Et voilà la suite ! Bonne lecture :)

Rappel du disclaimer : Je ne suis que la traductrice de cette fanfiction écrite au départ par classicdisneyFTW. Les personnages appartiennent à Disney Pixar.

Imelda jeta un coup d'oeil par l'encadrement de la porte. Sa mère lui avait dit que Don Julian passerait dans la journée. Elle n'était pas sûre de supporter une nouvelle performance hypocrite, encore moins de la part d'un riche prétentieux qui vivait en reclus hors de la ville. Elle prévoyait de passer une bonne partie de la journée sur la place pour écouter les mariachis pendant qu'elle cousait.

Voyant que les environs étaient déserts, Imelda fit un pas dans le jardin. Elle se retourna vers la porte pour s'assurer que sa mère ne la regardait pas, et s'apprêtait à courir vers le portail quand elle percuta quelque chose de solide.

Horrifiée à l'idée que cela puisse être Don Julian, elle pensa à faire volte-face vers la maison. Au lieu de cela, elle leva les yeux pour voir qui elle avait percuté. A sa grande surprise, ses yeux en rencontrèrent d'autres, d'une belle couleur brune. Leur propriétaire lui attrapa les épaules pour la stabiliser. Il avait une forte poigne qui correspondait bien à son apparence physique, de sa mâchoire carrée à ses pommettes saillantes. Il lui sourit, éblouissant momentanément Imelda avec ses dents d'un blanc éclatant. Elle n'avait jamais vu quelqu'un comme lui.

"- Désolée de vous avoir surprise," dit-il d'une voix profonde.

"- Oh non, non. Je ne... regardais pas où j'allais," répondit lentement Imelda.

L'étranger sembla subitement réaliser qu'il la tenait toujours et la relâcha. "- Excusez-moi," reprit-il en inclinant légèrement la tête.

Imelda s'éclaircit la gorge, vaine tentative pour retrouver sa dignité. "- Puis-je vous aider ?

- Non, je ne faisais que passer.

- Dans mon jardin ?" demanda Imelda, suspicieuse.

"- Oui. Je dois vous avouer, je l'ai trouvé si embelli par les fleurs que je n'ai pas pu m'empêcher d'entrer pour les regarder de plus près.

- Donc vous vous êtes introduit ?"

L'étranger baissa la tête. "- Je vous présente mes excuses. Si j'ai dépassé les bornes, vous pouvez me jeter dehors, m'emmener chez le chérif, ce qu'il vous plaira."

Imelda croisa les bras, sans pouvoir se faire aussi sévère que d'habitude. "- J'imagine que vous aviez de bonnes intentions et que vous semblez suffisamment innocent. Je laisserai passer pour cette fois.

- Ah, gracias, senorita," dit-il, inclinant de nouveau la tête. "- Vous êtes généreuse."

Il se baissa et cueillit une fleur de chèvrefeuille d'un buisson à proximité. "- Une jolie fleur pour une jolie femme."

Imelda sentit qu'elle aurait dû se montrer cassante pour avoir cueilli cette fleur, encore plus alors qu'elle avait été suffisamment magnanime pour le laisser partir. Pourtant, à le voir lui sourire et lui tendre cette fleur de façon si confiante, elle ne put se résoudre à le regarder d'un air méprisant et l'envoyer paître. Au lieu de cela, elle prit la fleur et le fit tournoyer entre ses doigts.

"- Je suis Ernesto. Ernesto de la Cruz," se présenta-t-il.

"- Imelda," dit-elle en fixant la fleur, surprise d'elle-même.

"- C'est un honneur, señorita."

Imelda hocha la tête en continuant de jouer avec la fleur. "- Je ne vous avais jamais vu avant. Vous venez d'arriver en ville ?
- Oh, je ne fais que passer avec mon ami," répondit-il.

"- Pour la famille ?," demanda Imelda.

"- Non...," dit Ernesto. "- Nous sommes là pour la compétition musicale que votre ville organise."

Les yeux d'Imelda s'ouvrirent en grand. Un musicien ? Elle se fit aussitôt méfiante. Que savait-il ? Probablement tout, et il était là pour pouvoir tenter sa chance et obtenir sa main comme tous ceux avant lui.

"- En parlant de compétition," reprit Ernesto en inclinant son chapeau. "- J'ai dit à mon partenaire que je le retrouverai sur la place dans une demi-heure. Je dois vraiment y aller. C'était un plaisir, senorita. Merci de ne pas m'avoir jeté dehors."

Une seconde. C'était tout ? Imelda était si étonnée de le voir s'éloigner qu'elle ne savait plus quoi dire. Elle s'était tellement attendue à le voir lui proposer de lui jouer ou chanter quelque chose qu'elle ne savait pas quoi faire puisqu'il n'en était rien. Mais, s'il n'était pas là pour la séduire... et qu'il était un musicien... elle ne le laisserait pas partir aussi vite.

"- Attendez !," l'appela-t-elle.

Il s'arrêta et se retourna vers elle, surpris. Un peu embarrassée, elle s'approcha. "- Hum... C'est juste...," elle n'était pas sûre de ses mots. "- Je me demandais si vous pourriez me jouer quelque chose ?

- Oh, je ne sais pas, senorita Imelda," répondit-il. "- Je dois surveiller ma voix pour le jour du concours.

- Quelque chose de court," supplia-t-elle. "- Vous avez l'air d'avoir une belle voix. S'il vous plaît ? Je vous en serais très reconnaissante."

Ernesto sourit, flatté. "- Eh bien, quand une aussi jolie femme le demande, comment refuser ?"

Il haussa les épaules d'un air désolé. "- J'ai bien peur d'être venu sans ma guitare.

- Ce n'est pas grave," dit Imelda. "- J'en ai une si vous voulez."

Elle se précipita à l'intérieur, trouva la guitare de son père sous son lit, et la ramena à toute vitesse. Ernesto observa la vieille guitare toute cabossée. "- Quelle jolie... guitare," dit-il du bout des lèvres.

"- C'était celle de mon père," lui confia Imelda, se mordant la lèvre d'un air ému. "- Il en jouait sans cesse.

- Cela la rend encore plus précieuse," répondit Ernesto en hochant la tête. Il prit la guitare et se mit en position.

Il ferma les yeux, puis se mit à gratter les cordes rapidement. Le rythme surprit Imelda. Ernesto ouvrit la bouche et commença à chanter d'une voix profonde et envoûtante.

Senoras y senores, buenas tardes, buenas noches / Mesdames et messieurs, bonsoir bonsoir
Buenas tardes, buenas noches, senoritas y segnores
Être parmi vous ce soir
Que de joie que d'alegria
Car la musique est mon langage
Et le monde es mi familia
Car la musique est mon langage
Et le monde es mi familia
Car la musique est mon langage
Et le monde es mi familia !

Il acheva avec un accord final et leva théâtralement la main, souriant. Imelda avait été captivée par la performance - il avait une magnifique voix et de l'intensité, de plus les paroles semblaient bien sincères - mais il manquait toujours quelque chose.

"- Etait-ce l'une de vos chansons ?," demanda-t-elle.

"- Une chanson originale, si l'on peut dire," répondit-il en bombant le torse.

Imelda hocha la tête, pensive. C'était une bonne chanson et il l'avait bien jouée, mais il avait besoin d'en jouer une qui lui permettrait de vraiment exprimer ses émotions.

"- Jouez-vous des chansons d'amour ?," demanda-t-elle.

"- Haha ! Non, mon partenaire et moi en parlions justement," répondit-il. "- Aucun de nous n'a jamais été amoureux, donc nous pensons que cela ne serait pas vraiment sincère."

Imelda acquiesça, compréhensive. "- Vous avez une très belle voix," lui dit-elle.

Ernesto bomba d'autant plus torse. "- On me l'a dit bien souvent, mais venant de vous, senorita, signifie vraiment quelque chose pour moi."

Il lui prit la main et l'embrassa. Imelda se sentit rougir et s'horrifia instantanément. Qu'était-elle en train de faire ? Que se passait-il ?

"- S'il vous plaît, senor," dit-elle en reprenant sa main. "- Qu'est-ce que mes mots pourraient bien vous signifier ?

- Le compliment d'une femme aussi jolie que vous signifie tout pour moi," répondit-il. "- En particulier lorsqu'elle aime la musique.

- Comment savez-vous que j'aime la musique ?," demanda Imelda, suspicieuse.

"- Votre père était un musicien, pas vrai ?," demanda Ernesto, tenant toujours la guitare entre ses mains. "- Et vous vouliez m'écouter. Tout le monde ne fait pas cela à moins d'aimer profondément la musique.

- Oui, j'imagine," répondit-elle. Elle soupira. "- Eh bien, vous avez bien deviné. J'aime énormément la musique."

Ernesto la regarda d'un air perplexe. "- Vous semblez agacée quand vous le dites.

- Oui. C'est euh... une longue histoire."

Ernesto sourit. "- Je ne suis pas pressé."

Imelda lui sourit en retour. "- Je ne veux pas vous déranger avec mes problèmes.

- Vous ne me dérangez absolument pas."

Imelda soupira, se relâchant. "- Tout a commencé à la mort de mon père, l'année dernière. Ma mère a décidé qu'il était temps que je me marie et répandu la rumeur comme quoi j'étais un coeur à prendre. Des hommes sont venus à notre porte, mais aucun ne m'a vraiment impressionnée, parce qu'ils étaient stupides et sans sentiments. Quand on m'a demandé ce que je voulais, j'ai dit que je désirais un musicien parce qu'ils sont ouverts et drôles. Et c'est là que les problèmes ont commencé. Maintenant, chaque homme que je recontre veut me séduire avec de la musique.

- Quel est le mal ?," demanda Ernesto. "- Vous disiez vouloir un musicien.

- Aucun d'entre eux n'est vraiment bon," déclara Imelda, agacée. "- Et c'est devenu une sorte de compétition à qui gagnera mon coeur. Il est plus question de gagner que de m'épouser. Je suis considérée comme un trophée et non pas comme une personne."

Ernesto hocha la tête, compréhensif. "- Je comprends pourquoi vous vous permettez d'être pointilleuse en écoutant tous vos prétendants."

Imelda se rembrunit. "- Je ne pense pas être spécialement pointilleuse lorsqu'il s'agit de musique. Mes attentes sont en réalité tout à fait raisonnables.

- Et quelles sont-elles ?

- Il doit déjà chanter correctement. Je ne pourrais pas supporter quelqu'un qui chante faux ou n'a pas une belle voix. Et deuxièmement, il doit chanter du plus profond de son coeur."

Ernesto haussa un sourcil. "- Mon partenaire dit cela sans cesse lui aussi, mais je ne comprends pas où il veut en venir. Pour chanter, il faut forcément que cela vienne du coeur.

- Cela signifie qu'il faut réellement sentir et être convaincu de ce qu'on chante," expliqua Imelda. "Vous pouvez écrire autant de belles phrases et de jolies mélodies que vous voulez, si vous ne le pensez pas, alors ce n'est pas sincère."
Ernesto hocha lentement la tête, tentant de comprendre. Imelda rit. "- J'imagine que c'est là le problème de tous mes prétend

ants. Ils ne sont pas sincères en ce qui concerne le respect."

Ernesto lui sourit. "- Senorita Imelda," commença-t-il en lui prenant de nouveau la main. Imelda fut surprise par ce geste, mais ne l'en empêcha pas. Il continua : "- Me permettrez-vous... je veux dire, ai-je votre permission poure revenir jouer pour vous ?"

Imelda haussa un sourcil. "- Êtes vous en train de me demander de pouvoir me séduire ?"

Ernesto eut l'air un peu embarrassé, mais acquiesça. "- Je suppose que oui," dit-il. "- Je viens juste de vous rencontrer, mais de ce que j'ai pu en voir, vous êtes une femme charmante."

Imelda sourit et refoula le vertige dans son estomac. C'était ridicule ! Elle n'avait jamais ressenti ça auparavant. Elle pressa sa main. "- Je vais vous dire," dit-elle. "- Je vous donne la même épreuve qu'à mes autres prétendants : écrivez-moi une chanson d'amour originale et je vous laisserai me courtiser.
- Une chanson d'amour originale ?," répéta-t-il d'un air presque abasourdi.
"- Si," dit Imelda, souriante. "- Bonne chance."

Et voilà ! J'espère qu'il vous a plu ! La chanson qu'Ernesto interprète est bien celle du film, sans la chute dans la piscine comme Miguel bien sûr :p