CHAPITRE 9 : LES CHEMINS ENTRELACE
Jessica était accoudée au bar, fêtant l'anniversaire d'Alice alors qu'elle atteignait les 19 ans au 1 décembre, et observait avec intérêt l'homme qui discutait avec cette dernière et Brady. Il était grand, bien plus grand que la plupart des autres étudiants mais il n'avait pas l'air d'être très vieux. Elle mordillait sa paille lorsqu'il posa les yeux sur elle et elle lui fit un clin d'œil. Alice pourrait lui en vouloir plus tard, si monsieur préférait les blondes, elle ne pourrait pas lui faire de reproche. Elle sourit alors qu'il rougissait légèrement et se leva le plus langoureusement possible. Ces années de cheerleader lui avait appris la grâce et la volupté, elle n'allait pas s'en privée.
Elle se plaça discrètement derrière Alice, faisant signe aux deux garçons de ne rien dire et lui plaça rapidement les mains sur la taille.
« Bouh ! »
Alice sursauta, se tourna vers elle et l'injuria. De prêt, elle put voir le regard chocolat de l'homme et se dit que les cheveux longs lui allaient plutôt bien.
« Sam, je te présente Jessica. » annonça Brady avec un grand sourire, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps alors que Jessica l'avait rencontré pour la première fois une semaine auparavant.
Le garçon tandis la main vers elle et elle sourit tout en la serrant.
Sam semblait embarrassé et ne dit pas grand-chose alors que Brady et Alice discutaient de leur cours d'Algèbre avancé. Elle se plaça à côté de lui.
« Et tu étudies quoi ? » s'enquit-elle alors qu'elle enchainait un peu sur la conversation de leur deux amis.
« Le droit. » dit-il avec un peu plus d'assurance avant qu'il ne lui lance un regard interrogateur.
« La finance. » répondit-elle et il eut l'air surpris. « J'ai dans l'optique de débuter ma propre entreprise. J'ai une spécialité en commerce. »
« Ah. Moi en psychologie. » décida-t-il à dire.
Il n'en fallut pas plus pour qu'il commence à lui poser des questions, prenant facilement de l'assurance. L'assurance que tout homme de son physique devait posséder. Elle sourit, répondit, enchaina sur ses propres questions. Il était plus âgé qu'elle d'une année. Il était né un 2 mai et lorsqu'elle lui annonça le 24 janvier, son regard se vola mais il sourit, un peu forcé. Jessica se mit légèrement sur la défensive à ce fait mais continua la conversation.
Lorsque Brady et Alice décidèrent de rentrer, ils les suivirent en silence. Ils avancèrent en direction de leur sororité et arrivé à un croisement, Sam se stoppa. Brady et Alice bras dessus-dessous lui lancèrent un regard interrogatifs, Jessica lui tandis la main, en une invitation silencieuse. Il sourit mais refusa avant de disparaitre, rentrant à sa chambre, la laissant seule en compagnie des deux bientôt amants.
Ce ne fut pas l'amour au premier regard, mais elle ne pouvait dénier l'attirance qu'elle avait pour lui. Leur discussion n'avait soulevé que peu de points communs entre eux, et pourtant elle avait été légère et simple. Il avait été mystérieux, elle attentive. Ils s'étaient séparés sans moyen de communiquer ensemble, mais elle connaissait Brady et, lui, vivait avec.
Observant ces deux camarades, légèrement éméché, échanger des baisers, elle eut un léger pincement au cœur que Sam ait refusé sa proposition. D'un côté, elle trouvait sa mignon qu'il veuille prendre son temps, de l'autre, elle ne voulait pas d'une relation, pas après Lui. Sam Milligan n'était pas un mauvais garçon. Il était avenant, ces amis, de ce qu'elle pouvait en juger de Brady, sympathique. Et surtout, ce qu'il ne disait pas était des plus intrigants, mais pas des plus inquiétant. Elle avait eu un copain, un seul, mais elle avait appris vite.
Jessica oublia rapidement Sam. Elle ne le recroisa pas à d'autre fête et, après le départ précipité de Brady après leur nuit ensemble, Alice ne l'avait pas poussé à le revoir.
Elle suivait ses cours avec applications, faisaient la fête avec ces copines de sororité et plus que tous, elle participait au groupe de Cheerleader de l'université. Elle trouvait cela un peu dommage qu'il n'avait que peu d'équipe à encourager, ou plutôt peu de bonne équipe à encourager. Mais elle n'avait pas été prise dans l'équipe principale, elle n'avait pas une assez bonne humeur lui avait-on dit. Alice lui avait dit de ne pas s'en faire et que d'ici l'année d'après elle pourrait intégrer l'équipe principale. Il avait souri et hausser les épaules intérieurement. Son équipe lui plaisait.
Elle était arrivée à Stanford depuis plus de trois mois, trois mois sans parler à sa famille, sans aller les voir pendant les vacances d'automne, sans prévoir de les voir alors que la fin de l'année n'arrivait à grand pas. Pas qu'ils ne l'appellent. Après tout, ses parents devaient avoir un tas d'histoire incroyable à raconter sur sa sœur. Sa super sœur qui allait au MIT et voulait faire un vraie métier avec son petite ami qu'elle trimbalait depuis ses quatorze ans. Jessica aimait sa famille, mais parfois, il était compliqué de rester positive. Elle avait attendu la séparation avec impatience, maintenant qu'elle était loin, elle avait du mal à la gérer. Alors elle passait ses week-end à faire la fête et à s'amuser, pensant à autre chose.
Jessica avait rencontré Marc Daniels à l'une de ses représentations, c'était un lutteur de leur équipe et ils y avaient eu une sorte de connexion entre eux. Elle l'avait embrassé, il était monté dans sa chambre. Ils avaient couché ensemble et il était repartit le lendemain sans un mots ni un numéro.
Alice et Rebecca l'avaient félicitée. Elle s'en était sentie légèrement souillée. Elle avait donc mis sa recherche de conquête amoureuse en hiatus et avait décidé de profiter de ses amies.
Elle visitait le Zoo de San Francisco avec son amie Florence « appelle moi Flo » de son cours d'économie, lorsqu'elle le revit. Flo était silencieuse et studieuse, elle n'aimait pas trop boire et aller au soirée. Jessica aimait sortir de manière détendu et découvrir la région. Elle observait les gorilles lorsque Flo lui pointa un groupe de quatre garçon à leur droite.
Elle le reconnut immédiatement. Sam Milligan faisait une tête de plus que la plupart de ces amis. Elle reconnut Brady dans le groupe, portant d'immonde gants en forme de mains de singes. Elle fut surprise de se rappeler son nom alors qu'ils ne s'étaient vus qu'une fois, un mois auparavant. Il avait du la marquer plus qu'elle ne l'avait cru.
« Quels imbéciles ! » se plaignait Flo à ses côtés.
Elle lui sourit en acquiesçant, tout de même amusé par la mauvaise imitation que les deux autres garçons faisaient des mammifères. Flo lui pointa la suite du parcours. Elle allait pour la suivre lorsqu'elle croisa le regard de Sam. Il la reconnut instantanément. Il sourit un peu gêner de l'attitude de ses amis et lui fit un signe de main. Elle le vit discuter avec Brady avant que ce dernier ne se rapproche d'elles en trottant.
« Jessica ! » s'écria-t-il dans leur direction tout en tendant sa main ganté vers elle.
Lorsqu'il réalisa son accoutrement, il fit la moue avant de sourire de nouveau.
« Quel surprise ! Vous visitez ? Tu me présentes ? » s'enquit-il tout en souriant charmeur à Flo.
Flo mit fin à toute tentative de drague en quelque mot, mais due voir son regard intéressé sur Sam car elle soupira et accepta que Brady les guide vers les trois autres garçons.
« Salut. » l'aborda Sam assez rapidement.
« Salut. » lui répondit elle plus timidement qu'elle ne l'aurait voulu.
Ils restèrent silencieux quelques minutes, écoutant Brady leur présenter Harry et Peter. Les deux garçons semblaient aussi enjoués que Brady, faisant de Sam le plus calme du groupe. Flo lui lança un regard agacée avant de soupirer devant son sourire navré et de commencer à discuter avec Peter qu'elle avait reconnu faire partie de son cours d'archéologie.
« C'est une bonne coïncidence de se retrouver là. » commença Sam et elle ne put que sourire devant son aire de chiot surexcité et acquiescer.
Elle ne portait pas de belle robe ou de talon aiguille cet après-midi-là, ni de maquillage, mais Sam la regardait de la même manière qu'au bar et cela lui plut.
Ils discutèrent, longuement, restant à l'arrière du groupe et écoutant d'une oreille inattentive la discussion entre leurs amis.
« J'ai une sœur. » avait-elle dit à un moment, elle ne savait trop pourquoi, mais elle avait eu besoin dans parlé. « Elle est plus âgé d'un an. »
« J'ai un frère, enfin deux… techniquement. » avait-il répondu l'air tout aussi mal à l'aise qu'elle sur le sujet.
Il n'en dit pas plus. Il n'en eu pas besoin, un vrai frère, un demi-frère.
« J'adore Céline Dion. » avait-il avoué comme un secret alors qu'ils observaient Brady et Peter tenter d'attirer l'attention d'un tigre.
« Je préfère Queen. » lui avait-elle dit avec un sourire.
Ils discutèrent pendant les trois heures qu'ils prirent pour visiter l'ensemble du parc. Ils avaient pris leur temps et Jessica ne pouvaient qu'en être reconnaissante à Flo qui avait dû supporter les trois autres garçon quasiment seule. Arrivés à la sortie, Flo lui lança un regard insistant et elle refusa qu'ils les raccompagnent jusqu'au campus. Jess lui donna son numéro de téléphone et il la fixa un instant avant de sourire.
Flo ne dit rien lorsqu'elles burent un café après leur visite. Mais son sourire amusé en dit bien plus.
Jess était assez heureuse de sa vie étudiante. Elle vivait dans une maison chez les OmegaDelta, Alice était certainement la colocataire de chambre idéale, malgré les nombreux hommes qu'elle y faisait défiler. Elle étudiait un sujet qui lui plaisait et qui pourrait, si elle s'en débouillait bien réussir à lui faire obtenir enfin la fierté de ses parents. Pas qu'ils le sachent puisqu'ils pensaient encore qu'elle s'orientait vers une profession plus politique.
Jess était plutôt heureuse d'être éloigné de sa famille. Elle les aimait, mais elle avait dix-neuf ans et clairement besoin d'espace, de faire sa propre vie, loin de l'ombre de sa sœur. Et Stanford lui offrait ça, cette liberté totale.
Pour être tout à fait honnête, Jess n'avait pas besoin d'un copain. Elle était heureuse ainsi. Mais, elle ne put s'empêcher d'échanger des SMS avec lui, et de sourire à chacune de ses réponses. Elle rencontrait beaucoup d'homme, elle était séduisante et sa colocataire aurait été très compréhensive si elle invitait des hommes à la suivre dans sa chambre, mais elle ne voulait pas de ça et avait peur de plus.
Elle croyait avoir été claire avec Sam sur le sujet. Elle n'avait pas du l'être. Ils discutaient tranquillement par message interposé à 20h alors que le week-end commençait. Elle faisait sa rédaction sur les alternatives sociale que provoquerait une absence de système monétaire, lorsque son téléphone sonna. Elle sursauta et décrocha sans vérifier le nom.
« Oui, qui est-ce ? » s'agaça-t-elle alors qu'elle n'arrivait à rien sur son devoir.
« Sam. » s'amusa-t-il de sa réponse tout en complétant taquin. « On s'est rencontré au Rotz et on s'est revu au zoo ensuite. »
« Oui, désolé, » soupira-t-elle un léger sourire aux lèvres d'entendre sa voix. « Ça fait un moment, j'ai failli oublier. » répondit-elle en s'amusant. « Je ne pensais pas que tu m'appellerais. » lui avoua-t-elle tout en observant Alice rager sur son devoir de Science politique, au moins elles étaient deux à s'énerver sur leur étude.
« Oh… Et bien me voilà ! » dit-il avec un entrain clairement feint mais elle trouva ça mignon.
« Oui, te voilà. » dit-il dans un léger soupire alors qu'Alice lui renvoyait un regard désabusé.
« Je voulais te proposer qu'on dine ensemble, un de ses soirs. »
Elle haussa un sourcil, surprise. Diner était loin d'être habituel. On lui avait déjà proposé un verre, un café, un ciné. Ce fut à cet instant précis qu'elle se rendit compte qu'il l'invitait à sortir. Elle put entendre la voix étouffé de Brady lui donner des paroles d'encouragement. Elle sourit avant d'acquiescer. Avec lui, ce serait peut-être différent. Il lui donna une date et un lieu et Alice roula des yeux en grognant lorsqu'elle poussa un petit rire excité lorsqu'elle raccrocha.
Jess ne tomba pas amoureuse au premier rendez-vous non plus. Sam était gentil, fort et étrange. Cela ne se ressentait pas dans leur échange de SMS, mais c'était là, sous-jacent et elle ne savait quoi en faire. Elle avait déjà eu cette sensation, avec Lui et elle craignait qu'il soit comme Lui. Elle le vit mettre quelque chose dans la carafe mais comme il s'agissait d'eau, elle ne comprit pas vraiment l'intérêt. Surtout qu'ils en burent tous les deux. Elle but, lentement, cherchant à trouver ce qu'il avait pu y glisser, mais elle ne sentit aucun gout. Une heure plus tard, elle se demanda s'il n'avait pas juste mis de l'eau dans son eau. Peut-être voulait-il vérifier la qualité ? Elle ne releva pas. Elle trouva quelques-unes de ces questions étranges mais ces réponses semblèrent le détendre et plus ils parlaient, plus il souriait.
Sam Milligan était définitivement étrange. Tellement étrange qu'il ne reconnaissait pas son propre nom.
« J'ai pris le nom de la nouvelle femme de mon père il y a seulement trois mois. » avoua-t-il. « Je n'ai pas encore l'habitude. Je sais que c'est étrange, mais lorsqu'il m'a présenté Kate, j'avoue avoir eu beaucoup de mal à l'accepté. Je me suis très mal comporté avec elle. Puis je me suis rendu compte qu'elle et Adam, ils constituent m'a famille et lorsque je les ai accepté, j'ai eu besoin de leur prouver. Alors, voilà, j'ai pris le nom de Kate, en signe de mon intégration complète dans notre nouvelle famille. »
Elle acquiesça lentement, un sourire fin aux lèvres notant l'information dans un coin de sa tête. Elle ne lui demanda pas le nom de son père, il ne lui donna pas.
Il ne la fit pas monter dans sa chambre, alors qu'ils savaient pertinemment tous les deux que Brady, son colocataire n'y était pas, il n'y était jamais. Elle en fut incroyablement vexée mais son baiser compensa.
Alice lui conseilla d'éviter une relation, pas après Lui et Jess ne put qu'acquiescer la rassurant sans pour autant suivre ses conseils. Alors après le troisième rendez-vous, elle prit les choses en main, s'invitant dans la chambre de Sam. Jess fit semblant de ne pas voir l'arme qu'elle trouva cacher dans sa table de chevet. Elle aurait aimé dire qu'il s'agissait de la meilleure relation sexuelle qu'elle ait eue de sa vie, mais elle était trop tendue et lui trop empathique pour ne pas se rendre compte de son malaise.
Elle le rassura, mais ne réussit pas à se confier, et resta jusqu'au lendemain. Il s'attacha et elle ne put se résoudre à lui dire non. Il était gentil, beau, intelligent et tendre. Elle n'était pas amoureuse, et cela lui donnait justement le pouvoir d'être capable de mettre fin à la relation à n'importe quel moment, ce qui la rassurait énormément. Elle crut en lui, suivant les conseils de Brady et Flo et faisant la sourde oreilles à ceux d'Alice et n'en fut pas tellement déçu.
Sam avait peu d'ami. Mais ces derniers lui étaient loyal. Elle savait que tout comme elle, ils ne savaient que peu de chose de lui ou de son enfant. Il ne parlait pas de son passé, pas de son lycée, pas de ses parents et jamais de son deuxième frère. Son petit frère s'appelait Adam et il l'avait rencontré tard. Sa mère s'appelait Mary et elle était morte peu après sa naissance et il n'avait rien à dire de plus. Sa nouvelle mère s'appelait Kate et malgré toute sa bonne volonté pour l'accepter, elle restait un sujet fragile. Elle compatissait, son père cachant une deuxième famille avait dû être dure. Son grand frère se nommait Dean, elle n'en sut pas davantage. Il évoqua plusieurs autres noms, hors de leurs cercles d'amis comme Bobby, Helen ou Jo, mais il lui semblait qu'il s'agissait plus de connaissance à son père qu'à lui. Elle s'en fichait un peu pour être honnête, ou en tout cas elle devait s'en persuader.
Sam aimait lire et passait énormément de temps à la bibliothèque. Il adorait les livres de mythologie et d'histoire. Alice l'avait décrit comme un geek athlétique et Jess avait ri. Ils étaient très différents. Elle avait un large groupe d'amis et sortaient souvent. Sam avait un petit groupe de proche et ne sortait que pour courir un peu. Il prit un chien et, lui, elle l'aima instantanément.
Lorsqu'il lui demanda officiellement d'être sa petite amie, elle accepta et l'embrassa, assez sure qu'au retour des vacances d'été, elle romprait avec lui.
Elle finit son année avec difficulté, prenant plus de temps pour s'amuser que pour étudier, mais Sam sur le coup, la poussa sur la bonne voie. Il insista pour l'accompagner à la gare, alors qu'elle rentrait chez elle pour deux mois complets. Il la rassura, ne comprenant pas sa panique à l'idée de revoir ses parents, sa sœur. Il l'encouragea du mieux qu'il put avec les billes qu'elle lui avait donné. Elle sourit, une façade forte, omettant qu'elle n'avait pas parlé à ses parents depuis son départ, qu'elle n'était même pas rentrée pour les fêtes, qu'elle ne les avait pas appelés pour les anniversaires et qu'elle n'avait pas décroché pour le sien. Il lui sourit, la prit dans ses bras et l'embrassa.
Alors qu'elle était collée à lui, prenant le réconfort qu'il lui donnait, elle réalisa qu'elle ne savait même pas ce qu'il avait lui-même prévu. Avait-il espéré l'inviter chez lui ? Qu'elle l'invite chez elle ?
Elle revêtu un masque de force et d'entrain, l'embrassa et sauta dans le wagon.
« Je t'aime. » lui dit-il, pour la première fois, alors qu'elle se tournait vers lui pour un dernier en revoir.
Elle faillit en faire tomber sa valise et resta figé, incapable de dire plus alors que les portes se fermait, les séparant.
Sam lui envoya un SMS à peine fut elle installé à sa place.
Je penserais à toi chaque jour.
Elle reste immobile face au texte et alors qu'elle réfléchissait à une réponse, elle en reçut un second.
Prends ton temps, je saurais être patient 3
Elle ne lui répondit rien.
Cet été-là fut le pire de sa vie. Lorsqu'elle rentra chez elle, personne ne l'attendait à la gare. En même temps, elle n'avait pas réussi à appeler ses parents. Elle s'était dit qu'une visite surprise serait de bonne augure. Elle aurait dû y réfléchir à deux fois. Elle prit un taxi et lorsqu'elle arriva chez elle, fut surprise du nombre de voiture garé dans l'allée.
Elle mit cinq minutes avant de frapper à la porte, et elle ne reconnut pas la personne qui lui ouvrit.
« Ah, de la mariée ou du marié ? » s'enquit la blonde décoloré qui lui souriait. « Suis-je bête, je connais tous les invités de mon fils, de la mariée sans aucun doute ! » dit-elle avec trop d'entrain par rapport à la panique grandissante de Jessica.
Sa sœur se mariait. Enfin, elle supposait que sa sœur se mariait, qui d'autre ? Elle ne pouvait pas voir ça, n'arriverait pas à supporter ça. Elle prit sur elle, sourit à la femme.
« Jessica Moore. » se présenta-t-elle.
« Oh. La sœur. » comprit la femme avec soudain un air hautain et Jessica déglutit non sans garder son sourire avenant. « Je suis Alicia Potia, la mère de Jackson. »
« Jackson ? » ne put-elle s'empêcher de répéter, sa sœur sortait avec Matthew depuis plus de sept ans.
La femme lui fit un sourire forcé avant de l'enjoindre à entrer.
« Votre mère est dans la cuisine. » lui indiqua-t-elle avant de partir vers le salon comme si les lieux lui appartenaient.
Elle acquiesça, soupira et laissant ses bagages dans l'entré, s'obligea à aller affronter sa mère.
Elly Moore n'était pas grande, mais si Jessica devait donner le nom de la personne la terrifiant le plus au monde, elle aurait donné le sien. Sa mère eut l'air surprise avant d'aborder un sourire supérieur et de se tourner vers son père qui lui la regardait avec stupéfaction.
« Je t'avais dit qu'elle viendrait. » fut les premier mot qu'elle entendit sa mère dire en un an, de manière la plus pompeuse qui soit à l'encontre de son père. « Bienvenu ma chérie. Tu partageras ta chambre avec la cousine de Jackson, Amélia, c'est une très gentille fille qui a accepté d'aider aux préparatifs. Elle sera rejointe pour le jour du mariage par son compagnon et un de ses amis. Vous serez un peu serré mais ça ira. »
Elle acquiesça lentement.
« Je suis content de te voir. » coupa alors son père tout en la prenant dans ses bras alors que sa mère allait enchainer. « Tu nous as beaucoup manqué. »
« Vous m'avez manqué aussi. » dit-elle lentement, une boule dans la gorge et les yeux humide de larme.
« Alors, Stanford, comme était-ce ? » s'enquit son père et elle sourit, lançant un regard à sa mère qui leva les yeux aux ciels avant de se réintéresser à sa cuisine.
Elle parla pendant plus d'une demi-heure, sa mère écoutant discrètement et approuvant. Son père lui sourit et l'enjoignit à continuer. Après avoir parlé de la plupart des choses, omettant éhontément Sam, elle se permit de poser la question.
« Jackson ? »
« Ah, oui… » commença son père grimaçant légèrement.
« Si tu n'avais pas coupé tout contact avec nous. » intervint sa mère tout en levant le nez en l'air et en s'essuyant les mains sur son tablier. « Tu saurais que ta sœur a été honteuse largué par Matthew un mois après la rentrée scolaire. Il avait besoin de se ''découvrir''. » dit-elle en levant les yeux aux ciels. « Tant mieux, Aurore à trouver un homme parfais. »
Son père grimaça face à cette déclaration ce qui fit sourire Jessica, sa mère ne releva pas et continua.
« Comme un parfais gentlemen, il a su que ta sœur était une merveille et il l'a demandé en mariage alors qu'il savait qu'il ne pourrait vivre sans elle. »
« Oui, enfin, il ne m'a pas demandé mon avis. » bougonna son père et Jessica ne put que sourire face à son air de mécontentement. « Mais ta mère a raison, c'est un bon garçon. »
« Elle se marie quand ? » s'enquit-elle lentement.
« Dans quarante-deux jours » annonça sa mère avec un claire agacement dans la voix. « Quarante-deux jours. » reprit-elle. « Pour tout préparer. Heureusement que de son côté de la famille ils sont nombreux et religieux. Amélia, sa cousine a accepté d'officier. Elle est pasteur. » continua-t-elle avec une certaine adoration dans la voix.
Jessica sourit avant de demander à son père comment se passait son travail. Il soupira avant de rabâcher pour la énième fois qu'il lui fallait un bon commercial.
Elle ne vit pas sa sœur de la journée, ni la journée suivante. Aurore étant apparemment trop occupé à organiser son mariage. Jessica ne s'en vexa pas.
Sam l'appela chaque jour et, même s'il n'était pas là pour ça, il devint un peu son défouloir. Elle se plaignit de la mère de son futur beau-frère, qui la regardait comme la pire des souillons. De sa propre mère qui vouait une adorations malsaine à la sainte Amélia, qui n'était pourtant pas encore arrivé et qu'elle n'avait jamais rencontré. De son père qui ne faisait rien pour la défendre. De son beau-frère, Jackson Potia, qui était, elle ne pouvait le nié, adorablement stupide. Elle aurait voulu le détester, comme elle avait détesté Matthew pendant des années, mais il était drôle et gentil et stupide, mais pas méchant. Sam lui avait demandé s'il devait être jaloux, elle lui avait assuré que non, car il avait beau avoir un personnalité, son physique n'était pas au niveau.
Elle lui demande comment ça se passait pour lui. Il lui apprit qu'il restait chez un ami de la famille, Bobby, il n'en dit pas plus.
Il fallut une semaine complète avant qu'elle ne croise sa sœur. Cette dernière en la voyant soupira avant de la prendre dans ses bras. Jessica accepta la branche de paix qu'elle lui tendit et ne rétorqua rien lorsqu'elle lui sourit hautaine en prenant la main de Jackson et en lui déclarant :
« Tu verras, toi aussi tu pourras en trouver un bien. »
Jessica aurait pu parler de Sam. Mais elle ne voulait pas parler de Sam. Parce qu'elle n'aimait pas Sam, que ce n'était pas sérieux, ou en tout cas, ça ne devait pas l'être. Pas pour elle. Pas après Lui. Elle ne voulait pas voir le regard de ses parents, de sa sœur, alors qu'ils allaient forcément le comparer à Lui. A Lui dont ils avaient pris le parti à l'époque, plutôt qu'elle, alors qu'elle était leur famille et pas Lui. Jessica ne voulait pas aborder le sujet, pas si elle n'avait personne pour la défendre à ces côtés. Alors elle sourit et félicita l'heureux couple avant de leur demander les questions d'usages.
Elle eut le droit de profiter de sa chambre en toute liberté deux semaines avant que la fameuse Amélia n'arrive. Cette dernière était plutôt gentille, polie. Jessica n'avait en aucun cas envie de parler avec un pasteur. Elle essayait de ne pas rentrer dans le préjugé, mais elle n'était pas croyante et n'avait pas envie de l'être. La jeune femme sembla l'accepter et leurs échanges furent cordiales alors qu'elles dormaient l'une à côté de l'autre la nuit. Etant donné ce manque d'intimité, il fut plus compliqué pour elle d'appeler ses amies, Sam sans être dérangée.
Elle jugea la pasteur digne de confiance, elle n'expliqua pas pourquoi, mais elle lui fit jurer de ne pas en parler à ses parents et se permit des discussions nocturnes alors qu'Amélia elle-même communiquait avec son compagnon, Jimmy de ce qu'elle avait compris, et avec ''son Dean''.
Jessica ne put profiter de vacances détendues. Elle avait voulu prendre un petit emploi, histoire de commencer à rembourser son prêt pour ses études. Avec les préparatifs du mariage, elle ne put rien faire d'autre que participer.
On lui colla la corvée des fleurs. Parce qu'elle était une fille et qu'elle devait adorer les fleurs. Jessica n'en avait rien à foutre des fleurs. Surtout qu'elle n'était même pas demoiselle d'honneur. Cependant, elle sourit et accepta, défilant dans tous les magasins de fleurs qui lui répondirent la même chose, ''la commande que vous demandez est bien trop importante en un si petit lapse de temps.'' Enervée et fatiguée, elle commanda chez tous les marchands qui avait au moins les fleurs qu'elle devait trouver et à eux tous, elle réussit à obtenir assez de fleurs.
Lorsque sa mère et Alicia Potia apprirent qu'elle avait mené à bien sa mission, elles enchainèrent. Jessica due négocier la réservation du terrain. Puis trouver un service de traiteur. Puis trouver un groupe. Elle se demanda bien ce que faisait les deux femmes à part déléguer, elle ne demanda pas. Seule elle faisait déjà peur, ensemble elles étaient terrifiantes.
Elle réussit à trouver du temps pour voir d'anciennes amies du lycée. Elles échangèrent leurs expériences à l'université, rirent pas mal. Jessica se rendit compte qu'en mettant derrière elle toute sa famille, elle en avait aussi oublié les bons côtés. Elle jura à ses anciennes amies de garder contacts.
Sam l'appela tous les jours sans faute. A chaque appelle, elle se sentait plus détendu, plus heureuse et pourtant un peu en colère, comme s'il n'était pas spontané et suivait un script, comme si elle était une obligation. En soit, elle savait que ce n'était qu'une impression, il semblait toujours heureux de l'entendre mais elle ne pouvait s'empêcher d'y penser, s'empêcher de lui trouver un défaut et de tout arrêter.
La veille du début des festivités leur maison fut remplie au fur et à mesure. Peu de personne ne restèrent mais tous passèrent signaler leur présence. Les amis du MIT d'Aurore, les collègues de Jackson, la famille lointaine des deux côtés. Seuls leurs grand parents furent logés dans la chambre d'ami, reléguant les parents Potia sur le canapé.
Jessica n'était pas là, lorsque les invités d'Amélia arrivèrent, elle les entendit à peine le pas de la porte franchit. Elle pouvait voir sa mère assise à côté de son père à siroter un verre de vin, enfin sortit de sa cuisine. Amélia se tenait debout, devant sa sœur et Jackson, Alicia et Patrick Portia assis un peu plus loin sur le canapé du salon.
« Enfin, le fameux cousin qui a caché les chocolats d'halloween dans sa taie d'oreiller, c'est endormi dessus et les a tous fait fondre au passage. Quand j'ai entendu l'histoire, je n'ai eu que deux réactions : hilarant et Triste mec ! » entendit-elle la voix du compagnon d'Amélia s'exclamer.
« Heu, Amélia, peux-tu nous présenter ton ami ? » s'enquit Madame Potia, qui n'avait apparemment jamais rencontré l'individu avant et semblait légèrement surprise.
La jeune femme leva les yeux aux ciels alors que son compagnon, le bras autour de ses épaules souriaient charmeur.
« Voici Dean. » dit-elle lentement.
« Ton fiancé. » supposa sa mère avec joie alors qu'elle lançait un regard Aurore qui grimaça.
« Non, vous parlez de moi. » assura alors un autre homme qu'elle avait déjà vu et cru être le frère de Jackson et qui descendait les escaliers ayant de toute évidence posé les bagages dans leur chambre. « Je me nomme Jimmy, je suis ravi de vous rencontrer. » dit-il poliment avant de passer un bras autour de la taille d'Amélia.
Jessica se rapprocha perplexe et ne put s'empêcher de dévisager le trio. Ils formaient une image particulière, les deux hommes entourant la femme, serrés les uns contre les autres. Elle vit la main de Dean qui reposait sur l'épaule d'Amelia heurter Jimmy et au lieu de se retirer, il la posa derrière la nuque de l'autre homme. Elle ne put s'empêcher de rougir face à eux. Ce n'était pas vraiment l'image qu'elle se faisait d'une pasteur, d'Amélia.
« Ravie. » répondit sa mère après quelque seconde, l'expression parfaitement neutre mais l'incrédulité claire dans la voix.
« Ouah. Amélia! Super progressiste ! » commenta Jackson avec amusement.
La jeune femme roula des yeux mais ne répondit rien. Finalement, Dean explosa de rire et se dissocia des deux autres qui lui lancèrent un regard incroyablement ennuyés. Jessica ne put s'empêcher de sourire amusée et de lancer un regard complice à son père qui trouva l'homme tout aussi sympathique qu'elle.
« Allez, avouez que ces drôles ! » Amélia sourit légèrement et Jimmy secoua la tête en leur lançant un regard navré. « Allez, je suis sûr que vous étiez entrain de vous demander comment on baisait tous les trois ? » demanda-t-il à leur encontre.
« Dean ! » s'outra Amélia en lançant un regard à sa tante qui avait l'expression la plus outrée que Jessica n'ait eu l'honneur de voir, avant de rosir.
Jessica ne put retenir le rire qui la prit. Il la pointa du doigt et sembla incroyablement soutenu.
« J'en étais sûr. Je vous l'avais dit. »
« Dean. » soupira Jimmy. « Ce n'est pas parce qu'il croit cela, que Madame Tompson est persuadée de la même chose. »
« Je te dis que la veille chouette nous déteste car elle croit qu'on vit à trois. »
« Nous vivons à trois. » fit remarquer Amélia avec un visage incroyablement calme.
Le blond lui lança un regard désabusé avant de secouer la tête.
« Mais nous ne sommes pas en couple à trois. » continua-t-elle à l'intention de sa famille. « Vraiment Jackson, tu t'imaginais quoi ? »
Jessica ne put qu'apprécier la présence des deux hommes. Amélia seule était assez simple et discret. Les deux hommes la rendaient clairement plus amusante et plus sûre d'elle. Le trio et Jackson semblaient avoir une bonne dynamique et apportèrent une ambiance légère à la soirée qui, avec la culmination des préparatifs du mariage avaient été sur le point de s'écrouler.
Cette soirée donna le ton au reste du mariage.
Le lendemain, ils eurent le droit au repas de fiançailles et Jessica dévisagea avec horreur Dean empiffrer un tarte comme un enfant de quatre ans. Elle préférait le spectacle, s'était toujours mieux que de regarder sa sœur, trois table devant elle, bécotant son futur mari et dégoulinant de bonheur. S'en fichant apparemment pas mal que sa sœur soit assise à la table des inconnus de la famille. Elle but beaucoup cette soirée-là, et resta silencieusement amère.
Le jour suivant ne fut pas mieux. Sa sœur dégoulinait de bonheur et son fiancé la couvait du regard, adorateur. Jessica était tenue à l'écart, seule, spectatrice de la réussite de sa sœur, et amère, peut-être un peu trop pour ce mariage. Ces parents s'embrassaient et se chuchotaient des mots doux. L'ensemble des convives avaient un invités et les trois autres célibataires comme elles ce faisaient draguer successivement par Dean.
Elle ne fit aucune remarque alors que la demoiselle d'honneur louait les qualités de sa sœur pendant son discours.
« Aurore a toujours su choisir ses hommes et les garder, pas comme sa sœur » riait-elle faisant pouffer la moitié de l'assemblé.
Jessica ne réagit pas et resta droite et bu. Elle but beaucoup. Elle but tellement que l'amertume pris place à la colère tandis que les invités s'enchainaient pour des discours élogieux sur sa putain de sœur.
Elle observait sa sœur danser avec son fiancé dans leur première dance. La colère l'envahit plus forte que j'aimais et elle sera son verre avec force. Elle but d'un coup sec et sentit la colère la prendre elle tangua jusqu'au micro, elle aussi avait des choses à dire sur sa merveilleuse sœur. Elle en avait tellement à raconter sur elle est Gorge, son Gorge, Lui, qui l'avait détruite avec l'aide de sa superbe sœur qu'on avait cru. Matthew avait bien fait de la quitter. Jackson avait droit à la vérité même si personne ne la croirait.
Elle se rapprochait du DJ lorsqu'elle sentit une main se poser sur son bras. Elle se tourna rapidement vers la personne l'ayant interrompu. Dean se tenait là, tout sourire.
« Je ne pense pas que ce soit un bonne idée. On danse ? » lui proposa-t-il comme s'il finissait une conversation à laquelle elle n'avait pas prit part.
Elle soupira, l'élan de colère s'amenuisant et elle acquiesça avec dépit. Elle avait vu l'homme flirter toute la soirée avec les demoiselles d'honneurs et ne fut donc pas surprise par le sourire charmeur. Sa colère se transforma en tristesse et elle roula des yeux mais ne refusa pas. Ils dansèrent une chanson, elle râla un peu, il blagua. Ils dansèrent une seconde chanson et ils burent, beaucoup. A la fin de la soirée, il la raccompagna dans leur chambre. Elle était saoule, elle était tellement saoule qu'elle tenta de l'embrasser. Il la repoussa avec un sourire avant de l'installer sur le lit et de s'écrouler à ses côtés.
Le lendemain, elle le dévisagea alors qu'il bavait sur l'oreiller, jeta un coup d'œil pour voir amélia et Jimmy enlacé sur le matelas pneumatique à ses pieds. Elle sortit de la chambre et de la maison et appela Sam. A peine sa voix entendue, elle pleura et s'excusa. Il ne comprit pas pourquoi, mais il n'en avait pas besoin. Voir sa sœur avec son mari et tout cet amour l'avait fait réaliser ses sentiments à elle, son amertume face à l'amour que sa grande sœur avait réussi à avoir, alors qu'elle avait trompé son ancien copain avec tellement de monde, alors qu'elle-même avait enchainé les connards.
Mais Sam était différent, Sam elle pouvait avoir confiance. Elle ne l'aimait peut-être pas autant qu'il l'aimait elle. Mais alors qu'elle s'était réveillée le matin même, l'esprit claire et la tête la martelant de douleur et qu'elle avait vu Dean à ses côtés, elle s'était rendu compte que l'absence de Sam lui pesait. Il lui manquait. Même si elle n'avait pas ce que sa sœur avait avec son mari, elle avait Sam et il était temps qu'elle arrête de le repousser pour savoir où leur relation pourrait les mener.
Après le petit déjeuner, elle se mit en quête de trouver Dean pour le remercier. Lorsque Gorge et Aurore avait couché ensemble, cela l'avait fait tellement plus souffrir que toutes les autres horreurs que Gorge lui avait infligées par la suite, elle n'aurait en aucun cas voulu infliger ça à Sam. Lorsqu'elle y parvint enfin, ils discutèrent longuement, échangèrent leurs numéros sachant pertinemment qu'ils ne se recontacteraient pas et se séparèrent.
Sam avait trouvé un appartement et lui avait proposé d'emménager avec elle. Lorsqu'elle était retournée à Stanford, elle se sentait libéré d'un poids qu'elle n'avait jamais réalisé porter.
Elle contacta ses parents chaque semaines, rattrapant toutes ses conversations manqués lors de l'année précédente. Elle présenta Sam a ses parents aux vacances d'autonome, Sam refusa lui de lui présenter sa famille. Elle en était attristée et blessée mais elle aimait Sam. Réellement, alors elle ne souleva pas les mensonges, ni les étranges symboles derrière les poster. Elle attendit, certainement que Sam, comme elle, avait besoin d'être prêt. Elle avait libéré ses sentiments, lui devait lui vouer une entière confiance.
Sa sœur s'était excusée pour la première fois depuis l'incident avec Gorge à Noel. Elles s'étaient retrouvées seules, forcé par Jackson qui était aussi délicat qu'un éléphant. Jessica n'avait eu en aucun cas envie de lui parler. Sa sœur en revanche fut un flot de paroles ininterrompu.
« J'ai été idiote. Un vrai pétasse. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'était si sure de moi si confiante sur tous les aspects de ma vie. Et Gorge était comme moi. J'aurais dû avouer la vérité au parents, j'aurais dû t'aider lorsque tu n'as dit comment il se comportait avec toi. Je n'ai pas été là, je n'ai pas été la super grande sœur que je croyais être. Je sais que ce que j'ai fait n'est pas pardonnable, mais je ne peux qu'essayer de te le demander. »
« Je n'oublierais jamais. » avait-elle dit lentement en voyant le visage baigné de larme de sa sœur, le visage qu'elle avait voulu lui infliger à son mariage.
Elle ne s'en était pas senti mieux. Elle ne voyait que la souffrance et si elle l'avait temps blessé, c'était parce qu'elle l'aimait tellement. Elle l'a pris dans ses bras et la serra fort, assez certainement pour lui faire mal mais elle ne s'en plaignit pas lui rendant son étreinte.
« Mais je t'aime. » avait-elle confié dans un murmure.
Lorsqu'elle sortit du placard, elle embrassa Jackson, sur la bouche, sous le regard stupéfait des ses parents et de Sam et le prit dans sa bras alors qu'il restait immobile, trop surpris certainement.
Ce soir-là, Jessica avoua son amour à Sam pour la première fois et elle se sentit bien.
Jessica avait enfin la vie qu'elle se savait mériter. Elle avait des amis, faisait des études qu'elle appréciait assez sure qu'en sortant de l'école, elle pourrait enfin rejoindre l'entreprise de son père et elle avait Sam. La vie lui souriait, elle n'avait plus qu'à la saisir.
Jessica fêtait ses vingt et un ans. Elle avait choisi de faire deux fêtes. L'une dans son appartements, avec ses amis et Sam. L'autre chez ses parents, avec sa sœur et sa famille, Sam n'ayant pas pu l'accompagner pour des raisons familiales, dont il n'avait en aucun cas voulu parler.
Sa famille n'était pas très grande, alors elle avait été surprise de trouver autant de monde dans le salon lorsqu'elle était rentrée et alors qu'elle reconnaissait certains visages familiers, elle sourit à sa sœur qui avait invité bien plus de personne de leurs âges, des amies qu'elles avaient perdus de vu en déménageant, des anciens camarades de classes et le trio étrange de la famille de son beau-frère. Sa sœur essayait peut-être un peu trop, mais elle appréciait cela.
La fête se déroula tranquillement. Jusqu'à ce qu'elle décide d'aider sa mère à s'occuper de ranger. Elle ouvrait la benne lorsqu'elle entendant un bruissement étrange. Accusant, le vent, elle ne fit pas plus attention que cela, jetant le sac poubelle rapidement, alors que l'odeur nauséabonde lui montait au nez. Lorsqu'elle se retourna, elle se retrouva nez à nez avec un monstre immonde. Elle cria, ou tenta tout du moins. La créature la bâillonna avec une substance visqueuse. Elle se débattit et malgré tous ses entrainements, elle ne put rien faire alors qu'on la trainait loin de sa maison d'où elle entendait encore les bruit de fête.
Elle n'avait aucun mot pour décrire ce qu'elle venait de voir, un homme, mais qui n'était en aucun cas un homme. On l'enferma dans une pièce et on l'attacha à un poteau. Elle tenta de crier mais en vain. Lorsque son regard tomba sur une autre victime, elle pleura de peur. Elle se débattit autant que possible, mais comme l'autre victime, elle fut recouverte d'une substance étrange et visqueuse presque comme une toile d'araignée. Ses muscles s'engourdirent et elle sombra dans l'inconscience.
Lorsqu'elle reprit conscience, elle était toujours attachée et entourée de toile. Elle ne pouvait pas parler, ses yeux étaient lourds mais elle reconnut rapidement la personne face à elle. Jimmy lui souriait, rassurant.
« On ne touche pas à ma famille ! » assénait Amélia alors qu'au loin elle la voyait donner des coups de haches à la créature qui l'avait attaqué.
Dean était à ses côtés armée lui d'une machette. Elle ne vit pas la suite, trop fatigué, ses yeux se fermèrent.
« Jess. Jess ! » l'appela Jimmy et elle rouvrit les yeux avec difficultés sur ceux trop bleus de l'homme. « Reste éveillé, ça va aller. » assura-t-il.
Ils leurs fallut plusieurs minutes, mais ils réussirent à tuer la créature. Ils la détachèrent et la ramenèrent chez elle. Elle ne posa aucune question, choisit d'ignorer les leurs. Elle écouta leur explication. Ils chassaient les monstres, apparemment. Ils faisaient ça depuis un moment, protégeant les innocents. Ils ne s'étaient pas attendus à tomber dessus en venant à sa fête. Ils ne savaient pas ce que la créature lui avait fait. Ils n'étaient pas sûr de ce que la créature était.
« On peut quasiment tous tuer en lui coupant la tête. On a quand même eu de la chance sur ce coup-là. » avoua Dean.
Amelia tenta d'être rassurante. Jimmy lui lança toutes les deux secondes un regard compatissant. Ils lui demandèrent de les tenir au courant si quelques choses d'étrange lui arrivaient. Elle acquiesça, rentra chez elle et fit comme si rien n'était arrivée.
Elle n'en parla pas à sa famille, pas à ses amis. Pas à Sam. S'il se rendit compte de son secret, il ne dit rien.
Jessica se sentit mal pendant un long mois. Elle pensait qu'il s'agissait d'un contre cout de son kidnapping. Elle avait été malmenée mais n'était jamais allé voir un médecin, qu'est-ce qu'elle aurait bien pu leur dire. Une créature avec une tête d'araignée m'a injecté un venin ? Non, il avait mieux fallu qu'elle se rétablisse seule. Elle avait hésité, plusieurs fois, à appeler les trois ''chasseurs'' mais elle n'avait pu s'y résoudre, trop abasourdie par ce qu'ils lui avaient dit.
Elle avait été attaquée par la créature, mais elle avait tellement de mal à croire à cette réalité. Le jour où elle vit sa main se coller au lavabo et qu'une étrange substance filamenteuse apparut alors qu'elle retirait sa main, elle cria. Sam n'était pas à la maison ce jour-là, il était parti accueillir sa famille, car ils leur rendaient visite. Pour la première fois. Jessica allait enfin pouvoir les rencontrer. Enfin. Elle aurait dû enfin pouvoir les rencontrer.
Elle ne joua pas au héros, trop peureuse de faire du mal à la famille de son petit ami. Elle appela donc Amélia, qui grogna et la mit sur hautparleur. Les trois chasseurs lui promirent de la rejoindre et de régler le problème. Ils lui demandèrent de s'isoler, au cas où, et lui donnèrent une adresse. Ils arriveraient dans quelques heures, lui assurèrent-t-ils.
Elle laissa un message à Sam, s'excusant d'avoir dû partir, essayant aussi de ne pas l'alarmer. Elle s'installa dans l'entrepôt abandonné que les trois chasseurs lui avaient indiqué et attendit angoissée. Il lui fallut deux heures pour que sa transformation se finissent. Deux heures seulement pour qu'elle ne se reconnaissent pas dans le miroir. L'angoisse s'amenuisait petit à petit, laissant place à la colère face à cette injustice. Pourquoi elle ? Qu'avait-elle fait pour mériter ça ?
Deux heures plus tard, ce ne fut malheureusement pas Dean, Amélia et Jimmy qui pénétrèrent l'entrepôt.
Deux heures plus tard, un homme inconnu pénétra l'entrepôt arme à la main. Elle resta figée de peur, incapable de bouger. Lorsqu'il la vit. Il lui tira dessus, à de nombreuses reprises, elle tenta de fuir, incapable mais il fut plus rapide qu'elle et avant qu'elle ne puisse dire quoique ce soit. Il lui coupa la tête.
Jessica ne s'attendait pas réellement à ce que la mort ressemble à ça. Elle était morte, personne ne l'avait accueilli. Elle s'était retrouvée dans une immense forêt étrangement sombre. Aucune couleur n'était visible à des kilomètres à la ronde. Elle avait froid, elle avait peur et le corps qu'elle possédait n'était même pas le sien. Elle était toujours un monstre. Lorsqu'elle vit d'autre créature sortir du couvert des arbres, elle commença à courir.
Elle trébucha, plusieurs fois, mais courut comme si sa vie en dépendait.
Jessica courait depuis elle ne savait combien de temps lorsqu'elle sentit une main puissante mais immonde la tirer et l'emporter. La foret obscure disparut. Elle cligna des yeux et se retrouva dehors sur une route. Elle trébucha mais se redressa. Elle était dans son corps, vivante et humaine. Devant elle se tenait deux hommes. Son assassin et un inconnu.
« A dans 10 ans, mon cher, ravi d'avoir fait affaire. » salua l'inconnu avant de disparaitre.
Elle sursauta, apeuré, sur le qui-vive. Son assassin lui sourit, triste. Il commença à parler.
Il s'appelait John Milligan. Il était chasseur. Il la cherchait lorsqu'il avait vu le monstre. Une Arachné, c'était ce qu'elle était devenue. Mais plus maintenant. Elle était de nouveau humain.
« Je suis le père de Sam. » finit-il, comme un coup de poignard dans son cœur.
Elle secoua la tête, incapable de comprendre. Elle n'arrive pas à parler, trop perdue.
« Tu ne te souviendras de rien. » assura-t-il. « Je sais que cela fait beaucoup à encaisser et Sam ne souhaitait pas te mêler à ses histoires. Tu oublieras tout. »
« Qu… Comment ? »
« C'était une clause du contrat. Une fois le cercle passé, tu oublieras même ton attaque qui t'a transformé. »
« Vous m'avez tué. » se rappela-t-elle tout en posant sa main sur son coup.
Il eut l'air coupable quelques secondes.
« Ou sont les Novak ? » s'enquit-elle alors. « Vous les avez tués, eux aussi ? » demanda-t-elle avec colère.
« Qui ? Il y a eu d'autre victime ? » demanda John Milligan, plus dure, plus froid.
« Non, ce sont eux qui m'ont sauvé, la première fois. Il devait venir m'aider. » lui expliqua-t-elle terrifiée par l'expression de l'homme face à elle.
Il se détendit, la rendant plus tendue.
« Des chasseurs ? » Elle acquiesça. « Prévient les que tu vas bien, dit leur que je t'ai soigné, dit leur que tu ne sais pas comment. Je ne connais pas les Novak, mais ça ne veut pas dire qu'ils ne me connaissent pas. »
Jessica obéit, tombant sur la messagerie d'Amélia, elle laissa un message qui lui valut l'approbation de John. Finalement, elle traversa le cercle dans lequel elle se tenait et tomba inerte.
Lorsque Jessica rouvrit les yeux, elle était sur son canapé, la tête lui lançant et la bouche pâteuse. Elle bailla et sourit lorsqu'elle vit Sam se pencher sur elle, le regard inquiet, comme un chiot perdu.
« Je croyais que vous arriviez vers 20h. » souffla-t-elle.
« Il est bientôt minuit. » lui sourit son fiancé.
Elle grimaça avant de lui caresser la joue.
« J'ai dû m'assoupir. »
Jessica remarque le soulagement sur le visage de Sam, avant de se redresser et de voir derrière lui trois personnes. Elle sourit et s'excusa fortement avant que Sam ne lui présente enfin John, Kate et Adam Milligan.
Ils étaient attablés le lendemain matin lorsqu'elle reçut l'appel de quelqu'un qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps. Lorsqu'elle décrocha elle ne put cacher sa surprise.
« Amélia ? Cela fait longtemps ! Que me vaut se plaisir ? »
« Je t'appelle à propos d'hier, nous sommes un peu inquiets… Pas qu'on ne soit pas ravi que tu ailles mieux mais c'est étrange. On aimerait lui parler, est-ce que… »
« Hier ? » la coupa-t-elle. « Je pense que tu t'es trompé de personne, on ne s'est pas vu depuis mon anniversaire ! »
« … Oui. C'est vrai. Ton anniversaire. Je suis désolée, je pensais parler à mon amie Jessica, elle a beaucoup bu hier et je voulais m'assurer qu'elle était rentrée saine et sauve. » assura Amélia d'un ton étrangement mécanique, alors qu'elle entendait la vois étouffé de personnes au loin. « Et toi, ça va ? Toujours heureuse à Los Angeles avec ton Sam ? Les études se passent bien ? »
« Excellent. » débuta-t-elle avant de prendre des nouvelles d'Amelia.
Elles discutèrent plusieurs minutes avant qu'elle ne raccroche, l'impression étrange d'avoir oublié quelques choses. Lorsqu'elle vit sur son téléphone un appel de sa part à Amélia la veille au soir alors qu'elle dormait, un étrange sentiment de suspicion l'envahi. Elle le laissa de côté alors que Sam l'appelait dans la pièce d'à côté et elle le rejoignit avec un sourire, oubliant l'appel étrange.
Lorsqu'elle y repensa, elle chercha son téléphone quelques secondes avant que John ne le lui tende avec un sourire. Elle fit défiler ses appels, constant qu'il n'y était plus, elle secoua la tête ce disant qu'elle avait du halluciné. Elle échangea alors un regard avec John qui lui fait froid dans le dos avant que ce dernier ne retrouve son sourire et ne s'éloigne.
A SUIVRE…
