Disclaimer : Je possède... une télévision de type écran plat qui m'a permis de découvrir cette génialissime série qu'est Glee. Que je ne possède pas, rien du tout, pas un personnage, pas un lieu. Tout ça étant la propriété de RIB.

Par contre, Karl et Carla sont à moi, ils sont nés dans mon cerveau dérangé. Vous ne savez pas qui sont Karl et Carla? Normal, vous n'avez pas encore lu le chapitre.

Ce chapitre était déjà écrit, j'avais plus qu'à le taper (hé oui, je suis old school, j'écris à la main, j'aime ce rapport vieillot mais sensuel à l'écriture) et comme je me suis réveillée avec une bonne nouvelle ce matin, j'ai eu envie de vous faire le 'cadeau' de publier un nouveau chapitre un peu rapidement.

Quelle bonne nouvelle? Ben, Obama, ça vous dit rien?


A peine sorti de la chambre, Sebastian s'adossa contre un mur. Cette rencontre l'avait ébranlé. Bien plus que ce qu'il voulait laisser paraître. Ses yeux piquaient, il les ferma et pressa ses doigts contre ses paupières. Il sentit ses forces le quitter complètement, toute son énergie était passée dans ces quelques secondes pendant lesquelles il avait lutté pour paraître totalement détaché. Ses jambes refusèrent de le porter plus longtemps alors il se laissa lentement glisser le long du mur, ramena ses genoux contre son torse, les entoura de ses bras et plongea sa tête dans le creux ainsi formé.

Il senti une main légère se poser sur son bras et une autre caresser son dos. Il se tendit un peu à ce contact mais ne bougea pas. Il n'aurait pas pu même s'il l'avait voulu, plus la force.

« Il est tiré d'affaire. Il va bien. » souffla une voix féminine près de son oreille.

Il releva la tête, surpris. Ses yeux embués de larmes qu'il s'efforçait de retenir croisèrent le regard clair et doux d'une jeune femme. Il détailla le visage aux traits fins, le sourire compatissant qui s'étirait sur des lèvres bien dessinées et les bouclettes brunes qui s'échappaient ici ou là d'un chignon bien tiré pour caresser les tempes et le front. Et ces yeux dorés qui ne le quittaient pas. Sebastian senti les larmes recommencer à couler lentement sur ses joues pendant que l'infirmière avait continué à parler.

« Il va être suivi par un psychologue pour s'assurer qu'il ne recommence pas mais il va bien aller. Hé shhh. Il compte beaucoup pour toi hein? »

Elle essaya d'essuyer une larme avec son pouce mais alors Sebastian craqua totalement. Son corps entier se mit à trembler, sa respiration était sacadée et plus rien ne contenait ses larmes. Et lui qui maîtrisait d'ordinaire si bien les mots se mit à lancer des idées totalement décousues.

« C'est... moi... il... blague... idiot... il... il... son oeil... trop con... pu mourir »

L'infirmière ressera son étreinte, l'attirant contre elle.

« OK, OK. Laisse toi aller. Pleure une bonne fois pour toute, on parlera après. »

Il s'autorisa alors à se laisser emporter par ses émotions, la tête posée contre l'épaule de cette femme, une main lui caressant doucement les cheveux. Sebastian fouillait sa mémoire pendant que ses larmes coulaient sans contrôle, mais d'aussi loin qu'il put se souvenir, il ne se rappelait pas s'être déjà senti à la fois aussi mal et aussi bien. Peu à peu, il se calma, étonné de se sentir confortable dans les bras d'une femme à respirer son parfum qui n'avait vraiment rien de viril.

Quand il fut calmé, elle lui releva doucement le visage.

« Allez, viens Beau Gosse, on va nettoyer un peu ça et je t'offres une glace. D'accord? »

Elle se leva, lui tendi une main pour l'aider à se relever. Ses jambes étaient encore mal assurées. Une fois debout, il faisait bien deux têtes de plus que la jeune femme, mais tandit qu'elle le soutenait pour aller jusqu'aux toilettes, il paraissait bien petit à côté d'elle. Elle mouilla un mouchoir en papier et lui tamponna délicatement le visage, effaçant du mieux possible les traces laissées par les larmes. Il ferma les yeux, goûtant à la douceur de ces mains, une douceur bien inhabituelle pour lui.

« C'est mieux comme ça » dit la jeune femme en le dévisageant. S'assurant qu'il la suivait, elle ressortit. Ils passèrent devant l'accueil, elle adressa un sourire au standardiste.

« Je prends ma pause Karl. Si on me cherche, je suis en face d'accord? »

« Pas de problème Carla »

« Ca marche Karl »

« A plus tard Carla »

« A plus tard Karl »

Sebastian s'amusa mentalement de cet échange qu'ils avaient l'air d'avoir répété un million de fois.

Ils s'instalèrent à une petite table en retrait et la serveuse, visiblement habituée au planning serré de la jeune infirmière, ne se fit pas attendre.

« Bonjour. Je vous sert quoi? »

« Je sais pas toi mais moi je me laisserais bien tenter par un milkshake au chocolat » lança Carla avec un sourire en direction du jeune lycéen.

« Tu balance ton régime aux orties Carla? » plaisanta la serveuse.

« Pour aujourd'hui oui. Sebastian? Tu prends quoi? »

Sebastian fixa sa nouvelle amie avec un air interrogatif, se demandant comment elle avait deviné son nom.

« Le sticker, ça ne va avec rien. » elle dit en désignant son torse où était collé le badge visiteur qu'on lui avait donné à son arrivée à l'hôpital.

Il baissa la tête vers le badge et le décolla délicatement pour ne pas abîmer son pull.

« Un milkshake à la cerise? » commanda-t-il à la serveuse qui parti immédiatement préparer la commande.

« C'est le préféré de mon fils. »

« Il a quel âge? »

« Il vient d'avoir 5 ans »

« J'ai l'air d'avoir 5 ans? C'est le meilleur jour de ma vie! » s'exclama Sebastian en forçant un sourire alors que la serveuse posait leurs milkshake devant eux.

« Si c'est le meilleur jour de ta vie, alors on dirait bien que ta vie craint. Tu veux parler maintenant? »

Sebastian jouait avec sa paille, il l'entoura de ses lèvres et aspira une petite quantité de liquide avant de relever la tête.

« Je le connais même pas. Je sais pas ce que je suis venue faire ici. Je veux dire, je le connais mais juste comme ça. On n'est pas amis. Je m'en fous de ce gars. »

« Moins que tu le penses. Sinon, tu ne serais pas venu. Et l'entrevue ne t'aurais pas retourné à ce point »

« Ca me ressemble pas tout ça. »

« Tu m'as l'air bien jeune pour ne pas t'autoriser à changer. »

Sebastian termina son milkshake, pensif à cette dernière remarque. Il ne se rendit pas compte du bruit qu'il fit avec sa paille en aspirant les dernières gouttes de liquide. Carla éclata de rire alors que Sebastian relevait la tête honteux.

« Oui, décidément, 5 ans, c'est vraiment très jeune pour décider qui on est de façon si définitive. »

« Oh, je vois, vous êtes de ceux qui pensent que je peux choisir d'être hétéro » lança Sebastian d'une voix pleine d'amertume avec son air de défiance.

« NON! Déjà, je ne savais pas, crois le ou non, il n'y a pas écrit homosexuel sur ton front. Ecoute, si tu es attiré par les hommes, ça ne changera pas. Mais être gay, ça n'est pas qui tu es, c'est juste une partie de qui tu es. Une partie que tu ne peux pas changer comme ta taille ou la couleur de tes yeux. Mais la façon dont tu le vis, ça tu peux le choisir. Tu peux t'autoriser à être touché par ce qui se passe autours de toi ou décider de te fermer complètement. S'ouvrir, ça peut faire mal parfois, mais pas seulement. Ne passe pas à côté de ta vie parce que tu as peur d'avoir mal. »

Il resta silencieux, un peu sonné de tout ce que la jeune infirmière venait de dire.

« Il faut que je retourne travailler, ça va aller? »

« Oui, oui. Au revoir. »

« Au revoir. »