Hello hello chèr/es lecteur/ices !

J'espère que vous passez une bonne semaine ! Le soleil est enfin de retour, avec les températures qui vont bien avec, on a plafonné à vingt-huit degrés aujourd'hui ! De plus, j'ai appris des choses sur mon cheval alors que j'avais perdu l'espoir de les savoir donc je suis joie ces derniers jours !

Mon humeur s'accorde d'ailleurs bien avec ce chapitre, j'espère sincèrement qu'il vous plaira ! Bonne lecture donc, on se retrouve à la fin !

Imelda chantonna pour elle-même en même temps qu'elle marchait. Elle essayait de ne pas penser au dîner gênant de la soirée précédent et se concentra sur la musique qui lui trottait dans la tête. Ou plutôt, autant qu'elle le put, car l'air qui s'échappa de ses lèvres la trahit. Elle essayait de la rendre enjouée, mais au bout de quelques phrases cela semblait plus énervé et agressif qu'autre chose. Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ? Pourquoi cela l'agaçait-il autant ? Elle avait toujours eu un fort caractère, mais ces derniers temps il avait été plus à fleur de peau, prêt à exploser n'importe quand.

Après qu'Ernesto et son ami aient quitté les lieux, elle avait réalisé combien la tension avait pu s'accumuler dans la pièce et elle avait senti le lourd poids sur ses épaules la quitter. Elle n'arrivait pas à comprendre. Etait-elle si attirée par Ernesto que la simple présence de son ami la dérangeait ? Et pourquoi cela la dérangeait-il autant ? Il n'avait pourtant rien fait de mal en réalité. Il était juste... différent des autres hommes qu'elle avait pu rencontrer. Et c'était insupportable ! Elle enrageait de ne pas avoir réussi à le cerner à l'instant. Elle avait passé le repas entier à le fixer pour essayer de lire en lui, en vain.

Pas comme Ernesto. Ernesto était simple à comprendre. Il était beau et charmant. Il disait ce qu'il pensait. Il avait peut-être un peu la grosse tête, c'était même assez évident, mais il était très passionné et semblait sincèrement l'apprécier. Il n'était pas un idiot de cornichon qui lançait des blagues nulles. Non, Hector était... il était...

Il était simplement lui-même.

Imelda sursauta à cette révélation. C'était ça ! Ernesto faisait des efforts pour l'impressionner, mais ce n'était pas le cas d'Hector. Imelda soupira et se gifla intérieurement. Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ? C'était exactement ce dont elle s'était plainte. Elle détestait que les hommes mettent des masques pour l'impressionner avec des compliments inventés. Et puis, Ernesto était arrivé, c'était exactement ce qu'il avait fait et elle y avait cru. Hector n'en avait rien fait et elle s'était fâchée après lui pour cette raison.

Elle soupira à nouveau, arrêtant de chantonner. Elle devait s'excuser. Cette simple idée lui faisait se recroqueviller ses orteils dans ses chaussures, mais elle savait qu'elle le devait.

Elle passait justement sur la place quand elle entendit de la musique qui en provenait. C'était plus joyeux et rythmé que les sempiternelles ballades qu'elle y entendait. Elle se demanda ce qui se passait et décida d'aller voir de plus près. Peut-être que l'un des candidats du concours était en train de s'entraîner, ou quelque chose comme ça.

A sa grande surprise, elle trouva un groupe d'enfants en train de danser, tournoyant et tapant des mains au rythme de la musique. Sur la scène se tenait nul autre qu'Hector, jouant de sa guitare nacrée avec joie et tapant du pied pour donner la cadence. Il chantait un air entraînant pour accompagner ce qu'il jouait.

Aun vivimos en las esquinas / Je vis toujours dans ces recoins

de nada / vides

Entre el norte y el sur de la estaciones / Entre le nord et le sud

Seguimos durmiendo / Je dors toujours

Abrazando almohadas de piedra / Embrassant mon oreiller de pierre

Como nuestros padres / Comme mon père auparavant

Padres / Comme mon père

Perseguimos la mismas nubes / Je poursuis les mêmes nuages

Y reposamos bajo la sombra de las acacias desnudas / Allongé à l'ombre de l'acacias dénudé

Nos bebemos el te à sorbos de fuego / Je bois le thé brûlant à petites gorgées

Caminamos descalzos para no espantar el silencio / Et marche pieds nus pour ne pas briser ce silence

Y a lo lejos / Et au loin

Y a lo lejos / Et au loin

En las laderas del espejismo / Sur les pentes du mirage,

Todavia miramos, como cama tarde / Je regarde toujours, comme un spectacle sans âge

Las puestas de sol en el mar / Le coucher de soleil sur la mer

Y la misma mujer que se detiene / Et la même femme qui s'arrête

Sobre las atalayas del crepusculo / Sur les tours de guet du crépuscule

En el centro del mapa nos saluda / Au milieu de son trajet me salue

Nos saluda y se pierde / Me salue et se perd

Nos saluda y se pierde / Me salue et se perd

En los ojos de un nino que sonrie / Sous les yeux de l'enfant qui sourit

Desde el regazo de la eternidad / Depuis cette tour éternelle

Eternidad / Eternelle

Aun esparamo la aurora siguiente / Je continue de partager cette aube jour après jour

Para volver a comenzar / Comme un recommencement

Hijos del sol y del viento ! / Moi, l'enfant du soleil et du vent !

Hector finit la chanson avec un geste dramatique sur les cordes. Les enfants se mirent à applaudir et pousser des cris d'allégresse, en demandant une autre. Ils sautillaient tous d'excitation tout en riant. Imelda ne les avait jamais vus aussi heureux.

"Oh, s'il vous plaît, senor ! Juste une !," supplia l'un des enfants.

Hector rit. "- Vous n'êtes toujours pas fatigués ? Ca fait bientôt deux heures que vous dansez !

- Non !," s'écrièrent-ils énergiquement.

"- J'imagine que c'est moi qui vieillit, dans ce cas," déclara Hector. Il se courba et contracta son visage. "- Oh, mes petits ninos," dit-il d'une voix rauque, "- Votre pauvre Hector devient trop vieux pour vous jouer de la guitare." Il regarda aux alentours avec les yeux plissés. "- Est-ce que quelqu'un a vu mes lunettes ? J'ai bien peur de bientôt devoir rejoindre nos ancêtres dans le pays des morts, je suis tellement vieux !"

Tous les enfants éclatèrent de rire.

"- S'il vous plaît, Senor Hector," dit-un garçon en s'avançant. "- Juste une ?"

Hector lui sourit chaleureusement et lui ébouriffa les cheveux. "- D'accord, muchacho. Mais c'est la dernière."

Les enfants poussèrent des cris de joie et se précipitèrent pour se mettre en position. Imelda ne put s'empêcher de sourire à cette vue. Hector recommença à jouer, cette fois sur un rythme un peu plus lent. Il ne chanta pas, permettant aux enfants de danser au rythme qui leur plaisait.
Imelda choisit ce moment pour s'approcher. "- Tu n'as pas vraiment l'air si proche de rejoindre le pays des morts," remarqua-t-elle.

Sa présence soudain le fit sursauter et il rata son accord. Il se rattrapa vite et continua de jouer en fixant son regard sur les enfants. "- Pour un enfant de dix ans, avoir dix-sept ans c'est être adulte. Tu as déjà un pied dans la tombe," répondit-il.

"- J'imagine, oui," répondit Imelda.

Il y eut un silence pendant lequel Hector continuait de jouer. Imelda l'écouta, peu sûre de ce qu'elle devait faire. Elle dit finalement : "- Tu sais, je viens de réaliser que je ne t'avais jamais entendu jouer jusqu'à maintenant."

Il ne répondit pas. "- Tu joues bien."

Il leva un sourcil et la regarda, un sourire jouant sur ses lèvres. "- Est-ce que c'était un compliment ?"

Imelda sentit ses joues chauffer. "- Eh bien euh... ta voix n'est pas aussi profonde et riche que ce que j'ai déjà pu entendre, mais ce n'est pas si affreux."

Hector rit. "- Tu as réussi à être presque sympa pendant une minute."

Imelda insista. "- Mais je le suis !

- Ah, vraiment ?," demanda Hector avec un petit sourire.

"- Oui !

- Alors continue, complimente-moi sur quelque chose sans te corriger ou le retourner," la défia Hector avec un sourire sournois.

Imelda lui lança un regard noir. "- Il n'y a rien à complimenter chez toi.

"- Tu vois ? Tu recommences à être méchante."

Imelda grogna d'agacement. Agacement qu'il lui ait trouvé un défaut, agacement envers elle-même pour avoir ce défaut, et agacement envers lui parce qu'il avait raison.

"- Allez," dit-il. "- Juste un petit. Ca te fera un bon entraînement."
Imelda mit son menton dans sa main, cherchant quelque chose à souligner chez lui. Elle avait déjà admis ses qualités musicales, qui l'avaient d'ailleurs surprise. La première fois qu'elle l'avait rencontré, elle avait tout simplement fait la conclusion qu'il était mauvais. En réalité, son jeu était vraiment fluide, et il semblait bien savoir ce qu'il faisait de son instrument. Et il avait une belle voix. Comme elle avait dit, elle n'était pas aussi puissante et riches que d'autres voix qu'elle avait entendues auparavant, mais elle était cependant agréable. C'était le genre de voix à qui des ballades ou une douce chanson d'amour conviendraient bien, pas la chanson dansante qu'il avait interprétée juste avant.

Non, elle ne parlerait pas encore de musique. Elle était bien trop critique et dans l'analyse sur ce point. Elle allait encore probablement retourner ses mots. Quoi d'autre ?

Elle l'observa lui sourire alors qu'il continuait de jouer. Elle remarqua que son sourire était légèrement tordu. Elle ne l'avait jamais remarqué. Elle avait toujours été trop occupée à lui crier dessus pour voir réellement les détails qui le composaient. Maintenant qu'elle y pensait, son sourire lui correspondait bien : inhabituel et communicatif.

Elle décida de partir là-dessus. "- Tu as un beau sourire," dit-elle.

"- Ah, mi muy guapo, eh ?," dit-il avec un clin d'oeil. (mi muy guapo = je suis très beau)

Imelda rougit. "- Je n'ai pas dit ça !"

"- Allez, Imelda. Avoue juste que je suis le plus bel homme que tu aies jamais rencontré," dit-il en souriant.

"- Je n'admettrai jamais ce genre de choses !

- Donc tu dis qu'il y a bien quelque chose à admettre, mais tu veux le garder pour toi ?"

Imelda le fusilla du regard. "- Tu es insupportable !

- Gracias," répondit-il avec un sourire taquin.

Imelda était prête à tourner les talons, la tête haute, puis se rappela pourquoi elle était venue au départ. "- Ecoute," dit-elle, les mains sur les hanches. "- Je suis venue pour te parler.

- A moi ?!," répondit Hector avec un air exagérément choqué. "- Pour quoi dire ?"

Imelda soupira. Pourquoi fallait-il qu'il rende les choses si compliquées ? "- J'ai réalisé que j'ai peut-être... surréagi hier soir. Et peut-être aussi toutes les fois où l'on s'est vus."

Hector la regarda, cette fois sincèrement surpris. "- Vraiment ?"

Imelda soupira à nouveau. "- J'ai réalisé que - la plupart du temps - tu ne faisais pas exprès de m'énerver. Tu étais juste toi-même. Et j'ai toujours dit à ma mère que que j'aimerais que les hommes soient eux-mêmes avec moi. Tu es le premier à l'avoir été depuis longtemps, et je t'ai lancé une chaussure pour cette raison.

- Tu m'as aussi frappé avec cette chaussure," fit-il remarquer.

Imelda sourit à ce souvenir. "- Si," répondit-elle. "- C'est de ça que je parle. J'ai été vraiment brutale avec toi et je... je... je suis..."

Hector la regarda dans l'attente, les sourcils levés. Imelda inspira profondément, "- Je voulais juste te dire que je suis..." Elle contracta son visage, "désolée."

Hector lui fit un demi-sourire. "Excuses acceptées."
Puis il acheva sa chanson. Ils entendirent tous les deux les enfants laisser échapper un "Oooooh !" de déception. Hector rit. "- Allez, allez ! Rentrez chez vous," dit-il en faisant un geste du bras. "- Vos mamas vons s'inquiéter. Ne vous en faites pas, je serai encore là demain."

Les enfants s'exécutèrent à contrecoeur et commencèrent à s'éloigner de la plaza. Imelda pencha la tête, souriant. "- Tu es gentil de jouer pour eux."

Hector haussa les épaules. "- Eh, j'adore les enfants," répondit-il. "- Ils ont quelque chose, tu vois ? Il n'y a pas de prétention ni de mensonges. Ils disent ce qu'ils pensent et ce qu'ils veulent sans tourner autour du pot. Ils sont juste innocents et heureux. Tu aimerais qu'ils restent comme ça... mais c'est impossible. A la fin, on grandit et on doit faire face à la réalité."

Imelda le fixa, déconcertée. "- Je vois ce que tu veux dire," dit-elle doucement. Elle s'assit à côté de lui et et posa son menton dans ses mains. "- La vie était plus simple avant que toutes ces responsabilités et ces attentes n'arrivent.

- Non pas qu'on ne puisse pas les supporter," dit Hector.

"- Bien sûr que non," acquiesça Imelda.

"- C'est juste que...

- Parfois...
- J'aimerais que...
- Ce serait mieux si...
- On ne les avait pas toujours sur les bras," finirent-ils en même temps.

Ils se regardèrent, surpris. Jamais de sa vie Imelda n'aurait cru avoir une connexion avec quelqu'un comme Hector Rivera. Et pourtant, c'était bien le cas. Il semblait tout aussi étonné qu'elle. Leurs regards s'adoucirent lorsqu'ils se regardèrent, comme s'il pensaient "Cette personne n'est peut-être pas celle que je croyais."

Imelda se sentit rougir à nouveau sous son regard, et se leva rapidement. "- Je dois rentrer," dit-elle. "- Ma mère doit se demander où je suis. Et Don Julian doit passer à la maison.

- Don Julian ?", demanda Hector.

"- Encore un prétendant," expliqua-t-elle. "- Un homme riche qui vit hors de la ville. Il est déjà venu deux ou trois fois."

Hector sourit. "- A ta tête, j'ai l'impression qu'il est le gagnant."

Imelda pouffa. "- Il n'est pas si horrible, c'est juste...," elle s'arrêta, faisant un mouvement vague de bras. Elle n'arrivait pas à trouver le mot juste pour le décrire sans se trahir.

Hector hocha la tête, l'air de comprendre. Puis il sourit d'un air malicieux. "- Est-ce qu'il a déjà chanté pour toi ?"

Imelda leva un sourcil sous la moquerie, mais s'amusa de sa blague pour cette fois. C'était quand même assez ridicule lorsqu'elle pensait au nombre d'hommes venus chanter pour elle, même amusant. "- Pas encore, mais je pense que c'est ce qu'il a prévu de faire ce soir."

Hector s'adossa et posa sa guitare à côté de lui. "- Il faudra que tu me racontes. Je dois savoir contre quel genre d'adversaire Ernesto va se mesurer."

Imelda lui sourit. Pas un sourire de façade, de moquerie, ou sarcastique. Un vrai sourire sincère. "- Bien sûr," répondit-elle.

Qui l'aurait cru ?! La hache de guerre est enfin enterrée entre nos deux (futurs) tourtereaux !

La chanson d'Hector a été légèrement réadaptée par classicdisneyFTW (l'auteure originale de la fanfiction) du poème Hijos del sol y del viento par Mohammad Ebnu :)

Merci encore de continuer à lire ma traduction, cela me motive pour finir de la traduire ! Nous en sommes actuellement à la moitié de la fanfiction avec ce douzième chapitre ! la fanfiction sera donc probablement achevée en juin ^^ je risque de changer le jour de publication les deux premières semaines de mai car je vais travailler et ne pourrai sûrement pas publier le jeudi ! Ce sera sûrement pour le mardi ^^

Bonne fin de semaine à vous !