Coucou ! J'espère que vous allez bien ! Je vous retrouve comme promis pour le troisième chapitre, j'espère qu'il vous plaira !
Rappel du disclaimer : La fanfiction appartient à classicdisneyFTW, je n'en suis que la traductrice. Les personnages appartiennent à Disney
Bonne lecture !
"- Et maintenant, qu'est-ce qui ne va pas chez Señor Tomas ?"
Imelda résista à l'envie de rouler des yeux dans la direction de sa mère alors qu'elle extirpait un haut de corps du panier. "- Si tu te sens obligée de demander, c'est que nous ne devrions pas en parler," répondit-elle en jetant le haut sur le fil à linge.
"- Vraiment, Imelda," la réprimanda sa mère. "- Tu as fait fuir tous les hommes qui se sont présentés à notre porte. Tu pourrais choisir n'importe qui et tu ne veux personne. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas.
- Je ne suis pas capricieuse, mama," se défendit la jeune femme en secouant une paire de chaussettes roulées. "- Je n'attends que deux choses de mon futur mari : j'ai besoin qu'il soit sincère et dévoué. Le fait qu'il soit musicien n'est qu'un rêve, mais je peux te dire en regardant tous ces idiotas, qu'ils ne sont pas aussi sincères et dévoués qu'ils le disent. J'aime en réalité qu'ils chantent car la musique est libératrice, elle fait jouer leur âme et ne peut que montrer leurs véritables intentions."
Sa mère n'eut pas l'air de comprendre. "- Et Señor Martin ?"
Cette fois, Imelda ne put retenir un roulement d'yeux. "- Mama !," grogna-t-elle.
"- Il m'a paru très sincère.
- En faisant écrire sa chanson par quelqu'un d'autre ?," demanda sèchement Imelda. "- Je suis sûre qu'il était très convaincu de chacun des mots que son ami a écrits.
"- Très bien, très bien," concéda sa mère en se baissant pour ramasser davantage de linge. "-Mais sache que j'ai entendu que Don Julian compte tenter sa chance dans les jours à venir.
- Don Julian ?," répéta Imelda dans sa surprise. "- L'homme riche qui vit à l'extérieur de la ville ?
- Oui. Il est très distingué. Si j'étais toi, je veillerais à le traiter convenablement. Il a des amis haut-placés.
- Quel intérêt ce genre d'homme pourrait-il trouver en moi ?
- Je suis sûre qu'il en a entendu beaucoup à ton sujet par le biais de ses amis," répondit sa mère en ajustant quelques vêtements pendus au fil. "- C'est une petite ville et il n'est pas complètement coupé de nous. Il doit avoir des contacts.
- Est-ce que c'est un train de devenir un jeu à qui gagnera la main de l'entêtée Imelda ?," demanda celle-ci, outragée.
Sa mère secoua la tête.
"- Si tu arrêtais de jouer avec eux...
- Je ne joue pas avec eux.
- Va les en convaincre, les hommes aiment les filles difficiles à séduire. Ca fait partie du jeu."
Imelda se renfrogna. Les hommes étaient réellement des créatures stupides. Pourquoi attendait-on d'elle qu'elle en épouse un ? Pourquoi ne pourrait-elle juste pas se débrouiller sans leur aide ? Leur société était manipulée. Par les hommes, bien évidemment.
"- Finis d'étendre le linge," lui ordonna sa mère. "- Je vais préparer le dîner."
Sur ces mots, elle disparut dans la maison. Imelda continua à étendre les vêtements, amère, ruminant ce que sa mère venait de lui dire. Elle sentait son irritation grandir dans sa poitrine à nouveau. Estupido ! Elle lança une jupe sur le fil de toute la force de son agacement et le fil s'agita sous la violence du geste. Imelda le stabilisa puis grommela en essayant de contenir sa mauvaise humeur menée par la situation. Elle commença à chantonner. Au départ, ce fut juste une mélodie hasardeuse, mais alors qu'elle continuait à accrocher les vêtements humides et refouler ses émotions, elle finit par jumeler ses deux tâches à un air féroce et optimiste à la fois.
Ses mouvements se firent plus théâtraux alors qu'elle accrochait les habits, suivant la cadence de son chantonnement. Bientôt ce furent de véritables vocalises. Sa voix s'élevait librement dans l'air comme une cloche. Elle savait que sa voix était plus rude et plus grave que celle des autres filles qui pépiaient comme des oiseaux au printemps, mais elle était pure et riche comme le cristal.
Elle ramassa finalement le dernier linge à étendre - un drap - et le lança en un mouvement théâtral par-dessus le fil avec une dernière note, puissante et longue.
Elle prit sa respiration, satisfaite. Juste au moment de rentrer dans la maison afin d'aider sa mère avec le souper, elle se tourna et se retrouva nez à nez avec un jeune homme, probablement de son âge, debout devant la porte. Elle ne l'avait encore jamais rencontré. Il était grand et dégingandé, avec des cheveux noirs ébouriffés écrasés sous un chapeau de paille. Il regardait vers l'entrée de la maison, tirant sur sa barbiche du bout des doigts, un petit sourire à peine visible sur les lèvres.
Surprise, embarrassée et agacée qu'il l'ait observée depuis Dieu savait combien de temps, elle se baissa, retira sa chaussure à s'avança à sa rencontre avec fureur, brandissant sa bottine vers lui comme une arme. "- Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous voulez ? Pourquoi êtes vous-là ?," lui demanda-t-elle.
Il recula immédiatement en la voyant charger vers lui. "- S'il vous plait, señorita ! Je ne voulais pas vous déranger, je ne faisais que passer !," s'écria-t-il.
Elle avisa la grande guitare blanche qu'il portait sur son dos. Une histoire comme tant d'autres. Elle avait vu assez d'étrangers s'arrêter sur le pas de sa porte avec de grands espoirs. "- Ha ! Vous passiez juste ?," dit-elle en riant. "- Qui vous a envoyé ? Avez-vous entendu les histoires de la cantina ? Ou est-ce que ma réputation est arrivée dans d'autres villes et vous êtes venu tenter votre chance ?"
A ce moment, elle avait planté la pointe de sa chaussure sous son menton comme une épée. Il ne bougea pas, les yeux écarquillés. "- Des histoires ?," répéta-t-il, abasourdi. "- Señorita, je vous jure..."
Elle roula des yeux. Elle n'avait pas le temps pour ces bêtises. "- Pitié !," persifla-t-elle. "- Je vous vois avec une guitare, comme par hasard devant ma maison !"
"- J'étais juste en train de chercher l'auberge de la ville !," protesta-t-il.
Elle le frappa à la tête avec le talon de sa bottine, envoyant son chapeau de paille au sol. Il glapit de douleur et frotta son crâne douloureux. "- Les histoires habituelles !," s'écria Imelda, "- J'ai vu suffisamment de personnes dans votre genre pour deviner quand on me ment.
- Je ne mens pas !," gémit-il avec un mélange de terreur et de perplexité. "- Je suis vraiment perdu ! Je passais quand je vous ai entendue chanter, et je me suis arrêté pour vous écouter. Je suis désolé si c'était déplacé, je ne le ferai plus, je vous le promets !"
Imelda le fusilla du regard. Il semblait sincèrement confus et fatigué. Il avait l'apparence d'un voyageur, crotté et portant de vieilles guenilles comme s'il venait d'arriver en ville. Le plus impressionnant chez lui était la guitare blanche et scintillante qu'il portait sur son dos, c'était même la seule chose propre qu'il avait sur lui, comme s'il prenait plus d'attention à en prendre soin que lui-même. Elle remarqua de petits détails et des couleurs peintes tout autour, ainsi que le début d'une gravure sur le manche qui était censée ressembler à un crâne. Peut-être disait-il vraiment la vérité. Lentement, elle abaissa sa bottine et se détendit légèrement. Lorsque son bras se rependit à son côté, il se détendit lui aussi et se pencha pour ramasser son chapeau. Elle le regarda le prendre, en brosser la poussière du plat de la main, puis le ré-enfoncer sur ses cheveux noirs indomptés.
"- Vous êtes perdu, dites-vous ?," demanda-t-elle au bout d'un moment.
"- Si," lui répondit-il. "- Mon partenaire et moi sommes en ville pour la compétition musicale. Il est sur la place pour nous inscrire et j'étais censé trouver l'auberge, mais je me suis perdu."
Imelda croisa les bras en le fusillant toujours du regard. Elle ne comptait pas perdre son attitude résolue pour un musicien de rue, mais elle le croyait. Elle fit un mouvement de tête vers la route. "- Si vous continuez sur ce chemin, vous atteindrez une intersection. Prenez à gauche et continuez. L'auberge sera sur votre droite, vous ne pourrez pas la manquer."
L'étranger inclina son chapeau. "- Gracias, señorita."
Sur ces mots, il s'éloigna sur le chemin. Imelda le suivit des yeux, regardant l'éclat du soleil danser sur sa guitare blanche.
J'espère que ce chapitre vous a plu ! Sacré caractère, la Imelda !
Bonne fin de semaine à vous et à bientôt pour le quatrième chapitre !
(Au fait, si jamais quelque chose vous dérange dans la mise en page, n'hésitez pas à me le souligner pour que je modifie !)
