Chapitre 17 – Le casse du siècle
Avertissement : mention pour la fin de chapitre, scène de violence pouvant choquer.
En regardant Harry disparaître derrière le portait, Amalia se dit qu'un petit rappel de son avertissement en début d'année aurait peut-être été nécessaire. Elle regretta rapidement de ne pas l'avoir fait lorsqu'un soir des cris et des pas précipités la firent sortir de son bureau le surlendemain. La clameur provenait des étages supérieurs suivit d'exclamations triomphales, les voix portaient cette agitation à travers tous les couloirs et bientôt, le timbre claironnant d'Ombrage se distingua. Un événement l'avait visiblement rendue joyeuse et elle se dirigea vers le bureau de Dumbledore suivit de plusieurs élèves. Quand Amalia tenta de pénétrer dans le bureau du directeur, la gargouille resta figée.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ! Fizwizbiz ! Tu vas bouger oui ?
- Nan nan nan ! lui répondit une voix lointaine ponctuée de caquètements.
- Ah ! Peeves ! Est-ce que tu sais ce qui se trame ici ?
Le fantôme farceur s'approcha d'elle pour mieux la narguer.
- Vi Madame-Parfaite !
- Oh non, tu as entendu ce qui s'est passé dans la bibliothèque... soupira la jeune femme.
- Hé oui ! Peeves entend tout, sait tout !
- Donc, tu dois savoir aussi pourquoi je ne peux pas rentrer dans le bureau de Dumbledore.
- Exactement !
- Aurais-tu l'amabilité de me le dire s'il te plaît ?
- Nan ! s'exclama le spectre en faisant des pirouettes dans les airs.
- C'est vraiment dommage. Elle prit une mine boudeuse. J'avais un secret à partager avec toi. Tant pis !
- Qu'est-ce que le professeur d'Histoire pourrait savoir qui m'intéresserait ?
Peeves était d'un coup curieux, il se remit à l'endroit, face à Amalia.
- Je peux par exemple te dire quel sort Ombrage a donné à Rusard pour te piéger lors de la visite du Ministre.
- Ah oui ?
Après une brève hésitation, il prononça d'une traite et à toute vitesse ce qu'il mourrait d'envie de révéler.
- Le-Ministre-de-la-Magie-est-dans-le-bureau-du-Directeur-et-a-bloqué-l'accès !
- Euh, merci Peeves. Est-ce que tu sais pourquoi il est là ? Qui d'autre est avec eux ?
- Oui. Le Professeur McGonagall, un des Weaslytiti, Pitit Potter, une fille de Serdaigle, Ombrage, deux Aurors et c'est tout !
- Sais-tu pourquoi Fudge est ici ce soir ?
Peeves hocha la tête, très fier de lui.
- Est-ce que tu peux me dire pourquoi ?
- La Grande Inquisitrice a attrapé Potter et ses copains en train de faire des choses interdites ! Le Ministre est là pour mettre tout au clair ! Si Dumbledore est impliqué, ça va barder ! Bon, maintenant, je veux savoir quel est ce sort !
- D'accord Peeves, suis-moi je vais t'expliquer comment t'en débarrasser.
Rester devant la gargouille immobile n'aurait pas permis à Amalia d'en savoir plus, elle conduisit le fantôme jusqu'à son bureau et remplit sa part du marché. De nouvelles exclamations la tirèrent des corrections de devoirs quelques minutes plus tard, la seule différence était dans le timbre de la voix. Le professeur McGonagall dévala les escaliers et croisa sa consoeur.
- Qu'est-ce qui s'est passé Minerva ?
- Oh Amalia, Dumbledore a du quitter momentanément ses fonctions !
La directrice adjointe avait l'air effarée.
- Ce qui implique que nous sommes seules à présent ?
- On dirait bien que oui, je le crains. Tâchons de maintenir le cap en attendant son retour...
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Le lendemain matin, toute l'école était au courant de l'exploit de Dumbledore. A lui seul, il avait mis à terre le Ministre de la Magie, son assistant, deux Aurors et la Grande Inquisitrice. Cette derrière se retrouva propulsée au poste très convoité de directrice de Poudlard. Afin de faire bonne mesure, elle convia avant le petit déjeuner tous les enseignants et le personnel de l'école dans la pièce attenante à la Grande Salle.
Le bonbon rose arborait une expression d'extrême suffisance et sa baguette à la main, elle ordonna des chaises en bois en cinq rangées bien nettes et indiqua à chacun où s'asseoir.
- Hum hum ! *
Son éternel raclement de gorge instaura le silence.
- Je tenais à vous rassembler ici ce matin afin de vous présenter le décret d'éducation n°28 du Ministère de la Magie. De nombreuses rumeurs circuleront au sujet de cette nomination, je compte sur vous pour ne pas les alimenter. Hier soir un incident a eu lieu dans le bureau d'Albus Dumbledore ayant conduit à sa destitution. Ainsi, les personnes en possession d'informations sur le dénommé, sont priés de se faire connaître afin d'aider le Ministère à appréhender un suspect dangereux.
Des rires étouffés se firent entendre.
- Prenez note que ce fugitif a mis en danger la santé physique et mentale de deux élèves présents dans la pièce sans compter le personnel du Ministère. Il avait également enrôlé dans une armée certains des élèves de l'école pour les former aux sortilèges interdits en classe de Défense Contre les Forces du Mal. Je vais devoir m'entretenir avec leurs directeurs de maison.
Les chuchotements étaient plus bruyants, on pouvait comprendre qu'il était risible qu'un homme qu'Ombrage qualifiait ouvertement de vieux et sénile, ait pu mettre au sol deux des Aurors les plus qualifiés. La nouvelle directrice ne se démonta pas.
- J'espère que cet incident nous permettra de repartir sur des bases seines et un travail collaboratif de qualité. Les nouvelles règles qui seront en vigueur dans les prochaines semaines ne doivent en rien altérer la bonne entente entre les professeurs et le fonctionnement du château. Pour faciliter cette transition, je souhaiterais que vous pussiez m'appeler par mon prénom. Je vous laisse à présent rejoindre le cours de votre journée.
oOo
- Mr. Potter, ne partez pas si vite, ordonna Amalia à la fin de l'heure des cinquièmes années. Mr. Weasley et Miss Granger également.
Le professeur attendit que tous les élèves soient sortis de la salle pour reprendre, Drago ricanait en se retournant pour voir la tête de ses camarades.
- Je suppose que vous n'êtes pas étrangers à ce qui s'est produit dans la Salle sur Demande hier soir et qui a conduit le Ministère à se poser des questions sur une certaine armée d'élèves, que Dumbledore aurait formé pour renverser Mr. Fudge ?
Les trois adolescents baissèrent le menton au même moment pour ne pas croiser le regard furieux d'Amalia.
- Qu'est-ce que je vous avais dit en début d'année ?
- Mais… protesta Harry soudain prit d'un élan de révolte.
- Mais quoi ? le coupa-t-elle brusquement, les mains sur les hanches.
- Vous nous aviez dit de venir vous voir pour régler les problèmes au lieu de vouloir le faire nous-mêmes, mais qu'auriez-vous fait ? Nous enseigner les sortilèges et charmes qu'Ombrage refusait de nous faire pratiquer en classe ? intervint Hermione un brin audacieuse.
- Bien sûr que non ! s'exclama Amalia de colère. Je vous aurais dit de vous adresser à Remus pendant les vacances pour qu'il vous entraîne ! Ne vous ai-je pas démontré que j'étais dans votre camp plus d'une fois ? Ron jeta un coup d'œil à Harry sans lever le nez. Quoi ? Qu'est-ce que ce regard veut dire ?
- Euh… Amalia, c'est juste que vous nous avez demandé de nous tenir à carreau. Si on vous avait mise au parfum, vous auriez prévenu Dumbledore et ma mère.
Le rouquin n'en menait pas large alors que Harry releva la tête en signe de défi. Leur enseignante se radoucie.
- Bon, soyez prêts à la réaction d'Ombrage. Elle est directrice et va user de son statut pour vous mettre au pas, en particulier vous Mr. Potter ! Suivez le rang même si ce n'est qu'en apparence. Je dois à contre cœur vous laisser pendant les vacances, j'ai une petite mission à régler pour l'Ordre et il n'y a plus Dumbledore pour vous protéger alors par tous les dieux, ne faites rien que votre parrain et votre père auraient fait ! Et si quelque chose ne va pas, allez voir le Professeur McGonagall !
Amalia soupira en levant les yeux au ciel, ses élèves demeurèrent silencieux jusqu'à leur départ de la salle de cours. Elle eut bien d'autres sujets de préoccupations lorsqu'au détour d'un couloir, Ombrage l'interpella.
- Amalia ?
- Oui Dolorès ? répondit-elle d'une voix veloutée.
- J'ai appris que vous retourniez pendant les congés sur Londres. Avec les récents événements, je ne crois pas que cela sera possible !
- Pour quelles raisons je vous prie ? Je n'ai pas la charge d'une maison mais je serai restée avec plaisir si vous aviez besoin de moi pendant les vacances. Cependant je dois régler des démarches importantes qui ne peuvent l'être par hibou.
- Bien entendu, vous devez aider Dumbledore dans sa fugue ! s'exclama Ombrage avec mépris.
- Je crois que vous faites erreur, Dolorès, une nouvelle fois. Elle appuya avec froideur sur le prénom. Si j'avais des éléments sur la localisation de Dumbledore, pensez-vous réellement que j'oserais défier le Ministère en cachant ouvertement ces informations ?
Amalia prit un air faussement outrée avec un geste de la main sur sa poitrine.
- Ne croyez pas vous en sortir de cette manière, je veux des preuves ! Qu'allez-vous faire sur Londres pendant les congés de Pâques ?
Le professeur d'Histoire sortit de la poche intérieure de sa cape l'enveloppe grise de Gringotts.
- Tenez, je pense que le contenu de ce courrier pourra vous éclairer.
Une fois sa lecture terminée, Ombrage leva lentement les yeux vers Amalia, on aurait pu croire qu'ils lançaient des éclairs. Elle tendit d'un geste sec l'enveloppe à sa collègue qui reprit la parole.
- Pourrais-je savoir comment vous avez appris que je prévoyais des vacances ?
- La Brigade Inquisitoriale a émis des doutes concernant vos agissements, elle a donc eu accès à votre courrier.
- Vous avez laissé des élèves lire ma correspondance ? s'insurgea Amalia.
- Mais bien entendu !
Ombrage avait à nouveau un sourire ravi au visage. Autour d'elles dans les couloirs, les ricanements de la Brigade Inquisitoriale raisonnaient, tous les élèves de la milice portaient les couleurs vert et argent de Serpentard.
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La veille des vacances de Pâques, Amalia ressentit à nouveau le besoin de s'isoler dans la tour d'astronomie, cette fois-ci le temps se couvrait et les étoiles n'étaient donc pas au rendez-vous. Dehors, la neige avait disparu de la pelouse du parc et le redoux amena Amalia à penser à ses prochaines vacances avec Sirius. Peut-être auront-ils l'occasion de le faire sortir un peu ou de partir à la mer ?
Aucune lumière ne parvenait de l'extérieur mais la salle n'était pas pour autant dans le noir complet, les nombreux cierges qui s'étaient accumulés au cours des soirées formaient un halo chaleureux d'une cinquantaine de flammes. Amalia comprit alors qui les avait placé ici et ce que cela représentait. Elle saisit une bougie neuve et alluma du bout de sa baguette la mèche, elle enfonça la cire sur un des supports en signe de paix. Son mutisme obstiné avait assez duré.
La réponse de son interlocuteur ne prit que quelques heures. Juste au moment où elle allait franchir le portail du château pour transplaner, une ombre attira son regard sous les hauts sapins du parc. La sorcière laissa sa malle dans l'allée et se mit à couvert des arbres, Rogue l'attendait.
- J'ai eu ton « message », dit-il, guettant sa réaction.
Amalia le fixa en songeant à ce qu'elle allait dire tout en veillant à ne pas croiser son regard afin qu'il n'ait pas accès à ses pensées.
- Tu me refais un coup comme cela et je t'arrache la tête !
Elle prit un ton menaçant mais Rogue ne se démonta pas. Il lui saisit le poignet pour l'attirer contre le tronc d'arbre et s'y appuya d'une main, de l'autre il lui tendit un petit doigt comme pour sceller un engagement.
- Je te le promets.
La sorcière continuait à le regarder avec un air furibond pour marquer son mécontentement puis elle serra avec son auriculaire ce doigt tendu en geste de réconciliation.
- Si tu ne me fais toujours pas confiance, on ne pourra plus être amis.
Amalia détourna les yeux, profondément triste de devoir prononcer ces mots.
- Cela n'arrivera plus. Je suis content que tu m'aies fait signe…
- Je peux savoir ce qui m'a valu ce changement d'avis ?
- Dumbledore m'a confié que tu avais reçu une proposition de poste de la part du Ministre en personne concernant un certain cours. Fudge souhaitait te voir le reprendre dès la rentrée et tu l'as brûlée sans hésitation...
- Oui et ? Je t'ai déjà dit que d'enseigner la Défense Contre les Forces du Mal ne m'intéressait pas.
- Je sais. Tu aurais pu accepter juste pour te venger.
- C'est vrai que cela me ressemble beaucoup de faire ce genre de chose, en plus le poste est maudit... Une expression d'amusement chassa son air boudeur.
- Merci quand même...
- Je file, si quelqu'un voit ma malle toute seule, il pourrait s'imaginer que j'ai été enlevée surtout que la Brigade Inquisitoriale m'a à l'œil. Tes élèves sont très attentifs à mes faits et gestes...
- Que dois-je comprendre ?
- Il est franchement remarquable que cette escouade soit exclusivement composée de Serpentard, non ?
- Une fois de plus tu insinues que c'est un défaut. Mes élèves font tout pour gagner intelligemment des points afin de réussir leur année.
- Soit, je ne peux pas le leur reprocher. Cependant, s'ils pouvaient arrêter de répéter tous mes pas de travers à Ombrage, j'apprécierais. Ils ont bien failli compromettre mon voyage...
- Passe de bonnes vacances, répondit-il en soupirant.
- Toi aussi et pas de surmenage avec Potter s'il te plaît.
Étrangement, Rogue ne répondit pas et demeura impassible, Amalia soupçonna un problème mais passa son chemin sans relever. Le portail était à quelques mètres derrière elle quand elle transplana jusqu'à Londres, déposa sa valise et suivit le chemin vers le métro puis le champs avant de se rendre sur le perron de son voisin.
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Par réflexe, Amalia ne sonna pas et frappa en entrant afin de ne pas réveiller Mrs. Black, derrière la porte aucun elfe de maison ne l'attendait et un silence inquiétant l'accueillit. Avec précaution, elle descendit vers la cuisine où les restes d'un repas et des ordures s'accumulaient sur la table. La pièce n'avait plus rien à voir sans la présence de Molly Weasley.
- Les mains en l'air ! somma une voix derrière la jeune femme.
- Sirius, c'est juste moi...
Elle tenta de se retourner mais la baguette pointée sur sa nuque l'en dissuada.
- Impossible, Amalia est à Poudlard et m'aurait prévenu de sa venue.
- Sauf si c'est une surprise !
- Très bien, dans ce cas, à quel jeu ne m'as-tu jamais battu ?
- Pierre-Papier-Ciseaux, je peux baisser les mains oui ?
La sorcière pivota lentement et tendit les bras pour serrer contre elle Sirius. Il portait une robe de chambre en velours rouge et paraissait négligé.
- Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
Il se réfugia au creux de son cou pour être certain de ne pas rêver.
- Tu sais que les professeurs aussi ont le droit à des congés ? En même temps que les élèves d'ailleurs, on appelle cela des va-can-ces !
- Tu aurais pu me prévenir !
- Aux dernières nouvelles Dumbledore s'est enfui de Poudlard et Ombrage me fait suivre même aux toilettes ! Alors désolée pour la surprise ! Lunard est-il là ?
- Non, avec Tonks...
Le visage de Sirius s'assombrit, il desserra son étreinte et entreprit de nettoyer le bazar qui s'était accumulé.
- Hé, ça te dit si je prépare le repas ce midi ? lança-t-elle pour lui rendre le sourire.
- Assois-toi et raconte-moi plutôt comment va Harry...
Amalia s'employa à relater les quelques semaines passées depuis Noël, l'armée levée par son filleul, les nouvelles règles en vigueur dans le château et la fuite rocambolesque de Dumbledore. Sirius rit de bon cœur, Harry suivait ses pas et agissait en vrai leader ce qui le remplit de fierté malgré les regards réprobateurs de son amie.
- Dumbledore est passé me rendre visite juste après, répondit Sirius. De ton côté, qu'est-ce qui t'amène ici ?
- J'avais très envie de te voir.
- Je parlais de Londres...
- Ah oui ! Ne me regarde pas ainsi, je suis venue dans ton taudis pour te voir, c'est vrai. J'ai reçu un courrier, le coffre de ma famille à Gringotts a fait l'objet d'une visite. J'ai pu avoir un rendez-vous jeudi prochain afin d'en faire l'inventaire et j'espère pouvoir consulter discrètement les documents dont Maugrey m'a parlé.
- Tu devrais peut-être y aller avec Remus, sait-on jamais ce qui s'y cache ?
- Je ne préfère pas car je ne peux pas rester ici trop longtemps ou risquer de me faire voir en public avec un des membres de l'Ordre depuis qu'Albus est en fuite.
A l'étage, la porte d'entrée claqua.
- Ah, quand on parle du loup… maugréa le maître des lieux, fixant le plafond depuis son fauteuil. Amalia avait bondit de sa place pour se cacher en embuscade.
- A qui tu parlais ? lança Lupin à peine arrivé dans l'encadrement de la porte.
- Surprise ! s'écria la sorcière en sautant dans le dos du visiteur.
- C'était une question rhétorique, on sent ton odeur depuis le perron. C'est d'ailleurs dommage que le Ministère n'emploie pas d'hybride, ils auraient trouvé la cachette de l'Ordre depuis bien longtemps…
- Sommes-nous recherchés ? Je veux dire à par lui ? demanda la sorcière en pointant Sirius du doigt.
- Non, pas encore.
L'homme paraissait plus abattu qu'à leur dernière rencontre, ses cheveux mêlaient des nuances de gris et de châtain, son teint livide creusait les cernes sous ses yeux et ses vêtements étaient encore plus rapiécés. La précédente pleine lune avait du être rude.
- Comment vas-tu Lunard ? On m'a dit que les amours étaient au beau fixe ! s'amusa la jeune femme, espérant ramener un peu de gaieté dans l'austère cuisine des Black.
- Bien informée à ce que je vois… répondit-il en adressa un regard de reproche à son ami. Je ne sais pas si c'est réellement une chose positive.
- Ah bon ? Pourquoi ? Tu as rencontré ses parents et cela s'est mal passé ?
- Oh non, ils sont adorables, très gentils et tolérants. Dora est de sang-mêlé, alors ça a un peu facilité les choses.
- Donc, où est le problème ?
Amalia insista en regardant les deux hommes à tour de rôle. Lupin jeta un coup d'œil à Sirius et hésita à s'expliquer.
- Bon alors, dis-le moi toi, qu'est-ce qui ne va pas ?
- Il a peur que sa condition soit un frein à leur relation alors que ça ne l'a JAMAIS ETE A NOTRE AMITIÉ !
La soudaine élévation de ton de son maître fit sortir du réduit Kreattur, seules ses oreilles poilues dépassaient du bord de la table lorsqu'il la longea pour se terrer dans le garde-manger.
- Tu ne peux pas comparer ! s'exclama Lupin, un brin agacé par une discussion qu'il semblait avoir maintes fois eu avec Sirius.
- Remus, il a raison. Tonks est une Auror, elle a dû en voir des bien pires. Elle sait à quoi s'attendre et elle tient particulièrement à toi. Ne la repousse pas.
Les deux hommes observèrent leur amie avec un sentiment étrange, l'adolescente qu'ils avaient connu avait laissé place à une jeune femme mature et réfléchie. Le visage de Lupin se radoucit.
- J'y réfléchirai, merci de t'inquiéter pour moi.
- J'espère bien que tu vas y repenser sérieusement ! Si tu lui brises le cœur, tu auras à faire à moi !
Il ne put s'empêcher de la serrer fort dans ses bras.
- En parlant de rapprochement, Arthur nous a rapporté une étrange rumeur qui circule dans les couloirs du ministère.
Curieusement, Amalia comprit tout de suite où voulait en venir Sirius et repoussa l'étreinte de Lupin.
- Oui ? Je t'écoute.
- Tu sais que c'est une personne que nous estimons beaucoup, un bon père de famille qui ne prendrait pas au sérieux des rumeurs s'il n'y avait pas un fond de vrai…
- Bien entendu, dit-elle impassible d'une voix froide.
- Donc, tu ne remettras pas en cause ce qu'il avance ?
- Non.
Lupin avait fait un pas en arrière, prêt à l'explosion qui se préparait.
- Bien. Arthur a longuement attendu pour nous parler, il hésitait. Pourrais-tu me donner une explication plausible au fait qu'il ait entendu que tu étais fiancée ?
Amalia le toisa, un rictus étrange aux coins des lèvres.
- C'est l'hypothèse que je sois fiancée qui te dérange ou l'identité de l'heureux élu ? Bien entendu, vous avez conclu que je me serais engagée sans vous prévenir…
- Alors c'est vrai ?
- De quel droit oses-tu me demander une chose pareille ?
Elle posa ses mains sur la table dans une posture menaçante.
- Je te mets en garde Amalia, si tu continues à le fréquenter, je devrais te demander de choisir entre lui et moi !
Sirius articula chaque mot pour marquer la colère qui montait en lui.
- Je me répète, comment oses-tu ? elle appuya sur la fin de sa phrase.
- Ce que Patmol veut dire… débuta Lupin. C'est que nous connaissons Severus depuis plus longtemps que toi et nous ne sommes toujours pas certains vu ses antécédents, qu'il soit totalement de notre côté.
Cette fois-ci, Amalia se redressa et pivota pour faire face au loup-garou. Elle leva lentement les yeux vers les siens et y planta un regard sévère.
- Vous le connaissez depuis plus longtemps que moi mais je le connais mieux que vous. Quand Albus dit avoir confiance en lui, je suis du même avis.
- J'insiste…
- NON ! TU N'INSISTES PAS ! hurla la jeune femme en sortant de ses gongs. Vous ne m'avez jamais soutenue quand Peter m'a agressée ! J'ai entendu des phrases de ce genre, « nous le connaissons depuis longtemps », « c'est un gentil garçon, il ne ferait de mal à personne » alors que je vous soutenais qu'il n'était pas digne de confiance ! James et Lily ont persisté et où sont-ils aujourd'hui ? Pour une fois, fiez-vous à mon jugement ! Après tout, je t'ai bien cru Sirius, quand il a été envoyé à Azkaban !
Les sorciers se regardaient en coin, cette vieille histoire les avait toujours divisés jusqu'à ce qu'ils découvrent deux ans auparavant que Pettigrow n'était pas celui qu'il prétendait être. Jamais depuis lors, aucun d'entre eux n'avaient abordé le sujet ou présenté d'excuse à Amalia pour avoir remis en doute sa parole. De fureur, elle prit ses affaires et remonta les marches en courant, passant devant le portrait éveillée de la mère de Sirius. Comme un défouloir, elle cria de toutes ses forces sur la vieille dame qui contre toute attente, se tut, soufflée par Amalia. Elle claqua la porte et retourna chez elle où elle passa la soirée à fulminer contre ses amis.
oOo
La banque des gobelins était le bâtiment le plus clair, le plus grand et qui paraissait être le plus récent du Chemin de Traverse. Ses cheminées dominaient toutes les autres et la bâtisse se détachait nettement à la fois par sa couleur d'un blanc éclatant mais aussi par le grand portail en bronze ouvragé. Posté devant, un gobelin armé d'un détecteur gardait l'entrée, il se déplaçait d'un coin à l'autre du portail en décrivant une ronde rythmée. Il ne s'arrêta que pour examiner la baguette d'Amalia avant qu'elle ne puisse entrer dans l'édifice.
- Identité et baguette je vous prie, croassa-t-il à la sorcière.
Elle s'exécuta, profitant de l'examen du vigile pour détailler l'escalier de marbre en face d'eux. L'entrée principale était entrouverte et permettait de voir de grandes portes en argent sur lesquelles était gravé un poème en guise d'avertissement. Il mettait en garde les visiteurs sur la cupidité et le châtiment qu'il résulterait de toute tentative de vol. Amalia avait gardé le souvenir merveilleusement brillant de ces portes et d'un lieu peuplé de créatures mesquines et peu agréables. Sa première et unique visite datait de son entrée à Poudlard, son père l'y avait amenée pour retirer l'or nécessaire au paiement de ses fournitures scolaires.
Le gobelin lui rendit sa baguette et l'invita à pénétrer dans la banque. Le hall était aussi aveuglant que la façade, il formait un couloir où de part et d'autre une rangée de bureaux hauts permettaient à des centaines de petits êtres de travailler en jetant un coup d'œil aux nouveaux arrivants. Derrière eux, tout autant de portes étaient alignées et permettaient d'accéder au cœur de la banque et à ses coffres forts. De mémoires, elles donnaient sur tout autant de galeries souterraines et de salles dont les accès ne se faisaient qu'en présence des gobelins. Un pupitre plus haut que les autres abritait un petit être chauve, il grattait un parchemin si long que le papier touchait le sol. Le gobelin ne releva pas la tête pour s'adresser à sa visiteuse.
- Nom et baguette je vous prie.
- Amalia Richards, vous m'avez envoyé ce document concernant le coffre de ma famille et l'incident qui s'y est produit.
- Il n'y a jamais d'incident à Gringotts, cela en va de notre réputation, répondit le petit être sans lever les yeux de son travail.
Amalia se racla la gorge et prononça à voix haute :
- Je sais que Gringotts est une banque fiable, pourtant la tentative de cambriolage sur la chambre forte de ma famille et votre accueil déplorable me poussent à changer de prestataire !
Soudain, le gobelin fixa d'un air catastrophé la jeune femme, il fit signe à l'un des guichetiers postés dans le hall et un conseiller se présenta à Amalia pour l'accompagner.
- Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour le dérangement Miss Richards, c'est aimable de votre part d'avoir pris la peine de venir. Nous espérons que votre visite se déroule au mieux et que vous reconsidérerait le fait de vous passez de nos services.
Si son nez pointu avait pu s'enfoncer dans le sol, le gobelin y aurait mis toute la tête. Il ouvrit une lourde porte en fer forgée et invita sa cliente à prendre place dans un wagonnet. Les rails disparaissaient dans le noir et elle savait que le coffre de sa famille était au plus profond de la banque, là où étaient dissimulées les chambres fortes les plus grandes, les plus anciennes et les mieux gardées. Elles appartenaient aux vieilles familles de sorciers qui y entreposaient en toute tranquillité leurs richesses et de fabuleux trésors, même ceux que le Ministère aurait réprouvé car les gobelins prenaient à cœur de ne pas se mêler des histoires des Hommes.
Pendant le voyage, Amalia réfléchit au prétexte qu'elle pourrait avancer pour rester seule dans le coffre et lire à loisirs les documents que les Aurors avaient laissé. Bien que neutre, si un gobelin pouvait tirer profit d'une situation au détriment d'un sorcier, il le ferait. En arrivant au bout du rail, le conseiller lui montra un couloir étroit qui débouchait sur un hall immense et éclairé par des torches. Au milieu se tenait enchaîné, un dragon Ukrainien Pansedefer méconnaissable. Le gardien placé là était couvert de blessures et les chaînes qui le retenaient au sol avaient fusionné avec sa peau. Cette dernière, blanche presque diaphane, laissait apparaître les veines pâles et les nombreuses zébrures dues aux maltraitances dont il était victime. Le gobelin saisit un hochet composé de grelots et les agita pour faire reculer l'animal, dressé à craindre ce son. Ses longues ailes repliées vibrèrent puis dans un dernier geste de repli, il se blottit dans un recoin de la salle et baissa sa gueule.
Par chance, Amalia n'eut pas à faire preuve de son talent concernant les animaux et de toute façon, sa curiosité naturelle ne la poussa pas à tenter l'expérience. Ils étaient maintenant presque arrivés à l'antichambre donnant sur les anciens coffres, c'était d'une succession de sas menant à une pièce circulaire avec une table de consultation au centre, sept portes se dressaient tels le dernier rempart pour protéger mille richesses de la convoitise des hommes. Le gobelin apposa sa main sur l'une d'elles et fit un pas en arrière pour que sa propriétaire puisse y entrer. Un souffle sépulcral leur balaya le visage puis le regard de la jeune femme se posa sur le contenu de la chambre.
Il n'était pas possible de savoir si c'était le passage des Aurors ou un quelconque cambriolage qui avait laissé cette pièce dans cet état : des papiers étaient éparpillés au sol, contre les murs des armoires vitrées avaient toutes les portes ouvertes et dégueulaient leurs contenus. Ce fut seulement en s'approchant des piliers dorés au fond de la salle qu'Amalia comprit qu'aucun vol n'avait eu lieu car il ne s'agissait pas d'un relief de la pierre mais de vrais Gallions empilés les uns sur les autres jusqu'au plafond, il y avait une véritable fortune. Bien qu'intriguée, son attention se porta à présent sur des livres, l'aura sombre qu'elle avait si souvent ressenti dans la bibliothèque de son salon l'enveloppa de son voile noir. Amalia était persuadée que ce qu'elle cherchait était juste là.
- Pourriez-vous me laisser s'il vous plaît ? J'aimerais prendre le temps de vérifier qu'il ne manque rien et certains souvenirs sont assez intimes, ils risquent de raviver la douleur suite à la perte de mon père, déclara la visiteuse d'un ton cajoleur.
Le gobelin, méfiant, hésita avant de la laisser seule et d'attendre dans la salle précédant l'antichambre. Un bruit de cliquetis indiqua qu'un des coffres voisins était aussi consulté, la voix grave d'un homme aboyait des ordres au conseiller qui l'accompagnait. Amalia n'y fit pas attention et se pencha sur les feuilles éparpillées au sol. Elle comprit pourquoi les Aurors les avaient laissées, le texte était en français, la langue de sa mère. D'un coup de baguette, elle ramassa toutes les papiers et les amena sur la table de consultation à l'extérieur de la chambre forte. Le sorcier grossier arrivé après elle se tenait à l'entrée de son coffre, il l'observa du coin de l'œil jusqu'à ce qu'Amalia s'installe sur l'un des fauteuils.
Les pages n'étaient pas numérotées, heureusement leur contenu simple ne recelait aucune information importante puisqu'il était question de recettes de cuisine dont la mise en forme ne laissait rien paraître. Elle passa en revue chaque ligne pour être certaine de ne pas oublier un indice, pendant ce temps derrière elle, l'homme avait congédié le gobelin. Ils étaient à présent seuls dans l'antichambre et il s'approchait du dossier d'Amalia. Absorbée par sa lecture, elle ne se rendit compte de sa présence que lorsqu'une ombre se dessina sur les parchemins.
- Avez-vous un problème Monsieur ? demanda Amalia en faisant volte-face d'un bond, les papiers dans son dos.
- Veuillez m'excuser, je ne voulais pas vous déranger. J'ai un ennui avec l'ouverture de mon...
La jeune femme ramassa à la hâte tous les documents sans écouter ce que l'homme racontait et se dirigea vers son propre coffre.
- Je suis désolée, je ne pense pas être compétente pour vous aider. Vous devriez demander au personnel de la banque de venir vous porter assistance.
Le sorcier la dévisagea, sa réaction soudaine et sur la défensive le mit en alerte, avait-elle compris se qui se tramait ?
- Je dois avouer que votre aide me sera plus agréable que la leur… Cette façon de susurrer les mots rappela à Amalia le comportement de Karkaroff, elle retint une moue de dégoût. Peut-être qu'à mon tour je pourrai vous aider à déchiffrer ces documents, qu'en dites-vous ?
- Je n'ai aucun problème avec ces papiers...
Il tendit une main pour saisir la liasse de feuilles mais la sorcière fut plus rapide. D'un geste sec elle lança les feuilles dans son coffre et referma brusquement la porte au nez de l'importun, il fallait maintenant appeler un gobelin pour l'ouvrir.
- Qu'est-ce que tu as fait espèce de... s'emporta l'homme avant de reprendre son calme. Ce n'est pas grave, on va faire venir le gardien et tu me confieras bien gentiment les documents de ton père...
- Je ne sais pas ce que vous pensez obtenir, ils ne vous donneront pas l'accès contre ma volonté !
Elle soutint son regard avec défi.
- Ah parce que tu penses réellement qu'ils nous auraient laissé seuls s'ils n'étaient pas aussi de mèche ? Une attaque à Gringotts ! Comme si c'était possible ! Nous n'aurions jamais pu avoir accès à cette pièce sans eux.
- Nous ? Qui ça nous ?
Avec horreur, Amalia se rendit compte qu'aucune trace d'effraction n'était apparente, c'était un piège pour la forcer à ouvrir le coffre et consulter l'ultime testament de son père. Naïvement, elle n'avait pas posé de question sur les indices que les voleurs auraient pu laisser, ni s'ils avaient visé en particulier sa chambre forte. Dos aux portes, elle tourna autour de la pièce à la recherche d'une aide mais si les gobelins étaient complices, loin de tout au centre de la terre, qui l'entendrait hurler ?
- Ne sois pas stupide, une seule personne pourrait s'intéresser aux dernières volontés de Livius Richards alors que ces idiots d'Aurors n'ont même pas été capables de comprendre ce qu'ils avaient sous les yeux !
Une bouffée d'angoisse monta en elle et le Mangemort continua.
- Allons, si tu ne m'ouvre pas la porte, je peux aussi lire tes pensées et savoir ce que tu as vu il y a quelques minutes...
- Protego ! hurla-t-elle en brandissant sa baguette.
- Expelliarmus ! s'écria l'homme.
La baguette d'Amalia décrivit un arc de cercle et vint se loger dans la main de son agresseur.
- Ah ah ! Comment vas-tu te protéger maintenant ? Allons, ne résiste pas, c'est inutile !
Il tendit sa baguette vers elle pour pénétrer son esprit mais elle le bloqua avec des charmes de Bouclier envoyé sans mot et sans baguette.
- Comment c'est possible ? Je n'arrive pas à percevoir tes idées !
Prise de panique, Amalia se jeta vers la sortie alors qu'une main puissante la tira en arrière et la fit basculer sur la table de consultation.
- Je vais faire en sorte que tu me parles. Le Seigneur des Ténèbres pensait te faire revenir à la raison mais moi je ne vois pas l'intérêt. Tant que je récupère les documents, il se fiche bien du reste…
L'homme la maintint plaquée contre la surface en marbre, une main sur sa gorge, il enfonçait ses doigts dans sa bouche pour l'empêcher de crier, de l'autre il tira de toute ses forces sur le haut du corset de la sorcière qui se rompit.
- Je vais t'enseigner le respect de notre Maître à tous !
Amalia se débattait, elle était secouée de haut en bas, son esprit allait de Sirius à Remus. Une main remonta le long de ses cuisses, elle se rappela de la première fois qu'un homme l'avait touchée, le poids d'un corps l'écrasa et l'haleine du Mangemort sentait l'alcool et le tabac, lui rappelant la fois où Pettigrow avait essayé de l'approcher de cette façon. Son esprit voulait s'enfouir dans des souvenirs agréables et laisser l'homme accomplir sa besogne pour s'enfuir au plus vite de cet endroit lugubre, remplit de traîtres. Les doigts dans sa bouche l'entravaient dans sa respiration, elle avait envie de vomir et ne parvenait pas à réfléchir. Ses yeux se posèrent sur le plafond de la salle, elle contempla le travail d'orfèvres des gobelins, la façon délicate dont la pierre avait été ouvragée puis peinte en or, des multiples détails et moulures composaient un faux ciel peuplés d'êtres volants. Tout ceci était si irréel...
- Le Seigneur des Ténèbres a déjà demandé à Rogue de te dresser, il n'a pas dû employer les moyens nécessaires ! grogna de plaisir le Mangemort à l'idée qu'une femme tant désirée par son maître était à sa merci.
Une colère sourde naissait en elle, cet homme n'était que l'instrument d'un être vil qui lui avait déjà trop pris, comment pouvait-elle demander à Harry de le combattre et elle-même abdiquer ? Si elle mourrait ici, tellement de choses se termineraient sans même avoir commencé, elle n'apprendrait jamais ce que son père avait voulu lui communiquer et tout le travail accomplit depuis le début d'année, d'avoir risqué sa vie dans la Forêt Interdite... Elle éprouva une brûlure fulgurante dans l'épaule blessée par l'hydre qui la fit revenir à la réalité. En l'espace de quelques secondes, son corps réagit avant qu'il ne soit trop tard.
Amalia resserra sa mâchoire sur les doigts de son agresseur et le mordit jusqu'au sang. Le Mangemort recula et hurla de douleur en se tenant la main.
- Espèce de chienne, tu vas me le payer !
L'homme lui décrocha un violent coup de poing suivit d'une salve de baffes au visage qui l'envoyèrent à terre, une douleur dans les côtes lui indiquait qu'il s'acharnait sur elle. Il devait bien faire le double de son poids mais la jeune femme ne faiblit pas, elle avait affronté une hydre, qu'est-ce qu'un sorcier en comparaison ? Elle pointa un index vers son front et murmura « Impero ». Immédiatement son agresseur s'immobilisa, le regard vague, sa baguette à la main. Amalia savait que si elle jetait un sort sans sa baguette, le Ministère découvrirait son pouvoir et risquait de l'envoyer à Azkaban car elle représenterait une menace. Cependant, elle ne pouvait pas laisser le Mangemort dans cet état sans le justifier et il était vital qu'il demeure en vie pour donner crédit à sa version des faits. Alors, toujours dans la tête de l'homme, elle lui ordonna de la ligoter et entreprit de donner l'alerte en fracassant la porte de son propre coffre.
Des alarmes se mirent à sonner dans un cri strident en boucle, les vigiles ne devraient pas mettre trop de temps à arriver. Un haut le cœur la submergea et elle vomit un mélange de bile et de sang, la douleur prenait le pas sur tout, l'odeur nauséabonde de l'homme, la poussière qui retombait dans la pièce et puis, les êtres ailés du plafond qui fixaient Amalia comme s'ils s'apprêtaient à venir la chercher. Ce fut la dernière chose qu'elle aperçut avant de sombrer dans le noir.
Prochain chapitre : Le testament du père
Note : Waaaah merci à Abou51 pour le merveilleux commentaire ! Ca fait rudement plaisir ! (tous les commentaires en général d'ailleurs!) A mardi !
