« Tony » soupira Steve d'un air gêné, « je ne pense vraiment pas… »
« Allez ! » pleurnicha le bricoleur. « Tu n'auras même pas besoin de causer avec l'entrepreneur, rien qu'avec son copain. Si je prouve pas à Pepper que je suis un adulte responsable, elle va me couper les miches ! »
« Quelle perte pour l'humanité » glissa fielleusement Bruce qui lisait on ne sait quoi sur son ordinateur portable.
« Mais de quoi je vais bien pouvoir parler ? » se lamenta l'icône du Rêve Américain.
« Contente-toi de sourire ! Mieux, dédicace-lui une carte à collectionner. Ça a marché avec Coulson, pas vrai ? »
Le super-soldat continuait à balancer, mais Tony recourait désormais à son arme la plus redoutable, la mine de cabot abandonné sous la pluie sans dîner par un maître indigne, celle qui aurait poussé Mengele lui-même à se repentir de ses péchés. Un simple natif de Brooklyn n'avait aucune chance.
« …D'accord. »
« Je le savais que tu étais un héros ! » s'écria le milliardaire tout sourire.
En fin de compte, la soirée n'était pas si désagréable que ça, songea Steve. Tony s'occupait à mettre au bord de la crise cardiaque son possible associé en affaires, rien que de très habituel quand on le connaissait. Bon, l'ami venu avec l'invité – personnellement, Steve était encore vaguement dérouté qu'une telle relation ne soit plus source de honte – était peut-être un peu trop en admiration devant la Légende de la Seconde Guerre, mais il pouvait gérer.
« Pardon si je vous dérange » s'excusait Matthew Williams – Matt si vous voulez bien, Capitaine – en repoussant ses longs cheveux noirs de ses yeux verts, « c'est juste que c'est comme de parler avec le Roi Arthur ! Mais version américaine. »
Steve battit des paupières.
« Oh, tout de même… »
« Vous connaissez l'histoire, Capitaine. Quand l'Angleterre connaîtra le plus grand des périls se relèvera le Roi qui fut et qui sera. Il y a un mois, l'Amérique a été menacée par le plus grands des périls jamais vus, et vous voilà de retour. Vraiment, on en écrirait des tartines. »
« S'il vous plaît, abstenez-vous » implora le super-soldat, tétanisé par la perspective – qu'avaient donc tous ces gens qui cherchaient à le transformer en Messie vivant ? A la longue, ça finissait par perturber.
Matt lui renvoya un sourire radieux.
« Ne vous inquiétez pas, j'écris encore plus mal que je ne fais la cuisine, c'est dire ! Jim doit avoir un estomac doublé en vibranium pour arriver à digérer mes plats… »
« Toujours à te déprécier » commenta James Cardew qui venait d'échapper aux griffes de Tony. « Bon, sans vouloir te presser, mon chou, il faudrait qu'on rentre. »
« Déjà ? » s'étonna Matt.
« Hé oui, hélas… Crois-bien que j'en suis navré. »
« Pas autant que moi. C'est la meilleure soirée que j'ai jamais passée » déclara le brun avec effusion.
Un étrange sourire joua sur les lèvres de Cardew.
« J'espère bien. »
« Monsieur » intervient la voix de Jarvis, sortant Tony de ses pensées. « Vous feriez mieux de descendre. »
« Quoi, il y a une blonde en bikini qui m'attend au rez-de-chaussée ? »
« Non, il y a un blond en armure qui menace Mr Cardew » rectifia l'IA.
Un blond en armure, Tony n'en connaissait qu'un seul. Et oui, c'était bien Thor, occupé à menacer de son marteau ce pauvre Jim tout en rugissant de manière incohérente.
« On se calme, Point Break » lança le milliardaire avec son habituelle désinvolture.
Le Viking devint écarlate, mais au moins il abaissa le marteau.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » voulut savoir le playboy en louchant sur l'homme d'affaires.
« Ne me regardez pas comme ça ! » s'écria l'autre. « J'ai simplement déposé Matt dans un taxi et votre coéquipier m'a agressé ! »
« Vous étiez en compagnie de mon frère ! » s'écria le dieu. « Mon frère défunt ! »
Et bien, voilà qui n'a pas du tout l'air d'un putain de sac de nœuds, se dit Stark.
