Me revoilà ! Je sais que je dois avoir des thèmes proposés non vus, je vais regarder ça dans l'après-midi. C'est drôle parce que pour cet OS j'ai privilégié un thème par lequel je n'étais pas du tout inspiré : Le sport. J'avais envie de commencer par la difficulté. Mais je vais me remettre les autres défis en tête, je ne vous oublie pas, promis.
Merci à Lil's C pour ce défi... sportif. Oh désolée, je n'ai pas pu m'en empêcher.
« On est obligés d'aimer pour toujours ? Moi j'aimerais qu'on m'aime pour un jour. Pas pour un soir, pour un jour. Les hommes seraient fous de moi, se rouleraient à mes pieds, ne voudraient jamais se relever, m'élèveraient au rang de foi... Non. Pas ça. Ça, c'est ce qui arrive tout le temps. J'en ai marre de ce temps. Je voudrais un temps plus court et un seul homme. Un homme pour un jour. Une journée de vingt neuf heures. Ou on dit de vingt neuves heures ? Je ne sais jamais. Mais je te dis ça à toi, tu ne serais pas foutu de m'aimer pour une heure, chasseur. »
La course. Le point de mire. Tout droit jusqu'à l'horizon. Ne pas sentir le poids de ses jambes, ne pas sentir la transpiration qui ruisselle sur le torse, ne pas sentir le cou qui se tend, ne pas sentir les lèvres qui s'assèchent, ne pas sentir les yeux qui se troublent. Ne pas sentir la tête. Ne pas sentir le poids de la tête. C'est ce qu'il aime le plus dans la course. Quand il court, il ne pense pas à elle, il ne pense à rien. Quand il court ce n'est plus après elle qu'il court. Tout droit jusqu'à l'horizon. Il pourchasse quelque chose d'encore plus sublime qu'elle. Et ça, la garce, elle n'aime pas. Elle sait pertinemment ce qu'il fait, ce qu'il cherche à ne plus chercher. Alors avant qu'il ne sorte, quand elle l'a vu dans son short, elle lui a glissé ces mots. Elle voulait qu'il s'en imbibe. Qu'il ne puisse pas les transpirer, être encore trop vivace dans son esprit pour être exulté.
Daphné elle voudrait posséder son corps même quand elle ne le possède pas. Quand elle n'est pas au dessus, elle voudrait qu'il reste sans dessus dessous.
« Tu sais que dehors il y'a un monde en feu. Qu'est ce qu'on s'en fout que je sois glacée là bas. Je dis là bas comme si c'était loin. C'est tout près et si loin à la fois. Dehors, je ne serais plus reine. On me violerait par terre et on me laisserait là sans trop me regarder, comme on aura violé la fille d'à coté. Peut être qu'elle sera laide cette fille. Très laide. Tu sais comme Millicent. Mais on s'en foutra qu'elle ai eu le sang moins pur que moi, le sang c'est comme le sexe ce n'est qu'un prétexte. Est-ce que quelqu'un dira que j'étais noble, que j'étais princesse autrefois dans tes bras ? Non, tout le monde s'en foutra. Quand on sortira d'ici, de ce havre de paix perverse, je ne serais plus qu'un souvenir pour toi. Tu ne m'oublieras pas bien sur, je serais toujours la plus belle à tes yeux, mais tu ne me verras plus. Un jour tu apprendras qu'on m'a souillé. Tu seras triste peut-être. Un instant. Tu te demanderas si au milieu de tout ça tu ne m'avais pas aimé et puis tu balayeras l'idée. Après tout je serais morte et brisée, en quoi je pourrais encore t'intéresser ? Tu t'en fous du monde de dehors quand je suis dans tes bras et pourtant c'est de moi dont tu te fous le plus. »
Il s'en fout. Il court plus vite. Ses jambes ne grincent pas, ses foulées sont régulières, sa respiration est accélérée, son cœur bat. Tout va bien. Il a atteint ce point de souffrance où on ne sent plus rien qu'une douloureuse extase. Le Quidditch c'est un sport pour eux, une dépense, deux équipes, trois balles différentes, quatre millier de règles inutiles et aucune souffrance. Tu peux te casser un bras au Quidditch, te démettre une épaule, te briser un genoux et mourir d'une chute quelque fois. Rien d'important. Peut-être, l'attrapeur seul exerce un vrai sport, quand il se jette sur le vif et qu'il l'attrape, cette adrénaline, cette douleur de vaincre... Tout ce bruit autour d'un sport qui n'a qu'un seul sportif par match ? Il ne comprend pas. Il n'entend pas le sport hors de la douleur. D'ailleurs il n'entend plus rien, le sang lui vrille les tympans. Merlin, cette fois c'est le sien, dehors ça pourrait être celui de n'importe quel autre qui lui battra les tempes. Après tout, dehors, il tuera.
« Les filles devraient me remercier au lieu de me détester. Bien sur les hommes tombent tous amoureux de moi, un à un, bien sur je suis plus belle qu'elles, bien sur parfois je ne prends même pas la peine de les ramasser leurs hommes bien aimés, bien sur eux ils tombent et elles ne peuvent se hisser à ma cheville, bien sur que moi aussi je me détesterais si j'étais une fille. Mais je suis une belle et je sais pourquoi elle devrait aimer. Après avoir usé leur hommes, après les avoir désabusés, ils viennent les chercher. Je les ai dégoutté de la beauté. Elle a maintenant le visage des géants de pierre. Il n'y voit plus aucun intérêt. Alors ils les prennent même si elles ont des faces de cailloux austères. S'ils s'étaient amourachés d'une fille jolie, tout juste jolie, ils seraient restés avec elle et ils ne se seraient jamais pris d'intérêt pour elles, ces noiraudes. Je leur ai fait voir la lumière qu'il y'avait dans l'obscurité. Moi, je te le dis Zabini, je suis le plus bel écrin de la laideur. Dis, elle me remerciera celle que tu aimeras après moi ? Quand tu en auras marre de mon chemin de croix et que tu voudras juste une banale route d'été ? Elle me remerciera de t'avoir crucifié jusqu'à elle ? Tu lui diras de ne jamais le faire. Je ne veux pas lui parler. Je la déteste. Elle ne me doit rien. Je ne te dois rien.»
Il la sent venir. Ça y est elle est là. La vingtième minute. La divine vingtième minute. Elle arrive sans parler, sans discourir sur les dangers de sa beauté, sans parler de la guerre qu'il y a en dehors d'elle, sans demander à ce qu'on l'aime. Elle arrive c'est tout. Elle libère la sensation de plénitude. Elle est tout le contraire de Daphné. A la vingtième minute d'exercice votre corps libère endorphine et dopamine. Bonheur et plaisir. Vous en êtes plein. Rempli. Vous ne pensez plus à rien. Vous avez souffert. Mais maintenant vous n'êtes que ça. Bonheur et plaisir. Daphné n'est pas étrangère au plaisir, mais vous ne vous sentirez jamais plein à ses cotés. Elle, elle vous donne puis vous vide. Il ne veut pas penser à elle. Elle ne gâchera pas sa vingtième minutes sans elle. Trois fois par semaine il met vingt minutes de souffrance à s'en libérer. De la souffrance ou de Daphné. Il ne sait plus.
« Je n'aurais pas aimé être moins belle. Je m'en fous qu'on ne m'aime que pour ça. Au moins on s'intéresse à moi. Je ne serais jamais de ces bêcheuses qui se demandent si on les aime que pour leur physique passablement avantageux. Je n'ai rien d'autre à offrir, c'est pour ça que je l'offre autant et à tout le monde. Je préfère être une catin qu'une radine. L'avarice ça rend laid. Mais j'aurais aimé que tu sois moins beau. »
L'explosion est terminée. Il pourra jouer la nonchalance quand il la recroisera, il pourra être détendu, serein, distant. Il pourra être Blaise Zabini sans fard mais avec tout ce qu'il faut d'artifices. Elle ne gagnera pas aujourd'hui. Il est détendu, il s'est distendu d'elle. Il n'arrête pas de courir pour autant ? Pour quoi faire ? Il ne s'arrête jamais de toute façon. Maintenant il se concentre moins sur son corps, sur son sport. Il se canalise sur un autre spot, un autre sport. Il se demande s'il fait ça pour être beau, pour lui plaire. Il ne sait pas. Non et oui. C'est drôle comme c'est la seule réponse qu'il trouve toujours à donner sur Daphné. « Est-ce que tu sors avec elle ? » « Est-ce que tu l'aimes ? » « Est-ce que tu tiens à elle ? » « Est-ce que tu peux la prêter ? » « Est-ce qu'elle te veut ? ». Non et oui. Pas forcément dans cet ordre là. Non, il ne fait pas ça pour être beau. Elles le trouvent beau, il est beau. Elle le trouve beau, il est beau. C'est aussi simple que ça parfois la vie. Mais oui, sans doute qu'il fait ça pour lui plaire. Il fait ça pour qu'elle ai quelqu'un avec qui jouer, quelqu'un qui la rend folle à ne pas vouloir l'amuser. Il fait ça pour ne jamais céder à sa colère. Il fait ça pour lui plaire. Il fait ça pour ne pas perdre.
« Une fois j'étais chez un moldu. Quand je suis partie au matin sa mère fixait une radio à image. Elle m'a demandé de prendre le thé avec elle en regardant son émission. Je n'ai pas pu résister. C'était du thé vert à la mente. Tu sais bien comment j'aime le thé vert à la menthe. Il me fait penser à toi. Anglais et exotique. Je dis n'importe quoi. Ne m'excuse pas. Elle regardait une émission où des gens faisaient tourner une roue et gagnaient ce sur quoi la flèche de la roue s'arrêtait. C'était tellement moldu, tellement magique. Mais si jamais le candidat répondait mal à la question, il perdait tout. Et tu sais quoi ? Il ne pleurait même pas. Comment tu peux posséder quelque chose théoriquement pendant une heure et supporter que cela ne t'appartienne plus à jamais. Toi tu me tiens dans tes bras une seconde et tu crois que je t'appartiens jusqu'à ma dernière. Tu peux aller te faire voir. Ma roulette je l'aime comme mon alcool, russe. Tu vois je fais bien de ne jamais rien miser sur toi, mes gains seraient toujours néant. Tu m'as dans tes bras et tu cours m'oublier. Peut-être qu'au fond ce candidat il n'en voulait pas de toutes ces merveilles. Il voulait le calme et la banalité et le mauvais sort pour un temps lui avait donné tout ce que les autres hommes voulaient. Tu sais que tous les autres hommes me veulent, n'est-ce pas ? »
Il ne fait pas encore jour. Il sort toujours avant que le couvre-feu soit levé. Ainsi, il est sur de ne croiser personne. Une heure de détention il l'accepterait sans retenue. Ça ferait une heure loin d'elle. Il trouve ça drôle de courir avant le temps. Le sport c'est encore ce qu'on a trouvé de plus proche de la fontaine de jouvence. Il a dix sept ans et il ne veut déjà pas vieillir. Quand il sera plus âgé, il n'aura plus de temps à lui consacrer. Non, c'est faux. Ce qui tue il en est persuadé c'est de rester sur place et non de vieillir. Ce qui le tuerait c'est de rester dans cette chambre à l'écouter parler de la vie. La dernière fois, il a entendu Weasley la traiter de bimbo sans cervelle. Elle ne l'avait pas regardé, il devait être vexé. Il comprend, si elle ne le regardait plus il ne saurait plus voir. Mais elle est tellement loin d'être conne. S'il la fuit ce n'est pas parce qu'elle l'intéresse pas, c'est parce qu'elle l'intéresse trop. A tout. Il est si bien quand il ne pense pas et ça la tue de le voir bien. Elle serait capable d'être intelligente juste pour pouvoir le faire suer, alors il la sue. Il la transpire. Elle n'a de paix que quand elle a soumis sa zone de confort à la guerre. Il ne l'aurait pas aimé autrement, autrement il ne l'aurait pas aimé tout court.
Il s'étire sur le terrain de Quidditch. Les bras d'abord, il les tend au ciel, dans une prière muette puis les repose au sol comme si c'était à lui qu'ils appartenaient. Ensuite les jambes, il en surélève une, pose ses bras tendus sur ses genoux et pousse son corps en arrière comme s'il tentait d'échapper au diable. Il recommence avec l'autre jambe. Il tire plus qu'il n'étire chaque partie de son être. Il devient plus grand, plus fort. Il était tout petit avant de venir ici. Elle rend si insignifiant. Il a besoin de se tirer pour s'étirer pour pouvoir la protéger un peu plus longuement, un peu plus longtemps. Il prend sa douche dans les vestiaires, enfile son uniforme, ne sèche pas ses cheveux ou sa peau brune. Quand il se glisse dans ses draps, elle est encore là. Il la sent le sentir. Chercher l'odeur d'une autre. Elle ne trouve rien. Alors en récompense elle lui offre le creux de son bras nu à embrasser et dépose sa tête sur son cou, taquin il lui murmure :
« Tu devrais faire du sport, ça aide tu sais. »
