Et voilà le nouveau chapitre tant (un peu trop?) attendu! On peut remercier Tsukasa-Kokoro pour sa rapidité (bien plus rapide que moi!) et sa vigilance! ;-)


Chapitre 8 :

Ron était très fier de lui et c'était peu dire : avec l'aide de son frère aîné qui travaillait avec les Gobelins, il avait réussi à les interroger au sujet de leur suspect. Après leur avoir montré la photo de Michael et expliqué de quoi il retournait, ils avaient accepté de coopérer et lui avaient donné un nom : John Scott. En poussant les recherches plus loin, il avait également obtenu une adresse. Hermione l'avait chaudement félicité et remercié pour son travail rapide et efficace. Ron était si heureux qu'il ne remarqua pas l'air sombre qu'arborait son collègue et ami.

Avec les informations récoltées par l'ancien Gryffondor et après s'être concertés sur ce que chacun devait faire et la constitution des équipes, ils se mirent en route. Cette fois-ci, Hermione faisait équipe avec Ron, au plus grand bonheur de ce dernier. Pendant que les autres pénétraient à l'intérieur du bâtiment signalé, eux avaient pour rôle de surveiller les issues de sortie et d'arrêter le suspect s'il tentait de fuir. Ça faisait plusieurs jours que le roux voulait parler à son amie mais il n'en avait jamais trouvé l'occasion. Aussi fut-il plus que ravi de se retrouver enfin seul avec elle, ayant ainsi l'opportunité qu'il attendait.

– Hermione, se lança-t-il après un moment d'hésitation et de réflexion. Je sais que tu ne veux pas me, enfin nous, parler et je l'accepte… Mais je tenais à te dire que je suis sincèrement désolé pour tes parents.

– Ce n'est pas le moment ! rétorqua-t-elle, les sourcils froncés, l'œil aux aguets.

C'était la deuxième fois en moins d'une semaine qu'elle recevait des excuses et elle ne savait plus vraiment comment réagir. Surtout que ce n'était ni l'endroit, ni le moment adéquat.

– Si, justement ! Parce qu'en dehors du boulot je ne peux pas te parler et c'est le seul moment où j'ai enfin la possibilité d'aborder le sujet avec toi ! Et j'estime qu'il est important que tu saches que même si nous nous sommes mal comportés avec toi, on ne pensait qu'à ton bien et pas une seule seconde on pensait que tu pouvais souffrir à ce point !

« Son bien ». Cette expression lui rappelait de vieux souvenirs et alors qu'elle allait, une fois de plus, lui dire qu'ils en discuteraient plus tard, elle aperçut une silhouette sortant de l'immeuble. La silhouette se dirigeait vers eux et elle ne tarda pas à découvrir qu'il s'agissait de Brexton. Alerté par la voix de Ron, qui continuait son monologue sans remarquer ce qu'il se passait, le suspect venait de lever sa baguette et la dirigeait droit sur le roux. Trop vite et avant qu'Hermione n'ait pu dégainer sa propre baguette, le sort fusa.

– Ron ! hurla la jeune femme en se jetant sur lui, les faisant tous deux tomber au sol.

Son cri alerta les autres mais trop tard, Brexton avait eu le temps de s'enfuir. Ils se précipitèrent vers leurs collègues au sol et les aidèrent à se relever.

– Rien de cassé ? s'inquiéta Casey.

– J'ai connu pire, leur répondit Hermione avant de se tourner vers Ron. Tu comprends maintenant que lorsque je dis « ce n'est pas le moment », c'est que ce n'est vraiment pas le moment ?

– Pardon, s'excusa-t-il, penaud.

– L'avantage, enchaîna-t-elle aussitôt, c'est que nous sommes sur la bonne piste. Maintenant qu'il sait que nous l'avons identifié et que nous le surveillons, il va paniquer et fera une erreur. Et là nous aurons une chance de l'avoir !

– Patron, intervint Logan, les sourcils froncés et en désignant son ventre. Je crois que tu es blessée.

D'un même mouvement parfaitement synchronisé, ils suivirent tous son regard alors qu'elle portait une main sur son flanc droit. En la reculant, ils purent tous remarquer qu'elle était couverte de sang.

– Et mince ! Je me disais bien aussi que ce serait trop simple s'il ne m'arrivait rien…

– Vite ! s'exclama la roux, paniqué. Il faut t'emmener d'urgence à l'hôpital !

– Du calme, le rassura-t-elle. C'est trois fois rien. Bon, Casey et Logan vous prenez Charles avec vous et vous faites un tour pour vous assurer qu'il n'a rien laissé qui pourrait nous aider Bryce et Jarod vous prenez Carter et vous empruntez la direction qu'a suivie Brexton. On ne sait jamais, des fois que la chance soit enfin un peu avec nous. Ron et Drago vous rentrez faire votre rapport et moi je vais à l'hôpital avant que tu ne deviennes complètement fou.

– On ne va pas te laisser y aller seule, se récria Ron. On vient avec toi !

– Surtout que tu commences à perdre vraiment beaucoup de sang, approuva Drago. Tu ne vas pas tarder à te vider complètement et à tout salir. De plus, je suis sûr que tu vas t'évanouir.

– Je ne vais pas m'évanouir, nia-t-elle en levant les yeux au ciel.

– Ils ont raison patron, intervint Jarod. Il serait plus prudent qu'ils t'accompagnent.

– Okay vous avez gagné, céda-t-elle. Vous savez ce que vous avez à faire… Alors allons-y !

Les anciens élèves de Poudlard transplanèrent donc à Sainte Mangouste. A peine eut-elle posé un pied à l'accueil qu'Hermione sentit sa tête lui tourner.

– Et zut, souffla-t-elle avant de s'évanouir dans les bras de Drago.

Hermione se sentit lentement reprendre conscience plusieurs heures plus tard. Elle perçut dans un premier temps un « bip » répétitif des plus énervants suivi de peu par un mal de tête carabiné. Lorsqu'elle se décida enfin à ouvrir les yeux et à balayer sa chambre des yeux, elle en arriva rapidement à la conclusion qu'elle était à l'hôpital. Les récents souvenirs lui revinrent à l'esprit au moment où ses yeux se stoppèrent sur la silhouette de son médecin concentré sur ce qu'il écrivait. Mais ce qui la frappa immédiatement fut ce sentiment de déjà vu, cette impression de familiarité qu'une seule personne pouvait susciter : Harry. Ce dernier remarqua rapidement que sa patiente était réveillée. Il reposa son dossier, se leva et approcha de son lit. Ils s'observèrent pendant un long moment sans rien dire, se contentant de s'exprimer par leurs yeux. Ce fut finalement l'Elu qui rompit le silence qui avait pris possession de la pièce.

– Si tu voulais absolument te retrouver seule avec moi, il y avait d'autres possibilités que celle consistant à devenir ma patiente !

La réaction de la jeune femme ne se fit pas attendre : elle explosa de rire. Il ne lui faisait aucun reproche, ne lui posait pas de question, se contentant de se comporter avec elle comme il l'avait toujours fait : avec naturel. Merlin, qu'il lui avait manqué ! Leur complicité lui était presque devenue vitale avec les années. Et c'est avec un immense soulagement qu'elle constata que rien n'avait changé entre eux.

– Jamais je n'aurais pu me douter que la blouse vous siérait si bien au teint, Docteur Potter !

Ce fut au tour d'Harry de rire. Il était tout aussi heureux que la jeune femme de la retrouver. Ron et Drago lui avaient donné des nouvelles, l'avaient décrite mais ce n'était pas comparable au plaisir de pouvoir la voir, lui parler et l'entendre rire. Il l'avait enfin retrouvé, sa petite sœur…

– Bon, reprit Hermione. Que m'arrive-t-il pour que j'aie besoin de l'intervention du grand Docteur Potter ?!

– Je m'occupe de toi parce que je le voulais et que Ron criait partout après moi, plaisanta l'ancien Gryffondor. Tu as perdu beaucoup de sang ce qui t'as grandement affaiblie mais aucun organe vital n'a été touché. Je te prescris le repos le plus total pour les deux jours à venir et tout ira bien.

– Et je peux sortir quand ?

– Dans deux jours.

– Quoi ? s'offusqua la brune. Mais je croyais que je n'avais rien et juste besoin de repos!

– Et c'est le cas. Mais comme je sais qu'aussitôt sortie d'ici tu retourneras travailler, je préfère te garder ici.

Comprenant qu'il l'avait vue venir, Hermione croisa les bras sur sa poitrine et grommela quelque chose d'inintelligible.

– Et tu ne veux pas raccourcir ma peine à un jour ? S'il-te-plaît ?

Devant son air suppliant, il ne put s'empêcher de sourire. Il avait toujours été incapable de lui refuser quoi que ce soit quand elle le prenait par les sentiments.

– Tu as gagné, capitula-t-il. Mais tu joues le jeu complètement et tu te plies à toutes mes exigences. C'est non-négociable. Compris ?

– Parfaitement, Docteur ! Merci !

La pièce redevint silencieuse tandis qu'Harry relevait les constantes de la jeune Auror. Hermione l'observa durant sa tâche et remarqua à quel point il était concentré et appliqué dans son travail. Et dire qu'elle-même voulait être médicomage à une époque… Son ami semblait penser à la même chose.

– Tu sais, j'ai toujours pensé que ce serait le contraire : toi me soignant après une de mes missions d'Auror…

– Et ça aurait sûrement été le cas si les choses avaient été différentes.

Le Survivant soupira en se tournant vers elle.

– Je suis tellement désolé de ne pas avoir remarqué que tu souffrais. Toi qui étais tellement préoccupée par nous et notre bien-être, tu as finis par négliger le tien et nous ne nous sommes aperçus de rien. Je sais que ça n'excuse rien, mais j'ai toujours essayé d'agir en faisant ce qui me paraissait le mieux…

– Harry, l'interrompit-elle en lui posant une main sur son avant-bras. Ce n'est pas ta faute. Je sais parfaitement que tu t'inquiétais pour moi et je ne t'en veux absolument pas. Tellement de choses dépendaient de toi ! Tu restes mon frère de cœur, quoi qu'il advienne !

Ils se sourirent, heureux de se comprendre. Car ils le savaient : peu importe ce que leur réservait l'avenir, ils pourraient toujours compter l'un sur l'autre malgré le temps et la distance. Le docteur Potter passa son heure de déjeuner dans sa chambre et lui raconta sa vie : son travail, sa vie de couple avec Ginny, le fait qu'il pensait de plus en plus au mariage et à fonder sa propre famille… Et Hermione l'écouta avec la même attention qu'elle lui avait portée à l'école, le conseillant, le rassurant et l'encourageant lorsqu'il en avait besoin.

L'heure passa trop vite au goût d'Hermione qui se retrouva rapidement seule une fois que son ami alla reprendre son poste. Elle profita de cet instant de solitude pour faire le point sur la situation à savoir son retour en Angleterre et ce que cela impliquait. Elle était bien évidemment plus que ravie de revoir Harry et Ron et avait hâte de voir la femme qu'était devenue Ginny. Mais elle savait que la séparation n'en serait que plus dure. Et il y avait Drago… Le revoir lui avait fait ressentir tellement de choses : nostalgie, tristesse et colère… Mais cela lui avait surtout permis de réaliser qu'elle ressentait toujours quelque chose pour lui. Malgré sa trahison, elle n'avait pu l'oublier comme elle le voulait. Et le revoir, plus beau et sûr de lui que jamais, avait fait remonter à la surface le bien être qu'elle avait ressenti en sa présence. De plus il avait indéniablement gagné en maturité, il était même allé jusqu'à s'excuser et lui avouer ce qu'il ressentait, chose qu'il n'aurait jamais fait auparavant…

La brune était complètement perdue dans ses réflexions, lorsque des coups retentirent à sa porte, la tirant de ses pensées. Elle invita son visiteur à entrer et pensa « quand on parle du loup »… En effet, Drago et Ron venaient de pénétrer dans sa chambre. Ce dernier semblait particulièrement gêné et coupable. Tant et si bien qu'il n'osa pas regarder son amie dans les yeux.

– Suis-je donc devenue si moche pour que tu ne veuilles même plus me regarder ?

– Quoi ? s'offusqua Ron en plantant immédiatement son regard dans le sien. Bien sûr que non !

Sa réaction fit rire Drago et Hermione tandis que le roux piqua un nouveau fard.

– Je suis désolé, Hermione. Si j'avais su ce qu'il se passerait, jamais je n'aurais…

– Stop, le coupa-t-elle. Arrête de t'en faire ! Je vais très bien ! Rassure-toi, j'en ai vues d'autres. Et avec le boulot qu'on fait, ce sont des choses qui arrivent.

Drago allait prendre la parole lorsque de nouveaux coups retentirent. La porte s'ouvrit une nouvelle fois pour laisser entrer les membres de l'Unité Spéciale.

– Hey, les gars, les salua la patiente avec un grand sourire. Quel bon vent vous amène ?

– On voulait voir si c'était vrai, lui avoua Logan.

– De quoi ?

– Qu'ils avaient réussi à te garder ici, s'amusa Casey.

– Tu as même le droit à la chemise blanche, remarqua Jarod.

– Hey, on arrête de se moquer ! Et pour votre gouverne, ils me retiennent contre mon gré !

– Moi je trouve que la chemise d'hôpital légèrement transparente te va très bien. C'est très sexy !

Drago fusilla Bryce du regard, pris d'une soudaine pulsion de meurtre à son encontre. Quel genre de mec drague à l'hôpital ? Mais il fut une nouvelle fois interrompu par un coup à la porte.

– Vous avez ameuté toute l'Angleterre ? s'enquit la jeune femme. Entrez !

Une fois de plus, ce fut un homme qui entra. Il devait avoir la trentaine et était châtain aux yeux verts.

– Waouh, je ne m'attendais pas à voir autant de monde ! Je pourrais revenir plus tard…

– Ne dis pas de bêtise, Dean, le contra Hermione. Approche !

Le nouveau venu s'exécuta et avança de quelques pas en direction de son lit.

– Mais regardez qui est là ! s'exclama la brune avec le plus beau sourire que ses anciens camarades ne lui aient jamais vu. C'est mon amour !

A ces mots, un joyeux babillement raisonna dans la chambre. Ce ne fut qu'à cet instant que Ron et Drago prirent conscience de la présence d'un nourrisson de quelques mois dans les bras du prénommé Dean. Le bébé faisait de grands sourires et tendaient les mains vers Hermione qui s'empressa de le prendre dans ses bras et de le couvrir de bisous.

– Mon petit prince ! Que tu m'avais manqué !

– Et moi tu t'en fous ? s'outra faussement Dean.

– Bien sûr que non. Toi aussi je suis contente de te voir ! Mais comment l'as-tu appris ?

– Pas par toi en tout cas ! lui reprocha-t-il en lui déposant un baiser sur le front. Dans quoi t'es-tu encore fourrée, Poussinette ?

– Trois fois rien, le rassura-t-elle sans cesser de jouer avec le bébé qui riait et gazouillait dans ses bras.

Elle semblait avoir fait complètement abstraction des personnes qui l'entouraient.

– Ce n'est pas tant que tu sois blessée qui me choque, ça je commence à avoir l'habitude ! C'est plutôt le fait que tu sois toujours ici !

– C'est justement ce que nous étions en train de lui faire remarquer, avoua Bryce. C'est étrange que cette tête de mule se soit laissée convaincre !

– Attention à ce que tu dis, Larkin, grommela ladite tête de mule. Je reste ton patron !

Les deux hommes rirent ensemble de bon cœur à la plus grande stupéfaction de Drago. Même si cette idée lui coûtait, il semblait qu'Hermione avait fondé une famille mais il savait, pour l'avoir vu, qu'elle couchait avec monsieur Parfait. Et savoir que l'amant de la jeune femme riait avec celui qui était son compagnon comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes était contre nature ! Est-ce qu'ils faisaient un ménage à trois ?

– Vous n'avez pas fini de vous moquez de moi ? De nos jours les hommes ne sont plus ce qu'ils étaient ! Toi, je peux te jurer que je ferai tout pour que tu ne deviennes pas comme ces affreux bonhommes !

Comme s'il comprenait ce qu'elle venait de lui dire, le bébé rigola de nouveau et tapa dans ses mains. Elle le récompensa par de nouvelles papouilles sous les rires et l'amusement des hommes présents.

– Oh, tant que j'y pense ! s'exclama soudainement Ron en se tournant vers Hermione. Maman organise son fameux repas de famille dimanche au Terrier et tu es invitée. Ainsi que vous tous.

Surpris, les américains se consultèrent du regard.

– Nous ? insista Jarod. Mais elle ne nous connaît pas et puis ça risque de faire beaucoup de personnes…

– Ça se voit que vous ne connaissez pas sa mère, répliqua Drago en levant les yeux au ciel.

– Patron c'est toi qui décides, répondit Logan. Nous on te suit !

– Humm, hésita la jeune femme. J'ai une question : comment ta mère peut-elle savoir que je suis de retour en Angleterre et donc nous inviter, moi et mon équipe, à déjeuner ?

Pour toute réponse, le roux bafouilla et devint aussi écarlate que ses cheveux, faisant rire l'assemblée.

– C'est bon Ron, s'amusa Hermione. Respire, tout va bien. Et dis à ta mère que nous viendrons, enfin s'ils me laissent sortir d'ici…

– Et tu connais les conditions, l'interrompit Harry qui venait d'entrer. Une promesse est une promesse !

– Pfff, je te déteste Harry Potter ! grommela la jeune femme en donnant un dernier baiser au bambin avant de le rendre à Dean sous les rires des Américains qui la voyaient céder pour la première fois.

Ce dernier lui déposa une nouvelle fois un baiser sur le front en lui assurant qu'ils se reverraient le lendemain tandis que les autres se contentèrent d'un signe de tête, de main ou un simple clin d'œil et la laissèrent se reposer.