« Alors ! » lança Tony Stark, un verre de whisky à la main. « Une armée de crevettes galactiques assoiffées de sang, des dieux Vikings, et Captain America de retour comme le Roi Arthur des temps modernes. Quoi maintenant ? La Dollhouse existe ? »

Steve fronça les sourcils.

« La quoi ? »

Clint renifla d'un air méprisant.

« C'est rien qu'une légende urbaine. Heureusement. »

« Excusez-moi » intervint Bruce, « je ne vois pas en quoi une maison de poupée… »

Il s'interrompit brusquement avec l'air de qui vient de recevoir une révélation.

« Oh. Oh, bien sûr. La Dollhouse. »

« Je ne comprends pas » laissa tomber Thor, confronté une fois de plus à l'étrangeté midgardienne et de plus en plus agacé de se sentir en décalage.

« C'est rien qu'une légende urbaine » répéta Clint.

« Après tout ce qu'on a vu » pointa Tony sceptique, « c'est vraiment déraisonnable de penser qu'il existe un labo capable de réécrire la personnalité des gens sur commande dès qu'on y met le prix ? »

Steve sentit un frisson glacé lui courir le long du dos.

« Comment ça, réécrire ? »

« On te vide la mémoire » expliqua sombrement Bruce, « et puis on fait de toi quelqu'un de totalement différent, avec le caractère que choisit le client. Un peu comme une poupée, mais en version humaine. D'où le nom Dollhouse, la maison de poupée. »

« Imagine » soupira Tony, « la fille parfaite sur commande… »

« Imagine les possibilités d'espionnage » rétorqua Natasha d'un ton plat.

« Bon, d'accord, mais sinon… »

« Comment pouvez-vous permettre de si viles sorcelleries dans ce royaume ? » interrogea Thor, l'air perturbé. « Il s'agit là d'attaques contre l'esprit même. »

« On n'autorise pas car ce n'est pas possible » râla Clint. « Vous allez imprimer ou zut ? »

« Et quand bien même ce le serait, où est le mal ? » demanda Tony. « Toutes les poupées sont volontaires, elles s'engagent à faire la bringue avec la crème de la société et repartent avec un bon million chacune à la fin du contrat. Et en plus, elles se souviennent de rien. C'est un plus, non ? »

Steve déglutit. A ses yeux, rien que le concept ressemblait beaucoup trop à de la prostitution organisée pour le mettre à l'aise.

Et puis, cette histoire de personnalité, ça sentait mauvais. Personne ne pouvait créer et défaire un être humain en claquant des doigts. Il fallait se prendre pour Dieu dans le cas contraire. Et Captain America avait vu lors de ses confrontations avec le Crâne Rouge quel genre d'homme se prenait pour Dieu.

Heureusement, comme l'avait dit Barton, ce n'était qu'une simple légende urbaine. Même si la seule existence de l'idée prouvait que la nature humaine pouvait être sérieusement sombre.