Disclaimer : Mes efforts sont vains, Glee ne m'appartient toujours pas.

Je sais que vous m'en voulez sûrement encore mais est-ce que vous pouvez me suivre encore juste un peu ? Je vous promets que ça va s'arranger d'ici un ou deux chapitres et ce jour là, j'ai le sentiment que vous allez m'adorer. Ayez juste confiance en moi encore un peu.


Dans les chapitres précédents
Dave et Sebastian ont finalement sympathisé après la tentative de suicide de Dave.
On a rencontré la tante de Dave chez qui il a passé la fin de ses années de lycées, la sœur de Sebastian qui vit en France et leur père qui n'a sûrement pas reçu le mug du meilleur papa du monde pour la fête des pères.
Ils sont maintenant tous les deux à l'université à Chicago mais ils ne se voient plus depuis que Dave est sorti avec Logan qui leur a demandé de couper les ponts avant de quitter son petit ami à peine une semaine plus tard.
Ils ont donc passé les fêtes de fin d'année chacun de leur côté.
Dave en a profité pour rencontrer Colin, le nouveau petit ami de Blaine et passer une soirée avec Jenny qu'il avait rencontrée en arrivant à Chicago mais avec qui il n'avait pas passé tant de temps que ça tant qu'il était avec Logan.
De son côté, Sebastian a rencontré Lisa, la fille d'un collègue de son père qui s'est installée chez lui pour la fin de l'année. Et ils ont rencontré Tyler qui a embrassé Sebastian pour entrer dans la nouvelle année.
Ils ont tous les deux pensé à reprendre contact l'un avec l'autre à plusieurs reprises mais ils n'ont pas osé.


Dave se sentait perdu.

Depuis presque trois mois, il s'était éloigné de Sebastian et il le regrettait. Il lui manquait à chaque fois qu'il avait une bonne nouvelle à annoncer, il lui manquait à chaque fois qu'il avait le blues, il lui manquait à chaque fois qu'il regardait une télé réalité débile et qu'il n'avait personne avec qui en rire, il lui manquait à chaque fois qu'il allait à un match. Il lui avait manqué plus que tout quand Logan était parti et qu'il n'avait eu personne vers qui se tourner pour surmonter la douleur de la rupture. Bien sûr, il y avait bien Blaine qu'il avait eu au téléphone. Mais Blaine était à New-York, avec Colin, et il aurait eu besoin de quelqu'un pour débarquer chez lui avec un pot de crème glacée de chez Paciugo [1] et regarder avec lui une comédie romantique en lui disant à quel point Logan était bête de l'avoir laissé filer et que lui aussi trouverait le garçon avec qui vivre tout ça jusqu'à la fin de ses jours.

Kurt aussi avait été là, de New-York lui aussi et il lui avait conseillé de retourner voir Sebastian. Mais il n'osait pas. Comment est-ce qu'il pourrait retourner vers celui qu'il avait chassé de sa vie juste parce que celui qui l'avait exigé de lui était parti ? Comment est-ce qu'il pourrait se faire pardonner d'avoir été aussi égoïste ? Depuis trois mois, il marchait presque comme un robot. Il allait en cours, rentrait le soir dans sa chambre d'étudiant minuscule pour y retrouver son colocataire homophobe et passait ses week-ends à pleurer seul dans sa chambre quand son colocataire retournait voir sa famille ou sa petite amie.

Ce premier samedi du mois de mars, il se décida à sortir. Il n'y avait plus de glace dans le congélateur. Il enfila un vieux jean, un tee-shirt et un sweat à capuche et sorti. Il aurait pu se contenter d'aller acheter un pot de glace à l'épicerie la plus proche mais à la place, sans trop savoir ce qui le poussait à faire ça, il prit le métro pour aller au Paciugo de Lincoln Square [2] qui n'était pourtant pas le plus accessible en métro depuis Loyola.

Il se mit à pleuvoir peu de temps avant qu'il n'entre dans la bouche de métro, mais il ne changea pas d'avis pour autant. Quand il arriva devant la vitrine, il se stoppa net. Il était là. Dans la file d'attente, plus séduisant que jamais, Sebastian riait avec une jeune fille. La pluie continuait à lui tomber dessus, trempant son sweat, mais il restait figé, ne sachant plus quoi faire. Il resta là sans bouger à regarder Sebastian derrière la vitre, le regarder rire, le regarder bouger.

Il voulait bouger, s'enfuir, laisser Sebastian continuer sa vie sans lui. Mais c'était comme si son corps entier refusait de lui obéir, il ne pouvait simplement pas bouger malgré la pluie glacée qui traversait ses vêtements. Il voyait Sebastian à travers la vitre, avancer inexorablement vers le comptoir alors que d'autres clients sortaient et passaient devant lui en se demandant ce qu'il pouvait bien faire, planté comme ça sous la pluie.

Il n'avait toujours pas bougé quand les deux amis sortirent de la boutique. Leurs yeux se croisèrent et Sebastian se figea face à lui, une expression indéchiffrable sur le visage.

« Pooky ? » murmura-t-il sans trop croire à ce qu'il voyait.

Il n'avait pas vu celui qu'il considérait comme son meilleur ami depuis près de trois mois. Et dire qu'il lui avait manqué était bien en dessous de la vérité. Sebastian était quasiment l'ombre de lui-même depuis ce jour où Dave lui avait annoncé que pour sauver son couple il devait ne plus le voir.

Et quand il commençait tout juste à s'en sortir, à oublier, voilà que Dave refaisait son apparition. Ils restèrent sans bouger, sans parler, à se regarder dans les yeux plusieurs secondes. La pluie continuant à battre contre leurs visages tristes.

Lisa comprit instantanément ce qu'il se passait, après toutes ces discussions le soir autours d'un verre avec Sebastian. Elle prit délicatement les boîtes de glace des mains de son ami en soufflant un petit « Je m'occupe de ça. » et disparut en direction du loft qu'ils partageaient depuis un peu plus de deux mois.

« Tu devrais rejoindre ta petite amie. » dit Dave un peu amère.

« C'est pas ma petite amie, je suis gay, tu te rappelle. Toi, Logan doit t'attendre. » répondit Sebastian tentant de cacher tant bien que mal son irritation.

« On a rompu. » souffla Dave en baissant les yeux.

« Tu me manques. » murmurèrent-ils en même temps.

« Je suis désolé. Tout est de ma faute. J'ai pris la pire décision de ma vie et je sais que je t'ai fait du mal. Je sais bien que tu ne pourras jamais me pardonner pour ce que j'ai fait. Pour rien en plus, il est parti une semaine après. Même sans que tu sois là, il ne pouvait pas se sortir sa jalousie débile de la tête. Et je sais que j'ai aucune chance que tu accepte qu'on redevienne amis mais tu m'as manqué, tu me manques, je sais pas comment je vais pouvoir continuer sans t'avoir près de moi. Je sais pas comment je faisais avant… » perdu dans son monologue, les yeux au sol, Dave n'avait pas vu Sebastian s'avancer vers lui et il fut surpris quand une main se glissa sous son menton pour lui faire relever la tête et rencontrer les yeux de l'autre étudiant.

« Je te pardonne. Tu es trempé, tu vas prendre froid. Viens. »

Sebastian glissa sa main dans celle de Dave et le tira doucement à sa suite, prenant la direction de son appartement. Dave ne protesta pas et le suivi docilement. Arrivés à destination, ils n'eurent pas besoin de chercher les clés pour entrer, Lisa avait déjà ouvert et elle était encore debout près de la porte comme si elle les attendait.

« Bonjour, tu dois être David. » dit-elle en tendant la main à Dave qui la serra mollement. « Contente de te rencontrer, moi c'est Lisa. Sebastian me prête son canapé en attendant que j'ai une chambre à la fac. »

« Bonjour Lisa. » répondit Dave d'une petite voix.

« J'ai appelé Tyler. » dit Lisa en montrant son portable comme si c'était une preuve. « Je vais dormir chez lui cette nuit, comme ça le canapé est libre pour toi. »

« Non, mais tu peux rester. » protesta Dave.

« Me casse pas mon coup, pour une fois que j'ai une bonne raison pour demander asile à Tyler pour une nuit. » répondit Lisa d'un air enjoué avant de sortir de l'appartement.

Sebastian lui chuchota un merci quand elle passa à côté de lui, sa main toujours accrochée à celle de Dave, comme s'il refusait de le lâcher maintenant qu'il l'avait retrouvé. Sans dire un mot, il entraîna son ami jusqu'à sa chambre et continua dans le dressing. Il prit un tee-shirt vert décoré d'une Tour Eiffel.

« Tu lui a manqué aussi. » murmura Sebastian avant de prendre aussi un short noir sur la même étagère.

Il emmena ensuite Dave à sa salle de bain, posa les vêtements sur le bord du lavabo, sortit une serviette qu'il posa sur le tas de vêtements.

« Je te laisse te changer. Tu peux prendre une douche. Tu devrais en fait, pour te réchauffer. Tu connais le chemin pour ressortir. »

Dave hocha la tête et Sebastian sortit, refermant la porte derrière lui. Il s'assit sur son lit, face à la porte de la salle de bain, hésitant entre sourire parce que Dave était revenu dans sa vie et pleurer parce qu'il n'avait pas l'air d'aller bien du tout. Il se frotta le visage dans les mains, attendant que Dave ressorte de la salle de bain. Il écoutait l'eau couler dans la pièce à côté. Trouvant le temps long, même si seulement quelques minutes s'étaient écoulées, il tua le temps en se changeant lui aussi, enfilant un pantalon de jogging et un débardeur et repris exactement la même place, face à la porte par laquelle Dave sortirait.

Il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine en voyant son ami sortir, remarquant finalement dans la lumière de la chambre, à quel point Dave semblait fatigué et abattu. Il se leva et se jeta sur l'autre garçon pour le serrer dans ses bras.

« Pourquoi tu es pas venu plus tôt ? Tu sais que tu peux toujours venir me parler. »

Dave fondit en larme.

« Je pouvais pas. Je me suis éloigné de toi pour sauver une relation que je pouvais pas sauver. Je t'ai mis de côté, je sais que je t'ai fait du mal et je pouvais pas revenir. Qu'est-ce que tu aurais pensé de moi ? Que je te laisse tomber sans hésitation et que je reviens te voir dès que j'ai des problèmes. »

« Hey, shhhh. Tu comptes trop pour moi pour que je pense ça. J'ai toujours voulu que tu sois heureux, la seule chose qui m'a empêché de craquer pendant tout ce temps, c'est que je pensais que tu étais heureux avec lui. Si j'avais su… »

« J'y croyais, j'y croyais tellement. Je me voyais rester longtemps avec lui. Sa jalousie a tout gâché. Je comprends pas pourquoi il nous a fait ça. »

Sebastian avait une main dans le dos de Dave et l'autre caressant distraitement les cheveux sur sa nuque.

« C'est un idiot. Il ne sait pas le diamant qu'il a laissé filer entre ses doigts. Il ne te méritait pas. »

« Mais alors quoi ? Qui me mérite ? Je vais finir tout seul, dans un appartement entouré de chat. »

« Non, bien sûr que non. Vous ne vous êtes pas encore trouvés mais je suis sûr que quelque part il y a un homme qui saura voir le garçon génial qui se cache là dedans. » dis Sebastian en déplaçant l'une de ses main sur le torse de Dave, là où battait son cœur. « Il aura pas d'autre choix que l'aimer et vouloir rester près de lui très longtemps pour le protéger et l'aimer. Tu le trouveras, tu verras. Et vous serez heureux ensemble jusqu'à la fin de vos jours. »

« Comment tu peux être aussi gentil avec moi alors que je t'ai fait autant de mal. »

« J'ai pas le choix, je t'aime. » laissa échapper Sebastian sans se rendre compte des mots qu'il venait d'utiliser. « Tu m'as pas fait autant de mal en partant avec lui que ce que je ressens maintenant de savoir que tu avais besoin de moi aussi longtemps et que tu n'osais pas venir me voir. »

Sebastian se mit à chanter doucement au creux de l'oreille de Dave.

Fais-moi une place
Au fond d' ton cœur
Pour que j' t'embrasse
Lorsque tu pleures
Je deviendrai
Tout fou, tout clown, gentil
Pour qu' tu souries

J' veux q' t'aies jamais mal
Q' t'aies jamais froid
Et tout m'est égal
Tout, à part toiJe t'aime

Fais-moi une place
Dans ton av'nir
Pour que j'ressasse
Moins mes souvenirs
Je s'rais jamais
Eteint hautain lointain
Pour qu'tu sois bien

J' veux pas q' tu t'ennuies
J' veux pas q' t'aies peur
J' voudrais q' tu oublies
L' goût du malheur
Je t'aime

« C'est joli mais tu sais que j'ai pas compris un mot de ce que tu viens de chanter ? »

« Je sais, ça n'a pas d'importance. Ce qui compte c'est que tu sois là et que tu ailles bien. »

« Je suis tellement désolé Scar, tellement désolé. Je voulais pas te faire de mal, j'ai pas réfléchi, j'aurais jamais dû te mettre de côté comme ça. »

« C'est oublié, tu es là maintenant Pooky. Tu as faim ? Tu veux quelque chose à manger ? A boire ? »

« Non, pas vraiment. » marmonna Dave contre l'épaule de Sebastian.

Le propriétaire des lieux conduisit son ami jusqu'à son lit, il dégagea la couette déjà en désordre de sur le dessus, du bout du pied et allongea l'autre garçon comme il l'aurait fait s'il s'était agit d'un enfant. Il s'installa à côté de lui et remonta les couvertures sur eux.

« J'ai peur Scar. Peur de m'endormir et de me réveiller en réalisant que j'ai rêvé, que tu es pas réel, que tu es pas à côté de moi. Peur de réaliser que j'ai vraiment tout gâché entre nous, que j'ai choisi ce crétin plutôt que le meilleur ami que j'ai jamais eu et qu'il ne soit vraiment pas possible de réparer ça. »

« Hey, y a rien à réparer parce que ça n'a jamais été cassé. » Sebastian se tourna vers Dave et posa une main sur son torse, contre son cœur. « Je suis là, et je te jure que je ne vais nulle part. Je serai encore là quand tu te réveilleras. »

« Promis ? »

« Promis. »

Dave se tourna sur le côté et ils se retrouvèrent face à face. Il prit la main de Sebastian et se mit à faire de petit cercle sur l'intérieur de son poignet avec son pouce.

« Tu te souviens ? Je faisais ça quand tu venais dormir chez Sarah. Tu t'endormais tout seul dans le canapé mais je finissais toujours par te retrouver au milieu de la nuit trempé de sueur, agité et criant dans ton sommeil. Au début, je te réveillais pour te sortir de ton cauchemar et je sais pas trop pourquoi j'ai commencé à faire ça, mais ça te calmais et tu te rendormais. Après, je te réveillais plus, je prenais juste ton poignet comme ça et tu finissais par te calmer quand même. »

« Je me souviens oui. » répondit Sebastian en glissant sa main libre dans le cou de Dave pour lui caresser la nuque. « Je me suis toujours demandé comment Sarah pouvait continuer à me laisser dormir chez vous alors qu'à chaque fois, elle nous retrouvait dans le même lit. »

« Elle t'aime bien. Tu as toujours été poli, tu aidais autant que tu pouvais et tu ne t'es jamais baladé à poil dans le salon. » dit Dave dans un chuchotement. « Et en plus, elle a bien vu que la fameuse boîte de préservatifs de la salle de bain n'a jamais été entamée quand tu étais là. » ajouta-t-il en riant.

« Oh, c'est malin ça. »

« Avec toi, elle aurait eu des raisons de s'en inquiéter. »

« Je crois savoir que c'était surtout pour toi qu'elle les avait. »

« Ah ça, ce qui est sûr, c'est que c'était pas pour son usage personnel qu'elle les avait. » dit Dave en souriant.

« J'aime mieux te voir comme ça. » murmura Sebastian avec un grand sourire aux lèvres.

Sans l'avoir vraiment prémédité, Sebastian se rapprocha et appuya doucement ses lèvres contre celles de Dave. Fermant les yeux et savourant l'instant qui ne dura que quelques secondes, juste une pression de ses lèvres. Puis il se recula, presque paniqué.

« Je… pardon, je suis désolé. Je sais pas ce qui… Oh bon sang, mais qu'est-ce que j'ai dans la tête ? »

Sa divagation fut coupée par les lèvres de Dave qui se posaient à leur tour sur les siennes, il poussa un petit soupir de surprise mais se laissa aller rapidement à répondre au baiser. Leurs lèvres s'entrouvrirent presque en même temps, laissant leurs souffles se mélanger. Rapidement, Sebastian sentit la langue de Dave caresser ses lèvres, avançant timidement, comme pour demander l'accès à sa bouche. Il laissa échapper un petit soupir, se servant de sa main sur la nuque de Dave pour le rapprocher et ouvrant un peu plus la bouche pour laisser la langue de Dave entrer.

Il sentit comme une décharge dans tout son corps quand leurs langues se frôlèrent pour la première fois. Leurs deux langues remuèrent l'une contre l'autre avec douceur, s'apprivoisant lentement. Soudain, alors qu'ils étaient l'un contre l'autre, Sebastian eut l'impression d'être beaucoup trop loin, il passa une de ses jambes entre celles de Dave et l'autre au dessus, emmêlant leurs deux corps.

Ils durent finalement séparer leurs lèvres à regret pour reprendre leur souffle. Mais très vite, Sebastian se rapprocha à nouveau, attrapant la lèvre inférieure de Dave et l'aspirant avec gourmandise. Il ne réalisa à quel point tout ça l'avait excité que quand Dave donna un petit coup de rein involontaire et qu'il sentit l'érection de son ami se frotter contre sa hanche.

« Pardon, pardon, je voulais pas… » s'excusa Dave, gêné.

En guise de réponse, Sebastian donna à son tour un petit coup de rein, faisant glisser sa propre érection contre la cuisse de Dave. Il n'aurait jamais cru sans l'avoir expérimenté que ce simple geste pourrait lui procurer plus de plaisir que sa main expérimentée quand il se masturbait seul dans sa chambre. Il donna un nouveau coup de hanches, un peu plus appuyé qui apporta une plus grande friction à leurs deux sexes tendus.

Il fit doucement basculer Dave sur le dos, s'installant entre ses cuisses, les mains de chaque côté de son visage pour se maintenir et pressa leurs érections ensembles entre leurs corps. Un gémissement s'échappa des lèvres de Dave. Ils se mirent à bouger ensembles, leurs hanches ondulant dans un rythme lent. Sebastian posa ses lèvres dans le cou de Dave aspirant et mordillant la peau délicate sous sa langue. Les petits gémissements s'échappant des lèvres du garçon en dessous de lui agissant directement sur sa propre excitation.

« Oh, Scar… il… il faut que… tu arrête… je… je vais… Oh… Ah ! »

Sebastian redoubla d'ardeur à ces mots, se pressant plus fort encore contre Dave, il décala ses lèvres, juste assez pour les approcher de l'oreille de son amant, la mordillant doucement.

« Oui Pooky, jouis pour moi. Laisse toi aller. » murmura-t-il au creux de son oreille.

Les mains de Dave qui caressaient chastement son dos descendirent alors pour se poser sur ses fesses, l'attirant encore plus près, leurs hanches accélérant sensiblement. Et alors qu'un long gémissement parvenait aux oreilles de Sebastian, il sentit le corps en dessous de lui pris de tremblements. Il ne lui en fallut pas plus pour à son tour se laisser aller dans un soupir et jouir dans son pantalon comme un adolescent.

Et après tout, c'était ce qu'il était. A la veille de son dix-neuvième anniversaire, il venait d'effacer sa seule expérience sexuelle ratée en jouissant pour la première fois de sa vie dans les bras d'un autre homme. Mieux encore, un homme qu'il aimait de tout son cœur, même s'il ne se l'était jamais avoué jusque là.

Dave était pratiquement dans le même état. Il se demandait comment il avait pu croire que Logan pouvait être le bon pour lui. Ils avaient eu des relations sexuelles ensemble bien plus intimes que ce qu'il venait de partager avec Sebastian et pourtant, il se sentait beaucoup plus proche de l'homme qui reprenait son souffle la tête posée contre son épaule que ça n'avait été le cas avec Logan. Les mots échappèrent ses lèvres sans qu'il y pense.

« Moi aussi je t'aime. »

« Comment ça toi aussi ? » demanda Sebastian en se soulevant légèrement pour ne plus être sur Dave mais à côté de lui, pelotonné contre lui, une main sur son torse.

« Tout à l'heure, tu as dit que tu étais obligé de me pardonner parce que tu m'aime. Et moi aussi, je t'aime. Je t'aime tellement que ça fait mal de penser que je nous ai fait perdre tout ce temps. »

« Oh, j'ai dit ça ? » demanda Sebastian en fouillant sa mémoire et se souvenant soudain du moment où les mots lui avaient échappés. « Oh, oh oui, je l'ai dit. » dit-il avec un sourire, pensant même qu'il l'avait dit plus d'une fois, si on comptait la chanson.

« Tu l'as dit oui. Tu veux le retirer maintenant peut-être. »

« Non, pas du tout. »

Ils restèrent silencieux quelques minutes, dans un silence confortable uniquement rempli de leurs respirations qui reprenait peu à peu un rythme lent. Sebastian fini par briser le silence, à voix basse comme pour ne pas rompre le charme de l'instant.

« C'est ça alors qu'ils appellent 'faire l'amour' ? Je comprends mieux pourquoi ils en font tout un plat. »

« Je crois qu'ils diraient que non parce qu'il n'y a pas eu pénétration, mais je pense qu'ils n'y connaissent rien. » répondit Dave en riant, posant sa main sur sa poitrine à côté de celle de Sebastian. « Je t'aime, je me fiche qu'ils appellent ça comme ça ou pas, j'ai fait l'amour avec toi. »

Sebastian ne dit rien, se sentant incapable d'encore une fois dire ces mots à voix hautes. Il se contenta de poser sa main sur celle de Dave et de la serrer doucement, comme une preuve silencieuse de ce qu'il ressentait.

Ils s'endormirent comme ça, trop heureux d'être dans les bras de l'autre pour que l'un pense à se lever pour nettoyer le désordre dans leurs pantalons. Ils le regretteraient sans doute à leur réveil, mais à ce moment précis, ils ne voulaient surtout pas se séparer, même pour seulement quelques secondes.

Quand il se réveilla un peu plus tard dans l'après-midi, Sebastian se retourna dans le lit, mais il était seul. Il soupira, laissant courir ses doigts sur les draps froids à côté de lui, agrippa l'oreiller qui avait servi à Dave contre lui et y plongea le visage, inspirant l'odeur de l'autre garçon qui lui avait tellement manqué et qui était reparti aussi vite qu'il était revenu. Il étouffa un sanglot, pensant que rapidement, l'odeur aurait disparu de l'oreiller et qu'il serait à nouveau seul, comme il l'avait été les quatre derniers mois.

Plus seul encore maintenant qu'il avait réalisé, s'était enfin avoué à lui-même qu'il était tombé désespérément amoureux de Dave. Il se roula légèrement et grimaça d'inconfort, se souvenant soudain qu'il portait toujours le même pantalon. Il se leva et alla prendre une douche, retenant tant bien que mal les larmes qui menaçaient de couler.

Il se sécha rapidement, enfila un boxer propre, juste au cas où Lisa changerait d'avis et rentrerait. Il allait retourner à son lit et se rouler en boule autours de son oreiller mais un bruit dans l'autre pièce attira son attention. Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit, se figeant devant le spectacle qui s'offrait à lui. Dave, portant toujours le tee-shirt qu'il lui avait prêté mais ayant échangé le short de Sebastian contre son boxer qui avait dû sécher entre-temps et en train de faire cuire dieu sait quoi sur les plaques de cuisson de la cuisine.

« Hé, ma Belle au Bois Dormant, tu as réussi à te reposer ? » demanda Dave, qui avait entendu la porte s'ouvrir, sans se retourner de sa tâche.

« Tu es pas parti ? » demanda Sebastian d'un ton neutre.

« Heu… Non, tu aurais voulu que je parte ? »

Sebastian parcourut les quelques mètres qui les séparaient au pas de courses et enlaça Dave en se collant contre son dos, son menton appuyé sur l'épaule de son petit-ami. C'est bien ce qu'ils étaient maintenant non ? Ils n'en avaient pas parlé, mais quel autre mot aurait pu convenir ?

« Non, surtout pas. J'ai cru que tu étais parti sans rien dire, j'ai eu peur. »

« Tu crois que je serais parti alors que je viens à peine de t'avouer que je t'aime ? »

« Je sais pas, je crois que je réalise pas encore. »

« J'avais juste faim finalement, et tu dormais si bien, j'ai pas voulu te réveiller. J'ai pris une douche et je suis venu me préparer une omelette au fromage. Tu en veux ? J'en ai fait assez pour deux. »

Sebastian hocha la tête, frottant sa joue contre celle de Dave du même coup.

« Tu peux sortir deux assiettes ? »

« Non, je serais obligé de te lâcher pour faire ça. » se lamenta Sebastian.

« Tu peux me lâcher, je vais pas m'envoler, promis. »

« Promis ? »

« Promis. » répondit Dave avec un grand sourire.

Sebastian se détacha à regret de son… petit-ami (?) le temps de sortir deux assiettes et revint se coller contre Dave, une assiette dans chaque main, les bras passés autours de lui. Dave reposa la poêle et pris les assiettes des mains de Sebastian pour les poser sur le plan de travail. Il reprit la poêle et versa une moitié de l'omelette dans chaque assiette. Puis il se retourna dans les bras de Sebastian, posa ses mains sur ses joues et lui sourit.

« Est-ce que tu sais depuis combien de temps je n'ai pas embrassé mon petit-ami ? »

« Ah mince, tu as un petit-ami ? » demanda Sebastian, feignant l'ennui.

« Vu ce qu'on a fait il y a quelques heures, c'est un peu le titre que je comptais te donner. Enfin… si tu es d'accord bien sûr. » répondit Dave, l'air un peu incertain.

« Non, je ne sais pas depuis combien de temps tu n'as pas embrassé ton petit-ami. » dit Sebastian, un large sourire se dessinant sur ses lèvres.

« Je sais pas vraiment non plus, mais il me semble que c'était il y a beaucoup trop longtemps. »

« On devrait changer ça maintenant alors. » dit Sebastian, ses lèvres frôlant celle de son petit-ami.

D'accord, il y avait peut-être quelque chose d'un peu terrifiant à utiliser ce terme parce que la dernière fois que ça leur était arrivé, l'un comme l'autre, ça s'était plutôt mal terminé, mais là, à cet instant, ils n'y pensaient pas du tout quand leurs lèvres se scellèrent dans un baiser tendre.

« On devrait aller manger, ça va refroidir. » dit Dave en tentant de s'extraire des bras de son petit ami.

Sebastian se souvint soudainement de quelque chose et resserra son étreinte, l'air un peu ennuyé.

« Heu… oui… est-ce que… est-ce que tu peux te retourner… Je vais aller m'habiller un peu plus et heu… tu te retournes pas avant que j'ai fermé la porte de la chambre. »

« Quoi ? Pourquoi ? Tu as froid ? » demanda Dave en fronçant les sourcils.

« Non, c'est pas ça mais heu… s'il te plaît. »

« Hé, c'est quoi le problème ? Si je suis ton petit-ami, un jour où l'autre je te verrai bien moins habillé que ça. Enfin, j'espère. »

Sebastian se mordillait la lèvre inférieure sans desserrer son étreinte autours du corps du futur professeur. Il ne savait pas comment répondre à cet argument, il aurait voulu que ce ne soit pas vrai, pourtant Dave avait raison, un jour, il le verrait nu et Sebastian ne pouvait s'empêcher de penser que ce serait ce moment là qui lui enlèverait sa joie toute nouvelle de pouvoir appeler l'autre homme son petit ami.

Il connaissait trop bien le processus, les gens l'aimaient, ou en avaient l'air, jusqu'au jour où ils découvraient ses failles, ses imperfections. Il n'y avait que Chloé qui semblait l'accepter contre vents et marées. Et la plus grande de ses imperfections à ses yeux, il pouvait encore la cacher sous un tee-shirt. Mais ça ne durerait pas, il le savait, il le savait trop bien.

Dave le regarda dans les yeux avec un sourire rassurant, il passa doucement ses mains dans son dos pour desserrer les mains de Sebastian et se recula tout doucement sans lâcher les mains de l'étudiant en droit. Il prit le temps de laisser son regard descendre le long du torse de l'homme en face de lui. Il redoubla de concentration pour ne pas laisser paraître son choc quand ses yeux se posèrent sur ce qui expliquait sans doute la gêne subite de Sebastian.

Une longue cicatrice droite, partant de la ceinture de son boxer et remontant sur un côté de son ventre jusqu'à la naissance de ses côtes. Bien cicatrisée mais encore rose, prouvant qu'elle n'était pas tellement ancienne.

Dave avala lentement sa salive pour se reprendre et souffla quelques mots en se rapprochant doucement du visage de son petit ami.

« Tu es magnifique. Je ne vois vraiment pas pourquoi tu devrais aller t'habiller. Allez, viens manger avant que ça soit froid. »

Il prit les deux assiettes et deux fourchettes et se dirigea vers le salon.

« Tu peux amener des verres et de l'eau Scar ? » demanda Dave, réalisant à quel point le surnom qu'il avait donné à Sebastian était approprié.

Sebastian se figea, un peu surpris que son petit ami ait utilisé ce surnom comme avant, comme si rien n'avait changé alors qu'il venait de découvrir cette cicatrice qu'il détestait pour lui rappeler ce qu'il avait traversé. Il secoua la tête pour chasser ses pensées, prit une bouteille d'eau dans le frigo et deux verres et rejoignit Dave qui s'était installé comme à son habitude par terre devant le canapé, les assiettes posées sur la table basse. Il prit place sur le canapé, ses pieds de chaque côté de Dave qui était le dos appuyé contre les cousins.

Ils allumèrent la télé sur une chaîne aléatoire et mangèrent en silence, simplement heureux d'être ensemble. Quand il eut fini son assiette, Dave la reposa sur la table basse. Il hésita quelques secondes, puis se leva pour s'assoir à côté de Sebastian et lui prit la main.

« Je peux te poser une question ? » demanda-t-il presque dans un murmure.

« Tu veux dire une autre que celle-là ? » rétorqua Sebastian, jouant le jeu qu'ils avaient instauré peu de temps après leur rencontre même s'il savait qu'il n'allait sûrement pas aimer la question qui allait être posée.

« Viens par là. » dit Dave, attirant Sebastian avec lui, s'allongeant à moitié sur le canapé, son petit ami allongé sur lui le dos appuyé contre son torse.

Il passa ses bras autours de la taille de son jeune amant, effleura la cicatrice du bout des doigts, traçant ses contours, suivant sa ligne en remontant.

« Qu'est-ce qui t'es arrivé ? » demanda-t-il finalement tout contre l'oreille de Sebastian.

« C'est une longue histoire. »

« Rien ne t'oblige à me la raconter si tu ne veux pas, mais j'ai tout mon temps si tu veux en parler. »

Ils restèrent en silence quelques minutes, écoutant juste l'émission qui passait à la télé et qui ne les intéressait ni l'un ni l'autre. Sebastian débattant visiblement s'il allait raconter l'histoire de cette marque sur son ventre et Dave ne voulant pas pousser Sebastian à en parler s'il ne se sentait pas prêt. Finalement, Sebastian attrapa la télécommande posée sur la table basse et éteignit la télé. Il posa ses mains sur celles de son petit ami et se mit à parler.

« J'avais quinze ans. J'avais eu une mauvaise journée. J'étais arrivé en retard en cours parce que j'avais pas entendu mon réveil, le prof de ma première heure ne m'aimait pas tellement donc il en avait profité pour s'acharner sur moi pendant tout le cours, j'avais eu une mauvaise note à un devoir, je m'étais coupé au bout du doigt avec mon couteau à la cantine… Que des petites choses sans importance mais concentré sur une journée. Après les cours, un copain est venu chez moi pour qu'on révise ensemble. Il s'appelait Julien, enfin, il s'appelle toujours Julien. On était dans la même classe au lycée. »

Dave écoutait patiemment.

« Ca faisait un petit moment qu'on sentait bien qu'il y avait quelque chose entre nous qui n'était pas 'normal'. Ce soir là, je sais pas trop comment c'est arrivé, on s'est embrassés. Sur le canapé du salon, devant nos livres de cours ouverts. »

« C'était ton premier baiser ? » demanda Dave doucement.

« Oui. »

« Ca a l'air mieux que mon premier baiser forcé avec Kurt. » plaisanta Dave pour détendre un peu l'atmosphère.

« Ouais, c'était bien, c'était vraiment bien. C'était doux et chaud et tendre. C'était juste… pas le bon jour. On vivait avec Chloé et Marie, sa mère. Chloé était pas là, c'était un jeudi, ses parents l'avaient amenée à son cours de danse. Quand ils sont rentrés, ils sont tombés sur nous en train de nous embrasser. Marie n'a rien dit, je l'ai juste vu sourire et j'ai pensé que peut-être ça allait pas si mal se passer en fin de compte. Mais mon père, mon père lui, il s'est mis dans une colère noire. Il a hurlé des horreurs à Julien. Il disait qu'il était dégoûtant et qu'il n'avait pas le droit de toucher son fils. Julien, il… il le connaissait pas, il a essayé de se défendre, de dire qu'il m'avait pas forcé. Mais ça a rien changé. Il l'a mis à la porte mais il était pas calmé, du coup, il s'est retourné contre moi. Marie, je la voyais essayer de l'arrêter, de le calmer, mais elle pouvait rien faire. J'ai fini par aller me réfugier dans ma chambre. J'ai pleuré. Je sais pas vraiment combien de temps. Et j'avais mal partout. »

« Il… il t'avait frappé ? »

Sebastian secoua la tête de gauche à droite en guise de réponse et repris son récit.

« Je suis allé dans la salle de bain pour chercher des antidouleurs dans la pharmacie. J'en ai trouvé une boîte quasiment pleine. J'en ai pris un. Mais ça ne passait toujours pas. J'en ai repris un. Et puis un autre et encore un autre. Je m'en suis pas vraiment rendu compte que j'avais vidé la boîte beaucoup trop vite. »

« Tu… tu voulais mourir ? » ne put s'empêcher de demander Dave, un peu blessé à cette idée.

« Peut-être. Je sais pas trop. Je voulais juste que ça s'arrête, plus avoir mal comme ça. Après, c'est le trou noir, je sais que ce que Marie m'a raconté après. Ils sont allés chercher Chloé à son cours de danse. Elle venait toujours me voir après le cours de danse pour me raconter son cours. Elle est venue dans ma chambre et elle… elle m'a… »

Sebastian commença à pleurer et Dave le serra un peu plus fort contre lui, lui murmurant des mots doux à l'oreille et Sebastian réussit à continuer à travers ses larmes.

« Elle m'a trouvé allongé sur mon lit, endormi. Elle a essayé de me réveiller mais elle n'a pas pu. Elle a vu la boîte de médicaments et elle a compris. Elle a crié, pleuré, ils ont appelé les pompiers, on m'a amené à l'hôpital. J'ai eu un lavage d'estomac. Si j'avais voulu mourir, j'avais pas choisi les bons médicaments. Ca m'a pas tué. Mais j'en avais pris assez pour que ça bousille mes reins. J'ai dû faire des dialyses pour enlever de mon sang toutes les toxines que mes reins ne filtraient plus. Je devais aller à l'hôpital presque tous les jours. Ils on commencé à parler de transplantation, j'ai été mis sur les listes pour un donneur. Et puis les médecins ont commencé à parler d'un don de donneur vivant. Mon père a passé les tests mais il était pas compatible. Ma mère… on sait pas où elle est donc, elle ne risquait pas d'y faire quelque chose. Marie s'est proposé de passer les tests aussi même si y avait peu de chances qu'on soit compatible comme on n'a aucun lien de sang. Cette femme est extraordinaire, elle a été quasiment comme ma mère pendant des années. »

« Je suis sûr que ta mère l'aurait fait aussi si elle avait été là. »

« Mais elle y était pas. Chloé, elle avait treize ans. Mais elle voulait faire quelque chose si elle pouvait. Elle a eu vraiment peur ce jour là quand elle a compris ce qui s'était passé dans ma chambre et elle avait encore peur. Elle aimait vraiment pas l'hôpital mais elle insistait toujours pour être là à chaque fois que je devais y aller. Elle me tenait la main pendant que les machines faisaient leur travail et on parlait de tout et de rien. Elle a voulu passer les tests aussi. Tu la connais pas, mais quand elle veut, elle peut être très persuasive. Elle était mineure donc il fallait l'accord de ses parents. Elle a fini par les convaincre, elle a passé les tests et elle était compatible. Marie, je suis sûr qu'elle aurait préféré que non. Au moins, elle n'aurait pas eu à prendre la décision. Mon père, lui il s'en fichait, il disait que si elle voulait que sa fille risque sa vie pour son fils répugnant, c'était son problème et qu'il signerait ce qu'elle voulait. Comme ça, il avait pas à prendre la décision. »

Dave resserra doucement sa main sur celle de Sebastian en signe de soutien, écoutant toujours patiemment, des larmes commençant à rouler sur ses joues.

« Chloé a réussi à la convaincre, elle a dit que c'était pas la peine de lui laisser passer les tests si c'était pour la laisser rien faire si c'était possible. Marie a signé les papiers. Moi, j'ai pas vraiment eu le choix de toute façon, j'étais mineur aussi, c'était mon père qui décidait et ça aurait pas fait bien pour son image de laisser son fils dans cet état. Et puis ça lui éviterait de m'emmener à l'hôpital aussi souvent, il a acheté sa tranquillité. »

Sebastian prit la main de Dave dans la sienne, lui fit serrer le poing en ne laissant qu'un doigt libre et le guida pour tracer un trait sur son corps, à peine plus haut que sa cicatrice, de l'autre côté.

« Ils l'ont ouverte de là à là, ils ont pris un de ses reins, ensuite, ils m'ont ouvert comme ça… » dit il en faisant tracer sa cicatrice. « …et ils l'ont mis là. » finit-ils en posant leurs mains à plat, l'une sur l'autre, sur son ventre, vers le milieu de sa cicatrice.

Dave déposa un baiser léger sur sa tempe. Ils restèrent en silence un moment, pleurant silencieusement, serrés l'un contre l'autre.

« Tu devrais sans doute pas rester. Tu vois, je suis juste un raté, j'ai laissé tomber ma petite sœur, elle a dû me sauver la vie deux fois. Je lui ai fait tellement de mal. Elle le montre jamais mais je sais qu'elle a tout le temps peur que ça recommence. »

Dave resserra un peu plus son étreinte.

« Et ça risque vraiment de recommencer ? »

« Je sais pas, est-ce qu'on peut vraiment être sûr ? Je pense pas. Je veux plus lui faire vivre ça. J'ai pensé à rien ce jour là, je voulais juste que ça s'arrête, plus avoir aussi mal. Mais maintenant… Je sais que ça fini toujours par passer, il faut juste être patient. »

« Alors on sera patients à deux. Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement. T'as juste eu un mauvais moment, ça peut arriver à tout le monde, je suis bien placé pour le savoir. Ton propre père t'as insulté pour quelque chose que tu es et que tu ne peux pas changer. Je le sais, crois moi, j'ai essayé. N'importe qui aurait craqué. Mais tu as survécu, tu as continué à vivre. Tu vaux la peine qu'on se batte pour toi. »

« Comment tu peux être aussi gentil ? »

« Quelqu'un de très sage m'a dit il n'y a pas si longtemps 'j'ai pas le choix, je t'aime'. »

Sebastian serra doucement sa main autours du bras de Dave.

« C'est mon tour de te chanter une jolie chanson qui dit ce que je ressens, d'accord ? »

« Tu sais même pas ce que ça disait. » plaisanta Sebastian.

« Pas grave. » rétorqua Dave avant de se mettre à fredonner tout près de l'oreille du garçon dans ses bras.

You're just too good to be true
Can't take my eyes off of you
You feel like heaven to touch
I wanna hold you so much
At long last love has arrived
And I thank God I'm alive
You're just too good to be true
Can't take my eyes off of you

Pardon the way that I stare
There's nothing else to compare
The sight of you makes me weak
There are no words left to speak
So if you feel like I feel
Please let me know that it's real
You're just too good to be true
Can't take my eyes off of you

I love you baby, and if it's quite alright
I need you baby to warm the lonely nights
I love you baby, trust in me when I say
Oh pretty baby, don't bring me down I pray
Oh pretty baby, now that I've found you stay
Let me love you baby, let me love you

« J'aimerais beaucoup les rencontrer. Tu crois que je pourrais venir avec toi à Paris cet été par exemple ? Ou peut-être que c'est trop tôt. »

« On pourrait aller à Paris, mais tu les rencontrerais pas. » dit Sebastian en riant. « Elles passent tous les étés dans le sud de la France. »

Il se retourna doucement dans l'étreinte de son petit ami pour le regarder dans les yeux à travers le reste de ses larmes.

« On devrait faire ça. Elles vont t'adorer, j'en suis sûr. » ajouta-t-il avec un sourire.

« J'espère. » répondit Dave en se mordillant la lèvre.

Sebastian se redressa légèrement pour l'embrasser tendrement puis se calla confortablement dans ses bras, la tête posée contre son torse, écoutant les battements réguliers de son cœur. Il frissonna légèrement, Dave tendit le bras pour prendre le plaid plié sur l'autre partie du canapé et l'étala sur eux.

« Ca va ? Tu es bien installé ? » murmura Dave.

« Oui, tu es très confortable. Ca va toi ? Je suis pas trop lourd ? »

« Non, tu es parfait. »

« Peut-être pas parfait mais oui, je suis plutôt génial. » plaisanta Sebastian.

« Et très modeste avec ça. »

Ils restèrent un moment comme ça, se laissant bercer par les battements de leurs cœurs et leurs respirations. Ils finirent par se rendormir. Une envie pressante réveilla Dave, un peu plus tard. Il observa le garçon endormi sur son torse, l'air paisible. En tournant un peu la tête, il vit le lecteur DVD qui indiquait 00:20 et la date 02/03/2014. Il se décida à essayer de réveiller Sebastian, parce qu'il devait vraiment aller aux toilettes rapidement avant que sa vessie n'explose.

Il caressa doucement le dos de Sebastian en chuchotant.

« Hé, Scar. Il faudrait que tu te réveille. Juste un petit effort ma Belle au Bois Dormant. »

Sebastian s'agita légèrement en marmonnant.

« Non, je veux encore dormir. J'étais en train de rêver que j'étais dans les bras du plus beau mec de la terre. »

« Désolé, il va falloir te contenter de moi. » dit Dave en riant.

« C'était pas un rêve alors. » murmura Sebastian en relevant la tête pour regarder Dave, enfin, essayer de le regarder avec ses yeux encore pleins de sommeil.

« Bon anniversaire. »

« C'est pour ça que tu m'as réveillé ? » bouda Sebastian.

« Tu es adorable. Mais en fait, j'ai besoin de me lever. J'adore t'avoir dans mes bras mais là, il faut vraiment, vraiment que j'aille aux toilettes. »

« Oh, oh oui, pardon. » s'excusa Sebastian en laissant Dave se lever. « Reviens vite, tu me manques. »

« Promis. »

« Promis ? »

« Oui, promis. »

Sebastian se roula dans le plaid et attendit patiemment le retour de son petit-ami. Un sourire se dessina sur ses lèvres en repensant à la journée qu'il venait de passer.

« A quoi tu pense ? » demanda Dave qui venait de revenir.

« Je pensais que je pourrais presque m'habituer à être réveillé en plein milieu de la nuit si c'est pour me réveiller dans tes bras. »

« T'habitue pas trop alors. » dit Dave, souriant devant la moue boudeuse de Sebastian. « Tu es bien trop mignon quand tu dors, la prochaine fois, je te laisserai dormir pour pouvoir te regarder. »

« Tu es trop sentimental pour ton propre bien. Tu viens ? » dit Sebastian en ouvrant les bras, écartant du même coup le plaid. Il frissonna en sentant l'air frais sur son corps quasiment nu.

« Pour avoir essayé les deux, même si ton canapé est assez confortable… Ton lit l'est beaucoup plus. Tu peux venir avec moi si tu veux, ça me donnera l'occasion de me réveiller une troisième fois avec toi. »

Sebastian se leva pour suivre Dave dans la chambre avec une petite moue boudeuse.

« C'est pas juste, moi je me suis réveillé qu'une fois avec toi. »

« Tu veux que je reste réveillé jusqu'à ce que tu te réveille pour qu'on soit à égalité ? »

« Non, mais promets que tu resteras avec moi si tu te réveille le premier. »

Dave se retourna vers Sebastian, l'attira doucement contre lui et déposa un tendre baiser sur ses lèvres.

« C'est promis. » Un nouveau baiser. « Joyeux anniversaire. »

Dave se pencha une nouvelle fois sur son petit-ami pour l'embrasser encore une fois, en le tenant serré contre lui, prenant le temps d'explorer les moindres recoins de la bouche de l'autre homme avec douceur.

« Et celui là, c'était juste parce que j'avais envie et que je peux maintenant. » dit Dave en s'écartant à peine.

« Dodo. » marmonna Sebastian en glissant sa tête dans le cou de son petit-ami.

Dave sourit et ils retournèrent se coucher, lovés l'un contre l'autre. Ils étaient proche de se laisser entraîner par le sommeil à nouveau quand Sebastian parla une nouvelle fois, tellement bas que Dave manqua presque ce qu'il disait.

« Je peux pas passer la journée avec toi demain, tout le monde débarque pour faire la fête à midi. »

Dave ne releva pas, déjà rendormi. De toute façon, il n'aurait pas protesté, il ne serait pas celui qui empêcherait son nouveau petit-ami de fêter son anniversaire avec ses amis. Ils n'étaient ensemble que depuis quelques heures et il n'était pas prévu au programme, donc il n'y aurait rien de vexant à être gentiment renvoyé chez lui. Même s'il mentirait s'il disait que Sebastian ne lui manquerait pas du tout pendant cette journée.

La journée qu'ils avaient passée avait été plutôt fatigante pour les deux étudiants et leur début de nuit inconfortable sur le canapé n'avait rien arrangé. Ils furent tirés du sommeil en sursaut par un coup de sonnette.

« Hein, quoi ? Qu'est-ce que c'est ? » marmonna Sebastian en se redressant d'un seul coup, balançant du même coup assez violemment le bras de Dave qui était autours de lui.

« Aïe. Oh, je sais pas moi, on est chez toi. »

« Oh, pardon, pardon. » dit Sebastian en se retournant vers Dave. « Je t'ai fait mal ? »

« Non, ça va. Tu devrais aller ouvrir la porte. Je pense que quelqu'un attend. »

« Il est quelle heure ? »

« Onze heure quarante-trois. » répondit Dave en levant son bras au niveau de ses yeux.

« Oh mon dieu, déjà ? Comment on a pu dormir aussi tard ? »

« Ca me semble pas si difficile à faire. »

« Oh oui, vraiment ? » dit malicieusement Sebastian en se mettant à califourchon sur Dave, leurs érections matinales se frottant accidentellement.

La sonnette retentit à nouveau.

« Repartez, y a personne. » dit Sebastian en tournant la tête vers la porte.

« Je crois pas qu'ils vont le croire étant donné qu'ils sont sûrement là parce que tu les as invités pour ton anniversaire. »

Sebastian fit une moue adorable.

« Je sais, je vais aller leur dire que je suis trop malade et que j'annule. »

« Pas question… Bon, éventuellement, tu peux aller leur dire que tu n'es pas prêt, qu'ils te laissent disons… une demi-heure. Histoire que j'ai le temps de… prendre une douche et repartir avant qu'ils ne reviennent. »

Sebastian haussa un sourcil mais ne dit rien. Il se leva, récupéra son débardeur sur le sol et un pantalon qui traînait dans la salle de bain, les enfila rapidement et sortit de la chambre. Il revint juste à temps pour voir Dave entrer dans la salle de bain et l'empêcher de fermer la porte à clé derrière lui.

« J'ai réussi à négocier, on a une heure. Je leur ai dit que j'avais terriblement envie de mon petit-ami, là tout de suite maintenant. A part Lisa, qui a demandé si elle pouvait rester avec un regard un peu bizarre, ils sont tous partis sans demander leur reste. Mais par contre, ils ont dit que tu avais intérêt à pas t'être enfuit quand ils reviendront. »

« Est-ce qu'on t'as déjà dit que tu es complètement dingue ? »

« Ca a déjà été mentionné une fois ou deux. Tu vas m'embrasser quand même ? »

« Je sais pas, il faut que je me dépêche de prendre une douche. » répondit malicieusement Dave en tournant résolument le dos à Sebastian et en enlevant son tee-shirt. Il passa ses pouces sous l'élastique de son boxer et regarda l'autre homme par-dessus son épaule.

« Entre ou sors mais ferme la porte s'il te plait. »

Puis il se retourna, ignorant volontairement Sebastian et enleva finalement son boxer. L'autre était comme figé, hésitant sur comment réagir. Dave entra dans la douche et mis l'eau en route.

« Tu viens ou tu as changé d'avis ? Ou tu as un autre petit-ami et c'est de lui que tu avais tellement envie que tu as mis tes amis à la porte. »

« Oh non, pas moyen, j'ai pas changé d'avis. » marmonna Sebastian en se déshabillant à la hâte, se cassant pratiquement la figure en s'entravant dans son pantalon.

Dave se retourna vers lui, un sourire aux lèvres à travers la vitre qui commençait à s'embuer. Ils prirent quelques secondes pour se dévorer des yeux… Particulièrement attirés par ces parties du corps de l'autre qu'ils n'avaient encore jamais eu l'occasion de voir. Et aucun doute qu'ils aimaient tous les deux ce qu'ils voyaient.

Sebastian rejoignit Dave dans la douche qui était plutôt grande mais était néanmoins très appropriée aux frôlements entre leurs corps. Dave passa une main sur la nuque de Sebastian et l'attira dans un baiser passionné. Leurs corps se collèrent d'instinct, leurs sexes se frottant l'un contre l'autre, arrachant un gémissement de plaisir à Dave. Il laissa ses mains courir sur le corps de son amant, les faisant lentement glisser le long de sa colonne vertébrale, récompensé par les frissons de l'homme devant lui. Il agrippa ses fesses et le colla un peu plus contre lui, piégeant leurs sexes entre eux. Les doigts de Sebastian se crispèrent sur les épaules de son amant.

Ils entamèrent un rythme lent, leurs glands suintants se rencontrant parfois au rythme de leurs coups de reins. Dave gémissant contre la peau de Sebastian, ce dernier aspirant la peau de l'épaule de l'autre homme entre ses lèvres. Dave fit remonter ses mains le long du corps de l'étudiant en droit. Il se recula légèrement, s'attirant un soupir de frustration de la part de Sebastian qu'il étouffa dans un baiser. Une de ses mains se glissa entre eux pour venir s'envelopper autours de l'érection du plus jeune.

Sebastian imita l'action de Dave, entourant son sexe de ses doigts fins. Les deux garçons firent aller et venir leurs mains, accordant leur rythme. Utilisant leurs mains libres pour caresser, agripper l'autre, leurs lèvres goûtant la peau de l'autre. Dave jouit le premier dans un râle rauque et continua à caresser Sebastian malgré ses tremblements. Il n'en fallut pas plus au futur avocat pour jouir à son tour.

Ils s'enlacèrent tendrement, se retenant l'un à l'autre le temps de reprendre leurs esprits.

« Je t'aime. » chuchota Dave à l'oreille de Sebastian.

Sebastian resserra brièvement son étreinte, espérant que ça suffirait à son petit-ami sans avoir à prononcer les mots. Ils terminèrent de prendre leur douche, se savonnant mutuellement, le sourire aux lèvres. Puis ils s'habillèrent et attendirent l'arrivée ou plutôt le retour des invités de Sebastian.


[1] C'est une chaîne de coffee shop qui vend du café et des glaces. Il y en a trois à Chicago (au moment où j'écris ce chapitre).

[2] C'est le nom d'un quartier de Chicago dans le Nord de la ville.

Les chansons utilisées dans ce chapitre c'est 'Fais moi une place' de Julien Clerc et 'Can't take my eyes off of you' de… alors d'après Wikipédia, à la base c'est de Frankie Valli, ça a tellement été repris que je le saurais pas toute seule.

Je ne connais pas la réalité de la transplantation rénale de près puisque je ne suis pas médecin et que je ne connais pas non plus quelqu'un à qui ce soit arrivé. J'ai essayé de me renseigner mais je n'ai pas la prétention que le récit de Sebastian soit médicalement correct. Pareil pour la description de la cicatrice, je l'ai peut-être mal placée ou faite trop grande. J'ai fait avec les renseignements que j'ai pu trouver. Et pour ce qui est de la transplantation d'un donneur vivant, là encore, je n'ai pas les connaissances légales pour être sûre que ce que j'ai raconté là soit vraiment possible vu que Chloé était mineure au moment des faits, je ne sais pas ce que dit la loi exactement. J'invoque la licence poétique pour ça, on va dire que c'était possible qu'elle donne son rein à son frère. Ca ne l'est pas forcément dans la vie réelle.

Comme vous l'aurez déduit, l'appartement de Sebastian est dans le quartier de Lincoln Square. Pour être plus précise, sur West Giddings Street. Ca, c'est pour ceux que ça intéresserait d'aller faire un tour sur Google map (comme j'ai fait pour décider où il vit) pour voir à quoi ça ressemble. Et plus tard pour situer par rapport à d'autres lieux que j'ai choisis aussi plus ou moins de cette façon. On est perfectionniste ou on l'est pas.

Et heu... oups, j'ai un peu menti. Le jour où vous êtes censés m'adorer, on dirait bien que c'est aujourd'hui finalement (bon, sauf toi Nanou, mais j'ai jamais dit qu'il y aurait du Puckurt ici en même temps)