Enfin arrivés devant la grande et imposante demeure des Heartfilia, Lucy et Sting s'arrêtèrent juste devant la porte d'entrée. La blonde se retourna alors, pour être face à lui, le visage sérieux :

Mon père est peut-être à la maison, alors ne déconne pas.

J'suis pas un gamin, tu sais ? Répliqua-t-il avec un petit sourire, qu'elle ignora royalement.

Pas de main au fesse, pas de sous-entendu sexuel, pas d'insulte et pas de clope.

C'est à ce point ?

De quoi ?

Qu'il est chiant ?

Il n'est pas.. Elle lui jeta un regard noir, puis elle finit par lui avouer. Même Lisa-chan n'a pu venir que deux fois, ici.

Pourquoi ? Il lui a fait peur ?

Non, c'est qu'il.. trouve qu'elle ne fait pas assez riche.. Sting se mit à rire bruyament. Arrête ! Il ne pensait pas à mal ! C'est juste qu'il veut le meilleur pour moi. Elle haussa les épaules, préférant changer de sujet. Tu m'attends là ? Je vérifie si il est déjà rentré du boulot.

Entrant seule chez elle, la petite blonde observait les environs à la recherche de son père. Elle réprima une grimace lorsqu'elle entendit la télévision d'allumée. Donc, il était bien là, à regarder un match de football. Lucy s'avança dans le salon et salua Jude Heartfilia :

Bonjour papa ! Il se retourna alors vers sa fille, lui adressant un de ses rares sourires. Je.. J'ai invité un de mes camarades pour qu'on révise ensemble, ça ne te déran-

Elle se tût à l'instant où elle sentit une main puissante se poser sur sa hanche. Bordel, il n'écoutait donc jamais ce qu'elle disait ? Avec le sourire typique du gendre idéal, il débuta :

Bonjour monsieur. Je m'appelle Sting Eucliffe et je sors actuellement avec votre charmante fille.

Lucy en resta sans voix. A quoi jouait cet imbécile ? Elle l'avait pourtant bien prévenu avant d'entrer ! Les deux hommes se fixaient, en silence. Le père de la blonde avait un visage sombre, impassible mais vraiment terrifiant, contrairement à Sting qui gardait ce sourire trop parfait pour être honête sur ses lèvres. Au bout d'un moment, alors que l'ambiance était plus que pesante, l'héritière des Heartfilia tenta de calmer le jeu, elle se rapellait soudainement d'une information qui pourrait rendre le sourire à son cher père :

Tu sais, papa.. Le beau-père de Sting-kun était un célèbre footballeur..

Ah. Cela ne justifie pas le fait que ce garçon soit dans MA maison et qu'il insinue être ton petit-ami.

Il.. Bredouilla-t-elle en baissant les yeux.

Mon beau-père s'appelle Snake Eucliffe, Lucy m'a déjà parler de votre passion pour le foot. Vous êtes un passionné de l'Olympique de Fiore, non ? Il y a joué durant huit ans. Expliqua le blond avec un calme rare et un sourire mince toujours présent.

Snake Eucliffe ? Il fronça légèrement les sourcils, semblant prendre plus au sérieux ce garçon. Pour finalement qu'un même sourire apparaisse sur ses lèvres, surprenant sa fille unique. Ce Sting est le bienvenue chez moi !

Tous les lundis soirs et les mercredis après-midi, Juvia Loxar se rendait à la piscine de la ville pour ses entrainements. Ce n'était pas très loin du lycée, alors elle y allait facilement à pieds. La lycéenne entra alors dans ce grand bâtiment aux murs bleu pâles et délavés pour se rendre dans les vestiaires féminins. Il n'y avait personne d'autres en cette période de l'année, contrairement à celle durant l'été, naturellement, où la pièce était bondée de monde. Juvia préfèrait largement être seule !

Vêtue de son maillot de bain préféré, un une pièce mauve, elle accéléra le pas pour aller le plus rapidement dans l'eau. Son élément. L'endroit où elle se sentait le mieux. Mais alors qu'elle allait saluer sa coach Mademoiselle Oul, elle vit qu'elle était en train de discuter avec... SON GREY-SAMA ! Immédiatement, elle se cacha pour mieux pouvoir les observer. Ils étaient face à face, riant à gorge déployée, tous les deux en maillots de bain.. En ajoutant que le brun était terriblement sexy habillé ainsi ! Mais malgré cela, Juvia bouillait sur place ! Sa rivale en amour se révélait être sa propre entraineuse ! Traitresse !

Sentant comme une présence derrière elle, Oul se retourna et son sourire s'élargit lorsqu'elle s'écria :

Juvia-chan ! Qu'est-ce que tu fais cachée comme ça ? Approche-donc !

Yo. Ajouta simplement Grey en regardant l'eau de la piscine.

La bleue s'avança lentement des deux autres personnes présentes en fixant méchament la plus âgée qui ne semblait rien remarquer. Cette dernière tapa amicalement dans le dos du brun en riant bruyament, ce qui choqua la pauvre Juvia :

Je te présente mon neveu ! Il s'appelle Grey !

"Neveu" ? Répéta-t-elle avec un regard perdu.

Juvia pouvait respirer à nouveau ! Oul était juste la tante de son futur époux ! Tout s'arrangeait ! Elle avait sûrement un de ses sourires débiles qu'ont les gens amoureux, mais elle s'en moquait pas mal, surtout lorsque la brune déclara avant de partir :

Bon, je vous laisse les jeunes ! Et Juvia-chan n'oublie pas de t'échauffer avant que je revienne !

Juvia le fera !

Hé ! L'interpella Grey en plissant légèrement les yeux, le coeur de la lycéenne tambourinait dans sa poitrine. Ta tête me dit quequ'chose. On se connait ?

Ju.. Elle semblait dépitée qu'il ne se souvienne d'elle, mais elle répondit quand même. Juvia et Grey-sama sont dans la même classe...

Ah oui ! S'écria enfin le brun. La fille bizarre qui voulait un effaceur !

C'était étrange comme façon de se souvenir d'elle mais Juvia était vraiment heureuse ! Grâce à Oul, ils arrivaient réussi à se parler presque normalement ! C'était un grand pas pour la romantique qu'elle était ! En plus, lorsqu'elle était allée nager, Grey était resté pour la regarder et lorsque Juvia faisait un nouveau record ou qu'elle se faisait engueuler par sa coach, il souriait. Il lui faisait un tel sourire que la pauvre Loxar avait failli se noyer dans le petit bassin.

Mais où sont ces foutus petits pois !? Un peu plus loin que la piscine municipale, dans le centre-ville, Erza faisait ses courses dans un vieux super-marché où les prix étaient tout simplement imbatables ! D'habitude, c'était sa mère qui s'occupait de ça, mais étant donné que ses deux parents étaient encore au travail, elle avait été obligée de le faire. Et la voilà devant le rayon des conserves à chercher depuis dix bonnes minutes une boîtes de petits pois.

Une personne à côté d'elle, la bouscula légèrement, tendant son bras vers le haut du rayon juste devant elle. La rousse s'apprêtait à s'énerver contre lui mais celui-ci plaça juste devant son visage la fameuse conserve qu'elle cherchait avidement :

Tenez mademoiselle Scarlett. La concernée leva immédiatement les yeux vers lui. Cette voix... Elle la reconnaitrait entre mille !

M-M-Merci beaucoup, monsieur Fernandes !

Quelles étaient le pourcentage de chance qu'Erza et son professeur se rencontre dans ce magasin miteux ? Sincèrement, à cet instant, la jeune déléguée n'avait pas la tête à faire des maths. Elle était juste en face de l'homme dont elle était follement amoureuse et n'avait aucune idée de ce qu'elle pourrait lui dire. Elle restait là, bêtement, avec sa boite de petits pois dans les mains et les joues rouges. Il brisa enfin la glace en demandant :

Tes parents ne sont pas avec toi ?

Non, ils travaillent, en faite.. Alors je m'occupe des courses ! Erza réussit à lui faire un semblant de sourire.

Tu veux que je te ramène ? Je suis venu en voiture.

Sa réponse ne se fit pas attendre, elle accepta immédiatement ! C'était un peu comme un rêve, en vérité.. Monsieur Fernandes était gentil avec elle. Serait-il possible que.. Pourrait-il, lui aussi, avoir des sentiments pour elle ?

Assis tous les deux sur le grand lit de Lucy, le petit couple était, pour une fois, très silencieux. La blonde, un cahier sur ses genoux essayait déspérément de faire sa rédaction qu'elle devait rendre pour demain alors que son petit-ami, positionné juste derrière elle, se faisait de plus en plus tactile et pressant. Il l'embrassait dans le cou . Sting, s'il te plait.. .

Il s'arrêta alors, mais à contre coeur. Dans la chambre, on n'entendait que le bruit du stylo sur la feuille et les soupires de Lucy qui répétait être "une grosse merde en français". Le blond observait la pièce, il pointa alors la fenêtre du doigt, avec un petit sourire narquois. La prochaine fois, je passerais par là, ça m'empêchera de faire le faux-cul avec ton père.

Lucy n'avait même pas besoin de se retourner pour comprendre de quoi il parlait. Cette fenêtre.. Comment réagirait Sting si il savait que Natsu venait parfois la voir dans sa chambre, passant discrètement par cette petite entrée ? Et pour le cachait-elle ? Natsu n'était qu'un ami, après tout. Que cherchait-elle à cacher ? D'ailleurs, elle ne l'avait jamais dit à Lisa-chan non plus.. Elles qui s'étaient promis de ne jamais se mentir.. Elle ne faisait que ça en ce moment.. Mentir.

En voyant que sa blonde préférée avait arrêtée d'écrire, le fils du célèbre footballeur l'embrassa de nouveau, bien décidé à profiter de sa soirée avec elle. Il la poussa légèrement afin qu'elle s'allonge plus confortablement et il l'embrassa à pleine bouche, laissant une main baladeuse se faufiler sous la fine chemise blanche de Blondie. Mais celle-ci le repoussa :

Arrête Sting ! Je te l'ai déjà dit !

Tu es trop sérieuse, ça ne te va pas.. Murmura-t-il, en caressant la joue de Lucy.

Sting ! Elle chassa la main de son petit-ami, ce qui eut pour effet de le vexer.

A quoi tu joues là ?

C'est toi ! T-Tu n'es qu'un obsédé !

Et toi, une vraie coincée ! Lâcha-t-il excédé par son comportement de sainte-nitouche. La réplique de la lycéenne ne se fit pas attendre. Au bord des larmes, elle attrapa tout ce qu'elle trouvait à portée de main et lui lança dessus.

Tu m'avais promis ! Cria-t-elle en lui lançant un coussin. Tu disais que je n'étais pas comme les autres ! Et sa trousse. Je te croyais ! Des ours en peluche. Casse-toi ! Des crayons. Je ne veux plus jamais te revoir ! Elle se met à pleurer.

Sting la dévisage. Il est debout, une main sur la poignée de la porte de la chambre. Il se fout pas mal de toutes ces conneries qu'elle lui a lancé à la gueule mais la voire pleurer.. C'est trop pour lui. Sans ajouter le moindre commentaire, il sort d'ici.

Chez Lisanna, l'ambiance était beaucoup plus calme. Le petit couple était tranquillement assis sur le canapé, regardant la télévision sans grand intérêt. La blanche était allongée, la tête sur les genoux de Natsu lorsqu'elle reçut un sms. C'était Lucy : " On s'est engueulé avec Sting. Je te raconterais tout à l'heure, au téléphone. "

La cadette des Strauss était sincèrement surprise ! Cette dispute avait l'air sérieuse pourtant ils semblaient très amoureux ces deux-là. Elle déglutit, toujours la même angoisse, la même jalousie lorsqu'elle pensait à Lu-chan. Comment pouvait-elle prétendre être sa meilleure amie si elle n'avait même pas confiance en elle ?

Lisanna leva ses jolis yeux bleu vers son petit-ami :

Lu-chan vient de s'engueuler avec Sting-kun.. Je crois qu'elle ne va pas très bien..

En même temps, c'est normal. En conclut-il serein. C'est un gros con.

Tu dis ça parce qu'il a faillit te péter le nez ?

Coup de chance. Cela fait sourire la blanche.

Bon.. Je te laisse, mon père voulait que je rentre tôt ce soir. Il l'embrassa et partit rapidement de cette petite maison qu'il connaissait si bien.

Dans la voiture de monsieur Fernandes, on entendait que la radio, en fond sonore. Erza était tout bonnement incapable d'aligner deux mots sans se sentir mal à l'aise. Il.. Il était trop proche pour qu'elle arrive à rester concentrée. Pourtant, elle devait bien lui indiquer la direction à prendre pour aller chez elle.

Ils arrivèrent chez elle et le véhicule s'arrêta devant son appartement. Il y avait de la lumière à son étage, ses parents étaient rentrés ! Pourvu qu'ils ne voyent pas qu'elle était dans la voiture de son professeur, ils en feraient toute une histoire, elle en était certaine. Erza ne sortit pas tout de suite. Elle le regarda soudainement dans les yeux, cela sembla même troubler l'adulte :

Monsieur.. Débuta-t-elle en essayant de prendre plus d'assurance. Lors des feux d'artifices.. Pourquoi avez-vous fait.. ça ?

Et bien.. Le professeur se met alors à rougir, la rousse croit rêver en le voyant ainsi. J'en avais très envie. Tu n'as pas aimé ?

Si ! Elle se baffa mentalement devant sa réponse beaucoup trop rapide. Mais heureusement cela le fait rire.

Tu es une fille très amusante, Erza. Il esquissait un tendre sourire avant de lui conseiller. Tu devrais rentrer. Tes parents vont vraiment finir par s'inquiéter.

Vous avez raison, monsieur. Aurevoir et.. Merci !

Les yeux rougis par les pleurs et la voix encore tremblante, la blonde fronça les sourcils en voyant cet imbécile passer par sa fenêtre. Il n'aurait pas pus venir un autre jour, celui-la ! Il semblait triste. Etait-il au courant ? Lisanna l'avait mis au courant, évidement :

Tu as pleuré ?

J'suis conne.

Et Lucy éclata de nouveau en sanglot lorsque Natsu l'encercla de ses bras chauds et confortables. Elle n'arrivait pas à s'arrêter, ne sachant même plus pourquoi elle pleurait ? Pour Sting ? Pour ce qu'elle cache à Lisanna ? Pour les sentiments qu'elle a envers Natsu ? Ou tout simplement l'accumulation de tous ces bouleversements durant cette semaine.

Le lycéen l'écouta se plaindre durant une bonne partie de la soirée. Il se faisait tard et la blonde était à moitié endormie sur son épaule. Natsu voulut alors partir discrètement sans la réveiller mais cela ne fonctionna pas, elle s'accrocha fermement à son bras, les yeux clos. A voix basse, elle le supplia presque :

Reste avec moi..

Tu devrais dormir, Luce. Lui conseilla-t-il en souriant.

Je ne veux pas dormir toute seule.

Mais.. Il tentait de ne surtout pas penser au rêve qu'il avait fait la veille. Il.. Il y a Plue ! Et.. Enfin, ça ne se fait pas !

On le faisait bien quand on était petits. Répliqua-t-elle du tac-o-tac.

C'est plus pareil !

Pourquoi ? Demanda-t-elle, n'arrivant plus à tenir ses yeux éveillés.

Natsu ne répondit rien, installant correctement son amie d'enfance dans le lit et la couvrant correctement de la couverture. Il s'y glissa lui aussi, se tenant le plus loin possible de Lucy. Mais après tout, elle avait raison, ils le faisaient bien quand ils étaient gamins. Ils ne faisaient rien de mal.