Et voici un nouveau chapitre que ma géniale bêta Tsukasa-Kokoro a corrigé entre la réalisation de deux plats maison ;-)
Ceci est l'avant-dernier chapitre !
Bonne lecture
Chapitre 10 :
Désormais seuls dans la maison, le silence s'installa entre les deux anciens amants. Drago ne dit rien, se contentant de laisser la jeune femme examiner son visage et le soigner.
– Pourquoi avoir fait ça ? l'interrogea finalement Hermione.
– Parce qu'il est temps que j'assume ce qui s'est passé si je veux repartir sur des bases plus saines.
De nouveau, le silence prit place pendant un moment, le blond ne sachant pas comment aborder le sujet qui le préoccupait.
– As-tu réfléchis à ce que je t'ai dit ?
– Je n'ai fait que ça, soupira la jeune femme.
– Et alors ? osa-t-il, craignant la réponse.
Cependant, au moment où elle allait lui répondre, George débarqua dans le salon.
– Ah bah vous voilà ! Tout va bien ?
– Oui c'est bon, l'informa son amie. J'ai terminé de le soigner : il est opérationnel.
– Parfait ! Vous pouvez revenir : la situation s'est calmée là-bas et on attend plus que vous !
Bon gré mal gré, Hermione et Drago prirent sa suite et rejoignirent les autres à table. Par précaution, Drago prit soin de s'asseoir le plus loin possible du Survivant. Dire que l'ambiance était tendue à cet instant aurait été un euphémisme. Il fallut tout le savoir-faire de Logan et Georges pour détendre l'atmosphère. Les deux hommes se découvrirent beaucoup de points communs et s'entendirent rapidement très bien. L'atmosphère s'allégea durant le repas et les discussions allèrent bon train. Au moment du dessert, Molly s'adressa à Hermione et lui posa la question fatidique.
– Vous comptez partir bientôt ? Maintenant que toute cette affaire est réglée...
Le silence se fit autour de la table, toutes les personnes présentes étant suspendues à ses lèvres, attendant la suite.
– Pour tout vous dire, nous ne partirons pas tout de suite. Je dois m'entretenir avec le ministre Adamson et Mr Jones demain. Nous resterons donc encore un jour ou deux.
Cette annonce surprit tout le monde, anglais comme américains. Mais personne n'insista pour en savoir plus : l'important était qu'ils restaient pour le moment. Cette nouvelle ravit surtout les anglais, et un certain blond en particulier.
L'après-midi tirait sur sa fin et tout le monde semblait passer un agréable moment, notamment grâce à la légendaire et succulente cuisine de Molly Weasley. Seul Harry ne partageait pas la gaieté ambiante : malgré leurs tentatives pour être discrets, le Survivant capta rapidement les échanges de regard entre Hermione et Drago. Ils donnaient l'impression de flirter et d'apprécier ça. Ce fut trop pour lui qui se leva d'un bond et s'éloigna en s'excusant. Ginny voulut le suivre pour savoir ce qu'il lui arrivait mais fut prise de vitesse.
– Laisse, Ginny, quémanda sa meilleure amie. Je m'en occupe.
N'essuyant aucun refus, la jeune femme se leva à son tour et prit la direction empruntée un peu plus tôt par son frère de cœur. Elle le trouva rapidement de l'autre côté du jardin, se tenant face au petit étang, les yeux dans le vide. Sans un mot, elle vint prendre place à côté de lui, envahie par les souvenirs. Seuls les bruits de la nature environnante et l'écho des rires de leurs amis troublaient le silence. Hermione avait compris qu'il avait surpris leur petit manège à Drago et elle. Et ça, rajouté aux révélations expliquant son départ, avaient été de trop.
– Tu avais raison de te méfier, asséna l'Elu après ce qui semblait être une éternité.
– A quel sujet ?
– A propos de Drago. En dernière année, même après que Ron et moi ayons réussi à tourner la page, à lui pardonner et l'accepter, tu étais restée méfiante. Tu étais persuadée qu'il finirait par nous faire du mal. Et tu avais raison !
– J'étais loin de me douter à l'époque que les choses se dérouleraient ainsi, tenta-t-elle de plaisanter.
– Peut-être mais tu savais qu'il ne pouvait pas changer ! s'emporta-t-il en fixant la jeune femme. Quand je réalise toutes ces années qu'on a perdues, séparés à cause de lui !
– Tu n'es pas juste Harry, tu es en colère et...
– Évidemment que je suis en colère contre lui !
– Laisse-moi finir ! haussa-t-elle le ton, désormais énervée à son tour. Je sais que tu es en colère mais je ne pense pas que ta colère soit entièrement dirigée contre Drago. Je pense qu'une partie de toi, aussi infime soit-elle, m'en veut également.
– Mais qu'est-ce que tu racontes ?
Elle se força à respirer un grand coup pour se calmer et tenter de lui expliquer ce qu'elle pensait avoir compris.
– Tu as toujours été très protecteur envers moi et c'est pour ça que tu en veux à Drago : parce qu'il m'a fait du mal, sans compter qu'il vous a dissimulé la vérité pendant toutes ces années. Mais je ne vous en ai pas parlé non plus.
– Tu ne pouvais pas, tu étais partie ! A cause de lui !
– Tu sais très bien que ce n'est pas la seule raison, toute cette histoire n'a fait que précipiter l'inévitable. Et même si ça n'était jamais arrivé, j'aurais tout de même fini par partir et couper les ponts parce que j'en avais besoin. Ces années que nous avons perdues n'étaient pas de son fait mais du mien : j'aurais très bien pu vous donner des nouvelles, mais j'ai fait le choix de ne pas le faire. Et c'est pour ça que tu es colère contre moi, et tu en as parfaitement le droit.
Le jeune homme ne trouva rien à répliquer car il savait qu'une fois de plus, Hermione Granger avait raison. Il avait tenté de se persuader qu'il comprenait et respectait son choix, mais en réalité il en souffrait. Et savoir qu'elle ne leur avait pas parlé de choses aussi importantes que la mort de ses parents ou la tromperie de son petit-ami de l'époque avait ravivé cette colère qu'il pensait enfouie.
– Je ne veux pas t'en vouloir, soupira-t-il. Tu es ma sœur de cœur, tu es l'une des personnes que j'aime le plus. C'est pour ça que j'ai eu tellement mal quand tu es partie sans prévenir, tirant un trait sur ce qu'on avait bâti, et au moment où je sortais enfin de toutes ces années de galère. Bien sûr, je comprends mieux maintenant. Mais ça ne fait pas disparaître la douleur.
– Je le sais bien Harry et moi aussi je t'aime. Crois-moi quand je te dis que partir a été la décision la plus difficile de ma vie ! Mais nous n'étions que des enfants qui avaient connus beaucoup trop d'atrocités. J'avais besoin de me reconstruire, faire le point sur celle que j'étais devenue, sans vous. Que je sois moi, Hermione Granger, et non la Hermione du Trio d'Or.
– Les choses sont différentes, n'est-ce pas ?
– Je pense que oui. Mais Ron et toi restez mes frères, lui assura-t-elle avec sourire.
– Et Drago l'homme que tu aimes.
Ce fut au tour de la brune de ne pas savoir quoi répondre. Aimait-elle encore Drago ? L'avait-elle toujours aimé ? S'il était évident que tous les deux avaient changés et évolués, elle n'était pas sûre de pouvoir en dire autant de ce qu'elle éprouvait pour lui.
– N'essaie pas de le nier, enchaîna le brun. Je me souviens de ce qu'il y avait entre vous à l'époque et j'ai parfaitement vu vos regards. Malgré les années et la distance, malgré ce qu'il t'a fait, tu l'aimes toujours.
– Je pense que oui.
– Mais pourquoi ? Il ne le méritait pas !
– Tu sais très bien que si. Nous avons eu l'occasion de reparler de tout ça lui et moi. Et bien que ce qu'il m'a fait reste inqualifiable, je comprends mieux pourquoi il l'a fait.
– Tu...
– Attention ! le coupa-t-elle. Je n'ai pas dit que c'était excusable, loin de là ! Et je lui en voudrais probablement pendant encore un très long moment. Mais tout comme nous, il a évolué et mûri. Tu ne peux pas le nier, tu l'as forcément constaté au court des années à le côtoyer. Aujourd'hui, il est différent de la personne qu'il était à l'époque.
– Tu vas lui redonner une chance ?
– Sincèrement, je n'en sais encore rien. Les choses restent malgré tout compliquées, n'oublie pas que nous vivons sur deux continents différents...
Harry se contenta d'hocher la tête en signe de compréhension et n'ajouta rien. Ils restèrent là, seulement tous les deux, pendant encore quelques minutes. Ils savaient qu'ils devaient rejoindre les autres mais décidèrent de profiter encore un moment de la quiétude environnante.
Les deux anciens Gryffondor rejoignirent rapidement les autres, le sourire aux lèvres, pour le plus grand plaisir et soulagement de Ginny. Tandis que le brun alla embrasser sa petite amie pour la rassurer, Hermione se contenta d'un signe de tête pour le blond. Elle lui fit ainsi comprendre qu'elle avait désamorcé la situation avec Harry mais que tout n'était pas réglé entre eux.
Peu de temps après, les Américains durent prendre congés. Ils étaient bien repus mais également épuisés et comptaient bien profiter de leurs quelques jours supplémentaires sur le continent pour se reposer. De plus, Dean devait repartir plus tard dans la soirée, travaillant le lendemain.
Bien qu'émouvants, les "au revoir" furent moins pénibles que ce à quoi Hermione s'était attendue. Elle dut cependant leur promettre de donner des nouvelles et de façon récurrente. Elle tenta de ne pas trop s'attarder car il lui restait encore beaucoup de choses à préparer son entretien du lendemain avec le Ministre et le directeur du bureau des Aurors.
Et cette réunion pourrait s'avérer être d'une importance capitale pour son avenir.
