Hector soutenait une Imelda à demi-consciente pendant qu'ils marchaient vers sa maison. Elle marmonnait les vers de La Llorona, la tête dodelinant avec des cheveux pendant devant son visage. Elle émit soudain un rire reniflant peu séduisant. "- Je me demande ce que mes prétendants penseraient de moi," fit-elle.
Hector sourit. "- Je pense que s'ils t'aiment autant qu'ils le disent, il verront ta belle âme à travers ton air d'ivrogne."
Imelda sourit, les yeux mi-clos. "- Tu... tu trouves que j'ai une belle âme ?
- Je n'ai pas encore décidé."
Imelda émit un "hum" de contentement, puis trébucha sans raison apparente. Hector raffermit son étreinte sur elle. "- Tu as besoin que je te porte ?
- Pitié !," déclara-t-elle, les mots rendus pâteux par l'alcool. "- Je suis paaarfaitemeeent capable de... rentrer seullle. Je ne vois mêmmme pas pourquoi... tu me raccompagnnes à la base.
- Parce que tu es saoûle," répondit Hector.
"- Je n'ai pas tant bu que ça.
- Vraiment ? Combien ai-je de doigts ?," demanda Hector en levant trois d'entre eux.
Imelda plissa les yeux. "- Trois," répondit-elle au bout d'un moment de contemplation.
"- De quelle couleur est le ciel ?
- Rose."
Hector leva un sourcil dans sa direction et elle roula des yeux. "- Bien sûuur qu'il est bleu ! J'suis pas bourrée au point de plus voir les couleuuurs !
- En fait, il est plutôt noir en ce moment," fit remarquer Hector.
Imelda leva les yeux vers le ciel couleur d'encre et pailleté d'étoiles. Elle s'appuya contre son torse en guise de support et continua de regarder en l'air. "- Hmm, effectivement," répondit-elle en posant la tête sur son épaule. "- Magnifique."
Elle resta ainsi un moment, admirant la vue. "- J'ai toujours voulu écrire une chanson sur les étoiles," commenta Hector.
"- Et pourquoi tu l'fais pas ?," lui demanda-t-elle après un hoquet.
Hector émit un rire moqueur. "- Est-ce que tu as déjà écrit une chanson ? Ca n'a rien de facile.
"- Nooon, mais je t'ai déjà entendu joueeer et je pense... que tu as plusss de talent que tu ne veux l'avouer... tu penses que tu as besoin d'aller là-bas... ou attendre le bon moment pour écrit la chanson parfaittte... mais je penssse que tout ce dont tu as besoin est déjà en toi," dit-elle en tapant du doigt dans sa poitrine.
Hector la regarda d'un air curieux. "- Tu es encore en train de me complimenter."
Imelda haussa les épaules. "- Et aloors, qu'est-ccce que ça peut faire ?"
Hector pencha la tête. "- Je n'ai pas l'habitude. L'alcool doit encore faire de l'effet. On devrait peut-être rentrer avant que tu t'évanouisses à nouveau.
- Non !," s'écria Imelda, dégageant son bras de sa main alors qu'il essayait de l'écarter de lui. "- Je n'ai jjjamais été aussi lucide ! Tu es l'homme le plus gggentil... le plus sincère que j'ai jjjamais rencontré." Elle écarta les bras en un mouvement exagéré. "- C'est tout ce que je recherche ! J'ai juste été trop fâchée après toi... pour m'en rendre compte."
Hector fronça les sourcils. "- Tu commences à dire n'importe quoi. Et Ernesto ?"
Imelda soupira d'un air dramatique. "- Qu'est-ce qu'Ernesto a fait pour moi depuis qu'j'l'ai rencontré ? C'est juste une grande bouche...," elle le fixa intensément. "- Est-ce qu'il m'écrit cette chanson, au moins ?
"- Il euh... il y travaille," déclara Hector.
"- Hmm," répondit Imelda, peu convaincue.
Elle s'écarta de lui et chercha son équilibre. "- Je vais faire le ressste de la route seule, muchas gracias !
- Mais Imelda-
- N'essssaie même pas de me suivre ! Sinon, je te fffrappe si fort que tu oublieras touuuus les accords que tu connais."
Hector la crut. Elle souleva ses jupes et commença à vaciller vers l'avant. Hector s'écarta et la laissa faire. Elle leva le nez et s'éloigna. Il l'observa jusqu'à ce qu'elle disparaisse de sa vue, puis soupira. Au moins, elle habitait juste au coin de la rue. Après avoir décidé qu'il ne la suivrait pas, il se détourna pour retourner vers le centre-ville, avec l'impression que la tête lui tournait.
Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que vous avez saisi la petite référence à la chanson :3 Je pense que la hache de guerre ne risque plus d'être déterrée à ce stade, et vous ? :p
J'espère que ma manière de traduire sa diction approximative dûe à l'alcool n'est pas trop embêtante à lire
Passez une bonne semaine, moi je retourne ce soir me crever à la tâche jusqu'à dimanche soir !
