Heeeey coucou tout le monde ! J'espère que vous allez bien ! Pour ma part c'est en demi-teinte, ça fait depuis mardi dernier que ma fac est en blocus contre la loi qui sélectionne à l'entrée des universités, et ça doit durer jusqu'à vendredi prochain (c'est à dire pendant la semaine de mes partiels... -_- et ensuite l'année est terminée !) j'en ai un peu marre même si je suis d'accord avec les bloqueurs !
Enfin bref, place aux reviews et à la fanfiction ^^ Je suis contente qu'elle vous plaise toujours autant ! Personnellement plus ça va plus je trouve Imelda insupportable à se fâcher tout le temps, au bout d'un moment c'est exagéré quoi xD Hector a bien raison de la chambrer comme ça !
"- Alors, cette chanson, elle avance ?"
Hector ne leva pas les yeux de sa guitare lorsqu'Ernesto s'approcha. Il était allé sur la plaza pour lui échapper, mais visiblement l'homme l'avait cherché. Hector continua de jouer son air mélancolique. Ce qu'il ressentait se traduisait toujours dans sa musique. Aujourd'hui, il était plutôt agacé, voire déprimé, et c'était ainsi que sa musique sonnait. Parfois, le jeu de cordes tournait en une vraie mélodie si son humeur persistait, mais pour le moment ce n'était qu'une suite d'accords hasardeux.
Ernesto s'assit à côté de lui. "- Ca ne sonne pas vraiment comme une chanson d'amour," remarqua-t-il.
Hector ne répondit pas, et ne lui jeta pas même un regard.
Ernesto se pencha en avant pour chercher son regard. "- Tu m'en veux toujours ?"
Hector garda le silence et continua de jouer, gardant le regard obstinément fixé sur ses doigts qui bougeaient le long de cordes. Ernesto se repencha alors en arrière. "- Je vais prendre ça pour un oui."
Hector continua ses accords en restant en rythme.
Ernesto soupira : "- Ca aurait pu être pire," dit-il. "- Elle aurait pu te frapper pour de bon avec cette chaussure."
Hector tenta un accord en A mineur.
"- Et sa mère t'a beaucoup apprécié," fit remarquer Ernesto. "- Je crois même qu'elle t'a préféré à moi."
Peut-être un B bémol ?
"- Et tu pourrais au moins admettre qu'Imelda est vraiment belle lorsqu'elle se fâche : ses joues deviennent rouges et son nez se fronce."
Hector pinça toutes les cordes les unes après les autres à un rythme régulier.
"- Elle a une vraie flamme en elle. C'est fascinant. Je n'avais jamais rencontré une femme avec autant de passion. Je me demande si je pourrais la tourner vers moi."
Les accords d'Hector devinrent plus rapides et fiévreux.
"- Bref, je pense que cette soirée s'est plutôt bien passée," déclara Ernesto. "- Bien sûr, ça a été plutôt agité au départ, mais je pense que tu te fais juste trop de noeuds au cerveau. Ce n'était pas si terrible."
C'en fut trop pour Hector. Il s'arrêta enfin de jouer et fit face à Ernesto. "- Pas si terrible ? Ernesto, pendant que tu crânais à propos de ta tournée - si on peut l'appeler ainsi - est-ce que tu t'es au moins rendu compte qu'Imelda s'en fichait complètement ?"
Ernesto se mit à rire. "- Impossible ! Je suis un conteur tout ce qu'il y a de plus passionnant.
- C'est la vérité. Elle a passé la soirée à me fixer. Enfin, elle était plutôt en train de me fusiller du regard, mais bref. Elle n'a rien écouté de tes bêtises était plus occupée à essayer de me mettre mal à l'aise."
Ernesto fronça les sourcils, cherchant à s'en rappeler. "- Non... Tu dois te tromper.
- Et sa mère t'a à peine adressé la parole," fit remarquer Hector. "- Tu ne prends pas ça comme un mauvais signe ?
- Je t'avais demandé de la distraire, non ?," répondit Ernesto. "- C'est ce que tu as fait. Je la voulais hors du passage."
Hector secoua la tête, désemparé. "- Ernesto, permets-moi de te dire les choses telles qu'elles sont : tu m'as emmené au rendez-vous le plus humiliant de ma vie avec une fille plus occupée à me faire sortir de mes gonds qu'à faire des projets avec toi... ou n'importe quel homme.
- C'est faux," dit Ernesto en se levant. "- Imelda a toujours adoré être au milieu de mes attentions.
- Comme n'importe quelle autre fille que tu aies pu courir," répondit Hector en fronçant les sourcils. "- Je pense que celle-ci est différente de toutes les groupies avec lesquelles tu flirtes d'habitude."
Le visage d'Ernesto se durcit. "- Je peux savoir ce que ça signifie ?"
Hector retourna à sa guitare, son air rembruni devenant une véritable expression coléreuse. "Ca signifie, que je pense qu'elle mérite mieux que de se faire briser le coeur par quelqu'un qui ne s'intéressera plus à elle d'ici la fin de la semaine."
Ernesto se redressa en émettant une inspiration indignée. Il pointa le doigt vers Hector et ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose. Finalement, il lui tourna le dos et s'éloigna vers l'auberge, le nez en l'air.
Hector secoua la tête, l'irritation grimpant dans sa poitrine une nouvelle fois. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Il perdait rarement patience, encore moins avec Ernesto. Il n'avait pas voulu dire ces mots. C'est juste qu'il se sentait tellement contracté ces derniers jours. Pourquoi ? Il n'arrivait pas à trouver de raison.
Il recommença à enchaîner les accords, sa confusion et sa colère résonnant dans les cordes.
Alors qu'il continuait de jouer, quelques enfants déboulèrent en courant derrière un ballon sur la place. Hector les regarda la lançer et se la passer les uns aux autres en riant sans discontinuer. Des images de lui et Ernesto il y a des années lui vinrent en tête. Ils jouaient tout le temps dans les rues comme ces enfants, avec un ballon, ou juste une poignée de bâtons qu'ils s'amusaient à sauter, ou en faisant la course. Il se rappela qu'une fois, ils avaient voulu construire un château avec des bouts de ferraille qu'ils avaient trouvé dans la rue. Il avait fini par s'écrouler, mais cela avait été drôle de le construire. Ils avaient aussi passé beaucoup de temps à faire enrager le Vieux Mateo. Ils jetaient des petits cailloux contre sa porte jusqu'à ce qu'il l'ouvre pour voir qui était là, et s'enfuyaient avant qu'il les aperçoive. Il y avait une fois où il les avait surpris et les avait poursuivis dans toute la rue en leur criant après. Hector et Ernesto avaient eu la peur de leur vie en voyant le vieux grincheux édenté leur courir après comme un taureau en les menaçant de son balai.
Sans qu'il s'en aperçoive, les accords d'Hector étaient devenus un peu plus légers et dansants en repensant à ces vieux souvenirs. Il s'arrêta un instant, content de lui. Au moins, il ne se sentait plus aussi lugubre que tout à l'heure. Il continua son air entraînant, puis regarda les enfants qui s'amusaient, essayant de faire revenir encore d'autres souvenirs d'Ernesto et lui quand ils s'étaient petits.
Il y avait aussi cette fois où ils avaient fait la course dans la rue et Ernesto s'était arrêté brusquement pour laisser passer une voiture, et Hector lui était rentré dedans. Il avait perdu sa première dent ce jour-là. Il en avait ressenti une grande fierté car il l'avait perdue avant Ernesto.
"- Vous jouez trop bien, senor."
Les souvenirs d'Hector s'évaporèrent en voyant l'enfant qui se tenait devant lui. Il n'avait sûrement pas encore dix ans. Il était petit et maigre, avec un regard attachant et un sourire auquel il manquait quelques dents. Il rappelait Hector à lui-même lorsqu'il avait eu le même âge.
"- Merci, chamaco," dit-il en lui souriant. "- Je fais de mon mieux." (chamaco = gamin)
Un autre enfant, une petite fille qui devait avoir le même âge, s'approcha derrière lui. "- Vous pourriez jouer une chanson pour danser, senor ?," demanda-t-elle avec espoir, oscillant sur ses pieds.
"- Une chanson pour danser ?," répéta Hector en levant les sourcils.
"Si !," s'écrièrent les autres enfants en s'approchant.
Hector leur sourit. Comment aurait-il pu décevoir un public aussi enthousiaste ? "- Très bien, je vais jouer pour vous. Mais d'abord, je dois vous dire un secret..." Il se pencha en avant et les enfants s'approchèrent, les yeux écarquillés. Hector releva un peu sa guitare pour qu'ils puissent mieux la voir. "- Cette guitare n'est pas ordinaire," dit-il, "- Elle est spéciale.
- Spéciale ?," demanda l'un des enfants.
"- Si," répondit Hector. "- Vous voyez, elle ne joue qu'en fonction de ce que vous pensez. Donc si vous êtes heureux..."
Il joua un accord rapide et rythmé.
"- Ou triste..."
Il fit cette fois un air mélancolique et lent.
"- Ou fâché..."
Il créa un accord rapide et fiévreux.
"- La guitare le saura," dit Hector en caressant le bois verni.
"- Mais c'est toi qui en joue," fit remarquer l'un des garçons.
"- Ah, mais je dois obéir à la guitare," expliqua Hector. "- Nous sommes connectés.
- C'est une guitare magique ?," demanda l'une des fillettes, fascinée.
Hector gloussa. "- C'est un peu ça," répondit-il. Puis il prit sa guitare. "- Donc tant que vous serez joyeux et que vous vous amuserez, la guitare aussi." Il fit un clin d'oeil aux enfants. "- Vous êtes prêts ?
- Si !," s'écrièrent-ils.
"- Bueno !," cria-t-il en commençant à jouer.
Et voilà !
Désolée Dinachhaya, ce n'est pas encore maintenant qu'Ernesto sera démasqué ! :p La petite dispute entre Hector et lui fait du bien n'empêche ^^
Allez, see you next week ! :D j'ai hâte de voir vos avis ! La bise !
