Chapitre 8 : Expérience.

"Tout est en place monsieur le ministre." Lança le docteur Passio. "Il ne reste plus qu'à attendre monsieur Potter."

"Merci, docteur." Répondit le ministre.

Cornelius Fudge était venue en avance à Sainte Mangouste pour en apprendre plus sur les moyens mis en place pour l'expérience, afin de ne pas être largué quand celle-ci aura lieu. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les magicotechniciens avaient fait un travail monstre. Ils n'avaient pas réussi mettre au point un système pour 'voir' la magie comme le faisait Potter, mais ils avaient réussi à capter des signaux qu'ils convertissaient en signaux lumineux.

La salle était simple, mais les murs, le sol, et le plafond était recouvert de runes afin de collecter le plus de données possible. Il y avait aussi quatre sphères blanches de la taille d'un Cognard qui flottaient dans la pièce, elles aussi pour collecter des données. Toutes ces données étaient envoyées à une cinquième sphère qui faisait le double de la taille d'un Souafle afin d'y être traitées, pour ensuite afficher le tout sur la vitre sans teint qui séparait la pièce de soin de la pièce d'analyse en temps réel. Ce ne sera pas aussi précis que la vision magique du jeune Potter, mais ça le sera assez pour les analyses. À la base il devait aussi avoir un système de communication, mais le garçon avait refusé pour être pleinement concentré sur sa tâche. Ils ont donc juste placé un système d'écoute.

"Ils arrivent monsieur le ministre." Lui dit Scrimgeour. Il avait demandé à être l'escorte du ministre aujourd'hui car en tant que directeur du département des aurors, il voulait savoir si deux des meilleurs aurors qu'il n'avait jamais connus allez pouvoir reprendre du service ou pas.

"Merci Rufus." Répondit Fudge.

Fudge voyait effectivement Potter qui s'avançait en faisant aller sa canne de droite à gauche, son serpent autour de son cou, le professeur McGonagall lui tenant le bras pour le guider. Derrière eux se trouvaient Dumbledore et son éternel petit sourire, le professeur Flitwick, et le professeur Rogue. Tout ce petit monde était évidement accompagné d'Augusta Londubat ainsi que de Neville Londubat qui poussait sa mère Alice, qui était en fauteuil roulant.

Après les salutations d'usage, Harry tendit sa main vers Minerva qui se tendit pendant que Tirésias se logeait autour de son cou, avant de rejoindre, en compagnie d'Alice, la salle d'expérience où les attendaient déjà le docteur Passio avec Franck Londubat.

"Je ne pourrais jamais assez te remercier pour tout ce que tu as fais pour notre famille." Commença Alice. "Je n'ai vus mon mari qu'une semaine dans cet état, et c'était déjà insupportable. Alors penser que Neville et Augusta, nous on vus comme ça pendant toutes ses années…"

"Je vous en pris mada…" Commença Harry.

"Alice !" L'interrompit cette dernière. "Tu as largement gagné le droit de me tutoyer. Et en plus, si tout se passe bien, on sera bientôt une famille."

Harry ne dit rien, mais il aimait ce mot… 'Famille'. Puis ils furent interrompus par un raclement de gorges du docteur Passio.

"Tout est prêt Harry, tu as bien pris tes potions ?" Demanda le docteur.

"Oui, docteur." Dit Harry en sentant encore le gout horrible des potions d'endurance et de renforcement magique.

"Bien, nous ne voudrions pas que tu tombes encore dans les pommes." Dit Passio avec un petit rire. "Vous madame Londubat vous resterez dans le coin de la salle prévue à cet effet. Normalement il n'y aurait du avoir qu'Harry et votre mari dans cette pièce mais Harry a insisté sur votre présence afin de pouvoir vous soigner tout de suite après votre mari, avant d'être à court de magie. Je compte sur vous pour être sage et ne pas intervenir pendant l'expérience."

"Voyons, docteur." Répondit Alice avec une petite moue. "Je suis une grande fille maintenant, j'ai passé l'âge de faire des bêtises."

Et c'est sur un rire joyeux de tout le monde, y compris ceux dans la salle d'analyse et qui écoutaient la conversation, que le docteur Passio quitta la salle.

Harry était assis en face de Franck et attendait le signal. Quand il entendit qu'on frappait sur la vitre il commença. Il fit sortir la magie ses doigts avec la même intensité que la dernière fois. Inutile de commencer à faible puissance vu que ça ne servirait à rien.

Il avait déjà fait les bras, le buste, et le cou, quand il s'attaqua aux jambes de Franck. Vu que les potions boostaient sa magie, il pouvait se le permettre. Ayant fini les jambes il s'attaqua enfin à la tête.

Cela faisait un quart d'heure qu'Harry soignait Franck, et tout le monde était silencieux dans la salle d'analyse, en voyant la magie à travers la vitre sans teint. Pas une seule personne ne prononça un mot. Même Tirésias si bavarde avec son maître ne sifflait pas.

Harry venait à peine de finir qu'il soupira de soulagement avant de sentir une main lui serrer le cou et le plaquer violemment contre le mur. Une voix tonitruante, bien que cassée par les années d'inactivité, hurla.

"OÙ SUIS-JE, ET QUI ÊTES-VOUS ?"

Harry allait répondre quand il entendit la voix paniqué d'Alice crier.

"Frank, arrête."

À ces mots Frank tourna la tête vers son épouse et il commençait doucement à relâcher son étreinte quand la porte de la salle valsa, et que Dumbledore lança un "Stupéfix !".

Harry tomba par terre en toussant.

Minerva fonça vers Harry et demanda. "Ça va Harry ?"

Harry leva la tête dans sa direction, et avec un petit sourire dit. "Au moins on sait que ça a marché." Puis il s'évanouit.


Les médicomages étaient hystériques. Ils repassaient les données en boucle couplées à leurs souvenirs via une pensine pour comprendre ce qui c'était passé. Et même en l'ayant vu de leurs propres yeux, ils n'y croyaient toujours pas. Tous les autres non plus d'ailleurs.


Harry se réveilla une heure après avoir dit bonjour à Morphée.

"Comment te sens-tu Harry ?" Demanda Minerva à son chevet.

"Un peu mal au crane, mais sinon ça va." Dit-il

"Le docteur Passio a dit que tu avais un hématome, mais il l'a soigné d'un coup de baguette. Ta magie quand à elle est bien entamé, mais il t'en reste pas mal en réserve" Dit-elle.

"Et Franck ?" Demanda Harry.

"Aux dernières nouvelles, il va bien. Mais ses souvenirs s'arrêtent au beau milieu de l'attaque, contrairement à Alice qui ne se souvient que du début. C'est pour ça qu'il t'a attaqué. Il se croyait encore en plein combat." Répondit McGonagall.

"Bien." Dit-il en se levant.

"Où croyez-vous aller comme ça jeune homme." S'écria Minerva.

Harry pas le moins du monde impressionné (Il était même amusé de la manière dont Minerva passait du tutoiement au vouvoiement.) répliqua. "Je n'aime pas laisser un boulot inachevé. Je vais voir Alice."


Harry marchait vers les cachots. Cela faisait quatre jours que Franck Londubat était de retour dans le monde des sorciers. Neville avait encore inondé le cou d'Harry, et Alice tenant, bien que difficilement, sur ses deux jambes l'avait rejoint, et tout les deux faisaient le concours de celui qui inonderait le plus le cou d'Harry. Heureusement pour lui, Augusta Londubat ne les avait pas rejoints, préférant aider son fils à comprendre sa situation.

Harry, grâce aux différentes potions prit avant et après l'expérience, était maintenant en pleine forme, bien qu'horriblement stressé du fait de sa rencontre avec Black demain matin. Pour se calmer un peu il repensa à l'article de la Gazette.

Harry Potter: Survivant, sauveur du monde sorcier, et pourfendeur de Doloris.

Par Rita Skeeter.

Les lecteurs ayant reçus un exemplaire de l'édition spécial de la Gazette du sorcier, se souvienne surement du miracle d'Alice Londubat, qui dans un état végétatif depuis presque dix ans suite à une séance de torture sous Doloris, était, on ne sait comment, sorti de son état catatonique, suite à la visite d'un jeune garçon brun, avec des lunettes noires et une canne blanche. Nous vous avions promit de vous avertir quand nous aurions du nouveaux sur le sujet. Et bien figurez-vous qu'il y a plus que du nouveau. En effet à 10h16 aujourd'hui, ce fut Franck Londubat qui fut soignée, et par nul autre que 'Harry Potter' le survivant. Nous n'avons pas pu interroger Mr Potter ni Mr Londubat (père), mais le docteur Nicolas Passio, en charge du traitement expérimentale utilisé sur Franck et Alice Londubat a bien voulut répondre à nos questions.

Début de l'interview

RS: Docteur Passio, est-il vrai que c'est Harry Potter qui a soigné Mr et Mme Londubat ?

DP: C'est l'exacte vérité. D'ailleurs cette méthode de soin a été officiellement enregistrée dans nos registres sous le nom de 'méthode Potter'.

RS: Que pouvez-vous nous dire sur la méthode Potter ?

DP: Pas grand-chose je le crains. Dans le cas D'Alice Londubat nous n'avons aucune donnée car cela c'est produit sur l'impulsion du moment. Par contre dans le cas de Franck Londubat, tout a été enregistré et les données sont en cours d'analyse.

RS: Que voulez-vous dire par 'l'impulsion du moment' ?

DP: Mr Potter rencontrait Alice Londubat pour la première fois. Il voulait juste la rencontrer, il n'était pas venu pour la soigner. Mais Mr Potter, ayant une approche différente de la magie, a comprit le problème des Londubat et entreprit de les soigner. Étant donné l'état des Londubat à ce moment, et la longue période sans évolution de leurs guérisons, le risque était plus que minime.

RS: Pour quelle raison Mr Potter voulait rencontrer Mme Londubat et qu'entendez-vous par 'Une approche différente de la magie' ?

DP: Je ne peux malheureusement pas répondre à ces deux questions, relevant de la vie privée de Mr Potter. Tout ce que je peux vous dire c'est qu'il nous faudra des années avant de pouvoir reproduire la méthode Potter.

RS: À ce point ?

DP: Oui, peut-être même plus, car pour être efficace la méthode Potter doit être effectué sans baguette.

RS: Vous voulez dire que Mr Potter maitrise la magie sans baguette ?

DP: Non je n'ai pas dit ça. Juste que pour cette méthode sois pleinement efficace, il faut qu'elle soit exécutée sans baguette.

RS: Merci d'avoir répondu à nos questions.

DP: je vous en pris.

Fin de l'interview

Nul doute que Mr Potter nous réserve d'autres surprises. Sachant que Mr Potter n'est pas encore scolarisé à Poudlard, qu'il rejoindra cette année, nous ne pouvons que nous demander ce qu'il deviendra une fois diplômé. La gazette tient cependant à remercier Mr Potter pour avoir rendu à la société sorcière deux des ses plus éminent membres.

Bien à vous chers lecteurs.

Rita Skeeter

L'article avait bien plus à Harry, mis à part son approche de la magie et la magie sans baguette qu'il aurait préféré garder sous silence, il était fait mention nul part qu'il était aveugle. Et puis le 'pourfendeur' de Doloris l'avait bien fait rire.


Severus Rogue avait le sourire aux lèvres pendant qu'il s'occupait de la plante qu'Harry lui avait offert. Il n'en revenait toujours pas. Cette plante était tellement rare qu'il aurait du hypothéqué sa maison pour en avoir qu'un infime morceau, de quoi rendre le professeur chourave folle de jalousie. Et Harry lui se ramène le plus simplement du monde, et il lui donne la plante entière, et cultivable, comme 'cadeau de remerciement'. Bon sang cette plante n'avait même pas de nom. Bon en fait si, elle en avait un, mais la plante perdait mystérieusement tout pouvoir quand on avait le malheur de le dire, donc le nom c'est perdu au fil des siècles. Il avait décidé d'être 'neutre' avec Potter, fils, quand il avait appris le passé du fils de son ennemi. Mais maintenant avec un cadeau pareil, Harry était passé de 'neutre' à 'fréquentable'. Il avait même accepté de l'appeler Harry mais uniquement quand ils étaient seul. De plus, contrairement à Potter père, il ne se pavanait pas, au contraire, les articles de la gazette le gênait, et il avait refusé d'être interviewé. Même la mention de la 'méthode Potter' le rendait rouge d'embarras.

Le fait de penser à ce détail le fit sourire car en même temps il repensait à la lettre de Narcissa. Cette dernière lui avait envoyé un hibou lui demandant de lui envoyer en urgence une puissante potion calmante car Lucius son mari avait fait une syncope (Molly aussi d'après ce que lui avait apprit Dumbledore.) en apprenant que le mystérieux garçon qui avait soigné Alice Londubat avait recommencé, et qu'il s'appelait Harry Potter.

Severus émit un petit rire, mais il s'arrêta et reprit son air froid, craint de ses élèves, quand on frappa à sa porte. Il l'ouvrit, et fut surprit de trouver devant lui l'objet de ses pensées. Après un rapide coup d'œil pour voir s'il n'y avait personne il dit.

"Harry, que me vaut votre visite ?"

"Bonsoir professeur Rogue." Dit Harry. "J'aimerai vous demander un, ou plutôt deux services."

Rogue prit sa pose professorale avec son regard scrutateur, mais se rappela que ça ne servait à rien face à Harry. "Je vous écoute."

"Voilà professeur, vous savez certainement que demain je vais voir Sirius Black."

Rogue se renfrogna, comment ne pouvait-il pas savoir qu'Harry allait voir le bâtard qui avait eu la 'bonne' idée de lui organiser un tête à tête avec un loup-garou une nuit de pleine lune. "Et ?"

"Et bien pour tout vous avouer je stress à mort et j'aimerai, si vous le voulez bien, une potion de sommeil sans rêve s'il vous plaît." Dit Harry.

"Cela ne me pose pas de problème, mais quel est l'autre service ?" Demanda le maître des potions.

"Je voudrais du véritaserum." Dit Harry plus abruptement qu'il ne l'aurait voulus.

"Pour Black je suppose ?"

"Oui monsieur."

"Très bien j'accepte, mais je veux votre promesse que vous ne l'utiliserez que sur Black. Suis-je bien clair Potter."

Le 'Potter' n'échappa pas à Harry et décida de faire la promesse de manière officiel comme lui avait appris Neville. "Limpide professeur. Moi Harry James Potter jure sur mon honneur à Severus Rogue que je n'utiliserai le véritaserum qu'il me donnera que sur Sirius Oignon Black. Ainsi soit-il."

Un énorme éclat de rire se répercuta dans les couloirs des cachots, faisant trembler d'effroi les fantômes qui avaient le malheur d'être dans le coin.

"C'est Orion, pas oignon." Dit Rogue entre deux éclats de rire. "Mais soit j'accepte votre promesse. Ainsi soit-il."

Severus avait beaucoup aimé la manière dont Harry avait fait sa promesse. Cela faisait peu de temps qu'Harry était dans le monde sorcier, mais il avait au moins apprit les bonnes manières. Le fait qu'il ait écorché le deuxième prénom de Black était un bonus. En plus ce n'était qu'une promesse pompeuse et pas un serment de sorciers, donc aucun risque pour eux deux. Il alla rapidement à sa réserve pour chercher les deux potions, qu'il ramena à un Harry encore rouge de honte.

"La grosse de la taille d'une pomme c'est la potion de sommeil sans rêve. Vous la prendrez juste avant de vous coucher." Dit Rogue en tendant une première fiole avec un bouchon en liège à Harry. "La petite de la taille de votre petit doigt est le véritaserum. La moitié suffit mais vous pouvez lui faire boire la totalité sans risque." Dit-il en lui donnant une minuscule fiole quasiment faite que de verre plein à l'exception d'un petit creux contenant quelque gouttes du fameux liquide.

"Merci beaucoup Professeur Rogue." Dit Harry en mettant les deux fioles dans sa poche. "Bonne nuit professeur."

"Bonne nuit Harry." Dit-il en voyant Harry s'éloigner. 'Oignon' franchement pensa-t-il en referment sa porte pour allait se coucher. Dans le cœur du professeur de potion, Harry venais de passé de 'fréquentable' à 'je pourrais même lui donner des points en cours'. Et qui sait, peut-être qu'il l'appellerait 'Harry' en publique, mais il faudra alors que se soit en très petit comité.