Disclaimer : Glee et ses personnages sont toujours à Ryan Murphy et ses acolytes. Tous les autres personnages et toute l'action à Chicago, c'est à moi. Mais si quelqu'un a un joli coup de crayon et envie de dessiner ce que j'ai écris, allez-y faites vous plaisir.

Ce chapitre et le suivant étaient au départ écrits pour être un seul chapitre. Mais au vu de la longueur qu'il prenait et pour vous faire patienter un peu moins puisque je dois réécrire la fin pour certaines raisons, j'ai décidé de le séparer en deux parties. Ce qui veut dire que l'attente sera moins longue pour le chapitre suivant que ça n'a été pour celui là puisqu'il est quasiment fini.

Donc, sauf si je dois faire pareil avec un chapitre suivant, je vous annonce fièrement que cette histoire se terminera avec 31 chapitres. J'avais prévu de faire plus long, mais je sais que beaucoup attendent que le travail soit terminé pour lire (je le fais souvent) et je ne sais pas si vous avez déjà remarqué, je suis du genre impatiente. J'espère d'ici là réussir quand même à faire quelque chose de fini pour ne pas vous laisser sur votre faim.

Je rappelle qu'en théorie toutes les conversations se passent en anglais, sauf les parties en gras, comme d'habitude, qui sont en français pour ceux qui avaient oublié le principe.

Porcelain : Si tu ne t'en étais pas doutée quand je t'ai demandé l'orthographe, j'aurais pas compris que tu ais pas un doute quand j'ai écrit que la troisième fantastique allait apparaître (fais pas la tête Nanou, la quatrième va finir par arriver aussi).
Oui, je sais, les premières lignes… J'aime bien faire des petites frayeurs de temps en temps p
Ils commencent à devenir un peu trop cute l'ex tyran de McKinley et la fouine de Dalton non ? Faut que je fasse quelque chose, c'est plus possible, on va tous faire une crise de diabète. Ah ben oui, c'est pour ça, un peu de citron là-dessus, histoire d'acidifier un peu tout ça. Dans le débat de Curt, j'ai décidé de me ranger dans la catégorie c'est-pas-du-porno-c'est-explorer-les-différentes- facettes-de-la-sexualité, c'est tout.
Naaaaan, il s'est pas fait violer, pauvre petit choux, il a déjà eu une vie assez difficile comme ça jusque là non ? Je suis pas une si horrible personne.


Ce que vous avez manqué dans La Rose et Le Renard (c'est la dernière fois que je l'écris ça, la prochaine fois, je vous balance le résumé direct, depuis le temps, vous avez compris le principe non ?)
Sebastian a rejeté Dave la première fois qu'il est venu lui parler au Scandals, pour ensuite venir s'excuser à l'hôpital après la tentative de suicide du footballeur. Sans doute que ça lui a rappelé de mauvais souvenir quand il a fini à l'hôpital après une overdose d'antidouleurs quand il avait quinze ans et a été sauvé par sa sœur qui lui a donné un de ses reins.
A partir de là, ils ont sympathisés, ont fait des demandes d'universités à Chicago où ils vivent maintenant, Dave à l'université de Loyola et Sebastian dans un appartement qu'une de ses parentes lui a offert. Ils se sont perdus de vue un temps à cause du petit ami de l'époque de Dave, mais maintenant ils se sont retrouvés, ils sortent ensemble, ils vont à des rendez-vous romantiques.
Et on a appris que contrairement à la croyance populaire, Sebastian n'a couché qu'avec un homme (deux, maintenant qu'il a couché avec Dave), une seule fois et que c'était juste pas un bon souvenir pour lui. Heureusement, maintenant il a Dave que ça n'a pas l'air de déranger si la pénétration ne doit jamais faire parti de leur vie sexuelle.


« Rappelle moi juste à quel point ta famille est riche ? » demanda Dave alors qu'ils se prélassaient dans le jacuzzi de la terrasse de Sebastian.

« Un peu trop. La plupart ont oublié que tout ne s'achète pas. » répondit Sebastian en se calant contre l'épaule de son petit ami.

« Ca va me coûter quoi d'accepter qu'ils me payent mon billet d'avion pour t'accompagner en France ? »

« Rien du tout parce que c'est Marie qui paye. Et techniquement un peu Chloé. Une partie de ton billet est son cadeau d'anniversaire. »

« Donc, ça va bien me coûter quelque chose. »

« Non, rien. Enfin, si, le décalage horaire. Mais comme on reste trois semaines, ça te laisse le temps de profiter entre les deux. »

« Ca me met quand même pas très à l'aise. »

« Si tu tiens à ce que ça te coûte quelque chose… on peut s'arranger. » murmura Sebastian d'une voix suave en se mettant à califourchon sur les genoux de Dave.

« Tu me prends pour un gigolo maintenant ? Je suis profondément blessé. »

« Je garde l'idée en tête pour quand notre vie sexuelle sera devenue d'un ennui mortel. »

« Pervers. »

« Oui mais c'est aussi ça qui te plait chez moi, non ? »

« J'avoue. »

« J'ai prévu une boîte entière de préservatifs à la cerise pour ces vacances. »

« Cerise ? J'aime pas trop la cerise. » dit Dave en fronçant les sourcils.

« Je sais, mais moi j'aime. » répondit Sebastian avec un petit sourire en coin.

« Toi… tu… Oh, oh, d'accord. Tu es sûr de toi ? »

« Non, pas vraiment, je vais sûrement être nul pour ça. »

« Ca tombe bien, c'est un peu le principe [1]. » dit Dave en riant.

« Arrête de te moquer. » protesta Sebastian en donnant une petite tape sur l'épaule de Dave. « Je suis mort de trouille d'accord ? »

« Je me moque pas, j'essayais juste de détendre un peu l'atmosphère. »

« C'était comment ta première fois ? »

« Ca dépend, laquelle ? La première pipe que j'ai faite, la première que j'ai reçue ou ma première fois tout court ? »

« Oh, wow, j'avais pas pensé que tu avais eu autant de premières fois. »

« La vie est pleine de premières fois, ça nous en laisse plein à vivre ensemble. »

« Donc, ta première fois ? La première tout court. »

« Je dirais… embarrassant. Il ne s'était quasiment rien passé que c'était déjà fini. Et je suis retourné au Scandals, j'ai trop bu et la suite de l'histoire, tu la connais mieux que moi, je me suis réveillé dans ton lit le lendemain. »

« Et pour les deux autres ? »

« L'une des deux, c'était la même en fait. Et pour l'autre, on va dire que j'ai amélioré ma technique depuis, mais ça s'est bien passé parce que c'était avec quelqu'un qui a compté. »

« Logan ? »

« Oui, c'était Logan. »

« Donc, il a compté quand même ? » demanda Sebastian d'une petite voix.

« Je sais pas si tu te rappelles mais j'ai arrêté de te voir parce qu'il le demandais. Tu étais le meilleur ami que j'ai jamais eu. S'il n'avait pas compté, je me serais pas laissé faire. Je lui aurais tenu tête, j'aurais pas cédé à son chantage. En fait, si j'avais pas eu de sentiments pour lui, je l'aurais sûrement quitté. »

Sebastian passa ses bras autour du cou de Dave et se serra contre lui, la tête sur son épaule.

« Tu en as toujours ? Des sentiments pour lui je veux dire. »

« Je crois oui. Pas les même qu'avant. J'ai surtout de la peine pour lui, il est pas méchant dans le fond, il a jamais voulu nous faire du mal, je crois qu'il essayait juste de se protéger. Et il savait déjà quelque chose que j'avais pas réalisé. »

« Quoi ? »

« Que toi et moi, on n'a jamais vraiment été juste des amis. Que mes sentiments pour toi étaient déjà plus forts que ceux que j'avais pour lui. »

« Sans doute oui. »

« Si on sortait de là ? Je sens que je commence à être tout fripé et il faut encore que je retourne dans ma petite chambre pour finir d'emballer mes affaires. »

« Tu as raison, on se revoit demain de toute façon et on se quitte plus pendant un mois. J'ai hâte. »

« Moi aussi. »

Dave partit emballer ses dernières affaires. Et le lendemain, comme prévu, Sebastian attendait Dave devant la tour des dortoirs, nonchalamment appuyé contre sa Porsche cabriolet.

« Wow, belle voiture. Tu dois avoir toutes les filles que tu veux avec ça. » s'exclama un garçon en sortant du bâtiment.

« J'ai pas à me plaindre, ça va. » répondit Sebastian.

« J'imagine qu'il n'y a aucune chance que tu me laisse faire un tour au volant de ce bijou. »

« Aujourd'hui, aucune, je suis venu chercher un ami pour retourner dans l'Ohio ensemble. »

« Ah oui ? Qui est le petit veinard qui va avoir le droit de monter dans ton bolide pour plusieurs heures ? »

« David Karofsky. Tu le connais ? »

« Quoi ? Tu ne veux sûrement pas voyager avec lui. »

« Ah oui et pourquoi ça ? »

« Parce que c'est une pédale. »

« Oh, ça. » dit Sebastian d'un air pensif. « En fait, c'est précisément pour ça que je le veux dans ma voiture pendant de longues heures. » ajouta-t-il en s'approchant et en posant ses mains sur les épaules du garçon. « Peut-être que tu veux faire un tour un de ces jours. » finit-il d'un ton séducteur en se rapprochant de l'oreille de son interlocuteur.

« Oh mon dieu, me touche pas. Quelle horreur, je veux surtout jamais monter dans ta voiture, sale pédale. » s'écria l'autre en se reculant précipitamment.

« D'une, ça, c'est ce qu'on appelle un retournement de situation. De deux, quel vocabulaire étendu, tu m'épates. Et de trois, ça tombe bien, je ne comptais pas te laisser monter, j'ai déjà un petit ami et tu ne lui arrives pas à la cheville. Allez, bonne journée. »

« Scar, est-ce qu'il t'embête ? » demanda Dave qui venait d'arriver avec un carton dans les bras.

« Non bébé, t'inquiète pas, il partait. » répondit Sebastian en prenant le carton des mains de son petit ami pour le poser sur le siège arrière. « Tu as autre chose ? »

« Oui, Jenny arrive avec mon sac de voyage et je remonte chercher le deuxième carton juste après ça. » répondit Dave avant d'embrasser tendrement Sebastian. « Bonjour toi. »

« Bonjour. »

« Quand vous aurez finis tous les deux, quelqu'un me dira où je pose ce sac qui pèse une tonne ? » se plaignit Jenny.

« Oh oui, pardon, tiens, il reste de la place dans le coffre. » dit Sebastian en contournant la voiture et en ouvrant le coffre.

« Merci. Et bonjour quand même. » dit Jenny avec une petite moue boudeuse.

« Mais oui, bonjour. » s'exclama Sebastian en la prenant dans ses bras.

« Je vais chercher le dernier carton. » intervint Dave.

« Alors, qu'est-ce que tu fais cet été ? » demanda Sebastian à Jenny en se réinstallant contre sa voiture en attendant que Dave revienne.

« Huuummm, je profites de ton loft immense pour faire la fiesta avec Lisa et Tyler. » plaisanta Jenny.

« Du moment que je retrouve mon appartement dans l'état où je l'ai laissé quand je rentre, faites vous plaisir. »

« Heu… je plaisantais, tu le sais ça ? »

« Je sais, mais pas moi. Les voisins sont plutôt cools et en plus, la plupart d'entre eux sera pas là. Franchement, Tyler et Lisa… Il se passe quoi entre eux au juste ? »

« Je crois que pour l'instant, c'est quelque chose du genre, juste amis mais qui couchent ensemble de temps en temps. Mais vu qu'à ma connaissance aucun des deux n'a couché avec personne d'autre depuis des mois, je serais pas surprise qu'ils finissent par régulariser la situation si tu vois ce que je veux dire. »

« Régulariser ? »

« Ouais, tu m'as comprise. Ils vont bien finir par ouvrir les yeux et finir par sortir ensemble officiellement. »

« Ah d'accord, régulariser. Et juste comme ça, tu les connais depuis quoi ? Quatre mois ? Comment tu sais tout ça ? »

« C'est mon petit doigt qui me l'a dit. Comme il m'avait dit que Logan et Dave, ça ne durerait sûrement pas. Appelons ça l'intuition féminine. »

« Je commence à avoir peur. Elle te dis quoi ton intuition pour Dave et moi ? »

« Que des bonnes choses… A condition que vous vous souveniez toujours que c'est jamais gagné. »

« Oh la vache, tu sais que des fois, je comprends rien à ce que tu racontes. »

« OK, laisse-moi reformuler. Vous pourriez bien vivre ensemble 'jusqu'à ce que la mort vous sépare' mais pour ça, il ne faut pas prendre l'autre pour acquis, jamais. »

« Bon, ben on va commencer par les vacances je pense. » dit Sebastian en s'écartant de la voiture pour laisser passer Dave qui arrivait avec le prochain carton.

Dave posa le carton sur le siège arrière et les deux garçons firent leurs adieux à Jenny. Puis Sebastian tendit les clés de sa voiture à Dave qui le regarda d'un air surpris.

« Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça ? »

« En général, on met ça dans la petite fente à côté du volant et on fait tourner pour démarrer le moteur. Tu l'as eu comment ton permis de conduire ? »

« Attends, tu veux dire que tu veux que ce soit moi qui conduise. »

« J'espérais oui, les deux premières heures. On gagnera du temps si on se relaie, sinon, il faudra qu'on fasse des pauses plus longues. »

« Tu veux que je conduise ta voiture ? Ta voiture qui a dû coûter une fortune. »

« C'est juste une voiture David : quatre roues, une carrosserie, des sièges, un volant. »

« Mais c'est une très belle voiture, je connais beaucoup de mecs qui tueraient pour la conduire. »

« Par pitié, ne tue personne, prends juste les clés. Et au fait, je t'ai déjà confié bien plus précieux que ma voiture mon amour. »

« Ah bon, quoi donc ? »

« Utilise ton imagination mon cœur. » répondit Sebastian avec un sourire en coin.

« Bien, bien, allons-y alors. »

Dave contourna la voiture et s'installa derrière le volant pendant que Sebastian prenait place à côté de lui. Alors qu'ils entraient dans Lima, Dave au volant, un peu plus de cinq heures plus tard, Sebastian envoya un message rapide à Paul.

De Sebastian à Yogi : Arrivons dans cinq minutes. A tout de suite.

Paul attendait sur le pas de la porte quand la voiture se gara dans l'allée.

« David, comment tu t'es payé cette voiture ? Tu trafique pas de la drogue au moins ? »

« Non, je vends seulement mon corps. »

« Quoi ? » demanda Paul horrifié.

« Il plaisante Paul, c'est ma voiture. Cadeau de mon cher père pour mes 18 ans. »

« Et tu laisse David la conduire ? »

« Oui, pourquoi pas ? Je sens que vous mourrez d'envie de faire un tour avec aussi. »

« Oh non, non, je ne voudrais pas l'abimer. »

« Qu'est-ce que vous avez tous aujourd'hui ? C'est une voiture, pas une figurine de collection qu'il faut garder dans son emballage d'origine. »

« Ne lutte pas papa. Prends juste les clés. »

« Une autre fois peut-être. Pour l'instant, il y a… quelqu'un que je veux te présenter. » dit Paul d'un air gêné.

« Comment ça ? » demanda Dave perplexe.

« Je sais que le divorce n'a pas été prononcé il y a très longtemps mais… C'est pas de ta faute David. Ca faisait déjà un moment qu'avec ta mère, ça n'était plus trop ça. Sa réaction, c'était juste, tu sais, la goutte de trop. »

« Papa, respire. Donc, tu as rencontré quelqu'un. Et si je comprends bien, on est en train de la faire attendre. »

« C'est un peu ça. »

« Bon, ben on y va, j'ai hâte de savoir qui est la perle qui t'as redonné le sourire. » dit Dave d'un ton enjoué.

« En fait… tu la connais déjà, essaie de garder l'esprit ouvert d'accord ? »

« Pourquoi ? Tu sors avec Sue Sylvester ? »

« Bon, on entre au lieu de laisser l'angoisse monter tous les deux ? Je suis sûre qu'il y a pas de quoi s'inquiéter comme ça. » intervint Sebastian.

Dave et Sebastian prirent chacun un carton sur le siège arrière et se dirigèrent vers la maison, précédés par Paul qui leur ouvrit la porte. Ils posèrent les cartons dans l'entrée pour avoir les mains libres pour rencontrer la mystérieuse invitée.

« Bonjour, vous avez fait bonne route ? » demanda Shannon Beiste en se levant du canapé où elle était assise.

« Coach Beiste ? Je dois avouer, j'aurais jamais imaginé. »

« Nous non plus en fait. » avoua Paul. « On a un peu parlé à l'enterrement de Finn. Et puis on s'est revus, plusieurs fois et petit à petit, ça a évolué. »

« Je suis content pour vous deux. Je veux dire, Kurt nous a un peu parlé de ce qu'il s'est passé avec votre ex mari… Vous méritez d'être heureuse, et toi aussi papa. Si c'est ensemble, alors tant mieux. » dit Dave en serrant sa nouvelle belle-mère dans ses bras.

« Bon, je vais vous laisser en famille. » dit timidement Shannon.

« Si vous ne faites pas parti de la famille alors moi non plus. » intervint Sebastian.

« Il a raison, tu devrais l'inviter à rester pour le dîner papa. » dit Dave à son père qui lui renvoya un grand sourire.

« Je crois que tu n'as pas le choix, ce serait très malpoli de refuser l'invitation de mes garçons. » dit Paul à sa compagne en passant une main autours de sa taille.

Dave eut un petit sourire d'entendre son père les appeler ''mes garçons'' alors que Sebastian n'était son petit ami que depuis quelques mois. Il se sentait un peu coupable depuis le divorce de ses parents, se pensait fautif d'avoir détruit leur famille, mais ce soir là, il réalisa quelque chose : une famille, ce sont les gens qui se soucient les uns des autres et font l'effort de s'accepter tels qu'ils sont. Donc oui, ce soir là, ils passèrent tous les quatre un dîner en famille.

Paul raconta des souvenirs d'enfance de son fils, Dave et Shannon parlèrent de l'année qu'ils avaient partagée au lycée de McKinley, Sebastian raconta un peu la Dalton Academy et la France, les deux étudiants partagèrent quelques détails de leur vie à Chicago. Ils rirent de bon cœur tous ensemble et de l'avis général, ce fut une très bonne soirée et c'est tout naturellement que Shannon fut invitée à rester pour la nuit et accepta.

Le lendemain matin, Dave retrouva son ancien professeur dans la cuisine quand il descendit pour préparer le petit déjeuner.

« Bonjour. Déjà debout coach ? »

« Oh oui, l'habitude des entraînements de foot. Ton père dort encore. J'ai fait du café, tu en veux ? »

« Non merci, c'est gentil mais je ne bois pas de café. » répondit Dave en ouvrant le frigo pour sortir la bouteille de jus d'oranges. « Vous en voulez ? » demanda-t-il en montrant la bouteille.

« Merci, je veux bien un verre. »

« Sebastian a du mal à concevoir comment je peux ne pas boire de café alors que moi, j'ai beau y goûter, je n'arrive pas à aimer ça. »

« Il dort encore ? »

« Oh oui ma petite marmotte n'ouvre pas un œil avant dix heures du matin s'il a le choix. Pas étonnant qu'il s'entende aussi bien avec mon père. »

« Ca fait longtemps que vous êtes ensemble ? »

« Un peu plus de trois mois maintenant. »

« Vraiment ? J'aurais cru plus à vous voir ensemble. »

« Ca doit être parce qu'on se connaît depuis beaucoup plus longtemps en fait. On est amis depuis la fin de ma première année de terminale. »

« Bonjour. Il y a du café ? » marmonna Sebastian en entrant dans la cuisine, vêtu uniquement d'un pantalon de jogging gris, les yeux à peine ouvert, les cheveux en bataille.

« Oui, assieds toi, je te l'apporte. » répondit Dave en versant une tasse de café et en mettant du sucre et du lait exactement au goût de son petit ami. « Voilà. » ajouta-t-il en embrassant le dessus de la tête de Sebastian et en glissant la tasse devant lui.

« Merci. »

« Bonjour tout le monde. Je suis le dernier réveillé ? » demanda Paul, pas beaucoup mieux réveillé que Sebastian, en pyjama.

« On dirait bien oui papa, vu que tout le monde est là. »

« Te moque pas de moi. » dit Paul en embrassant à l'aveuglette la tempe de son fils. « Bien dormi ? » demanda-t-il en ébouriffant affectueusement Sebastian.

« Oui, très bien Paul, merci et vous ? »

« Parfaitement bien. Merci. » dit Paul en prenant la tasse de café que lui tendait Shannon et en l'embrassant.

Il prit une gorgée et fit la grimace. Dave lui tendit un sucre en souriant. Paul le mit dans son café et le touilla avant de prendre une nouvelle gorgée avec un air satisfait.

« Ca viendra coach, vous inquiétez pas. C'est que je le connais depuis vingt ans quand même. »

Ils s'installèrent tous à table et mangèrent dans une ambiance qui semblait désormais familière.

Le coach rentra ensuite chez elle mais ils la retrouvèrent régulièrement pendant toute la semaine. Si bien qu'un jour, Dave glissa discrètement à son père qu'il devrait proposer à sa petite amie de vivre ensembles et Paul rougit, même s'il souriait. Et Sebastian, fidèle à sa promesse, laissa Paul conduire sa voiture. En fait, il lui proposa même d'emmener Shannon faire un tour avec et de la laisser la conduire au moins une fois. Aux protestations de la coach, il rappela encore une fois que ce n'était qu'une voiture.

Le dimanche, ils devaient partir pour New-York le lendemain très tôt pour y prendre leurs avions pour la France. Et puisque Kurt voyagerait avec eux pour tenir compagnie à Sebastian à l'aéroport en attendant qu'il prenne son avion une fois Dave parti, il avait été décidé qu'ils dormiraient chez Burt et Carole cette nuit là.

C'est pour ça qu'ils se retrouvèrent à passer l'après midi avec Kurt, Sam, Artie et Puck en compagnie de jeux vidéos.

« Kurt, je n'aurais vraiment jamais cru que tu sache jouer aux jeux vidéos. » plaisanta Sebastian alors que le New-Yorkais installait le jeu.

« Quoi, personne ne l'a prévenu que je suis le roi de Mario Kart depuis que j'ai trois ans ? » s'étonna faussement Kurt.

« Sauf que c'est pas vraiment Mario Kart que tu installes là. »

« Ah oui ? Oups, tant pis. Call of Duty, ça va à tout le monde ? » demanda Kurt.

« Tu parie si ça me va, Puck me doit toujours une revanche. » s'exclama Artie.

« Alors là, si tu crois que tu peux battre Puck, bonne chance, personne n'y est jamais arrivé. » lui dit Sam en se callant contre le lit de Kurt.

« Personne hein ? » demanda Kurt en levant un sourcil vers Puck.

« Ca, c'est ce que Sam croit, il pense que s'il ne peut pas me battre personne peut. Mais en fait, il y a encore une personne que je n'ai jamais réussi à battre. » répondit Puck avec un sourire en coin.

« Sans rire Puck, quel mec peut bien te tenir en échec à Call of ? » demanda Sam.

« Qui a dit que c'était un mec ? » demanda Kurt.

« Les filles jouent pas à Call of. » répondit Artie comme si c'était une évidence.

« Pourquoi pas ? Après tout, Kurt y joue bien, c'est un peu pareil non ? » plaisanta Sebastian.

« Scar, s'il te plait. » sermonna Dave.

« Fais gaffe à ce que tu dis mec, je peux encore te mettre mon poing dans la figure. C'est pas l'envie qui m'en manque depuis que tu as failli aveugler Blaine. » intervint Puck.

« Du calme, c'était juste une plaisanterie. Mais au passage, ma sœur joue à ce genre de jeux et elle pourrait carrément tous vous battre. »

« C'est ça ouais. » dirent en chœur Artie et Sam.

« Je vous jure, vous la connaissez pas, elle peut être féroce. » dit Sebastian avec un frisson.

« David, on dirait que tu t'es pas rendu compte dans quoi tu t'embarquais. » plaisanta Kurt.

« Non, mais le reste du temps, elle est adorable, mais avec une manette dans les mains, elle fait un carnage. » dit Sebastian d'un air nostalgique.

« Hé, ça va, elle te manque je sais, mais on va la voir dans moins de deux jours. » rassura Dave en se rapprochant de Sebastian et en lui serrant doucement la main, s'attirant un sourire de la part de l'autre garçon.

« OK, ça suffit, vous allez me faire vomir à être aussi adorable tous les deux, attrapez une manette qu'on puisse jouer. » protesta Puck pour la forme avec malgré tout un petit sourire.

« Quoi ? Tu es jaloux ? » taquina Dave.

« Essaie de me battre et on en reparle après. »

« Fais attention Puckerman, tu prends des risques, personne n'est imbattable. » lui dit Sebastian alors que Dave prenait une manette.

« Ouais, sauf que je l'ai jamais battu. » pondéra Dave.

Ils jouèrent des heures, changeant d'adversaire à chaque partie. Et jusque là, Puck avait bien gagné toutes les parties qu'il avait jouées. Sebastian avait aussi gagné toutes ses parties, même contre Dave après qu'ils se soient jurés que ça n'était qu'un jeu et que quelque soit l'issue du combat, ça ne changerait pas ce qu'il y avait entre eux. A la surprise quasi générale, Kurt aussi avait gagné tous ses duels. Ils se préparaient donc à se disputer la première place, même si les trois autres garçons étaient sûrs que Puck serait le grand vainqueur.

Puck et Kurt s'installèrent face à l'écran, manettes en main. Ils se regardèrent avec défi.

« Prêt à mordre la poussière Hummel ? » demanda Puck.

« Donne-moi ton meilleur coup Puckerman. » répondit Kurt en soulevant un sourcil.

A la surprise générale, Kurt gagna et se regarda les ongles d'un air détaché.

« Ah oui, au fait. Le mec qui tient Puck en échec… C'est moi. » lâcha-t-il comme si ça n'était rien du tout.

« Pas moyen. » dirent Sam et Artie complètement stupéfaits.

« Je vous avait pourtant prévenus. Kurtsy est mon pire cauchemar à Call of. Surtout depuis qu'il a rompu avec Adam. »

« Quoi ? » s'écria Dave.

« Oups, désolé bébé, je savais pas qu'ils étaient pas au courant. » dit Puck d'un air coupable.

« Pas encore, mais c'est bon, ils auraient fini par savoir. »

« Bébé ? Vraiment Puck ? » demanda Sam.

« Quoi ? » répondit Puck défensivement.

« Oh rien, juste qu'en général, c'est les filles avec qui tu couches que tu appelles bébé. » fit remarquer Artie.

« Pas. Moyen. » s'exclama Sam en voyant Kurt rougir à ce qu'Artie venait de dire.

« C'est bon, il avait besoin de réconfort, j'étais là, c'est tout. » se défendit Puck.

« Vous avez vraiment couché ensemble ? »

« Ca dépend de ce que tu appelle coucher ensemble. » répondit Kurt en rougissant un peu plus.

« Mais alors t'es gay Puck ? » demanda Sam.

« Pas moyen mec. Je suis 99% hétéro et le 1% restant, c'est pour Kurt. »

« Donc vous êtes ensemble ? » demanda Dave.

« Non, on se tient compagnie jusqu'à la fin des vacances. Ensuite, je rentre à New-York. » dit Kurt.

« Et moi à LA. Fin de l'histoire. » termina Puck.

« OK, c'est très bien tout ça, mais maintenant, c'est mon tour de vous battre tous les deux, en place. » intervint Sebastian en prenant une manette.

Kurt s'installa entre les jambes de Puck, le dos contre lui et Puck prit la manette restante. Ils lancèrent le jeu à nouveau et Sebastian gagna la partie. Ce qui valut à Sebastian un baiser de félicitation de la part de Dave et à Puck un baiser de consolation de la part de Kurt. Et des sifflets de la part de Sam et Artie qui se sentaient un peu à part soudainement.

Kurt prit la manette des mains de Puck et tourna la tête vers Sebastian.

« Prêt le suricate ? Tu vas savoir ce que c'est de perdre. »

« Si c'est le cas, je te mets dans ma valise, peut-être que tu pourras apprendre la défaite à Chloé. »

« J'espère que c'est une promesse. »

Mais encore une fois, c'est Sebastian qui reçu le baiser de félicitation de la part de Dave et Kurt et Puck qui partagèrent le baiser de consolation. C'est comme ça que Puck perdit son légendaire titre de roi de Call of Duty. Kurt, lui, conserva son titre à Mario Kart.

Puck resta la nuit lui aussi et suivi son petit-ami de l'été à New-York pour accompagner Dave et Sebastian le lendemain.

« Tu vas me manquer. » dit Dave en entourant la taille de Sebastian.

« C'est juste pour une dizaine d'heures idiot. Et tu vas dormir la plupart du temps. » le sermonna Sebastian, les mains posées sur ses épaules.

« Ca j'y crois pas trop. C'est la première fois que je vais en Europe, je pense pas que je pourrai dormir. »

« Marie et Chloé viendront te chercher à Roissy. Et de toute façon, j'arrive juste trois heures après toi. » dit Sebastian d'un ton qui se voulait rassurant.

« Ca va aller. Mais tu vas quand même me manquer. »

« Tu vas me manquer aussi. »

« Vous êtes adorables tous les deux mais David, il faudrait y aller si tu ne veux pas rater ton avion. » intervint Kurt.

« Je vous le confie. Vous en prenez soin jusqu'à l'heure de son avion. » dit Dave à Kurt et Puck.

« Ils vont me tenir compagnie mais pour le reste, je suis un grand garçon, je peux prendre soin de moi tout seul.

« Oui, c'est ça. » murmura Dave tout en se penchant pour déposer un baiser léger sur les lèvres de son petit ami.

« Bon, allez, vas-y, on se revoit à Paris. »

« On se revoit à Paris. »

« A condition que vous preniez vos avions. » s'impatienta Kurt.

« C'est bon, c'est bon, j'y vais. » dit Dave. « Je t'aime. » glissa-t-il à l'oreille de Sebastian qui serra brièvement sa main en lui souriant en réponse.

Après ça, Dave alla enregistrer ses bagages et passa les contrôles de sécurité. Pendant ce temps, Kurt, Puck et Sebastian débattaient de quoi faire pendant les deux heures qu'ils leur restaient avant l'heure d'embarquement de l'avion de Sebastian.

« Tu ne l'aime pas ? » demanda innocemment Kurt à Sebastian alors qu'ils s'installaient pour boire un café.

« Qui ça ? »

« Ton petit ami. Il t'as dit 'je t'aime' avant de partir et tu lui as pas répondu. »

« C'est pas parce que je lui ai pas dit que je le ressens pas. »

« Pourquoi tu lui dis pas si tu l'aime ? »

« Je sais pas, c'est juste pas des mots que je dis facilement. »

« Mais on parle pas d'un de tes coups rapides après une soirée au Scandals. On parle de ton petit ami, qui vient de prendre l'avion pour rencontrer ta famille. »

« En fait, il est pas encore monté dans l'avion, il est en train de passer la sécurité. »

« Sebastian, change pas de sujet. »

« Je peux pas… je peux pas t'expliquer pourquoi mais c'est juste des mots, ça prouve rien. C'est tellement facile de les dire mais ça veut rien dire. »

« Je pense que s'il te le dit, c'est qu'il le pense. Il a pas dit 'je pense que je t'aime' comme il me l'avait dit, il a dit 'je t'aime'. Tu mets en doute sa parole. »

« Non, bien sûr que non. Je le vois bien qu'il est sincère mais lui dire en retour, j'y arrive pas. »

« Il va bien falloir que tu y arrive, il a besoin de l'entendre, tu crois pas ? »

« Peut-être pas. Peut-être qu'il a pas besoin d'entendre les mots, peut-être qu'il a juste besoin de ressentir que tu l'aime aussi. Il avait pas l'air d'attendre une réponse. En tous cas pas verbale. » intervint Puck.

« J'espère. J'ai pas envi de le perdre parce que je suis un crétin qui arrive pas à lui dire à quel point je suis fou de lui. »

« Je vous ai observés cette semaine et à l'enterrement de Finn. Je crois que je t'ai jamais entendu lui dire je t'aime et je l'ai pas tellement plus entendu te le dire. Mais vous avez ce truc entre vous, je pense même pas que vous en ayez conscience. C'est comme une petite pression de la main, juste le temps de penser 'je suis là, je t'aime'. Et le message doit bien passer parce qu'il y a toujours un sourire qui semble dire 'merci, je t'aime aussi'. »

« T'as vu tout ça toi ? » demanda Kurt étonné.

« Le privilège de mon grand âge. » plaisanta Puck.

« Idiot, on a le même âge. » lui rappela Kurt.

« Pas du tout, j'ai trois mois de plus que toi. »

Après ça, la conversation coula, ils parlèrent de tout et de rien. Mais surtout de Dave, de Sebastian qui espérait que son vol se passe bien, qu'il puisse dormir un peu dans l'avion, qu'il réussisse un peu à manger la nourriture infecte servie dans les avions et surtout que sa rencontre avec Marie et Chloé se passe bien sans qu'il soit là. En bref, Sebastian était complètement angoissé à l'idée que quelque chose se passe mal et qu'il ne soit pas aux côtés de Dave à ce moment là.

Quelques heures plus tard, à l'heure prévue, l'avion de Dave se posa sans encombre à l'aéroport de Roissy. Le garçon descendit de l'avion, attendit patiemment que son sac de voyage passe sur le tapis et se dirigea vers le hall d'entrée où il devait retrouver Chloé et Marie. Il chercha la sœur de son petit ami du regard, il ne l'avait vu qu'en photo ou sur Skype mais il n'eut pas besoin de chercher bien longtemps, Chloé se dirigeait déjà vers lui avec un grand sourire.

« David ? Vous êtes tous aussi grands en Amérique ? »

« Non, pas tous. On a quelques modèles réduits. »

« Hé, je suis pas un modèle réduit. »

« Pardon, je disais pas ça pour toi. »

« J'espère bien. » dit la jeune fille avec un large sourire. « Tu as réussi à dormir un peu dans l'avion ? »

« Pas vraiment non. C'est la première fois que je viens en Europe, les sièges sont tellement serrés que je tiens à peine assis et je nierai en bloc si tu le dis à ton frère, mais j'avoue que je suis un peu inquiet de savoir s'il fait un bon voyage. »

« Je nierai en bloc t'avoir fait cet aveux si tu lui dis, mais il est inquiet pour toi aussi. Dès qu'il a été seul, c'est-à-dire dès qu'il a eu passé la sécurité, il m'a appelée et il n'a pas raccroché avant d'être dans son avion. Il peut bien faire semblant, mais je le connais, j'ai vite arrêté de compter le nombre de fois où il m'a demandé de bien m'occuper de toi en l'attendant. »

Dave ne répondit rien, mais il avait une sorte de sourire niais qu'il avait souvent ces derniers temps quand quelqu'un lui disait avoir remarqué toutes les petites choses qui prouvaient que Sebastian tenait à lui.

« Allo ? La terre appelle David ? Reviens avec nous. » dit Chloé en agitant une main devant les yeux de Dave qui réalisa qu'il n'avait pas écouté ce qu'elle venait de dire.

« Oh, pardon, j'étais un peu ailleurs. »

« J'ai vu ça oui. Je disais donc que maman est en train de se garer, il faut qu'on l'attende. Ensuite, on a le choix entre rentrer à l'appartement tous les deux en métro pour que tu puisses prendre une douche si tu as envie. Ou alors, on reste tous ici pour attendre Sebastian et on rentre tous en voiture avec maman. »

« Je crois que j'aimerais mieux attendre ici. J'ai hâte de prendre une bonne douche mais je préfère attendre moins longtemps pour retrouver Sebastian. Enfin, si ça te dérange pas bien sûr. »

« Tu rigole ? J'espérais secrètement que ce soit ton choix, je te rappelle que moi, ça fait un an que je l'ai pas vu. »

« C'est vrai, j'avais oublié ce détail. Ca doit être dur d'être loin de lui comme ça. »

« C'est l'enfer. » dit Chloé en perdant un peu son sourire. « Mais c'est pas le moment de penser à ça, on a trois semaines tous ensemble, c'est pas génial ça ? »

« Si, c'est vrai. »

« Viens, puisqu'on reste ici, je te propose d'aller nous asseoir pour prendre un café. »

« Du moment que je peux avoir autre chose que du café, ça me va. »

« Quoi ? Tu ne bois pas de café ? Et tu arrives à sortir avec mon frère ? Comment tu fais ? »

« Tant qu'on ne veut pas à tout prix me convertir, j'accepte que les gens n'aient pas la même religion que moi. C'est juste pareil pour le café. Tant que je le laisse en boire autant qu'il veut, on arrive à s'entendre. Je sais pas en France, mais aux Etats-Unis, il y a pleins d'endroits où on peut boire du café ou autre chose. »

« En France aussi, donc allons-y. » dit Chloé en prenant la direction d'un des cafés peuplant l'aéroport.

« On n'attend pas ta mère ? Comment elle va nous retrouver ? »

« Grâce à ce truc révolutionnaire qu'ils ont inventé il y a quelques années. » répondit Chloé en sortant son portable. « Je vais lui envoyer un texto pour lui dire où on est. »

« En effet, c'est révolutionnaire cette chose là, comment tu appelles ça ? »

« Un téléphone portable. »

« Quoi ? »

« Un téléphone portable. » répéta Chloé en anglais.

« Redis-moi ça. »

« Un téléphone portable. »

« Non, je voulais dire, en français. »

« Ah. Téléphone portable. Mais la plupart du temps, on dit juste portable. »

« Portable. » dit Dave en articulant bien.

« Oui, c'est ça. » dit Chloé, attirant un sourire à Dave.

« Et comment tu dirais 'tu m'as manqué ?' »

« A ce point là ? Il en a de la chance mon frère de t'avoir trouvé. »

« Non, c'est moi qui ai de la chance. »

« OK, alors on dit 'tu m'as manqué'. » dit Chloé en articulant bien chaque syllabe pour que Dave puisse bien comprendre.

« Tu m'as manqué ? » répéta Dave.

« Voilà, exactement. »

« Tu m'as manqué. » répéta Dave avec un peu plus d'assurance.

« J'ai enfin réussi à garer la voiture. Bonjour David, c'est ça ? Tu as fais bon voyage ? » dit joyeusement Marie en s'asseyant à la table.

« Bonjour madame. »

« Oh non, pas de ça entre nous, appelle-moi Marie. »

« D'accord, Marie. C'était un peu long et fatigant mais je suis content d'être ici et de vous rencontrer enfin. Sebastian m'a beaucoup parlé de vous deux, il vous aime vraiment beaucoup. »

« J'espère bien qu'il nous aime beaucoup, il manquerait plus que ça. » s'exclama Chloé.

« Chloé, sois polie s'il te plait. »

« Quoi ? J'ai rien dit de mal. »

« Nous aussi on l'aime beaucoup. »

« En tous cas, bienvenu dans la famille grand frère. »

« Oh, c'est peut-être un peu rapide, je veux dire, on est ensemble que depuis trois mois. » dit Dave en rougissant.

« Ouais mais j'ai un bon pressentiment à ton sujet. » dit joyeusement Chloé.

La conversation coulait facilement entre eux, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps et comme si se raconter leurs vies entières n'était rien de plus que se raconter une semaine passée sans se voir. A plusieurs reprises, Dave redemanda comment dire 'tu m'as manqué' en français, pour être sûr de bien s'en souvenir et essaya d'apprendre quelques mots en français, ce qui ne manquait pas de faire sourire Chloé et Marie à chaque fois.

Il restait malgré tout un peu tendu, jusqu'à ce que soit finalement annoncé que l'avion de Sebastian avait atterri. Ils cherchèrent à quelle porte Sebastian devait sortir et attendirent patiemment que l'autre garçon ait récupéré ses bagages et sorte enfin.

Le dernier arrivé chercha du regard en passant les portes de la zone réservée et trouva rapidement son petit ami dont la tête dépassait du reste de la foule. Il se jeta sur lui et l'embrassa passionnément, laissant sa valise quelques pas derrière lui.

« Tu m'as manqué. » articula Dave quand leurs lèvres se séparèrent.

« Tu m'as manqué aussi. » dit Sebastian sans réaliser que son petit ami venait de lui parler en français.

« Vous êtes adorables tous les deux. Mais pour information, tu m'as manqué aussi. » gémit Chloé en croisant les bras sur sa poitrine.

« Mais oui, tu m'as manqué aussi Boucle d'or. » dit joyeusement Sebastian en se tournant vers elle et en la soulevant du sol pour la faire tournoyer dans les airs en la tenant par la taille.

« Ah, repose moi, je vais être malade. » s'écria la jeune fille malgré son rire qui trahissait qu'en fait elle était parfaitement heureuse de la place où elle se trouvait.

Sebastian reposa sa petite sœur sur le sol et se tourna vers Marie avec toujours le même sourire aux lèvres.

« Maman. » il murmura avant de la serrer dans ses bras. « Vous m'avez tous manqué. J'espère que vous n'avez pas dit trop de bêtises sur moi pendant que j'étais pas là. »

« Sebastian Onesto Smythe, est-ce que tu pourrais commencer par réaliser que ton petit ami a fait l'effort d'apprendre une phrase en français juste pour t'accueillir ? » s'écria Chloé.

« Quoi ? » demanda Sebastian, sincèrement surpris.

« J'ai arrêté de compter au bout de dix fois, il a passé trois heures à me redemander comment te dire que tu lui as manqué en français et tu n'as même pas battu un cil. Je te préviens, je le considère déjà comme de la famille alors tu vas me faire un peu plus d'efforts que ça pour pas le faire fuir celui-là. »

« Okay, respire Chloé, j'ai compris. » dit Sebastian avant de se tourner vers Dave. « Désolé de pas avoir réalisé Pooky. En même temps, c'est parce que tu as bien appris que je me suis pas rendu compte que c'était du français. »

« Non, c'est rien, t'inquiète pas. » dit Dave en lui prenant les mains et en se rapprochant de lui pour lui glisser à l'oreille « Je t'aime. »

Sebastian resserra ses mains autours de celles de son petit ami en penchant la tête sur le côté, un grand sourire collé aux lèvres.

« Je sais pas toi, mais moi, je serais vraiment partant pour une bonne douche. Peut-être une sieste aussi. On rentre ? »

« La voiture nous attend sur le parking. »

Ils affrontèrent les bouchons parisiens pour atteindre l'appartement de Marie et Chloé, les deux garçons sur la banquette arrière, blottis l'un contre l'autre à moitié endormis. A leur arrivés, ils prirent une douche à tour de rôle pendant que Chloé et Marie préparaient le repas de midi. Après avoir mangé, ils s'installèrent tous ensembles au salon, Marie et Chloé sur les deux fauteuils, Sebastian allongé sur le canapé, une main caressant la nuque de Dave, l'autre main passée autours de la taille de son petit ami qui était allongé le dos contre lui. Dave caressait le poignet de Sebastian et bien vite, ça ne sembla plus important que Dave ne comprenne pas un mot de ce que la télé diffusait puisqu'ils s'endormirent tous les deux pour le reste de l'après-midi.

Chloé ne manqua pas de les prendre en photo et de les taquiner à ce sujet là pendant plusieurs jours. L'une des photos atterrissant bien entendu sur Facebook avec la légende ''Le nouveau membre de la famille, n'est-il pas adorable ?'' qui attira nombre de commentaires de la part des amis des deux garçons.

Ils partirent le soir après avoir mangé pour l'appartement de Montpellier où ils passeraient les trois semaines de vacances de Dave et Sebastian. De cette façon, ils roulèrent toute la nuit et évitèrent les immanquables bouchons qui les attendaient s'ils avaient roulé dans la journée. Marie et Sebastian se relayèrent au volant et ils arrivèrent à l'appartement au petit matin.


[1] Je suis désolée, la phrase de Sebastian m'est venue d'instinct en anglais ''I'll probably suck at it'' qui veut bien dire ''je vais sûrement être nul pour ça'' mais pourrait aussi vouloir dire ''je vais sûrement sucer ça'', deal with it, je fais des jeux de mots en anglais qui sont juste intraduisibles en français et je pouvais pas m'empêcher de le glisser pour ma version en anglais.