Chapitre 18 – Le testament du père

A son réveil, elle était installée dans un lit confortable au milieu d'une rangée de couchage dans une salle blanche et propre. Des infirmières faisaient des allers-retours avec des bassines à la main et des fioles de toutes les couleurs dépassaient de leur tablier. Amalia avait l'impression qu'un train lui était passé dessus, chaque parcelle de son corps hurlait de douleur. Elle finit par bouger les pieds puis les mains, des murmures autour d'elle s'élevèrent.

- Am', comment tu te sens ?

Au-dessus de sa tête, une perfusion se balançait d'avant en arrière au rythme d'un métronome invisible, le visage de Remus se dessina.

- Hagrid t'appelle l'Amazone, il a raison !

Tonks s'était approchée puis Maugrey et un jeune homme aux cheveux roux.

- Hé, bonjour vous tous. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter que vous me bordiez ? demanda la malade en tentant de se relever.

- Doucement, tu as été bien amochée.

Lupin l'aida à se mettre assise dans son lit, même les draps lui paraissaient rêches sur sa peau abîmée.

- J'espère que ma petite mise en scène a été convaincante.

- Une enquête a été ouverte sur Gringotts et sur les deux andouilles qui ont été envoyés examiner ton coffre. Tes exploits font la Une de la Gazette du Sorcier, ricana Fol Œil.

- Ils n'ont rien trouvé dans mon coffre je suppose...

- Exactement.

- Et vous avez pensé à tout me ramener ?

- Bien entendu ! Je t'ai tout mis dans cette serviette ! intervint Tonks d'un air joyeux.

- Heureusement que ce jour-là je travaillais, j'étais le premier arrivé dans l'antichambre. Quand j'ai vu le coffre ouvert, j'ai pris tous les documents et le livre, dit Bill Weasley à voix basse pour qu'aucun des autres malades de la salle ne puisse les entendre. Gringotts a sacrément été ébranlée par cette histoire, le directeur de la banque a été entendu par les Aurors, il ne vous a jamais fait parvenir de courrier sur une quelconque effraction. Quand les gens ont appris que des gobelins étaient soudoyés, ils ont fait la queue pour retirer leurs économies !

Amalia esquissa un sourire, au moins personne ne pourrait nier ce qui s'était produit.

- Ils ont pu interroger l'homme ?

- Oui mais il faut que tu nous expliques. Il hurlait que tu l'avais soumis à l'Imperium, sauf qu'ils n'ont trouvé aucun des sorts sur ta baguette alors que la sienne l'incriminait pour ton saucissonnage et l'explosion de la porte. En voyant que personne ne le prenait au sérieux, il a tout avoué assez facilement. Tu as été surveillée pendant des mois et il prétend avoir monté seul le piège pour te faire venir ici... Il a admis vouloir récupérer quelque chose que ton père t'aurait laissé. Comme il déclarait agir sous les ordres de Tu-Sais-Qui, le Ministère l'a fait passer pour fou et n'a pas poussé l'enquête plus loin. Malheureusement...

- Quoi ?

- On l'a retrouvé mort lors de son transfert à Azkaban, conclut Maugrey. Donc, comment as-tu fait ?

- Je peux lancer des sorts sans baguette, c'est juste légèrement dangereux...

Elle remarqua que les pointes de ses cheveux étaient devenues un peu plus blanches encore, le blond avait reculé pour laisser place à cette couleur vide. Sur son chevet, sa baguette avait aussi subit de nouveaux dommages. Pourtant cela ne l'étonna pas car dès qu'elle avait ressenti le danger, l'objet s'était mis à vibrer contre sa poitrine.

- Dumbledore m'en avait touché deux mots brièvement, ajouta Maugrey comme pour rassurer l'auditoire.

Lupin ne dit rien, son regard était plein de regrets car il n'avait pas été tendre avec elle lorsqu'elle lui avait avoué travailler avec Rogue sur ces talents inhabituels. Il comprenait à présent que cette collaboration pouvait être risquée pour son amie et qu'elle ne la poursuivait pas en dépit du bon sens.

- Et moi, je pourrais reprendre les cours quand ?

- Tu as la rate en miette, quelques côtes de cassées, des cicatrices un peu partout, des bleus n'en parlons pas et les os des chevilles brisés. L'infirmière dit qu'ils te garderont jusqu'à mardi si tout va bien et en attendant, je veillerai sur toi avec Tonks, répondit Remus. Son visage était marqué par l'inquiétude. Qu'est-ce qu'il s'est réellement passé ?

Amalia hésita car ses révélations pouvaient incriminer un de ses amis.

- Voldemort veut toujours me faire passer dans son camp, qu'importe la méthode. Et apparemment, il pense que je détiens quelque chose de puissant.

Dans la pièce, les lits étaient presque tous occupés par des formes humaines enveloppées dans des bandages, les infirmières s'affairaient à les soigner, apportaient des potions et donnaient des coups de baguettes magiques dès qu'un drap était défait.

- Dites, est-ce que je pourrais avoir du papier et une plume ?

- Tu comptes écrire à qui ? questionna Lupin d'un ton soupçonneux.

- D'abord à Ombrage pour l'avertir que je serai en retard pour la rentrée, ensuite Minerva pour la rassurer sans oublier S…

- Tu ne vas pas aussi lui écrire ! gronda Remus.

- Sirius ? Si tu prends la peine de lui répéter ce que je vais te dire, je peux me passer de cet exercice…

Amalia lui lança un regard furieux, évidemment il avait pensé à quelqu'un d'autre sans attendre la fin de sa phrase.

- Je vais essayer de tout vous résumer pour que vous puissiez transmettre à qui de droit ces informations. Et pour Sirius, j'espère qu'il ne m'en voudra pas trop de ne pas avoir pu profiter de mes vacances pour lui tenir compagnie.

oOo

Sa lettre à l'attention d'Ombrage était à la fois concise, polie et accompagnée d'un certificat médical qui n'était pas nécessaire lorsqu'on lisait quotidiennement la Gazette des Sorciers. Plusieurs journalistes avaient tenté de rentrer dans la salle des malades mais les infirmières les avaient repoussés dès l'entrée. Tous les jours un nouvel article révélait moult détails croustillants de l'affaire du moment, n'épargnant aucun avis plus ou moins éclairé. Heureusement, le temps passa vite et les membres de l'Ordre se relayaient volontiers pour lui tenir compagnie et par la même occasion surveiller tout individu s'approchant d'un peu trop près d'elle. Avec tout ceci, il était impossible pour Amalia d'ouvrir le livre et de consulter les documents de son père.

La direction de l'hôpital lui accorda une conversation par le réseau de cheminée pour qu'elle puisse s'entretenir avec McGonagall et organiser son absence en début de semaine. A 21h samedi, la sorcière se leva péniblement de son lit, ses chevilles étaient ressoudées cependant elles demeuraient fragiles. Elle prit le chemin des bureaux administratifs de Ste Mangouste. Dans les couloirs, des malades déambulaient hagards et ne firent pas attention à la jeune femme qui se glissaient dans les bureaux déserts. Elle lança de la poudre de Cheminette et se pencha vers le foyer. Accroupie sur la dalle dure de l'âtre, ses côtes reprenaient vie pour lui signaler leur présence par une douleur vive.

- Amalia ? demanda une voix féminine.

- Oui Minerva, j'espère que vous pouvez parler librement.

- En effet. Comment allez-vous ?

- La nourriture n'est-pas aussi bonne que celle de Poudlard mais je vais mieux, merci.

- Que s'est-il passé ?

- Dumbledore m'a transmis une lettre aux armoiries de Gringotts il y a quelques semaines disant que le coffre fort de ma famille avait été la cible d'une tentative de cambriolage et le directeur de l'établissement m'a demandé de venir constater ce qu'il manquait. Cependant, la pièce était dans le même état qu'après la vérification du Ministère, rien n'avait été touché.

Amalia choisissait ses mots avec soin pour ne pas attirer l'attention d'une éventuelle écoute de la part d'Ombrage.

- Un homme est arrivé pour consulter son coffre juste après moi, il a attendu que je ressorte du mien pour essayer de m'arracher des mains les recettes de cuisine de ma grand-mère maternelle. Je ne sais pas à quoi cela aurait pu lui servir à moins de vouloir monter un restaurant français ! rit Amalia et s'étouffa à cause de la brûlure de ses blessures.

- C'est pour cette raison qu'il vous a attaquée ?

- Oui, Maugrey Fol Œil m'a dit que lors de son arrestation, il délirait complètement sur un objet que mon père aurait caché dans cette chambre forte avant son décès. Sauf que si le Ministère n'a rien trouvé lors de la procédure de Confiscations Légitimes, c'est parce qu'il n'y avait rien de particulier. J'ai eu le temps de tout vérifier, il n'y avait que des livres, les recettes de famille que je lui avais demandé de conserver dans le coffre à cause d'une inondation chez nos voisins il y a quelques années et beaucoup d'or.

- Lupin m'a fait savoir que vous étiez dans un sale état lorsqu'ils vous ont retrouvé...

La voix du professeur McGonagall était un murmure.

- Lorsqu'il a vu que je ne le laisserais pas faire, il a essayé de percer mon esprit sans succès et il ne restait que ses poings pour me faire parler. Par chance, les infirmières sont douées ici !

La jeune femme tenta de faire bonne figure pourtant sa collègue percevait les tremblements dans sa gorge qu'elle ne parvenait plus à contrôler depuis l'agression.

- Amalia, ce n'est pas tout, n'est-ce pas ? Les os peuvent se réparer, pas l'âme.

- Ne vous en faites pas Minerva, il me faut juste du temps. Il a tenté de me… Je sens encore ses mains sur moi, je me sens sale…

Le visage grave du professeur McGonagall était l'exacte copie de l'expression que Tonks avait prise lorsqu'elles en avaient parlé l'après-midi même.

- De votre côté, j'espère que tout va bien, lança Amalia d'un ton plus joyeux.

- Vous aurez bientôt l'occasion d'en profiter à nouveau, souffla la sorcière d'un ton ironique.

- Je ne vais pas pouvoir abuser plus longtemps de l'amabilité de l'hôpital. Pour le Professeur Binns, dites-lui que toutes mes notes sont posées sur mon bureau par ordre des cours de la semaine. J'ai marqué là où nous nous sommes arrêtés de la Guerre des Géants pour les cinquièmes années, je pense que le sujet pourrait tomber aux B.U.S.E, il faut bien insister sur les dates. Et pour…

Amalia hésita, la cheminée était forcement surveillée par des oreilles indiscrètes.

- Oui ? Vous avez peut-être un message particulier pour quelqu'un dans le château ? reprit espiègle, la directrice adjointe.

- Euh pour vous-savez-qui, faites-lui savoir que je vais bien s'il vous plaît.

- Bien, le message sera transmis. Reposez-vous et à la semaine prochaine.

A Poudlard, McGonagall se releva et d'une voix neutre demanda :

- Vous avez entendu Severus ?

Dans un coin sombre de la pièce, le maître de potions avait parfaitement saisit le message qui lui était adressé, il ne répondit pas et quitta le bureau pour rejoindre ses appartements. Le professeur McGonagall était certaine d'avoir aperçu un bref sourire sur le visage habituellement impassible de son collègue.

oOo

Amalia put quitter sous bonne escorte Ste Mangouste le mardi en fin d'après-midi. Tonks et Lupin insistèrent sur les protections qu'elle aurait du mettre en place dans sa maison pourtant, avec toute l'attention dont elle était la cible de la part des journalistes, la meilleure des surveillances était déjà en place. A son grand désarroi, elle se résigna à ne pas rendre visite à Sirius pour ne pas éveiller les soupçons et protéger le quartier général de l'Ordre. Ses os s'étaient tous ressoudés, les marques sur sa peau avaient disparu et elle n'avait presque plus mal en respirant, son retour à Poudlard était imminent. Tonks prit congés la première et Lupin attendit dans le salon que son amie revienne.

- Bon alors, c'est officiel entre vous ?

- Oui, plus ou moins...

Remus se frottait le bras d'un air gêné.

- C'est-à-dire ? Si tu l'embrasses goulûment, on peut dire que c'est officiel !

L'homme ne réagit pas à la boutade d'Amalia, il regardait dehors avec une expression de profonde tristesse.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? Ce n'est pas ce que tu espérais ?

- Si, bien entendu, je suis sincèrement ravi qu'elle s'intéresse à moi mais... Lupin s'interrompit en détournant la tête.

- Mais quoi ?

- Qu'est-ce qu'elle me trouve ?

Amalia soupira, les hommes étaient à la fois compliqués et réfléchissaient trop lorsqu'il était question de sentiments et de spontanéité.

- C'est à Tonks que tu devrais poser la question, tu ne crois pas ? La jeune femme s'approcha et posa une main sur l'épaule de son ami. Vous avez beaucoup de chance de vous être trouvés l'un et l'autre. Profite des moments de joie avant qu'ils ne disparaissent. Ou tu finiras par élever un hippogriffe avec un autre célibataire endurci dans la maison de sa mère.

Remus tira Amalia vers lui en souriant et la serra fort.

- Doucement, je suis encore en sucre pour quelques jours ! gémit-elle

- Désolé, je suis maladroit… D'ailleurs, tu devrais t'asseoir, j'ai quelque chose à te dire de la part de Sirius…

- Oh ! Ça a l'air sérieux.

- Je ne sais pas vraiment et ton avis va pouvoir nous éclairer.

Il la conduit jusqu'au canapé et entreprit de raconter la discussion qu'ils avaient eu la veille avec Harry via le réseau de cheminée.

- Comme tu le sais, Harry devait suivre des leçons particulières auprès de Severus...

- « Devait » ? insista Amalia, surprise.

- Oui, « devait » car les leçons ont pris fin juste avant les vacances.

- Qu'est-ce qui s'est encore passé ?

- Hé bien... Harry a trouvé la Pensine dans laquelle Severus gardait les souvenirs qu'il ne souhaitait pas partager avec son élève et suite à un contretemps, Harry y a plongé le nez...

- Hum, très bien, répondit la jeune femme d'un air pincé, elle s'attendait au pire. Et qu'a-t-il vu qui soit suffisamment grave pour mettre fin à ces cours d'une extrême utilité ?

- Tu dois te souvenir de la manière dont nous t'avons accueillie à Poudlard... Pour résumer, tu n'étais pas notre seule victime.

- Ah ! Si je comprends bien, grâce aux adolescents idiots et rebelles que vous étiez, j'ai un autre point en commun avec Severus ?

- Dit comme ça...

- Oh si, dit comme cela je vous rappelle que votre comportement était inhumain. Je suppose qu'il a découvert l'indiscrétion de Harry et furieux, il refuse de continuer les leçons d'Occlumancie.

- Est-ce que tu pourrais à ton retour lui en toucher deux mots ? Sirius veut que j'y aille mais si c'est toi, le message a plus de chance d'être entendu.

Elle se leva d'un bond, posant au passage une main sur ses côtes douloureuses.

- Non.

- Comment ça, non ? s'exclama Lupin.

- Remus, je sais à quel point nous avons besoin que Harry se concentre pour fermer son esprit. Cependant, il n'est pas question que je demande à Severus de continuer les leçons s'il ne le veut pas. Harry a dépassé une limite.

- Et il le regrette ! Si tu avais vu dans quel état il était !

- Oui et justement, comment veux-tu qu'ils puissent continuer à travailler ensemble alors qu'une confiance est nécessaire pour ce type de séance ? Est-ce que tu te rends compte qu'il a vu son propre père et son parrain ridiculiser son professeur ? Ce que je ne comprends pas, c'est que Severus ne m'en ait pas parlé avant mon départ.

- Pour te dire quoi ? Il n'allait pas se vanter de l'incident, pesta Remus. On ne peut même plus envisager que Dumbledore s'en charge maintenant.

- Tu m'excuseras mais après tant d'entraînement, si Harry ne fait pas de progrès c'est qu'il n'y met pas de bonne volonté ou qu'il n'y arrivera jamais. J'en sais quelque chose...

- Je ferai part à son parrain de ton choix, répliqua sèchement Lupin en remettant sa cape.

- Hé ! Je n'y suis pour rien dans cette histoire ! Vous êtes à l'origine du problème ! Harry a dépassé les bornes et Severus profite de la légitimité de cette situation pour se débarrasser d'une corvée. Une bonne fois pour toutes, je ne suis pas l'arbitre !

Remus avec grise mine, se pencha sur le front de son amie pour l'embrasser et partit en lui souhaitant un bon rétablissement. Leurs relations seraient certainement encore tendues quelques jours et Amalia se retrouvait dans une situation délicate mais son esprit mit sous le tapis cette affaire pour se concentrer sur les documents et le livre de son père.

oOo

Elle ouvrit la serviette en cuir que Tonks lui avait apporté, les feuilles étaient mélangées, les bords cornés et l'écriture fine inscrite au stylo bille noir rendaient cette pile de documents aussi banale que les nombreuses notes qu'elle avait glissé dans les livres de recette de sa propre cuisine. Avec une émotion particulière, Amalia relut les instructions sur le gratin d'aubergines à la parmesane, une de ses préférées. Elle lui rappelait la méditerranée et les reflux de la mer, le chant des cigales grésillant dès les premières chaleurs de l'été, le Mistral poussant les effluves de mimosa et de parfums mystiques venus de l'Est. Pourtant, quelque chose ne collait pas, les quantités n'étaient pas justes et il manquait des éléments essentiels comme la tomate ou les aubergines. Amalia prit les documents et amena tout dans son grenier, à la lueur de l'unique ampoule de la pièce, elle donna un coup de baguette sur la feuille.

- Revelo !

Les lettres se diluèrent dans le blanc du papier et à la place, un texte écrit de la main de son père apparut.

Ma petite fille chérie,

Si tu lis ce courrier c'est que je ne suis plus là et que tu as découvert certains secrets que j'ai tenté toute ta vie de cacher aux yeux du monde. J'espère que tu me pardonneras, j'ai fait des choix égoïstes pensant te préserver, je n'y suis peut-être même pas parvenu.

Depuis ta naissance, tu as toujours été mon Astre dans l'obscurité, tu apportais une lumière blanche et éclatante comme la lune guidant le marcheur perdu dans la forêt. Ma vie a longtemps été une nuit sans fin et ta mère avec sa patience m'a permis d'ouvrir mon cœur à l'amour. Elle me manque chaque jour.

Lorsque tu étais petite, j'ai compris que tu détenais un immense pouvoir. Malheureusement sombre et beaucoup plus grand que le mien, qui une fois entraîné, pourrait te rendre plus forte que le Seigneur des Ténèbres lui-même. J'ai constaté alors que le cœur d'un homme se fane lorsqu'il prend conscience de ce pouvoir. La seule personne n'ayant jamais succombé à ce vice est Albus Dumbledore. C'est pour cette raison que je me suis adressé à lui afin d'organiser mon départ des Mangemorts et demander qu'il te forme à la magie. Tu avais déjà été baptisée il ne restait donc plus que le rôle du tuteur magique pour t'accompagner sur ce chemin. J'ai cru comprendre qu'il avait pris très au sérieux cette mission et je constate tous les jours à quel point tu es altruiste, généreuse et bienveillante.

Ma seule peur réside dans le Destin et les influences qui pourraient te faire changer de camp alors voici mes dernières volontés.

J'ai bridé tes pouvoirs pour arrêter leur progression, le Ministère s'en serait rendu compte et tu aurais fini ta vie à Azkaban sans forme de procès. Malheureusement cela n'arrêtera pas le Seigneur des Ténèbres car il se doutera un jour ou l'autre de ce que j'ai tenté de protéger. Le charme se brisera à ma mort pour que tu puisses récupérer la plus grande des armes, ta force.

Pour t'aider à te prémunir des tentatives des Ténèbres à t'empoisonner, tu trouveras dans notre bibliothèque le tome II de l'Encyclopédie des objets magiques prohibés au XXe siècle, le volume I est à Poudlard, le III dans le coffre fort de notre famille. Ils constituent la trilogie que j'ai rédigé des nombreux artefacts magiques de notre époque, certains sont anecdotiques, d'autres assez puissants pour t'aider dans ta quête.

Le tome I porte sur les armes, le II sur les objets de protection et le III sur ceux de soins et les sortilèges qui leurs sont associés. J'ai demandé à une vieille amie de cacher dans la bibliothèque de Poudlard le volume II pour que ta curiosité innée t'incite à rechercher le I. Elle a aussi mis un animorphe que j'ai ensorcelé pour qu'il te révèle un panel assez large des talents que tu pourrais développer à ma mort et la manière de les appréhender.

Si tu viens à découvrir qui est cette amie, sois assurée de son soutient et de sa bienveillance.

Je terminerais sur ce qui nous a tenu éloignés l'un de l'autre ces dernières années. Ta mère savait quels étaient les risques et que pour votre sécurité, il fallait que vous restiez en France. Je n'ai rien pu faire pour la convaincre de revenir.

Je t'en supplie, bien que les Ténèbres présentent un chemin envoûtant, ne perds jamais de vue ta Lumière.

J'écris ces lignes en espérant que les aubergines à la parmesane soit toujours ta recette préférée.

Je t'embrasse de tout mon être et de tout mon cœur.

Ton papa qui t'aime

La feuille s'échappa des mains de la jeune femme, ses sanglots troublaient sa vue. Là, au milieu du grenier poussiéreux, les derniers mois prenaient une toute autre couleur. Elle eut l'impression d'être un monstre, une bête sauvage prête à s'attaquer à n'importe quel être vivant se présentant à cet instant. Et en même temps, c'était perdue comme une enfant qu'elle analysait les mots couchés sur le parchemin. Le testament de son père révéla les raisons profondes de son agression, ce que Voldemort recherchait n'était pas un objet mais elle-même. La plus grande arme que Livius Richards avait laissé derrière lui était sa propre fille.

oOo

Le volume III de l'encyclopédie présentait les mêmes caractéristiques de reliure que les deux premiers tomes en sa possession, la trilogie était complète et confirmait les propos de son père. Le troisième livre traitait d'objets bien plus noirs et terribles que ce qu'elle avait pu lire jusqu'à présent dans la bibliothèque de Poudlard. Les gravures montraient des personnes torturées pour former avec leurs pleurs, des talismans et runes de protections. Certains de ces objets étaient face à Amalia et elle remarqua avec horreur dans quels matériaux ils avaient été forgés. Un profond sentiment de dégoût naquit dans sa gorge accompagné d'une nausée fulgurante. Elle se précipita aux toilettes où haletante, elle réfléchit aux récentes révélations. Son retour à l'école annonçait de futurs combats contre Ombrage et un entraînement nécessaire de ses pouvoirs. La mort dans l'âme, elle finit par accepter le lourd héritage de sa famille et les perspectives des jours sombres à venir.

Tonks et Maugrey prirent la peine de lui rendre une courte visite avant son départ, Remus faisait toujours la tête et ne vint pas. Ils lui donnèrent des nouvelles encourageantes de Dumbledore qui profitaient de ces vacances inopinées pour continuer le travail d'approche des Géants pour l'Ordre. Sirius avait confié une lettre à Maugrey pour Amalia qu'elle n'ouvrit qu'à leur départ.

Ma toute belle,

Je suis rassuré sur ton état de santé, tu as été forte et incroyable dans cette épreuve, je suis si fier de toi. Ne t'en fais pas pour Remus, il arrêtera de bouder assez vite et s'occupera lui-même de parler à notre « ami » du cas de Harry. Prends soin de toi et reviens-moi en vie cet été. Je t'aime (et t'aimerais jusqu'à la fin du monde)

- Ton voisin préféré -


Prochain chapitre : Le souvenir de l'élève Richards

Note : petit chapitre de transition nécessaire pour poser certains éléments, j'espère que vous ne m'en voudrez pas ! Les prochaines pages arriveront certainement samedi soir ou dimanche car je serai au Toulouse Game Show ce week-end. A très vite !