Holà a todos ! :D

J'espère que vous avez passé un bon début de semaine (et de bonnes vacances pour les français !)

On se retrouve pour un nouveau chapitre où Imelda est donc confrontée à son prétendant Don Julian... j'espère qu'il vous plaira !

Imelda s'assit sur le banc du jardin, les mains sagement posées sur ses cuisses. De manière inattendue, Don Julian l'avait invitée à visiter sa propriété ce soir, ce que sa mère avait bien sûr accepté à sa place, ne lui laissant pas le choix.

Il lui avait déjà fait faire le tour, et devinez quoi, même sa maison était complètement terne ! Il n'y avait aucune décoration à part de longs rideaux noirs. Au moins, tout était bien rangé, mais il n'y avait même pas de meuble en trop, pas d'ornements, pas de chandeliers, pas de peintures à part un portrait de lui et toute sa famille dans le boudoir, ni même de couleurs. Mis à part la taille de la maison, rien ne laissait deviner que Don Julian était riche.

Comme pour rendre les choses pire encore, Don Julian ne lui avait pas seulement fait visiter les lieux, il lui avait aussi expliqué comme se déroulaient les journées et tenté de la familiariser aux domestiques, personnels de son ranch, et toute personne susceptible de travailler ou passer par là. C'était comme si ils avaient déjà été mariés et qu'il voulait lui montrer son nouveau foyer. Il attendait déjà d'elle qu'elle se comporte comme la maîtresse de maison. Imelda frissonna à cette idée. Elle ne pouvait toujours pas s'imaginer mariée à un homme pareil. Elle ne s'était jamais considérée comme quelqu'un de fêtard ou extravagant - ou pas plus que quelqu'un d'autre - mais à côté de lui elle avait l'impression d'être une boute-en-train.

Maintenant, Imelda était assise dans le jardin, attendant que Don Julian revienne. Il lui avait demandé de s'asseoir et l'attendre pendant qu'il retournait à l'intérieur, car il avait une surprise pour elle. Imelda était un peu inquiète de ce dont il pouvait s'agir. Elle entremêla ses doigts sur le dessus de ses cuisses.

"- Mi amor !", la voix monotone de Don Julian résonna derrière elle.

Imelda soupira et se retourna. Elle se retrouva face à Don Julian agenouillé, mais ce qui la sidéra le plus fut sa tenue. Il était vêtu d'un costume de mariachi bleu vif, avec un énorme sombrero assorti. On aurait dit qu'il voulait faire la publicité de sa tenue : comme s'il avait eu une vague idée de ce à quoi un mariachi ressemblait, et avait acheté ce qui correspondait à son imagination. C'était une tenue ridiculeusement clichée, et Imelda eut beaucoup de difficultés à réprimer un fou rire alors qu'il prenait sa guitare et se mettait en position.

Il sembla prendre le regard perplexe d'Imelda pour une permission de commencer à jouer, car c'est ce qu'il fit. Et Imelda eut du mal à y croire. Elle ne pouvait pas y croire ! Même son jeu de cordes était monotone ! Elle avait espéré que sous cette moustache et son air sans vie, il se cachait une âme passionnée qui ne pouvait s'exprimer qu'à travers la musique... mais non. Non ! Il était barbant de bout en bout.

Il commença à chanter et elle eut envie de se laisser tomber en arrière en grognant d'agonie, tellement c'était pénible. Il n'était pas mauvais à proprement parler ; il chantait juste, et faisait tout ce qu'il était supposé faire. Mais c'était juste... barbant. Il ne mettait aucune vie ni aucun esprit dans ce qu'il disait.

Imelda resta parfaitement stoïque, les mains sur les cuisses et un faux sourire plaqué sur le visage. Pourquoi moi ?, se demanda-t-elle, à l'agonie.
Elle continua de l'observer pendant qu'il chantait. Il se déhanchait à peine en rythme, ni ne tapait du pied pour marquer la mesure, et ne parlons même pas de danser. Elle pensa aux enfants qu'elle avait vus danser sur la place plus tôt dans la journée, et comme ils étaient heureux de ressentir la musique. Pourquoi Don Julian ne pouvait-il pas être comme ça ? Un peu d'enthousiasme, un peu de joie ! Elle se rappela Hector chantant sur la plaza aussi. Il avait le feu et la passion. Pourquoi Don Julian n'était-il pas pareil ? Imelda se surprit elle-même à cette pensée. Elle devait vraiment être désespérée pour souhaiter que quelqu'un ressemble davantage à Hector.

Mais plus elle y pensait, plus elle se disait que c'était vrai. Hector avait de la passion, pas moyen de le nier. Et c'était ce qui faisait de lui un bon musicien. Imelda s'absorba dans cette analyse, à la fois afin de se distraire de l'assommante performance de Don Julian, et aussi parce qu'elle était un peu curieuse. Peut-être était-ce la raison pour laquelle Hector et elle se disputaient tellement. Ils étaient tous les deux passionnés, d'une manière différente l'un de l'autre. Imelda n'avait pas l'habitude de trouver quelqu'un d'aussi fiévreux qu'elle, et peut-être que lui non plus.

"- Olé !", acheva Don Julian avec un mouvement grandiloquent, ou plutôt une tentative de mouvement grandiloquent, car cela ressembla plus à un geste désolé à la mort de quelqu'un.

Imelda tenta de sourire par-dessus sa grimace. "- Oh, Don Julian, c'était...," elle chercha désespérément ses mots. "- Ca n'avait rien à voir avec tout ce que j'ai pu entendre jusqu'à maintenant."

Don Julian ne remarqua pas le double-sens de sa phrase et sourit sous sa moustache, bien que ses yeux tombent sans aucune vie. Il s'approcha plus près d'elle et prit sa main. Imelda prit une grande inspiration. Cela promet d'être intéressant, pensa-telle.

"- Senorita Imelda," commença-t-il sèchement, "- Dès le moment où j'ai entendu votre prénom, j'ai su que vous étiez spéciale."

Imelda leva un sourcil. Son prénom n'était pas si unique. Il ne disait rien à propos d'elle ni de sa personnalité, ou même de sa beauté.

"- Et puis je vous ai vue pour la première fois, et j'ai su que vous seriez la femme avec qui je voudrais partager ma vie à jamais."

Imelda déglutit. Elle s'y était attendue, mais n'était toujours pas prête. Il continua dans sa voix monotone habituelle. "- Vous êtes la plus belle femme que j'aie jamais vue. Et je pense que votre esprit fier est ce dont cette maison a besoin pour la tenir."

Quelle horreur ! Imelda ne voulait même pas imaginer son "esprit fier" dans cette maison, encore moins avec lui en tant que mari. Elle deviendrait folle en moins d'une semaine. Elle n'avait pas besoin d'une énorme propriété et d'un mari richissime pour être heureuse. Elle pourrait parfaitement vivre heureuse en étant pauvre tant que son mari l'aimerait en retour, qu'elle pourrait tenir la maison comme elle le voudrait, et qu'elle sentirait qu'elle avait une raison de vivre.

Don Julian ne sembla pas sentir la détresse d'Imelda et commença à lui embrasser la main. "- S'il vous plaît, mi amor," dit-il entre deux baisers. "- Voulez vous être ma femme ?"

Imelda se raidit. Non, non, non ! C'était horrible ! Que devait-elle faire ? Il commença à remonter ses baisers le long de son bras, de son épaule, son cou. Les yeux d'Imelda s'écarquillèrent lorsqu'il arriva à sa joue. C'est sa bouche qu'il embrasserait ensuite !

Elle se dégagea de sa prise. "- Ah, Don Julian," dit-elle gentiment, essayant de masquer sa panique grandissante sous une fausse douceur, "- Vous êtes si généreux, je ne sais pas quoi vous dire.

- Dites oui, mi amor !," répondit Don Julian.

Imelda rit nerveusement. cherchant désespérément une issue logique qui ne soit pas trop brutale. "- C'est juste que...", elle dit la première chose qui lui vint en tête. "- ... j'en sais si peu à propos de vous."

Don Julian sembla confus par cette réponse. "- Qu'y a-t-il à savoir ? Je suis riche, et je possède tout ce que vous pourriez désirer."

C'était discutable. "- Si, mais qu'est-ce que vous aimez ou n'aimez pas ? Où êtes-vous né ? Comment sont vos parents ? Où avez-vous appris à jouer de la guitare ? Aimez-vous les animaux ? N'importe quoi !"

Don Julian sembla y réfléchir. Imelda continua. "- Votre proposition est très généreuse et vous me flattez. Je sais que c'est ce que ma mère souhaite mais... je ne peux pas l'accepter."

La mâchoire de Don Julian sembla se décrocher. Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, il semblait montrer un peu d'émotion. "- Je comprends," dit-il, la voix toujours aussi sèche. "- Peut-être avec plus de temps ?"

Imelda secoua la tête. "- Je n'en sais rien," répondit-elle. "- Je ne vous promets rien."

Don Julian hocha la tête. "- Je respecterai vos voeux," dit-il, l'amertume se ressentant presque dans sa voix.

Imelda acquiesça et lui caressa gentiment la joue. "- Buena noche, Don Julian."

Puis elle se détourna et retourna vers l'Hacienda.

Et voilà ! Le chapitre est un peu court, mais le prochain arrivera mardi et sera bien plus long, et l'un de ceux que j'ai adoré traduire ! J'espère qu'il vous plaira autant qu'à moi ^^

Pauvre Don Julian quand même ! A la place d'Imelda j'aurai réagi de la même manière, mais je compatis un peu quand même !

N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me donner votre avis sur la rédaction ou l'avancée de la fanfiction !

Merci à vous d'avoir lu et à mardi !