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De nos jours, au CRA

James se versa un autre verre de whisky. Cela faisait plus de six mois que son équipe avait disparu dans le passé -enfin, il espérait que cela soit le passé, le futur de Matt ne semblait pas très paradisiaque. Levant la tête de la paperasse qui avait étrangement augmenté depuis qu'il avait accepté l'aide de la base militaire de Dervill, il croisa le regard de Fred, qui se dirigeait droit vers lui, avec semblait-il une bonne nouvelle.

- Lester, on a quelque chose! Venez!

Il prit sa veste et le suivit mais prit le temps de vérifier que Ravi n'était pas dépassé par l'ordinateur centrale. Après tout, il fallait bien remplacer Parker durant son absence et il était la personne la plus qualifiée.

« Donc nous avons enfin identifié l'époque où ils sont coincés: 1850, Londres.

- Fabuleux. Ne me dites pas que je suis sorti de mon bureau pour ça quand même?

- Non, non, le docteur Williams a pu créée une anomalie dans la même période mais il y a peu de chance que votre équipe puisse la détecter.

- Je peux toujours retourner travailler.

- Mais l'un de vos employés a eu une idée: l'anomalie est ouverte dans le bureau de Sir Richard Lester. L'un de vos ancêtres ?

James fronça les sourcils. Il ne courirait pas après un titre si l'un de ses ancêtres en possédait un. Une paire de talons cliquetèrent derrière lui et il devina au parfum laquelle de ses secrétaires venait lui annoncer une autre nouvelle, avec un peu de chance constructive.

- Je ne pense pas mais … Amélia?

- Une livraison de Suisse. L'un de agents est dans votre bureau. Cela semble urgent, monsieur.

- J'arrive. Fred, vous vous ne voulez tout de même pas que j'envoie un message ante-vitam à ce pauvre homme? Que voulez-vous que j'y écrive? Bonjour, je suis peut-être l'un de vos descendants et je vous prie de me rendre un service de la plus haute importance: baby-sitting.

Le rouquin ne put retenir un sourire en le raccompagnant. Le chauve à lunette et moustache blanche et travaillé dans son bureau se leva dès son entrée, apparemment très excité par le colis posé sur sa table. Une réplique exacte d'un couteux coffret en cèdre qu'il avait acheté la veille et qui se trouvait dans le coffre de sa voiture. C'était quoi encore cette histoire.

- Bonjour Mr. Lester. C'est un honneur de vous rencontrer. Votre colis est dans notre banque depuis deux siècles et c'est un honneur pour nous de vous le remettre, déclara le nouveau venu avec un fort accent allemand, la poignée de main très vigoureuse.

- De qui est ce colis?

- De l'un de vos ancêtre, Sir Richard Lester. Il a bien insisté pour que ce colis vous soit remis aujourd'hui avant midi, ce qui est bien étrange mais Mr Quignard a respecté sa demande.

James leva un sourcil. Un schéma totalement insolite se dessina dans son esprit. Maintenant, il avait une petite idée de ce que contenait ce fameux colis.

- Une demande ante-vitam de baby-sitting, hein? Rajouta sarcastique Fred, amusé. On va y mettre un peu de forme.


En 1850, Diogènes Club

Ils savouraient un thé à l'orange, confortablement assis tandis que le secrétaire leur expliquait leur couverture. Matt avait lu la lettre que le chevalier avait reçu où une abracadabrante histoire à propos de sauver la Couronne d'un complexe complot scientifique et avant gardiste, ils avaient dû fuir l'Europe pour rentrer précipitamment au pays, sans affaire et sans argent, aussi une autre famille d'espions, les Carter les recommandaient à la protection de Son Élégance et de Sir Lester en raison d'une vieille dette. Mais il avait reconnu l'écriture. Ils devaient beaucoup à l'imagination galopante de leur directeur. C'était d'ailleurs, surprenant de sa part. Il n'aurait pas pu imaginer ça tout seul.

- Vous logerez au Blue Diamond, il s'agit d'un de mes hôtels particuliers situé dans la ville, à quelques trots. Un vrai bijou d'architecture. Son histoire est des plus étonnante: vous la trouverez dans la bibliothèque, au premier, se vanta Richard, tenant son verre de vin comme s'il s'agissait d'un bijou précieux.

- Mrs Cavendish sera votre gouvernante, payée par nos soins à vous intégrer pleinement à la société bourgeoise. Vous serez connu comme la famille Anderson qui vivait autrefois en Amérique pour commerce, à Portsmouth pour être plus précis mais dû à quelques mauvais cours, vous avez tout perdu et être rentré au pays pour vous refaire une réputation. La même couverture que connu en Europe: miss Abigail Maitland et Mr Connor Anderson sont fiancés ainsi que miss Jessica Parker et Mr Hillary Anderson.

Heureusement que Connors ne tenait rien dans ses mains, songea Matt en constatant l'étendue des conséquences de ses paroles sur son équipe. Ils étaient surpris dans un premier temps mais Jess était ravie, bon , ce n'était pas comme si elle ne faisait aucune avance à Becker depuis environ trois mois et que ce dernier ne flirtait pas avec elle. Connors aussi était ravi, vu le sourire banane qu'il affichait, contrairement à sa compagne blonde qui avait plus l'air interdite, en fait. Il fronça les sourcils. Abby et Connors s'étaient toujours bien entendu, ça ne devrait pas leur poser de problème de prétendre être un couple puisqu'ils en étaient. Pas officiellement mais personne dans le CRA ne l'ignorait. Il ne pouvait pas voir la tête de son chargé de la sécurité mais elle devait valoir son pesant d'or.

- Hillary? Gloussa le jeune informaticien.

L'information finit par leur monter au cerveau. Le secrétaire pencha la tête.

- Un prénom original. Vous allez vous faire remarquer.

- Hillary? Répéta le brun.

Qui allait surement pas le lâcher d'aussi tôt.

- M. Zadig est une de mes connaissances. Il viendra demain pour prendre vos mesures. Il est tailleur : excellent et réputé. Je vous offre aussi une rente de 2 000 livres par mois pour subvenir à vos besoin jusqu'au moment où vous serez indépendant financièrement.

- En échange de quoi, Sir? Nous sommes qu'un groupe d'espions au service de Sa Majesté.

- Il se peut que je délégua quelques tâches importantes pour des raisons politiques. J'ai une certaine réputation, frivole dirons mes adversaires et je viens de m'entretenir avec sa Gracieuse Majesté. Prudence est désormais mon mot d'ordre mais je dois aussi veiller sur le royaume. Il se fait tard, je vais vous faire raccompagner. Avez-vous fini, Mr Jones?

- Vous recevrez de nombreuses invitations. Bien que je ne peux vous obligez à toutes y assister, je ne peux que vous recommander de créer rapidement votre propre réseau.


De nos jours, au CRA

- Je ne suis pas sur que cela soit une brillante idée, maugréa Lester.

- Il faut bien boucler la boucle. Et c'est le meilleur moyen de les aider.

- Non, le meilleur serait de créer une anomalie pour les sortir de là, Fred. Ce dont vos scientifiques sont incapable de faire apparemment.

Aucun des intéressés n'osa lui tenir tête. Depuis leur arrivée au CRA, les scientifiques de la base de Dervill se faisaient tout petits, presque oubliés. Contrairement aux militaires. Il les voyait parader de son bureau. Parfois, il s'offrait un verre de whisky pour faire passer la pilule du Premier Ministre. Les beaux jours, il les envoyait accompagner les équipes sur les sites d'anomalies.

« Bien tant que vous n'avez pas de meilleurs nouvelles à m'annoncer, je vais classer leur dossiers en tant qu'agents disparus.


En 1850, Blue Diamond

Il pleuvait des cordes quand ils montèrent dans la calèche, gracieusement prêtée par Sir Lester qui devait prendre un bateau pour les Indes. Les rues étaient méconnaissables, ruisselantes d'eau et de bruits, aux pavés inégaux. Le paysage rendit Connors, un peu nerveux. Survivre au temps des dinosaures, il savait faire. A l'ère d'Internet, pas de soucis. Mais l'entre-deux... Ce n'était pas comme s'il était doué en relations sociales, ce qui semblait primordiale à cet époque. Le cocher les bringuebala jusqu'à l'hôtel. Matt lui lança deux shillings et courut jusqu'aux grilles où il inséra les clefs. Son équipe le suivit, protégés par leurs manteaux. La végétation luxuriante qui les accompagna le long du chemin en pavés blancs rendit le sourire à Abby, malgré le fait qu'elle soit empêtrée dans mille et une jupes et crinolines. Les lampes à huiles étaient à leurs dispositions, prêtes à être allumés. Le vestibule était large et ovale, donnant sur les appartements de la bonne, la cuisine d'un côté, de l'autre un bureau-bibliothèque, séparé par une immense double porte en chêne. Intriguée, Jessica les poussa, dévoilant un jardin intérieur soigné qui faisait aussi office de salle de réception grâce au magnifique lustre accroché au plafond de verre.

- Purée, c'est magnifique, s'exclama Abby.

- Espérons qu'on le lui rende dans le même état, plaisanta Becker, conscient des dégâts que leur présence appelait et débarrassé de son manteau qui goutait sur le porte-manteau.

- Tu y veillera, Musclo...Hillary, se reprit le brun avec un immense sourire.

Son interlocuteur faillit s'étouffer avec sa propre salive. Du coin de l'œil, il capta le sourire complice des filles et l'air faussement concentré de Matt.

- On va mettre les choses au clair: le premier qui m'appelle Hillary en public

- Donc entre nous, on peut? Taquina le zoologiste.

- Même pas en rêve. Oubliez cet information, martela-t-il.

- Mais comment on va..., geignit Connors

- Becker, asséna-t-il.

- Hils, proposa Jessica. On s'embrouillera pas les pinceaux et on évite de dévoiler le prénom. On continue la visite?

Abby grimpa les escaliers en premier, profitant de l'épais et moelleux tapis pourpre sous ses pas, qui la mena au premier étage. De larges salles allant de salle de déjeuner à la bibliothèque autour de la salle principal au sol de verre épais donnant sur le jardin, éclairé par de larges fenêtres.

- Je ne sais pas pour vous mais je n'ai toujours pas vu de lit, maugréa Connors, fourbu par leur longue journée. Je monte.

Décidé, il partit à la découverte du second étage, seul. Trois appartements avec salle d'eau le composaient. Epuisé, il s'écroula dans un lit et s'endormit comme une masse, tout habillé.


Alors? Vous en pensez quoi?