Disclaimer : Le meuble qui soutient la télé et le lecteur DVD chez moi, bon, ben je l'ai payé avec mes sous, donc il est à moi, rien qu'à moi et puis c'est tout. Glee? Ah ben non, ça toujours pas par contre. Mon banquier s'en serait rendu compte. Ce que je possède totalement dans ce texte, ce sont les fautes d'orthographe et surtout de conjugaison. Celles que je ne vois pas du tout et aussi celles que je vois quand je me relis après coup et dont j'ai particulièrement honte. Elles prouvent deux choses : que je n'ai pas de beta et que je travaille en flux tendu, donc que je prends moins de temps à relire pour maintenir mon rythme de publication.
Donc, le chapitre précédent fut difficile à écrire, j'ai vécu des moments de torture. Burt et Paul m'ont fait pleurer. J'ai raturé, réécrit, inséré des passages, barré encore, réécrit, vécu un grand moment de solitude quand j'ai réalisé que j'avais totalement oublié Sam, débatu longuement avec moi même pour décider si j'essayais de l'insérer dans ce joyeux bazar ou si je le virais purement et simplement de la maison pour la soirée. Bref. Et celui qui vient est... Vous verrez bien. Il se pourrait qu'avoir un mouchoir à portée de main soit bienvenu, selon votre degré de sensibilité et quelles émotions vous font pleurer.
Et puis, si vous êtes sensibles à l'évocation de certains fluides corporels, il vaudrait sans doute mieux éviter de lire la fin de ce chapitre. Je ne peux pas dire quel fluide exactement pour ne pas totalement gâcher l'effet de surprise, mais considérez vous prévenus. Sans compter que des propos homophobes particulièrement choquants pourraient bien avoir été utilisés.
Porcelain : Tirons un voile pudique sur ma folie, on va finir par perdre du monde. Je dirais bien que tu nous a manqué mais comment dire, j'ai pas trop eu le temps de m'en rendre compte, j'étais bien entourée. De toute façon, moi, dès qu'un mec se met à me parler français avec un accent sexy, je craque, alors deux en même temps...
Bon Klaine, c'est mes petits choux à moi aussi, faudra pas s'étonner s'ils reviennent faire un tour par ci par là. Et Finn aussi d'ailleurs, je l'aime beaucoup ce grand dadais... J'attends juste que la saison 3 soit dépassée pour virer son ex-future femme du tableau parce que j'ai de plus en plus de mal à la supporter (désolée pour les fans de Rachel et/ou Finchel on dirait que vous vous êtes trompés d'histoire).
Comme tu dis, Burt est le meilleur papa du monde, et le meilleur homme aussi, donc je le voyais mal enfoncer un gamin qui vient juste de tenter de se suicider.
J'étais nettement plus sceptique avec Blaine moi en fait. Non, sérieusement, on a la preuve que c'est pas un flic du 21 jump street en infiltration?
Et contente de t'avoir fait rire, enfin si c'est bien ça que tu voulais dire, parce que je vois pas bien pourquoi tu te crèverais à copier la phrase et à me remercier si ça t'avais fait rien. Et je vois pas ce que tu aurais voulu dire d'autre.
Heu... Et sinon... Aussi... D'avance... Désolée... :'(
Les premières notes de Stand par Lenny Kravitz s'échappèrent du smartphone dernier cri posé sur la table de nuit. Elles furent accompagnées d'un grognement endormi et une main tâtonna pour l'arrêter. Dix minutes plus tard, la même mélodie troubla à nouveau le silence de la pièce.
« OK, ça va, ça va, je me lève. »
Sebastian s'étira comme un chat dans son grand lit, se tourna lentement et bascula pour s'asseoir au bord du matelas, les yeux encore fermés. Les coudes sur ses genoux, il laissa tomber sa tête dans ses mains et se frotta le visage pour essayer de se réveiller. Puis il prit le portable qui avait fini par se taire. Il essayait de chasser le sable de sous ses paupières pour réussir à lire l'heure affichée sous la date (vendredi 2 mars 2012, pas qu'il puisse mieux la lire que l'heure, mais la date, il la savait déjà). Il battait désespérément des paupières, essayant de chasser le voile trouble de sa vision quand Mika se mit à chanter Elle me dit.
Sebastian sursauta, le portable sauta dans ses mains et il le rattrappa de justesse pour répondre. Il eut à peine le temps d'approcher l'appareil de son oreille qu'une voix stridente finissait de le réveiller totalement.
« Joyeux anniversaire! »[1]
« Chloé, tu sais l'heure qu'il est? »
« Si je suis pas trop rouillée en décalage horaire et si je me base sur ton humeur massacrante -de rien au passage- je dirais qu'il est l'heure que tu fonce sous la douche et que tu ingurgite un café ASAP ou tu vas finir par être en retard. »
« Et il serait pas l'heure de ton cours d'anglais histoire de travailler ton accent? »
« Oh tais toi, tu adores mon accent. Maintenant file mettre ton joli ptit cul dans ton uniforme. »
« Hé, surveilles ton langage jeune fille. C'est bon, j'y vais. » il marqua une pause.
« Chloé? »
« Oui? »
« Merci... T'es la première » il dit d'une voix un peu triste.
« Je sais Bass, je sais. » répondit la jeune fille, attristée elle aussi, avant d'ajouter « Hé, t'oublie pas, on se Skype ce soir quand tu rentres du lycée, je veux te voir ouvrir ton cadeau. Bonne journée. »
Sans lui laisser le temps de répondre, elle avait raccroché.
Il se leva, se traîna jusqu'à la grande salle de bain attenante à sa chambre, enleva le boxer qui lui avait servi de pyjama et le jeta en direction du panier de linge sale avant de se glisser sous la douche. Quand il ressortit, il remarqua que le vêtement avait manqué sa cible et traînait sur le carrelage immaculé. Il se sécha et alla le ramasser pour le mettre dans le panier [2]. Il s'habilla et se coiffa avec soin puis se dirigea vers la porte qui le séparait du reste du monde. La main sur la poignée, il prit une grande inspiration, ravalant le reste de larmes qui n'avait pas coulé sous la douche. Il plaqua son habituel sourire sur son visage et ouvrit la porte. Showtime.
Il traversa un long couloir dont les murs étaient décorés de peintures originales. La valeur d'une seule des oeuvres de ce couloir pourrait payer au moins deux années entières dans l'université la plus prestigieuse des Etats-Unis. Il arriva à un immense escalier de marbre, il évita de poser la main sur la rampe dorée à l'or fin pour descendre et se retint de lever les yeux vers l'immense lustre en cristal. Il tourna à gauche, fit face à l'immense double porte en bois décoré qui ouvrait sur la salle à manger.
Il fit alors ce qu'il faisait tous les matins quand son père n'était pas à la maison : il tourna encore sur sa gauche et avança jusqu'à une porte simple, presque cachée à laquelle il frappa deux coups pour s'annoncer et entra.
Et comme tous les matins où son père n'était pas là, il trouva l'employée de maison qui s'affairait dans la grande cuisine en jean et tee-shirt simple plutôt que la ridicule tenue de soubrette que le maître des lieux exigeait en temps normal.
« Bom dia Lucía »
« Hé Sébastian. Feliz aniversário » dit Lucía alors qu'elle finissait de remplir une assiette posée à côté d'une tasse de café au bout du plan de travail « Oeufs brouillés et pancakes aux myrtilles? »
« Muito bem. Obrigado. »
Sebastian s'installa sur le tabouret haut devant le plan de travail et entama le petit déjeuner qui avait été préparé pour lui par Lucía.
Cette femme d'une quarantaine d'années, Brésilienne, était au service des Smythe depuis qu'ils avaient emménagé à Westerville sept mois plus tôt, après avoir quitté Paris.
Elle avait été surprise la première fois que le jeune homme était venu dans la cuisine. C'était à peine un mois après leur installation, Sebastian n'avait pas encore commencé l'année scolaire et les seules instructions spéciales qu'elle avait reçu pour ces quelques jours où l'adolescent serait seul à la maison, étaient de lui préparer ses repas et de le réveiller à midi s'il dormait encore.
Alors qu'elle prenait une pause devant un café, vers dix heures, il y avait eu ces deux coups toqués à la porte de la cuisine. Elle avait cru rêver et avait failli s'étrangler avec son café quand la porte s'était ouverte sur le jeune homme, les cheveux en bataille, un jean bien coupé et une chemise à moitié déboutonnée. Il s'était tenu sur le pas de la porte en la regardant, son fameux sourire charmeur mais une lueur d'interrogation au fond des yeux. Elle avait reposé sa tasse et ils s'étaient fixés quelques instants avant qu'il ne se décide à briser le silence.
« C'est vraiment ridicule cette tenue. »
Elle avait été interloquée une seconde et avait éclaté de rire. Il avait ri aussi, la glace était rompue.
A partir de ce jour c'était devenu une habitude. Sebastian prenait son petit déjeuner dans la cuisine dès que son père n'était pas là, ce qui arrivait assez souvent.
Le jeune homme avait appris quelques mots de portugais, pas assez pour tenir une conversation mais assez pour créer un lien entre lui et l'employée de son père. De son côté, Lucía n'avait pas eu besoin qu'il exprime avec des mots ses goûts culinaire pour savoir quels plats éviter et quels plats préparer pour lui faire vraiment plaisir. Ils se laissaient aller à parler de tout et de rien les jours où Sebastian avait le temps.
Bien sûr, il restait entre eux une distance, quelque chose qui empêchait d'oublier qu'ils avaient une relation de patron à employée. Mais on était très loin du dédain qu'affichait le père de Sebastian vis-à-vis des gens qui travaillaient pour lui.
Ce matin là, si Lucía n'était que la deuxième à lui souhaiter un joyeux anniversaire, c'est que Chloé avait l'avantage du décallage horaire puisqu'il était déjà le milieu de la journée à Paris.
Une fois son petit déjeuner fini, il remercia Lucía et prit la direction de la Dalton Academy pour la dernière journée de cours de la semaine.
Cette journée se trainait en longueur. Le jeune homme passa la matinée entière à scruter son portable comme s'il attendait qu'une licorne magique en sorte. Et ça n'étonnait plus personne, ça ne faisait jamais qu'environ deux semaines que son téléphone semblait avoir été greffé à la main qu'il n'utilisait pas pour écrire ou pour manger.
A la pause déjeuner, il était seul dans une des salles de repos du lycée, les yeux rivés sur l'écran de son téléphone comme si ça allait le faire sonner quand Nick et Jeff entrèrent. Ils stopèrent net en voyant leur camarade et s'échangèrent un regard. Visiblement, ils avaient quelque chose à faire tous les deux et la présence du nouveau soliste des Warblers compromettait leurs plans.
Ils s'approchèrent, prirent place à côté de lui dans le canapé en cuir et Jeff lui prit le portable des mains.
« C'est quoi son petit nom? » demanda Jeff qui avait commencé à fouiller la liste de contacts enregistrée dans le smartphone.
« T'en a bien fini avec Blaine non? »
« Cherche pas Jeff, s'il avait son numéro, le pauvre gars aurait déjà demandé à en changer. Il est pas du genre à attendre qu'on l'appelle. »
« Quand même, ce mec doit lui avoir bien retourné la tête pour qu'il se morfonde à attendre un appel depuis aussi longtemps. »
« Oh, tu parles, c'est juste qu'il a pas l'habitude qu'on lui résiste. Deux semaines sans nouvelles de l'Apolon sur lequel il a jeté son dévolu, c'est beaucoup pour son égo. »
Sebastian se leva et leur fit face. Il reprit son téléphone des mains de Jeff.
« Ca va les gars? Vous êtes au courant que je suis là et que je suis pas sourd? »
« Oups, je crois que tu l'as vexé Nick. »
« Quoi? Moi? C'est toi qui a commencé. »
« Je vous laisse, vous avez l'air d'avoir des tonnes de choses à vous raconter. »
Et sur ces paroles Sebastian sortit de la pièce et les deux autres ne tentèrent même pas de le retenir.
Les dernières heures de la journée furent les plus dures et Sebastian commença à envisager de ne pas aller à la répétition des Warblers pour une fois. Mais il eut à peine le temps de sortir de son dernier cours que Thad lui sautait dessus.
« Sebastian! Tu tombes bien, je voulais te parler. »
« Tout de suite? On va arriver en retard à la répétition. »
« Non, on a annulé la répét aujourd'hui, personne te l'as dit? »
« On dirait bien que non. Je vais en profiter pour rentrer plus tôt. »
« Hé, tu m'oublie là! »
« Ah oui, c'est vrai. Vas-y. Dis-moi tout. Vite. »
« J'ai besoin d'un conseil... »
« ... »
« ... »
« Thad, j'ai des projets pour la soirée, alors si tu te décides pas à parler très vite, tu attendras lundi. »
« A propos d'une fille. »
« Une fille? T'es sérieux là? Tu crois vraiment que tu t'adresses à la bonne personne là? »
« J'ai essayé de demander à David mais il n'avait pas le temps du tout ce soir , bref, il y a cette fille, on est sortis deux ou trois fois, on s'est embrassés et tout. Et j'aimerais bien lui faire comprendre que... enfin tu vois quoi. Mais je voudrais pas être trop direct non plus. »
« Donc, que je résume : tu viens me demander à MOI des trucs pour faire comprendre SUBTILEMENT à une FILLE que tu as envie de TE LA FAIRE? J'ai un conseil pour toi : arrêtes la drogue! Maintenant, si ça te dérange pas trop, on m'attends alors je vais rentrer chez moi. »
« Oui mais attends une seconde, je fais quoi? »
« Je sais pas moi, t'attends lundi pour demander à David. D'ici là, tu te masturbes, tu veux un cours peut-être? Je serais ravi de te donner un coup de main si tu veux. Ou un coup d'autre chose. »
« OK, c'est bon, je savais qu'il fallait pas que je te demande. Je sais pas pourquoi j'écoutes encore les idées foireuses de Trent. »
« On se le demande oui. Bon week-end Thad. »
Sebastian rentra chez lui, impatient de parler à Chloé. Il ne remarqua pas la voiture garée dans l'allée et il ne prêta pas plus d'attention au fait que la porte d'entrée ne soit pas fermée alors que Lucía devait avoir terminé son service. Il s'apprêtait à monter directement dans sa chambre mais des voix venant du salon attirèrent son attention.
« Magnez vous, il est déjà là. »
« Flûte, je vous l'avais dit que Thad le retiendrait jamais assez longtemps. »
« Moi je vous avais dit qu'on aurait dû sécher la dernière heure de cours. »
« Oui, Jeff, on sait tous à quel point tu aimes sécher les cours! »
« Tu le trouves ce code oui ou zut? »
« Ben vas-y toi, si t'es si malin. »
« Hé, les twins, vous voulez pas baisser d'un ton? »
« T'as dû te tromper, tu vois bien qu'il est pas encore rentré. »
Sebastian, amusé par cet échange, s'avança jusqu'à la porte du salon pour trouver Jeff, Nick, Trent et David en train de se chamailler autours d'un ordinateur portable posé sur la table basse.
« Pour les cambriolages, il va falloir apprendre la discrétion. Et j'ai rarement vu des cambrioleurs ramener des ordinateurs là où ils font leurs casses. » dit Sebastian d'un ton sarcastique.
« Surprise râtée. Souriez les gars. » lança Trent alors que tout le monde se tournait vers Sebastian avec des sourires crispés.
« Heu... Joyeux anniversaire? » dit David aussi naturellement que possible, suivi par les trois autres.
« Qui vous dit que c'est mon anniversaire? »
« Chloé » répondit Nick.
« Et comment vous êtes entrés? »
« Lucía » répondit Jeff.
« Mais on n'avait pas pensé que sans le code de la Wi-Fi, on ne pourrait pas se connecter. » ajouta David.
« Et vous avez besoin de vous connecter parce que... »
« Pour Chloé. Tu compte pas ouvrir son cadeau sans elle quand même? »
« Encore une question... »
« Non, plus de questions tant qu'on a pas ces foutus codes! » s'énerva Nick.
« OK »
Sebastian s'installa par terre devant l'ordinateur et entra les codes.
« J'ai droit à ma question maintenant? »
« Facebook, ça te dis quelque chose? Chloé, oui. Allez, branche Skype qu'on voit à quoi elle ressemble! »
« Nick, tu m'as l'air bien enthousiaste. Est-ce que ma petite soeur t'aurait promis un strip-tease? »
« Ta petite soeur? »
« Ma petite soeur! »
Pendant qu'ils parlaient, Sebastian avait connecté Skype et une petite blondinette d'une quinzaine d'années était apparue à l'écran.
« Qui va me faire un strip-tease? » demanda-t-elle amusée, faisant semblant de ne pas avoir entendu la partie qui suggérait que ce soit elle qui le fasse.
« Nick s'était proposé, mais vu sa tête, on dirait qu'il se dégonfle. »
«J'aimerais bien voir ça. Sa tête, pas le strip-tease. »
Nick s'avança dans le champ de la webcam, l'air un peu gêné.
« Bonjour. »
« Wow. Je veux bien le strip-tease maintenant. » dit Chloé en éclatant de rire en voyant Nick virer au rouge. « Je plaisante, détends toi. Bon, je peux voir les autres ou vous nous la jouez solo sous les spotlights tous les deux? »
Ils firent de la place et les trois autres s'instalèrent en face de la caméra, chacun s'asseyant par terre ou sur le canapé, et les présentations furent faites rapidement.
« Bon, lequel de vous est le petit ami de mon frère? »
« Chloé! » la voix de Sebastian claqua dans la pièce.
« Quoi Bass? J'ai pas le droit de savoir? »
« Non, t'inquiètes, il est un peu à cran depuis qu'il a rencontré son prince charmant mais que le gars l'a pas rappelé. »
« Jeff, arrêtes tes bêtises! Vous êtes tous contre moi ce soir ou bien? »
« Il était déjà tendu depuis le fiasco avec Blaine de toute façon. »
« Blaine? »
« L'ancien solliste des Warblers qui a change de lycée pour rejoindre son petit ami Kurt. Sebastian a essayé de le draguer, mais ils sont bien accrochés les piou-pious, donc il s'est prit un râteau. »
« Trent, tu vas pas t'y mettre aussi! Je suis célibataire et je vais bien merci! Fin de la discussion. On peut passer à autre chose? »
« Oui, ouvrir tes cadeaux par exemple. »
Les yeux de Sebastian se posèrent sur la table basse à côté de l'ordinateur où il y avait quatre paquets cadeaux auxquels il n'avait pas prêté attention.
Le premier était un peu plus grand qu'une feuille de papier, de l'épaisseur d'un livre de poche, emballé dans du papier doré, noyé sous une profusion de bolduc argenté.
Le deuxième était plus petit, rectangulaire aussi, entouré d'un papier coloré, un peu éraflé par endroits.
Le troisième était un petit sac en papier glacé blanc, fermé par un ruban vert amande.
Le dernier était une simple boîte allongée comme celles que les bijoutiers donnent quand ils vendent un bracelet.
« Heu... Je vois bien d'où viennent ces deux là, mais les deux autres... » il dit en montrant les deux premiers paquets.
David prit un air faussement indigné.
« Est-ce qu'il est en train d'insinuer qu'on se seraient invités sans ramener de cadeau? »
« Je crois bien oui. Avec tout le mal qu'on s'est donné! »
« OK, OK, j'ai compris, vous avez cassé vos tirelires pour m'offrir deux cadeaux. »
« Oulà, du calme, quand même pas, pour qui tu te prends? »
La porte communiquant entre le salon et la cuisine s'ouvrit et Lucía entra avec un gâteau.
« J'espères que vous m'avez attendu pour ouvrir les cadeaux. »
« Il a fallut qu'on retienne Chloé, ça a été le plus dur. »
« Nick, je suis peut-être à 10 000km, mais mes oreilles fonctionnent très bien et je t'ai entendu! »
Lucía posa le gâteau sur la table basse qui commençait à être bien occupée. Puis elle fit le tour du canapé et se pencha au dessus des garçons pour être dans le champ de la caméra.
« Bonjour Chloé. »
« Bonjour Lucía. Bon, on est tous là maintenant? On peut y aller? Enfin, si Nick ne me trouve pas trop pressée. »
« Il est quelle heure chez toi beauté? »
« Nick, si tu veux draguer ma soeur, tu peux faire ça un autre jour? Quand je suis pas là par exemple! »
Sebastian coupa les conversations en attrapant le paquet coloré et l'ouvrit. Un large sourire se dessina sur ses lèvres quand il découvrit une édition en anglais et illustrée par l'auteur du Petit Prince de Saint-Exupéry. Il ouvrit le livre, sur la première page, il y avait une dédicace : On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Ta petite soeur à qui tu manques. Nick lut la phrase par dessus l'épaule de Sebastian.
« Ca veut dire quoi? Je suis pas très bon en français. »
« Ca veut dire qu'en amour, il ne faut pas s'arrêter aux apparences. Pas qu'en amour d'ailleurs. »
David, qui était du côté opposé aux cadeaux tenta de se pencher pour récupérer leur paquet en disant « Tu devrais peut-être pas ouvrir le notre en fait, on ira le changer... »
« Pas moyen » dit Sebastian en attrappant le petit sac blanc avant que quelqu'un ai le temps de le subtiliser.
« Comment tu as su que c'était celui là? »
« J'avais une chance sur deux. »
« Sur trois. » corrigea Trent.
« Sur deux. Je sais très bien d'où vient celui ci. » lâcha Sebastian en montrant le paquet doré.
Il dénoua le ruban vert et ouvrit le petit sac. Il plongeat la main dedans et en tira un tube de lubrifiant apparemment aromatisé à la cerise.
« On s'est dit que ça pourrait te servir si jamais Mr Mystère se décide à se manifester. Ou sinon, tu peux toujours l'utiliser tout seul en pensant à lui. »
« Wow! Trop d'informations Jeff, beaucoup trop d'informations. Je veux pas imaginer ça! » s'écria Chloé.
« Parce que c'est avec un homme? »
« Parce que c'est mon frère. Il couche avec qui il veut mais je veux pas les détails. Bon, si tu tiens à me raconter la tienne, c'est pas pareil. »
« OK, je veux pas savoir ça non plus. Il est de qui celui là du coup? » demanda Sebastian en attrapant la boîte.
« Lucía idiot. » lancèrent en choeur les quatre Warblers.
« Lucía mais... »
« Ouvre avant de parler. »
Il ouvrit lentement la boîte, gêné à l'idée que l'employée de maison ai dépensé une partie de son maigre salaire dans un bijou onéreux. Mais alors, il découvrit un bracelet fait de fils de coton tressés, formant des motifs noirs, blancs et gris.
« C'est un bracelet porte-bonheur. Tu dois faire un voeux quand on l'attache et ensuite, tu dois le garder jusqu'à ce que l'usure le fasse tomber de lui même. Et ce jour là, le voeux se réalisera. »
Elle fit le tour du canapé, s'agenouilla à côté de lui. Elle prit le bracelet dans une main et son poignet dans l'autre. Elle passa le bracelet autours de son poignet.
« Tu es prêt à faire ton voeux? »
Sebastian hocha la tête. Elle fit trois noeuds pour maintenir le bracelet en place.
« Voilà, maintenant tu reprends ta vie normalement et tu laisses le temps faire. »
« Y a pas à dire, il craint notre cadeau les gars. » se plaignit Trent.
« Vous vous êtes pas mal débrouillés sachant que vous saviez rien i peine 10h et que vous avez eu cours quasiment tout le temps entre temps. » rigola Chloé. « Bon, je m'amuse follement mais là je vais vous laisser, je rêve de m'écrouler dans mon lit. »
« Fais de beaux rêves petite soeur. »
« Je peux t'envoyer une photo si ça peut aider. »
« Nick, tu monte un étage, tu trouve une douche, t'ouvres l'eau froide et tu te mets dessous s'il te plait! »
« Oh, ça va, je plaisantais. »
« Bonne soirée tout le monde. Bye. » dit Chloé avant de se déconnecter.
Ils mangèrent le gâteau en parlant de tout et de rien. Et quand ils furent tous partis à 19h, personne n'avait songé à remarquer qu'il restait un paquet à ouvrir. Pour le plus grand soulagement de Sebastian qui n'était pas pressé d'ouvrir ce paquet là et surtout pas en public.
Il jeta un coup d'oeil à son portable mais il n'avait pas choisi ces quelques heures d'inattention pour sonner. Il ne savait pas trop quel appel il attendait en fait. Ni ce jour là, ni depuis deux semaines. Il attrapa ses cadeaux et monta dans sa chambre.
Il posa le livre sur sa table de nuit pour le lire (ou plutôt le relire) bientôt. Il plaça le tube de lubrifiant dans un des tiroirs de son bureau en souriant de l'idée farfelue de ses camarades de chorale et il jeta le dernier paquet sur son lit sans l'ouvrir.
Un nouveau coup d'oeil à son portable lui apprit deux choses : il était 19h30 et non, personne n'avait essayé de le joindre depuis la dernière fois qu'il avait vérifié. Il desserra la cravate de son uniforme et déboutonne sa chemise. La soirée promettait d'être longue et solitaire.
Alors il enleva son uniforme et se changea. Il passa les deux heures suivantes à conduire jusqu'à Lima pour se retrouver au Scandals, sans trop savoir ce qu'il venait y chercher.
Il eut plusieurs propositions. Il n'était pas dupe, cet endroit était le seul bar gay de la région, il attirait bon nombre de pervers et de désespérés avides de chair fraîche. Et il avait beau faire le malin devant ses camarades dans la vraie vie, se faire baiser vite fait dans les toilettes de ce bouge par un quinquagénaire marié, ça n'était pas exactement ce qu'il voulait. Alors il refusa poliment mais fermement les verres qui lui étaient proposés, se contentant de profiter de la musique pour danser.
Il accepta un verre malgré tout. Un homme d'environ 25 ans, un certain Carlos. Le prénom le fit sourire, lui rappelant l'infirmière et le standardiste qu'il avait rencontré quand il avait rendu visite à Dave à l'hôpital. Le garçon était plutôt pas mal, pourquoi ne pas lui donner une chance. Ils discutèrent amicalement, dansèrent un peu ensemble. Mais au moment de se séparer, aucun des deux ne songea à proposer qu'ils échangent leurs numéros.
Sebastian rentra chez lui, un peu maussade, se traîna jusqu'à sa chambre, s'allongea sur son lit, écrasant le paquet cadeau qu'il avait oublié avoir mis là. Il se souleva un peu, le tira de sous lui et le jeta dans un coin de la pièce.
Il tira son portable de sa poche. Deux heures du matin. Pas d'appel manqué. Pas de SMS non lu. Il le posa sur la table de nuit, à côté du Petit Prince. Il ferma les yeux mais le sommeil le fuyait. Il se releva, alluma son ordinateur, alla dans la salle de bain pour se déshabiller et revint devant son ordinateur vêtu seulement de son boxer. Il lança Internet, sa page Facebook s'ouvrit automatiquement. Il regarda distraitement ce qu'il y avait de nouveau. Pas grand chose d'autre que des status et des commentaires de quatre Warblers à propos d'une rencontre avec une charmante française et d'une bonne soirée avec un ami et un gâteau. Rien qui ne fasse venir le sommeil.
Il ouvrit une nouvelle fenêtre pour se connecter à un site de vidéos et en lança une au hasard. Devant les images plus que suggestives, il commença rapidement à se sentir à l'étroit dans son boxer. Il l'enleva et sans autre préambule, il prit son sexe tendu en main. Il fit quelques vas et viens un peu inconfortables. Il ouvrit le tiroir de son bureau, en sortit le tube de lubrifiant à la cerise, haussa les épaules et en versa une petite quantité dans sa main. Il reprit ses vas et viens lentement avec un petit soupir à la sensation plus confortable. Peu à peu il accéléra ses mouvements, accentuant la pression de ses doigts. Il ne fallut que quelques minutes pour qu'il se libère, déversant plusieurs jets de sperme sur ses doigts et son ventre.
Il prit un mouchoir en papier dans la boîte posée sur son bureau pour s'essuyer, le roula en boule et le jeta dans sa corbeille à papier. Il remit son boxer en place. Mais le sommeil ne semblait toujours pas prêt à le visiter.
Sur une impulsion, il rouvrit sa page Facebook et dans la barre de recherche, il tapa David Karofsky.
Il n'aurait sans doute pas dû. Il n'était pas préparé à voir ça. Tous ces commentaires de haine.
- On se rince bien l'oeil sous les douches pédale?
- Les PD comme toi ont rien à faire dans l'équipe de foot, auditionne pour les cheerleaders
- Me parle plus jamais sale homo, oublie qu'on a été ''amis''
- Comment tu peux faire ça à tes parents, ils doivent avoir honte de toi
- Même pas foutu de réussir à te tuer. Essaye encore.
- Sale PD
- Débarrasse nous de ta présence tapette, vas brûler en enfer
- Fais toi une fille, tu guériras
- Tâche de pas te rater la prochaine fois
- T'arrives encore à t'asseoir? Tu ressemble tellement à rien que même les dégénérés de ton espèce veulent pas de ton cul?
- Retourne dans ton placard l'homo [3]
Sebastian se sentit mal. Il courut jusqu'à la salle de bain et n'eût même pas le temps de tomber à genoux devant les toilettes que son ventre se contractait, envoyant un flot de bile acide à travers sa gorge. Il regretta immédiatement de n'avoir rien ingurgité de solide depuis son gâteau d'anniversaire. Les phrases tournaient dans sa tête et son estomac les rejetait une à une.
Il finit par s'écrouler sur le tapis de la salle de bain, replié sur lui-même. Le ventre tendu, la gorge en feu, le coeur faisant la course dans sa poitrine, le visage baigné de larmes, une batterie raisonnant dans son crâne. Il resta là longtemps, incapable de bouger, roulé en boule, tremblant de froid, pleurant de rage. Il s'endormit là, épuisé.
Il se réveilla vers 5h du matin, se traîna jusqu'à son lit où il s'écroula, roulé sous la couette. Il se rendormit instantanément.
[1] C'est ici qu'on commence à faire semblant de croire que l'ensemble de cette histoire se passe aux Etats-Unis et dans la langue de Shakespeare. Et donc, à partir de maintenant, quand une partie de dialogue est écrite en gras, c'est que mon personnage parle vraiment en français exceptionnellement. Ca va, j'ai perdu personne? Et s'il y a des mots dans une autre langue, c'est qu'ils les ont dits dans cette autre langue et c'est plus simple d'un coup.
[2] Et donc pendant ce temps là, il est tout nu, d'où le rating M. OK, ça ne fait rire que moi, je sors... Oui, non, en fait, je vais rester pour la suite de l'histoire quand même.
[3] L'auteur tient à préciser que ces commentaires ne sont absolument pas le reflet de ses pensées, bien au contraire. D'ailleurs, à la fin de ce texte, elle va devoir faire une cure de chocolat pour ne pas déprimer d'avoir pondu ces horreurs. Renforcée par une cure de pain et fromage (chacun ses addictions hein!) pour avoir lu le compte twitter d'un... je n'ai pas de mot pour ça... pour trouver de 'l'inspiration'. C'est que ça me viens vraiment pas naturellement si vous voulez savoir.
