Titre : L'Héritage Perdu

Résumé : Le démon rouge du district de Shiganshina à l'humeur excessivement morose recèle en lui un mystérieux pouvoir susceptible de changer la face du monde.

Genres : Réincarnation & Aventure & Mystère

Pairing : Annie & Gaara

Disclaimer : J'emprunte le personnage de Gaara du célèbre manga "Naruto" de Masashi Kishimoto pour le plonger dans l'univers du manga "Shingeki No Kyojin" appartenant à Hajime Isayama. Seule l'histoire sort de mon imagination.

Arc récurrent : Chute de Shiganshina

Statut : En cours d'écriture

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Chapitre 8 - Le prix de l'injustice

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District de Trost

Gaara observe attentivement la foule compacte, entassée derrière le Mur Rose, qui ferme ses portes aux derniers survivants. Leurs visages sont marqués par la destruction. Il ressent à la fois une satisfaction mêlée de tristesse en constatant que la réalité les a finalement rattrapés, aussi brutale soit-elle. Il reconnaît amèrement sa part de responsabilité dans cette situation, sachant que Shiganshina est tombée en premier sous son impulsion, ne laissant derrière elle qu'une traînée de poussière.

« En quelques secondes, j'ai causé un véritable désastre, et pourtant je m'inquiétais des titans… Je suis encore plus dangereux qu'eux » conclut le jeune orphelin d'un air sombre.

Ensuite, sans qu'il ne puisse lever le petit doigt pour l'empêcher, le Mur Maria s'est effondré. Malgré ses efforts pour reprendre le contrôle de ses émotions, celui-ci est resté plonger dans ses pensées tourmentées et n'a pas pu réagir à temps pour éviter le pire : l'ouverture d'une brèche dans l'une des trois fortifications urbaines.

« Si seulement j'avais pu maîtriser mon immense pouvoir sans avoir eu recours à l'aide de ce maudit démon, j'aurais pu sauver des vies au lieu de les détruire », murmure-t-il d'une voix accablée. Le roux ressent un profond regret en pensant aux vies qui auraient pu être épargnées si seulement il avait été capable de trouver une autre solution, sans faire appel à cette entité maléfique.

Tout comme les titans, il est lié à cette catastrophe d'une grande envergure. C'est une réalité indéniable. Cependant, une distinction s'impose : l'apparition soudaine de deux créatures agissant de la même manière que les humains le fait penser à une invasion préméditée. Quant à lui, il a malheureusement succombé à sa propre imprudence, laissant le démon prendre le contrôle.

Il reconnaît que, contrairement aux créatures qui attaquent sans discernement, il a eu la capacité de faire des choix, même si ces derniers ont été altérés par l'influence malveillante qui le hante. Cette réalisation pèse lourdement sur sa conscience, alimentant ses regrets et renforçant son désir de retrouver le contrôle total de lui-même.

« Mais qu'est-ce que j'ai fait ? » marmonne-t-il, d'une voix chargée d'amertume.

En somme, face à la puissance démesurée de l'ennemi et aux dévastatrices vagues meurtrières engendrées par la tempête de sable, l'humanité s'est trouvée totalement désarmée. Était-ce le fruit d'un malheureux hasard, d'une catastrophe naturelle ou d'un plan de l'ennemi visant à éradiquer un maximum d'humains ? Seul Gaara détient la réponse : une technique d'autodéfense qui a tourné au désastre. Bien que cela puisse lui apporter un certain réconfort, l'invasion des titans a complètement bouleversé les esprits, et il est presque certain que la tempête de sable sera rapidement reléguée au second plan.

Le destin semble curieusement lui sourire, mais jusqu'à quand cette chance perdurera-t-elle ? Il se doit impérativement d'apprendre à maîtriser ses pouvoirs s'il veut éviter d'être découvert et condamné pour des actes jugés irréversibles. Sa seule option pour atteindre cet objectif est d'intégrer la 104e Brigade d'entraînement. Toutefois, il n'a aucun désir de devenir un soldat parfait pour accéder aux trois corps de l'Armée Humaine.

Et une fois qu'il aura maîtrisé ses pouvoirs, il quittera le camp d'entraînement pour se retirer dans un endroit isolé du monde extérieur, où personne ne pourra lui causer de soucis.

Plongeons dans le moment présent, derrière le Mur Rose, où une inquiétude palpable émane des survivants affamés qui aspirent à être nourris, protégés et réconfortés. Hélas, les soldats du District de Trost ne partagent pas cet avis. Leur attitude envers les rescapés est dénuée de toute compassion, les considérant ouvertement comme des fardeaux qui pourraient épuiser leurs maigres réserves de nourriture. Cette absence de bienveillance est franchement révoltante.

« L'essence fondamentale de l'humanité est mauvaise » grommelle-t-il en grimaçant légèrement. La scène devant lui renforce cette triste conviction, lui rappelant les côtés sombres et égoïstes de la nature humaine. Une pointe de déception et de désillusion se mêle à sa réflexion, tandis qu'il constate que même dans des circonstances aussi critiques, la compassion et l'altruisme font cruellement défaut.

Il interrompt ses pensées lorsqu'une voix familière résonne dans les airs.

— Heu, excuse-moi de te déranger.

Gaara ouvre les yeux et fait face à son interlocuteur, qui n'est autre que le jeune garçon aux cheveux d'un blond éclatant qui lui a sauvé la vie. Un sentiment de reconnaissance s'empare de lui.

— Alors, qu'est-ce que tu me veux ? Tu t'appelles bien Armin, c'est ça ? Demande-t-il, cherchant à confirmer le nom de ce garçon.

Armin semble légèrement pris de court pendant un instant, puis lui adresse un léger sourire avant de lui répondre :

— Je suis étonné que tu aies retenu mon nom.

Le roux arque un sourcil, se sentant presque obligé de se justifier :

— C'est juste que Hannes n'arrête pas de me parler de votre groupe. Ne crois surtout pas que je vous porte un intérêt particulier, hein !

Malgré les paroles désinvoltes de Gaara, Armin ne se laisse pas décourager. Dans la région, tout le monde est conscient que le roux ne tisse pas de liens d'amitié et se préoccupe principalement de lui-même. Cependant, le blond perçoit au-delà de cette image superficielle. Il sait que derrière les masques de froideur, d'agressivité et d'égoïsme que l'enfant solitaire arbore se cache une personne complexe et profonde.

D'ailleurs, le blond nourrit un profond désir d'être le premier véritable ami de Gaara. Il a fait de cette mission son unique objectif du moment.

— Eh bien, moi aussi je connais ton nom, mais je ne vais pas en faire tout un drame, reprend Armin d'un ton particulièrement agaçant.

En entendant la réponse sarcastique du blond, le concerné émet un grognement et insiste de manière hostile :

— Je n'ai pas envie de me répéter. Dis-moi, qu'est-ce qui t'amène ici ?

Face à l'attitude glaciale de son interlocuteur, Armin refuse de se laisser déstabiliser et lui tend obstinément un morceau de pain.

— Tiens, et ne me remercie surtout pas, lui déclare-t-il avant de détourner les talons, empêchant ainsi Gaara de protester.

Mais le roux reste immobile, bien que bouillonnant intérieurement : « Qu'est-ce que c'était que ça encore !?»

Le protégé d'Hannes observe Armin s'éloigner silencieusement, se demandant quelles sont les intentions réelles du jeune blond. Les pensées tourbillonnent dans son esprit tourmenté, alimentant une tempête intérieure.

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Six mois plus tard

Épuisé, Gaara pousse un long soupir de fatigue, laissant échapper toute la lassitude accumulée. Il essuie d'un revers de manche la sueur qui perle sur son front, témoignant de la chaleur insoutenable qui l'entoure. Les gouttes de sueur se mêlent aux traces de poussière, créant un mélange inconfortable sur sa peau.

La fatigue physique n'est pas la seule difficulté à laquelle il fait face. Son estomac, depuis un bon moment déjà, crie sa faim incessante, accentuée par le travail intense dans les champs. Concentré sur sa tâche, il a malheureusement raté l'heure du repas, ce qui ajoute à son épuisement général.

Travailler la terre demande une force considérable au niveau des bras, une résistance qui n'est pas donnée à tout le monde. Gaara le sait, et chaque mouvement est un effort supplémentaire. À ses côtés, une petite fillette âgée de seulement six ans tente de reproduire avec soin les gestes du roux, mais il est évident qu'elle peine à suivre le rythme effréné de leur labeur.

Un sentiment d'indignation s'empare de Gaara alors qu'il observe la scène. Les hommes qui les entourent ont perdu toute compassion, et il trouve inadmissible qu'une enfant aussi jeune soit forcée de travailler ainsi. En ce qui le concerne, bien qu'il se comporte en adulte tout au long de la journée, il n'en reste pas moins un enfant de dix ans, avec ses propres limites et ses vulnérabilités. Son corps n'est tout simplement pas conçu pour endurer l'effort surhumain qu'il déploie chaque fois qu'il se pousse au-delà de ses limites pour accomplir les tâches qui lui sont imposées.

Après la destruction de la première paroi extérieure, les rescapés de l'invasion ont dû trouver refuge derrière le Mur Rose. Dans l'espoir de les réintégrer dans la société, les autorités gouvernementales ont imposé à ces survivants un travail forcé, dont l'objectif est d'accroître la production agricole. Aucune distinction n'est faite entre les hommes, les femmes et même les enfants. Tous sont soumis à cette obligation, sans exception. Ce qu'ils appellent ironiquement leur "hospitalité" est en réalité une forme de punition collective, imposant à chacun de payer le prix de leur survie.

Le protégé d'Hannes répète sans cesse que l'essence même de l'homme est mauvaise, et il doute que cela puisse jamais changer. Les habitants du Mur Rose, qu'il considère véritablement infâmes, ne font que renforcer cette croyance. Ils les regardent de haut, les jugent vulgaires et sans manière, simplement parce qu'ils n'appartiennent pas à la même classe sociale. Le roux ne se plaint pas de cette situation, au contraire, il se réjouit de voir les habitants de Shiganshina subir un tel acharnement. Il n'oublie pas qu'autrefois, il a lui-même subi le même traitement de la part des siens en raison de son statut d'orphelin.

Peut-être, pense-t-il, comprendront-ils maintenant ce qu'il a dû endurer lorsqu'il était constamment traité de "démon", de "délinquant" ou de "bâtard". La liste des injures était bien plus longue, mais ce sont les termes qui revenaient sans cesse. Gaara espère que ces expériences leur permettront de ressentir ne serait-ce qu'une fraction de la douleur et de la solitude qu'il a connues. Peut-être cela les fera-t-il réfléchir sur la façon dont ils jugent les autres, sur la cruauté de leurs mots et de leurs actions.

En observant les habitants de Shiganshina subir ce traitement injuste, le garçon roux ressent une combinaison complexe de satisfaction et de tristesse. Il est satisfait de voir ces personnes qui ont ignoré et rejeté les autres maintenant faire face à la même cruauté sociale. Cependant, il ressent également de la tristesse, car il sait trop bien à quel point cette situation peut être douloureuse et destructrice pour l'estime de soi et le bien-être émotionnel.

Bon, revenons maintenant au vif du sujet.

La vie de l'enfant à la tignasse rousse dans le District de Trost est bien plus paisible qu'elle ne l'a jamais été auparavant. Il réside dans une petite maison louée par Hannes pour qu'ils puissent vivre ensemble. Il ne se passe pas une seule journée, pas une heure, et peut-être pas une minute, sans qu'ils ne se chamaillent. Mais étrangement, c'est un endroit où il se sent chez lui.

« Sans doute parce que je vis enfin avec la personne que j'estime le plus au monde » pense-t-il avec un léger sourire aux lèvres.

Alors qu'il continue son travail avec un esprit plus serein, il remarque un grand rassemblement d'adultes plus âgés que lui, discutant avec animosité et affichant des expressions sombres. Intrigué, il abandonne sa bêche et se dirige discrètement vers cette foule agitée.

Arrivé près d'eux, il repère le grand-père d'Armin accompagné de son petit-fils et de ses deux amis, tous abordant des visages abattus. Les yeux enflés d'Armin, réconforté par Eren et Mikasa, indiquent clairement que les nouvelles ne sont pas bonnes. Même s'il ressent une vague d'inquiétude qui le ronge soudainement, le roux reste impassible et interpelle le grand-père d'Armin pour lui demander ce qui se passe. Celui-ci, d'un ton amical, lui annonce qu'il s'apprête à entreprendre une mission honorable, celle de reconquérir le Mur Maria, malgré son âge avancé.

L'orphelin, sidéré par cette révélation, écarquille les yeux et demande au grand-père d'Armin de lui fournir plus de détails :

— Pardon... pourriez-vous être plus précis dans vos explications ?

Eren, visiblement de mauvaise humeur et se tenant juste à côté d'Armin, lui lance d'un ton cassant :

— Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans "reconquérir le Mur Maria" ? Et puis, en quoi cela te concerne ? Ce n'est pas comme si tu te souciais des autres !

« Toujours à mettre son grain de sel, celui-là », pense Gaara en grinçant des dents, avant de répliquer sur un ton impulsif :

— Je ne t'ai pas demandé ton avis, espèce d'abruti.

L'expression du brun s'assombrit :

— Qui traites-tu d'abruti ?

D'un ton nonchalant, le roux lui répond :

— À toi, bien sûr... imbécile que tu es.

— Tu te crois vraiment supérieur aux autres, hein !? S'exclame furieusement son interlocuteur.

Gaara le toise d'un air dédaigneux et lui renvoie d'un ton acide :

— Ah, sérieux, t'as la cervelle d'un titan bon à rien. Évidemment que je me sens bien au-dessus de toi, pauvre type.

Mais quel culot, oser le comparer à ces monstres ! C'est la phrase de trop qui fait sortir le brun de ses gonds.

— Tu vas me le payer, espèce d'enfoiré, lui balance Eren alors qu'il s'avance d'un air menaçant, le poing levé prêt à frapper.

« Tch, tu viens de signer ton arrêt de mort » s'empresse de se dire Gaara, la mâchoire crispée.

Le roux se met en position de combat pour se défendre, mais le coup ne vient jamais. Son "pot de colle" – pardon, sa sœur – le retient par le bras en lui murmurant qu'il n'en vaut pas la peine. Les paroles apaisantes de Mikasa ont un effet immédiat sur le jeune homme enragé. Étouffant un juron dans sa barbe, le brun laisse retomber son poing et tourne bruyamment les talons. Sa sœur le suit sans tarder, soucieuse de calmer les choses et de les éloigner de cette confrontation tendue.

« Bon débarras » jubile intérieurement l'enfant solitaire.

Gaara met fin à ses pensées malicieuses lorsque Armin lui reproche son attitude :

— Ne pourrais-tu pas être plus aimable ?

— Non, tranche-t-il sèchement.

Le garçon aux cheveux blonds plisse les yeux mais ne réplique pas, habitué à son comportement puéril. Il laisse passer cette fois-ci, n'ayant ni la force ni la volonté de se disputer avec son nouvel ami. Au fil des derniers mois, leur relation s'est progressivement développée et ils ont réussi à tisser des liens amicaux. Malgré cela, le rouquin demeure toujours méfiant à son égard. Cette méfiance persistante est une barrière que ce dernier tente de comprendre et de respecter. Il sait que la confiance ne se gagne pas facilement, surtout pour quelqu'un comme Gaara.

Face à l'absence de réponse, l'enfant aux yeux verts s'impatiente :

— Alors, qu'est-ce qui se passe ? Tu n'as pas l'air d'être dans ton état normal.

Le visage d'Armin s'emplit d'une tristesse profonde alors qu'il lui déclare :

— Les Hauts Dirigeants ont décidé de lancer une expédition militaire pour reconquérir le Mur Maria, et toutes les personnes aptes au combat seront mobilisées.

Cette déclaration surprenante secoue Gaara qui explose littéralement de colère :

— Mais c'est un acte de suicide collectif ! Les hommes ne possèdent pas les ressources nécessaires pour faire face à ces créatures sanguinaires !

Armin confirme d'un signe de tête tout en ajoutant :

— Le gouvernement entreprend cette campagne dans le but de faire face à une population devenue excessive et difficile à gérer.

Une rage brûlante s'empare de l'hôte du démon à une queue, alors qu'il proclame avec une certitude inébranlable :

— L'humanité n'apprend jamais de ses erreurs. Si elle persiste dans cette voie, elle est vouée à disparaître.

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À suivre