Chapitre 7 :
Hermione tint parole : à peine arrivés le lendemain, la jeune femme leur expliqua son mode de travail et ses résultats.
_ Grâce à Charles, nous savons que notre meurtrier est responsable des meurtres remontant à cinq ans. La façon de tuer est identique. Six meurtres dont les quatre premières victimes ont le même profil que nos victimes : deux hommes : l'un de plus de quarante ans, l'autre de plus de soixante-dix ans une femme d'une quarantaine d'année également et une jeune fille entre quinze et vingt ans. Ce qui nous laisse deux hommes : l'un entre dix-sept et vingt ans et l'autre entre vingt et vingt-cinq ans. Si on suit son schéma, il devrait tuer le plus jeune dans les deux semaines à venir. A partir de toutes ces informations, j'ai pu établir un profil de notre suspect.
_ On t'écoute boss, l'invita à poursuivre Casey pendant qu'ils prenaient tous place.
_ Notre gars ne doit pas avoir plus de 25 ans. Il est poli et charmant ce qui lui permet d'approcher ses victimes en toute confiance. C'est quelqu'un de solitaire mais gentil et prévenant. Il possède cependant une double personnalité : son lui gentil et son lui méchant. Pour lui, il s'agit de deux personnes bien distinctes. Il ne pense pas que ses victimes soient inférieures mais se pense lui-même supérieur. Ce sentiment de supériorité doit certainement provenir du fait qu'il a survécu à un accident ou un événement grave et marquant. C'est un tueur expérimenté qui sévit depuis longtemps mais a bénéficié des conseils d'un proche lui-même criminel. Sa façon d'opérer nous révèle qu'il sort d'une relation intense mais qui s'est mal terminée. On notera également que durant la dite relation il a stoppé ses tueries. Et nous savons qu'il suit un schéma qui doit avoir une forte importance pour lui.
Hermione se tut pour avaler une nouvelle gorgée de café en attendant une réaction de son équipe.
_ Parfait. Alors maintenant à votre tour : faites-moi plaisir et donnez-moi une bonne nouvelle !
_ Si tu insistes Patron : on a trouvé quelque chose. Un multiple homicides similaire à nos meurtres mais qui remontes à il y a presque une décennie.
_ Je vous écoute.
_ Il y a huit ans, enchaîna Jarod, la famille Brexton a été retrouvée assassinée chez elle dans sa totalité : le grand-père, les parents, les trois frères et la petite sœur. Tous égorgés.
_ Ça correspond parfaitement, s'enthousiasme la jeune femme.
_ Presque, confirma Charles en lisant le dossier. A la différence que les Aurors de l'époque n'ont pas retrouvé le corps du plus jeune frère. Ils en ont conclus que les Mangemorts, responsables du massacre, avaient emporté le corps avec eux.
_ Pourquoi avoir fait une telle chose ? s'interrogea Hermione, pensive. Pourquoi avoir emporté un seul corps et pourquoi celui-là précisément ? Non il y a un truc qui cloche… Quel est le nom du plus jeune garçon ?
_ Hum… chercha Carter. Michael, Michael Brexton.
Tout le monde se tut et le silence gagna la pièce. Hermione semblait en pleine réflexion, les sourcils froncés, arpentant la salle de long en large en répétant ce nom. Les Aurors anglais et américains la fixaient avec amusement, attendant qu'elle dise quelque chose. Ce qui ne tarda pas : après un énième aller-retour, elle se stoppa et se tourna vers eux.
_ Continuez à approfondir vos recherches. Je veux que vous connaissiez cette affaire dans les moindres détails. Quant à moi je reviens, je dois aller voir notre cher Jones.
Ce ne fut qu'une heure plus tard qu'elle fut de retour, chargée d'un gros carton et suivit de quatre stagiaires tout aussi chargés qu'elle.
_ Déposez ça là, leur demanda-t-elle en indiquant son bureau. Merci beaucoup de votre aide.
Une fois les novices partis, les membres de son équipe osèrent enfin l'interroger.
_ Tu nous expliques Patron ? lui demanda Logan.
_ Ce nom, Michael Brexton, ne m'étais pas inconnu mais je ne savais plus où je l'avais entendu alors qu'en fait la solution est simple : comme tout jeune sorcier anglais, Michael a dû aller à Poudlard et c'est là que j'ai entendu parler de lui. Je suis donc allée au bureau de Jones et lui ai demandé les inscriptions de tous les sorciers allant de notre année à celles de trois ans auparavant par prudence. Et il ne nous reste plus qu'à éplucher tous ces dossiers parmi lesquels se trouve le sien.
Une fois de plus admiratifs, les garçons se répartirent les dossiers et tous se mirent au travail pendant plusieurs heures dans un agréable silence seulement perturbé par le bruit des pages que l'on tourne.
_ Je pense avoir trouvé, s'exclama finalement Carter en brandissant fièrement un dossier.
_ Je peux voir ? demanda Hermione en se saisissant du précieux trésor avec son accord et le lut rapidement à voix haute. Michael Brexton, Poufsouffle. Bon élève… Voilà pourquoi son nom me disait quelque chose : je l'ai croisé à plusieurs reprises à la bibliothèque !
Sa remarque fit rire Ron qui eu droit à un regard noir en réponse, le faisant cesser immédiatement.
_ C'est bien lui, pas de doute, reprit Hermione. Son dossier mentionne qu'il a deux grands frères et une petite sœur.
_ Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi les Mangemorts s'en sont pris à sa famille et lui, remarqua Bryce.
_ J'ai fais quelque recherches, intervint Charles. Il se trouve que son père était soupçonné d'être l'un des leurs…
_ Ça explique tout, enchaîna Drago.
_ Comment ça ?
_ Brexton père devait effectivement être un Mangemort. Et comme tout bon disciple, il a dû initier ses fils. Michael a certainement dû refuser de les rejoindre et les Mangemorts l'ont puni en exécutant sa famille, certainement devant lui. C'est typiquement leur façon de procéder !
Personne ne sut quoi dire après les révélations du blond et Hermione réalisa une fois de plus à quel point l'enfance de Drago n'avait pas été facile. C'est pourquoi elle enchaina sans s'apercevoir que Bryce avait parfaitement remarqué le regard presque tendre qu'elle avait posé sur son ancien amant.
_ Dévasté par ce qu'il a vécu, Michael a selon toute vraisemblance profité du contexte de guerre pour se faire discret et disparaître. Une fois Voldemort détruit, il a pu revenir avec probablement une nouvelle identité. La première série de meurtres remonte à peu de temps après la stabilisation du gouvernement. Après quoi il a commencé une relation amoureuse qui a été plus importante que son besoin de tuer mais qui s'est terminée il y a peu…
_ Tout concorde ! s'exalta Ron. Le profil des victimes, le modus operandi, le profil du suspect. C'est notre homme !
_ N'allons pas trop vite en besogne, temporisa la jeune femme. Il faut d'abord trouver sous quel nom il se fait appeler, vérifier que ce que nous avons découvert coïncide et ensuite nous pourrons passer à l'interpellation.
_ D'accord mais comment on fait pour trouver quelqu'un qui a changé de nom et qui fait tout pour rester discret ? interrogea Charles. La seule chose qu'on a, c'est son âge et sa photo.
_ On pourrait faire circuler sa photo dans les journaux ? proposa Logan.
_ Trop risqué : il pourrait le découvrir, prendre peur et fuir.
_ Que fait un tueur en série ? réfléchit Jarod à voix haute. Où vivrait-il ?
Ils méditèrent sur la question qui n'avait malheureusement pas de réponse toute faite.
_ Je pense qu'on prend le problème dans le mauvais sens, remarqua la chef d'équipe. Tueur ou pas, il reste un sorcier comme les autres, avec les mêmes besoins.
_ Se loger, se nourrir … énuméra Ron.
_ Et que faut-il pour ça ?
_ De l'argent… Gringotts !
_ Nous allons nous rendre à la banque et demander aux gobelins s'ils le reconnaissent grâce à notre photo, décida l'ancienne Gryffondor. A partir de là nous aurons sa nouvelle identité et nous pourrons enquêter sur lui en toute discrétion.
_ Brillant ! s'enthousiasma le roux.
_ Je te laisse t'en charger Ron : s'il le faut demande à Bill de t'aider à récolter l'information auprès des gobelins. Tiens-moi au courant dès que tu en sauras plus ! En attendant aller vous reposez un peu, vous l'avez bien mérité ! Et il faudra que vous soyez en pleine forme pour la suite !
Après de rapides salutations, chacun alla récupérer ses affaires pour rentrer, trop heureux de se répit.
Drago voulut en profiter pour approcher une nouvelle fois Hermione, ne voulant pas laisser à Bryce l'occasion de le prendre de vitesse. Il se dirigea donc vers le vestiaire dont elle n'était pas sortit pour l'y attendre. Lorsqu'il perçut le bruit de la douche, il hésita : s'il rentrait et qu'elle était nue, nul doute qu'elle n'apprécierait pas son irruption et ne serait que peu incline à l'écouter. Au moment où il décida de rebrousser chemin et de l'attendre dans les bureaux, il entendit des gémissements. Bien qu'il savait pertinemment qu'il ne devait pas entrer, sa curiosité prit le dessus sur son bon sens et avec lenteur et sans bruit, il ouvrit la porte.
Il ne s'attendait certainement pas à découvrir ce qu'il avait sous les yeux : Hermione était effectivement nue sous la douche, le dos collé au mur. Il aurait par ailleurs poursuivit avec plaisir la (re)découverte de son sublime corps mouillé s'il n'y avait pas un détail gênant. A savoir Bryce, également nu, tenant la jeune femme dans ses bras tandis qu'il lui faisait l'amour avec passion. Le brun n'avait pas exagéré : il ne comptait pas le laisser lui prendre Hermione.
Malgré le choc et la douleur que cette vision lui faisait subir, il ne pouvait détacher sa vue du couple fermement enlacé qui n'avait pas senti sa présence. Inconsciemment, il s'obligeait à regarder le brun embrasser et caresser le corps d'Hermione qui lui était totalement offerte, à les entendre pousser des soupirs et des gémissements de plaisir. Il se doutait qu'elle avait connu d'autres hommes, mais le savoir et le voir sont deux choses bien différentes. Se forcer à regarder Hermione faire l'amour avec un autre homme était une sorte de punition pour ce que lui-même avait fait subir à la Gryffondor, sept ans auparavant.
Bien sûr il n'avait alors pas prévu qu'elle le découvre de visu mais sa douleur avait dû être bien pire puisqu'à l'époque ils se considéraient plus ou moins comme un couple alors qu'aujourd'hui, plus rien ne les liait.
C'est la rage au cœur qu'il quitta la pièce, laissant les amants continuer leurs ébats en toute tranquillité et intimité.
