous les soirs je t'apporterai mes souvenirs de la journée et tu pourras vérifier que je n'ai pas fait de bêtise avec tes élèves.

Il était difficile de définir ce que Severus ressentait à ce moment précis : de la reconnaissance certainement pour avoir partagé ses moments de l'étonnement car elle était toujours sincère avec lui de la joie d'avoir quelqu'un sur qui compter et de l'incertitude parce qu'il avait trop souvent pensé pouvoir faire confiance sans être déçu et cela n'avait jamais été le cas.

- J'ai une dernière chose pour toi, ajouta Amalia en lui tendant un paquet. Je n'ai pas eu l'occasion de te l'offrir avant, j'espère que ça te plaira. Je ne peux pas rester, Ombrage ne va pas tarder à sortir de son bureau pour débuter sa ronde.

Elle laissa son collègue seul, le crépitement de la cheminée était à présent l'unique bruit qui rompait le silence lugubre des cachots. Il était en tailleur dans son lit et contemplait le papier brillant de son cadeau. Une enveloppe de petite taille était glissée dans le ruban qui maintenait l'emballage. En l'ouvrant, il découvrit les mots suivants : « Joyeux anniversaire, en espérant que tu n'attrapes plus froid maintenant »

Le papier abritait une longue écharpe en laine noire et d'un vert émeraude rappelant les couleurs des Serpentard, à l'une des extrémités un serpent d'argent était délicatement brodé. En caressant le maillage, il perçut la même sensation de chaleur et de douceur que lorsqu'il s'était réveillé auprès d'Amalia.

Pour sa part, elle eut la surprise de trouver sur son bureau le lendemain matin, un petit rosier dans un pot en métal. Une carte rédigée avec une écriture pointue, disait :

« N'arrivant pas à te le dire ou maladroitement, je préfère te l'écrire. Merci d'être là pour moi et de m'accepter comme je suis même quand je me comporte comme un crétin »

Elle sourit en la lisant, par moment elle avait l'impression que tous les hommes étaient pareils.

oOo

Les étudiants avaient eu largement le temps d'apprendre qu'Amalia assurait les cours de potions lorsqu'elle reçut dans sa classe, les cinquièmes années. Pourtant, Drago Malefoy s'empressa de faire remarquer son étonnement.

- Professeur Richards, que pensez-vous nous apprendre aujourd'hui ? Nous ne sommes pas de simples premières années !

- Excellente question Mr. Malefoy, prenez place en silence et sortez votre matériel, je vais vous expliquer le programme dès que vous aurez cessez de gaspiller l'air de cette classe ! Et d'ailleurs, pour donner le ton et ne pas vous dépayser des pratiques du Professeur Rogue, j'enlèverai cinq points à Serpentard à chaque fois qu'un élève se permettra de prendre la parole sans lever le doigt, dix si c'est pour un commentaire inutile.

La sorcière avait une expression féroce en répondant à Drago. Harry et Ron pouffèrent de rire, bien contents qu'on inflige enfin aux Serpentard un traitement aussi injuste que celui qu'il avait l'habitude de recevoir dans ce cachot. Leur enseignante agita sa baguette et le tableau noir s'anima de lettres tracées à la craie. D'ailleurs, les élèves de Gryffondor s'en sortaient beaucoup mieux qu'à l'accoutumée, Harry termina sa préparation à temps et put enfin remettre un travail complet à son professeur. Amalia le remercia et l'invita à nettoyer sa paillasse pendant que Hermione s'activait pour achever la seconde potion qu'elle lui avait demandé de préparer pour l'occuper. L'enseignante passait derrière les élèves, leur posait des questions au lieu de leur lancer des remarques acerbes, les invitant à trouver la raison d'un échec ou comment rattraper un mélange mal exécuté. Neville paraissait s'épanouir dans cette matière et pour une fois, ne fit pas brûler son chaudron à sa plus grande joie. A la fin du cours, Drago espérait de toutes ses forces que Rogue serait de retour dès la semaine prochaine alors que ses deux acolytes, Crabbe et Goyle estimaient que le cours ne s'était pas trop mal passé.

Avec ce travail supplémentaire, Amalia n'assura pas les rendez-vous du soir des jumeaux à leur grand regret mais leur promis un rattrapage dès que possible. Leur projet prenait forme et ils seraient prêts à se lancer bien avant la fin de l'année, elle souhaitait juste qu'ils attendent au moins la fin de leur scolarité pour quitter Poudlard dans le seul souci de préserver leur mère.

oOo

En extrayant le souvenir de ce dernier cours, Amalia hésita à le corrompre pour que son spectateur ne rende pas aux Serpentard les quinze points qu'ils avaient bêtement perdu. Cette pensée s'effaça lorsqu'elle entra dans la salle de potions. Sur une chaise, Harry était affalé, la tête penchée et le regard hagard. Les leçons d'Occlumancie avaient repris et les progrès de l'élève ne semblaient pas flagrants.

- Mr. Potter, est-ce que tout va bien ? s'alarma Amalia en scrutant son visage.

- Oui... oui Professeur, j'ai encore un peu de mal...

- Allons Potter, ne profitez pas de cette intermède pour vous plaindre, railla Rogue.

- Enfin Severus, tu vois bien qu'il n'est pas en état ! La jeune femme se pencha sur son élève et lui sourit avant de se relever. Toi par contre, tu vas mieux on dirait.

- Merci de t'en soucier, pourrait-on reprendre je te prie ? répondit-il les lèvres serrées.

- Je suis venue t'apporter ceci. Elle tendit les six fioles et un index accusateur. Et je te mets aussi en garde : sois un peu plus délicat avec Mr. Potter ou tu auras à faire à moi avant son parrain.

Rogue croisa les bras et lui adressa un regard venimeux.

- Comme si tes menaces pouvaient me faire peur...

- Je suis sérieuse, nous avons tous besoin que Mr. Potter ferme son esprit. Amalia ajouta à voix basse. Toi le premier...

- Je sais parfaitement pourquoi nous sommes ici à perdre notre temps. Maintenant, tu nous excuseras...

Il la raccompagna jusqu'à la porte du cachot et la claqua.

oOo

Pendant les jours qui suivirent, Amalia demeura pensive même à table. Elle n'écoutait pas les conversations et paraissait perdue dans d'autres considérations. Lors des récréations, elle prenait place dans le cloître et fixait le ciel en quête d'une réponse à ses interrogations. Ce fut à l'occasion d'une méditation, assise sur son lit que le miroir laissa place au portrait de son père.

- Qu'est-ce qui creuse ces rides disgracieuses sur ton front, mon Astre ?

- Bonsoir Papa... Ce n'est rien, je réfléchissais au cours d'Occlumancie que tu m'avais donné dans le temps.

- J'ai rarement vu une élève si entêtée. Cette matière t'intéressait beaucoup mais tu n'y présentais aucune prédisposition. C'est dommage et d'un autre côté, j'étais rassuré...

- Pour quelle raison ? Amalia fronça les sourcils.

- C'est le genre de qualité qui intéressait Voldemort. Je ne voulais pas qu'il te mette la main dessus. Le sorcier pencha la tête en observant sa fille, attendri par la vitesse à laquelle elle avait grandi. Pourquoi est-ce que cela te cause des soucis ?

- C'est Harry. Il semblerait que sa cicatrice soit un vestige un peu particulier que lui aurait laissé le Seigneur des Ténèbres. Leurs esprits sont liés l'un à l'autre, Dumbledore souhaite que l'Occlumancie lui apporte les clés pour verrouiller cette connexion mais Harry a un peu de mal à se concentrer...

- Comme toi lorsque tu avais son âge... compléta Livius.

- Exactement. J'essaie de me souvenir de ce que tu m'avais dit sur la visualisation.

- Amalia, avant que je te répète mes conseils, dis-moi la vérité. Ce n'est pas la seule chose qui justifie que tu m'aies fait venir.

La jeune femme fixa le miroir, fuyant du regard le portrait de son père. Après une brève hésitation, elle se lança.

- Je me demande s'il ne serait pas opportun pour moi de reprendre cet exercice. Comme tu l'as si bien dit, je peux représenter une conquête dont Voldemort voudra s'emparer. Combien de temps vais-je rester à l'abri dans Poudlard ? Un jour ou l'autre, cette défense tombera et je serai à sa merci !

- Qu'as-tu découvert qui puisse justifier l'état dans lequel tu es ?

- Comme si tu l'ignorais !

Amalia s'emporta, son père lui avait caché l'étendue de son héritage, les dons qu'elle développait étaient sauvages et indomptables.

- Calme-toi et raconte-moi ce qui s'est passé depuis notre dernière discussion.

La sorcière énuméra la folle épopée dans la Forêt Interdite, les objets ensorcelés, l'hippogriffe, Lupin et toutes les péripéties qui avaient jalonnés les six derniers mois.

- J'ai bridé tes pouvoirs pour qu'ils se révèlent progressivement après la levée du sort. Il est donc normal qu'ils se développent au fur et à mesure.

- Papa, tu te rends compte que si tu avais laissé faire les choses, j'aurais pu les appréhender bien avant ?

- Amalia ! Ne sois pas aussi dure, j'ai fait ce que j'ai cru bon pour toi, pour te protéger ! Il n'y a pas que Voldemort qui t'aurait poursuivi, le Ministère aurait bien fini par comprendre ce qui se tramait !

Pour la première fois depuis de longues années, la jeune femme découvrit son père en colère. Il était sorti de ses gongs et après quelques instants, elle estima que sa réaction était légitime.

- Je suis désolée Papa, je n'aurais pas dû...

Pénitente, elle écouta religieusement tous les conseils de Livius jusqu'à ce que le portrait s'évanouisse dans le reflet du miroir. Il ne commenta pas plus leur dispute.

oOo

A cette heure avancée de la soirée, les couloirs des cachots étaient heureusement vides et Amalia s'assura que la Grande Inquisitrice soit occupée par la retenue d'un élève dans son bureau. La porte de la salle de potions était entrouverte, une voix grave s'en échappait.

- Potter, mettez-y un peu du votre, bon sang ! Ce n'est pas compliqué !

- Mais j'essaye ! hurla Harry en poussant sa chaise avec violence.

- Ne me parlez pas sur ce ton ! Rogue pointa sa baguette sur Harry. Ce n'est pas parce que j'apprécie votre professeur d'Histoire et qu'elle m'a demandé d'être moins sévère avec vous, que je rendrai la tâche plus facile !

La porte s'ouvrit accompagné d'un raclement de gorge qui fit sursauter l'élève et son enseignant.

- Hum hum !

En se retournant vers l'entrée de la salle, ils virent Amalia debout, les bras croisés et amusée.

- Je vous ai fait peur ? Vous avez peut-être cru que c'était Ombrage ?

- Qu'est-ce que tu viens faire ici ? persifla Rogue, toujours en alerte.

- Je raccompagne Mr. Potter. J'ai deux mots à lui dire et c'est compliqué de le voir en dehors des heures de cours parce que soit il est en heure de colle ici ou chez la Grande Inquisitrice ! Je peux attendre si vous n'avez pas fini.

Harry regarda avec appréhension son maître de potions, il espérait pouvoir s'échapper de ce cachot, les exercices d'Occlumancie l'avait épuisé.

- On avait terminé, répondit sèchement Rogue en donnant un coup de baguette vers la chaise pour la ranger. Rendez-vous mercredi soir Potter.

L'élève sortit précipitamment de la salle, trop heureux de quitter l'ambiance calfeutrée et lugubre de la pièce. Amalia lança alors une dernière phrase avant de partir.

- Son professeur d'Histoire est ravi d'apprendre que tu l'apprécies.

Rogue rougit et ferma la porte dans un geste de fureur.

oOo

Le claquement raisonna dans les couloirs du sous-sol puis s'atténua peu à peu. Devant les marches, Harry l'attendait.

- Allons Mr. Potter, je ne vais pas vous faire des remontrances, je sais que ces cours particuliers sont déjà une épreuve pour vous.

Le garçon passa une main derrière sa tête, il était à nouveau tombé pendant que Rogue pénétrait son esprit. Chaque bosse lui rappelait qu'il ne parvenait pas à faire des progrès.

- Vous me suivez ?

Elle l'entraîna vers les étages pour le raccompagner à la tour de Gryffondor. Face au silence de son élève, elle entreprit de le rassurer d'une voix douce.

- Harry, je voulais vous voir au sujet de l'Occlumancie… L'esprit est une chose délicate qui nécessite de l'entraînement et beaucoup d'acharnement. J'espère que vous vous appliquerez d'avantage. Il est essentiel pour nous tous que vous fermiez votre esprit à Vous-Savez-Qui.

- Je le sais ! Pourquoi tout le monde pense que ça m'amuse ? lui répondit Harry d'agacement.

Amalia resta immobile à l'observer dans la pénombre. Son visage n'était ni en colère ni étonné, Harry comprit qu'il s'était une fois de plus emporté.

- Je suis désolé…

- Avez-vous l'impression que cette réaction vous ressemble ?

- Non ! Bien sûr que non, je vous assure que je suis désolé, je n'aurais pas dû vous répondre de cette manière…

La jeune femme s'approcha et glissa une main dans les cheveux ébouriffés de son élève.

- C'est là que je voulais en venir, je commence à vous connaître… Son expression devint triste. Et je sais comment étaient vos parents en particulier votre père, impulsif et nonchalant. Vous avez hérité d'une partie de son caractère.

Elle se mit à sourire.

- Je sais également que ces sauts d'humeur ne sont pas le reflet de votre âme et qu'elles viennent d'une autre personne. C'est pour cela que vous devez fermer votre esprit, pour que Vous-Savez-Qui ne puisse pas vous transmettre ces propres émotions…

Harry réalisa que cette bête furieuse qu'il avait au fond de lui depuis le début d'année n'était pas de son ressort. Cette fureur qu'il n'avait jamais ressenti alors, ces envies de frapper, mordre, hurler… étaient la continuité des pensées de Voldemort. Un sentiment de soulagement l'envahit, ce n'était pas lui qui voulait du mal aux autres, son caractère n'avait pas changé en l'espace d'une nuit, la mort de Cédric ne l'avait pas poussé dans les abîmes du Mal. Son enseignante le regardait avec bienveillance et poursuivit sa route vers les tours du château. Une fois devant le tableau de la grosse Dame, Amalia s'arrêta.

- Je vais vous donner un conseil pour vous vider la tête. Lorsque vous vous couchez, visualisez une malle, donnez-lui la couleur et les détails que vous souhaitez puis ouvrez-la mentalement. Une fois que c'est fait, mettez-y tous les souvenirs marquants de votre journée, lentement, un à un. Enfin, vous fermez la malle et vous la verrouillez à clé que vous posez sous votre oreiller. Cela devrait déjà vous permettre de vous calmer avant de dormir.

- Professeur Richards… Si vous êtes bonne Occlumen, pourquoi vous ne me donnez pas ces cours ?

- Parce que je ne le suis pas justement ! Amalia se mit à rire. Je vous transmets le conseil que mon père m'a donné pour vous. Je n'ai jamais été douée dans cette sorte de magie.

- Votre père ? Harry la dévisagea.

- C'est une longue histoire et il se fait tard. Je voulais juste vous donner cette recommandation et vous dire qu'à votre place, James aurait réagit de la même manière à ces heures supplémentaires. Cependant, n'oubliez pas que c'est pour votre bien avant tout que le Directeur vous impose cela.

- Dumbledore n'a pas idée de ce que Rogue me fait subir ! s'emporta à nouveau l'élève.

- Professeur Rogue, reprit-elle d'un ton de reproche.

- Il profite de ces séances pour se venger de Sirius et dire du mal de mon père !

Harry était bouleversé, Amalia sentit qu'était venu le temps d'apaiser un peu ces vieilles querelles.

- Harry, les combats de votre père ou de votre parrain ne sont pas les vôtres. Pourtant, vous devez savoir quelque chose à leur propos. Ils formaient avec Remus et Peter, un groupe d'élèves arrogants et sûrs d'eux, croyez-moi, je m'en souviens ! Ils passaient leur temps à provoquer les étudiants en particulier de Serpentard qui leur rendaient bien.

Amalia jeta un regard autour d'elle pour vérifier que personne ne vienne.

- Leur cible préférée était votre maître de potions.

- Oui et ? Il devait bien le chercher, non ?

- Ah, avec James et Sirius, il n'y avait pas besoin d'une raison pour qu'ils s'amusent ! Je ne vous dis pas cela pour savoir qui a raison ou tord. Ils se cherchaient sans arrêt de ce que j'en sais et ai pu voir. Là où je voulais en venir, c'est que j'aimerais que vous vous imaginiez face à Drago Malefoy sans vos deux amis, Miss Granger et Mr. Weasley… Harry fit une grimace. C'est ce que je pensais. La vérité c'est que Severus était seul et eux étaient quatre élèves d'une maison concurrente. Oh, cela n'excuse en rien la façon dont il se comporte avec vous. Je vous le dis uniquement pour que vous puissiez comprendre que lorsqu'on ne grandit pas dans un environnement favorable, il est plus difficile de devenir quelqu'un d'altruiste. Alors pensez-y ce soir, vous avez la chance d'avoir des amis que vous aiment, chérissez-les et travaillez votre Occlumancie !

Elle prit un air fâché et secoua son index en direction de Harry avant de sourire. Il acquiesça et se faufila vers le dortoir des Gryffondor où l'attendait un lit moelleux mais également une montagne de devoirs.


Prochain chapitre : La visite du Ministre

Note : Alors, la vengeance est un plat qui se mange glacé, non ? (comme dans la pub pour les chocolats Pyrénéens)