Bonjour ou bonsoir mais dans tous les cas, bonne lecture. J'espère que vous avez attendu cette suite avec impatience ^^
Et merci à Andrealeone pour sa review (ça fait plaisir)
La première chose que Becker constata en ouvrant les yeux fut l'immense sourire de Jess, le surplombant. Ces cheveux bruns tombaient autour de son visage et il fut happé par ses yeux bleus intenses et faussement ingénus. Son cerveau eut un black-out. C'était impossible mais son sourire s'agrandit encore plus face à sa réaction et la jeune femme explosa de rire tandis que le rouge montait au joues de Becker. Nom d'un chien, elle l'avait surpris. D'habitude, il se levait aux aurores pour éviter l'intimité du réveil. Dormir avec Jess, à la rigueur, il pouvait y survivre parce qu'en général, ils restaient au premier tous ensemble jusqu'à ce ils tombent de sommeil. Et leurs journées étaient suffisamment longues pour que leur sommeil soit profond. Courir les rues avec Adam l'avait semble-t-il assez épuisé pour que sa coéquipière puisse le réveiller. Il passa une main sur son visage, espérant regagner son impassibilité. Avec Jess dans les parages, autant dire que c'était impossible.
- Bien dormi?
Il grogna quelque chose et elle se retint de rire encore une fois. A vrai dire, elle était ravie qu'il n'avait pas pu la voir venir. Cela faisait des jours qu'elle se réveillait plus tôt, sa frustration grandissant à chaque échec. Mais hier, alors qu'elle préparait la réception de la semaine prochaine, Becker et Worth étaient revenus crottés de la tête aux pieds, après avoir cherché des preuves contre un noble, ce qui avait troublé son cycle de sommeil. La tête d'Hils au réveil valait son pesant d'or. Il ne devait pas être du matin. Sa tête était celle d'un ours au réveil, impression amplifié par sa barbe naissante qui lui mangeait le visage. Elle tendit la main pour lui caresser la joue rêche et le soldat leva un sourcil, perdu. Adorable. Sur une impulsion, Jess se pencha vers lui et lui vola un baiser. Baiser qui lui fut retourné. Ça, c'était le début d'une bonne journée, songèrent-ils.
L'homme se leva précipitamment dès que son invitée entra. Le majordome prit la fourrure de renard tandis que l'homme s'exécuta d'un baisemain.
- Vous êtes nerveux, très cher.
- Je... des affaires à régler. Mais j'ai pu me libérer.
- Je suis tout ouïe.
- Des rumeurs placent Sir Lester loin de Londres. A vrai dire, mon fils m'assure qu'il fait une partie de cricket à Bangalore.
- Mais son fidèle Jones est là, je suppose. Il ne laisserai pas ses biens sans surveillance, cingla-t-elle, déçue. Elle se renfonça dans la causeuse et caressa son verre de vin.
- Non! Non! Ils sont partis tous les deux! Sir Lester a confié ses biens à des gens de confiance mais le Blue Diamond sert de résidence à une famille de bourgeois, les Andersons. Ils ne savent rien de vous, ni de vos liens avec le chevalier. Ils sont …comment dire, naifs?
Son amant secret avait raison. Les Andersons étaient naïfs. Elle sourit distraitement à sa voisine.
- Racontez-nous, miss Potinelli, votre séjour à Paris.
- Je vous en prie, appelez-moi Francesca, Jessica. Paris était une ville fabuleuse, s'extasia l'intéressée en exagérant son accent italien qui rendait les hommes fous d'elle. C'est sans doute la ville la plus romantique du monde! Les Grands Magasins sont immenses et regorgent d'articles! Burlesques sont les Halles, un marché à ciel ouvert!
- Ce serait merveilleux d'y aller, n'est-ce pas, mère? S'exclama Emma, une jeune fille.
Pimpante et innocente, songea Francesca avec dépit en l'écoutant parler. Elles étaient réunis autour d'un thé chez les Andersons, reçu par Jessica et Abbigäel, les deux étranges fiancées. L'aventurière n'avait pas survécu si longtemps en ignorant la psychologie et les relations humaines. Les deux hôtesses se comportaient étrangement, comme si sous leur vernis de perfection se cachaient une éducation plus ouverte, plus libre. Comme si elles jouaient un rôle. Une impression confirmée par l'intervention du cadet, Connors. Un charmant garçon lunatique qui ignorait totalement comment se comporter en société. Ses grimaces et ses jeux de mots avait amusé l'assemblée mais son regard l'avait troublé. Comme s'il avait compris ses véritables intentions. Mais il avait finalement mis son chapeau melon pour sortir. Des affaires. Elle rougit et secoua la tête. Elle devait se concentrer sur son objectif.
- Un souci, Francesca? S'inquiéta l'hôtesse blonde, levant la tête de ses écrits.
- Des souvenirs seulement, des souvenirs. Quel est ce bruit?
Un bip agaçant se faisait entendre. Venant du sous-sol. La gouvernante se leva mais fut prise de vitesse par Jessica qui s'excusa avant de descendre. Quelques secondes plus tard, le bruit cessa. Francesca fut soudain plus attentive. Cette famille cachait quelque chose. Quoi? Elle ne savait pas mais elle promit d'y travailler tout en récupérant le diamant bleu que Lester lui avait volé.
- Donc Emma, Julie, vous seriez intéressée par des cours de piano? Il se trouve que je sais en jouer et que je serai ravie de vous apprendre à en jouer, enchaîna Abbigaïl pour les distraire.
L'italienne reprit une gorgée de son thé.
- Bien sûr, surtout que le mariage de Monica et d'Athur se rapproche à grand pas. Les invitations de devraient pas tarder. La famille de Monica souhaite une union de neige et de roses blanches, fit l'une des matrones.
- C'est si romantique, s'exclama Julie, des étoiles dans les yeux.
Quand Jessica remonta les escaliers, elle glissa un mot à l'oreille de sa belle-sœur et cette dernière hocha la tête. Quelque chose se tramait sous leur yeux. Mais le thé tirait à sa fin et les invités commençaient à songer à rentrer. Les calèches étaient déjà avancés. Francesca monta dans la sienne tout en promettant d'assister à leur réception.
Quelques rues plus tard, elle somma son cocher de s'arrêter et sortit dans une tenue beaucoup plus sombre pour revenir surveiller le Blue Diamond. Son intuition fut récompensé. Abbigaïl, sous une ombrelle d'un vert sombre, sortit seule, marchant rapidement vers un lieu indiqué par quelque chose dans sa bourse. Quelque chose de grave secouait l'innocente famille. Suivant la jeune femme qui slalomait dans la foule en ignorant les regards des curieux, Francesca se demanda comment son James avait pu faire confiance si vite à des gens qu'il n'avait jamais testé. Elle connaissait l'homme pour avoir sa plus fidèle maîtresse et savait qu'une recommandation de la Reine elle-même n'aurait pas suffi pour qu'il quittât l'Angleterre en laissant le précieux joyau dans les mains d'inconnus. Pas après tout ce qu'ils avaient enduré pour l'avoir.
La blonde continua à marcher, à s'enfoncer vers les docks pour finalement rejoindre son fiancé. Qui boitait. Francesca s'approcha, surprise. Il semblait mal en point et tenait une arme. Le couple discuta quelques instants avant d'être interrompu par un grognement animal en provenance de l'un des pontons. Inquiète, elle dégaina à son tour. Une créature en sortit. A quatre pattes, la créature verte à griffes continua à grogner en secouant une immense queue. Ce n'était pas londonien. Ce n'était pas normal! Le couple recula et tirèrent en même temps. Mais leurs armes ne faisaient pas de bruits. Elles jetaient des jets de lumières bleues ou des petites fléchettes qui ne troublaient pas la créature, l'agaçant encore plus.
La peur la surprit en la figeant alors que la créature approchait de sa cachette. Elle se fustigea mentalement. Mais rien n'y fit. Alors que la créature n'était qu'à quelques pas, un bruit énorme se fit entendre et une caisse en bois tomba sur la créature, lui sauvant la vie. Francesca décida de ne pas risquer plus loin sa vie et s'éclipsa laissant, les fiancés se débrouiller avec l'inconnu.
Félix fit un énorme sourire, fier de son coup. La caisse avait atterri, pile poil sur l'affreux. Le jeune homme descendit de son perchoir afin de savoir sur ce qu'il était tombé. Le couple s'entre-regardaient, méfiants. La blonde était très jolie. Ses yeux bleus attrapèrent son cœur en un battement de cil. Il se promis de la séduire.
- Vous n'êtes pas un docker?
- La vie au grand large n'est pas sans charme, belle demoiselle, mais je n'aurais pas pu vous rencontrer dans …
- Je crois que je me suis cassé quelque chose, l'interrompit l'homme qui avait l'indécence de s'appuyer sur elle. On portait secours aux dames, pas l'inverse!
- Nous allons rentrer. Merci beaucoup.
- Félix Haynes. N'hésitez pas à faire appel à moi, miss ?
- Abbigaël Maitland.
- Connors Anderson, son fiancé, marmonna l'impudent en serrant les deux. On doit y aller maintenant.
- Mais la … porte?
- J'ai eu le temps de la refermer avant que d'autres en sortent.
Devant ce dialogue qui l'excluait, Félix décida de jeter un œil à la créature qui avait osé sa charmante futur conquête. Un lézard vert, de la taille d'un cheval avec de sacrés attributs. Ses dents ou griffes pouvaient lui ramener de l'argent s'il le vendait à la bonne personne. Il demanderait à Arthur. Après, Mildrake et lui étaient bons amis. Et si ce dernier refusait de lui donner encore de l'argent, qui finirait dépensé sur les tables de jeux, il ne pouvait pas lui refuser une recherche de vieux fous qui croyaient aux dinosaures, non?
Ayant un rendez-vous avec Lord Bossom, qui était devenu en quelques jours son meilleur ami à Hyde Park et surtout pas l'envie d'assister au thé que les filles avaient organisé, Matt s'arrêta au premier groupe ayant un visage familier, en l'occurrence celui de son invité, apparemment ennuyé par la présence d'un autre homme qui portant semblait convenir à ses critères de richesse, s'il interprétait correctement le pommeau en or de sa canne. Curieux, il s'approcha discrètement, journal à la main. L'astuce de Becker fonctionnait, personne ne lui prêtait attention.
- Je suis un homme de résultat, Russel ! Je pensais que mon argent serait utile.
- Et moi, un homme de parole. Seulement tous les grands changements prennent du temps.
- Nos hommes sont sur place. Mes espions m'ont assuré de l'absence de personnes gênantes dont Sir Lester. Ils n'attendent que votre signal.
- Lord Young. Tout vient à point à celui qui sait attendre. J'ai encore besoin d'argent pour faire taire certains indésirables ou les corrompre. Vous n'êtes pas sans savoir que ce vieux comte Harris est en passe de devenir Amiral grâce à son frère à la Chambre des Lord?
- Harris est incorruptible.
- Pas les Mildrakes, pas la future belle-famille de sa fille.
Au nom de la belle-famille d'Emily, Matt commença à se demander si la paranoïa de Lester et de Worth n'était pas fondée. Ces deux-là parlaient d'un coup d'État ou de quelque chose d'équivalent. La duplicité de Bossom le surprit. Il pensait l'homme réservé et arrogant.
- Anderson!
Matt sursauta et maudit le comte Trollope de son exubérance et de sa voix de baryton qui avait sans doute alerté tout le parc de sa présence. Son éclat vocal lui attira le regard désapprobateur de ces dames qui murmurèrent derrière leurs éventails de plumes les mauvaises habitudes du comte. Le jeune homme se fendit d'un sourire bienveillant et jeta son journal mais du coin de l'œil, il nota la main possessive de Bossom entraînant son comparse un peu plus loin avant de le rejoindre, mine de rien, parlant du beau temps et de la pluie. Et de la prochaine pièce d'opéra auquel son épouse les conviait, Hamlet de Shakespeare. Une conversation mondaine qui permit au brun de pouvoir disséquer les actions de Bossom. Pas grand-chose à part des connaissances diverses, un intérêt malsain pour la noblesse et l'argent. Et là, son insistance à ce qu'il vienne au théâtre, l'obligeant à accepter malgré sa propre défection à cause d'affaires urgentes. Il ne connaissait la pièce que de noms ne l'ayant jamais. Pourquoi? A son époque les livres n'existent plus et au 20ème siècle, ce n'était pas vraiment sa priorité, bien que le directeur, ayant appris il-ne-savait-comment ses lacunes, lui avait offert pour Noël (à cause de la tradition du Père Noël Secret que Jess avait fortement insisté à appliquer pour renforcer les liens entre collègues au CRA auprès de Lester avec succès) la bibliothèque des plus grands œuvres classiques. Livrée à domicile. Même si la bibliothèque était riche, il n'avait jamais eu le temps de la lire.
- C'est répugnant! Pourquoi les cirques sont-ils autorisés à Londres?
Le cri d'orfraie de l'une des dames les accompagnant le sortit de ses pensées et ses compagnons de leurs conversations. Au loin, une sorte de singe qui se jetait d'arbres. Rien d'inquiétant. Mais peut-être pas ce qui poursuivait le pseudo singe. L'espèce de reptile semblait pressé de l'attraper, sans faire attention aux obstacles, même humains.
Une anomalie. Ces apparitions étaient synonyme d'anomalies. Un sentiment de soulagement le percuta. Il n'avait pas réalisé à quel point il souhaitait rentrer à XXI ème, à quel point il s'était habitué à son époque en outre de sa volonté de sauver le monde de son futur. Et maintenant qu'il avait retrouvé Emily, rien ne l'empêchait de … faire des plans sur la comètes.
Si. D'abord sauver ces gens.
Sauver ces gens était un objectif qui était sensé. Se mettre en danger en le faisant était un peu moins intelligent, avisa Matt en se parlant tout seul. Galopant sur un cheval (finalement, Jess avait peut-être raison pour son inclinaison envers les chevaux) pour attirer l'attention du reptile autre que sur la foule, il tenait les rênes d'une main et son arme de l'autre. Le singe s'était réfugié sur un arbre et le reptile lui courait après. Tout allait bien. Ce n'était pas ce que prévoyait la muraille en face de lui, qui se rapprochait à chaque galop. Soudain deux chapeaux melons suivis de têtes jaillirent de la murailles.
- Matt, baisses-toi!
Becker et Worth se tenaient à cheval sur la muraille avec ce qui ressemblait à du gros calibre pour s'occuper de son prédateur. Bonne nouvelle. Les détonations rendirent néanmoins son cheval complètement fou. Il se mit à ruer dans tous les sens, cherchant sans doute à se faire tuer. Matt dût lâcher les rênes après une ruade de trop au risque de briser les reins. La prochaine fois, il viserait mieux et éviterait la fontaine pleine de feuilles mortes en décomposition.
« Ça va? Rien de cassé?
- Non. Mais je crois que j'ai des choses à vous dire à propos de Bossom.
- Attends qu'on rentre à la maison ou tu vas choper la crève.
- Et quel cocher accepterais de le faire monter dans sa calèche?
Les contacts de Worth furent très vite efficaces et ils trouvèrent assez rapidement une voiture pour les conduire au Blue Diamond. Sur le pas de la porte, ils croisèrent Connors et Abby, rentrant eux aussi d'une escapade assez mouvementé. Le détective leur assura son soutien pour faire disparaître les cadavres d'animaux et fut ravi de la tasse de thé brûlante.
- On ne peut pas laisser les anomalies ouvertes, s'inquiéta Jess, quand on a le matériel pour les fermer. On ne sait pas quoi d'autre en sortira.
- En effet.
Deux jours plus tard de calme, puisque aucun des jeunes contacts de Worth n'avaient lancé d'alarme, les Andersons acceptèrent l'invitation des Trollope et se rendirent au Royal Opera House, qui venait d'être inaugurée depuis cinq mois. Tous étaient sur leur trente-un et profitaient des ragots dans le hall de l'opéra, de lustre et de marbre. Bien sur l'union des Harris et des Mildrake était au centre des discussion, entre le départ de l'explorateur David Livingstone (1) à la recherche des sources du Nil et modèle de persévérance et les tensions en Europe entre la France et l'Autriche. Les dames s'éventaient avec des plumes de paons, tentant de retenir leurs filles qui gloussaient en murmurant entre elles. Les messieurs parlaient affaires et politique en queue de pie et moustache soigneusement coiffée. La saison n'était pas encore terminée, expliqua Monica Harris en emmenant les filles goûter les petits fours. Vivianne les rejoignit dès qu'elle les repéra, ne souhaitant qu'échapper aux récriminations que faisait sa mère sur les personnes présentes. Elle plaignit sa tante, Emily qui n'avait aucun moyen de s'y soustraire depuis son retour miraculeux. Elle connaissait peu sa tante, mais elle connaissait suffisamment sa mère pour savoir à quel point la comtesse était envahissante. La jeune femme les salua et complimenta sa future belle-sœur sur sa tenue.
- Tu parlais de la saison. Qu'est-ce ?
- Euh...La période de l'année allant de juillet à novembre pendant laquelle sont organisés de nombreux événements destinés à former des alliances. Comment avez-vous pu connaître les Andersons sans le biais des bals ou fêtes de la saison? S'exclama Monica, curieuse de connaître mieux ses nouvelles amies.
- Ah..., balbutia Jess en lançant un regard inquiet à Abby qui avait la chance d'avoir la bouche pleine, disons que mes parents ont bien voulu me laisser travailler comme secrétaire dans un cabinet de …. recherche dans lequel travaillait déjà Hillary pour … pour les fournir en matières premières: herbes médicinales, des onguents et autres. C'est là que nous nous sommes rencontrés.
- Comme c'est romantique. Une chance que le destin vous ai réuni. Et vous, Abbigaïl ?
La blonde déglutit. Bon, comment elle allait présenter ça? Le mieux de rester proche de la réalité. Bon, un zoo, une anomalie, une équipe de chercheurs dans une forêt transposé dans au 19ème siècle , ça donnait quoi?
- Je m'occupais d'animaux et l'un d'eux s'était échappé en forêt où j'ai rencontré Connors et ses amis, résuma-t-elle, succincte. Son professeur m'a convaincu de leur donner un peu de mon temps pour des recherches et surtout veiller sur lui.
- Veiller sur lui?
- Il est très spontané et a un don pour se mettre dans des situations dangereuses.
Des clochettes en argent sonnèrent priant les spectateurs à rejoindre leurs loges respectives, empêchant Abby d'expliquer en long et large combien il était suicidaire de laisser son fiancé en dehors du champs de vision d'une personne responsable. Une vague humaine se dispersa dans les couloirs circulaires et les larges et fastueuses loges. Flegmatique, Matt ne s'inquiéta lorsqu'il perdit Becker et le baron de vu. Il avait retenu le numéro de leur loge. La marée de costumes l'amusait. Du coin de l'œil, il vit une jeune fille en robe de soie dorée assise sur l'une des banquette contre le mur. Sa présence le surprit. Plus vraisemblablement, son immobilité comme si elle attendait quelqu'un mais il continua son chemin en notant son visage dans son esprit. Sur son chemin, il croisa Emily qui s'était apparemment débarrassé de son chaperon. Son sourire se refléta sur son visage et illumina le couloir. Matt accéléra pour arriver à sa hauteur. Les rares moments qu'ils grappillaient ensemble était précieux. La jeune femme ferma la porte, derrière elle.
- Comment avancent les travaux de Connors?
- Lentement mais surement. On passera sans doute Noël ici.
Elle eut un rire et il sut que ce Noel serait le plus joyeux de toute son existence passé. Il allait rajouter quelque chose lorsque la porte s'ouvrit brusquement sur la belle-sœur blonde qui les regarda suspicieusement Avant qu'elle puisse jeter son venin, Emily intervint.
- Je lui indiquais simplement sa loge, Catherine.
- Passez une bonne soirée, miladies.
Il rebroussa le chemin et retrouva la jeune fille à la robe dorée. Sa curiosité le poussa à l'interroger.
- Vous attendez quelqu'un, mademoiselle? La pièce est sur le point de commencer
- Mon père. Il avait assuré ma mère de sa présence. Je suis désolée, Lady Penelope Bossom.
- Matthew Anderson. Et je crains que votre père n'ait pu se déplacer, ce soir.
- Oh.
- Permettez-moi de vous raccompagner à votre loge.
- Avec plaisir.
Elle se mouvait avec grâce, nota-t-il, avec une économie de mouvement. Ils firent le chemin silencieusement, avec seuls le son de leurs pas étouffés par l'épaisse moquette. L'impression d'être observé crispa Matt, mais il ne pouvait se retourner sans attirer l'attention de sa voisine, plongée dans ses pensées. Les couloirs clos, les murs tapissés, les tableaux d'hommes illustres qui les fixaient le rendaient nerveux. Ces couloirs étaient parfaits pour commettre un meurtre. Une idée, qui une fois germé dans son esprit, ne pu le quitter de la soirée.
« Voici ma loge. Laissez-moi vous présenter à ma mère, elle sera ravie de vous rencontrer.
Mais pour la seconde fois de la soirée, la porte de la loge s'ouvrit brusquement. Sur une jeune fille du même age mais brune. Le regard qu'elle jeta à leurs bras entrelacés, la vitesse auquel il retira son bras, son sourire en coin lui fit craindre le pire.
« Diane, inutile de t'inquiéter. Mr. Anderson a bien voulu me raccompagner. Père ne viendra pas.
- Dommage, il ne sait pas ce qu'il rate …
Pour la seconde fois de la soirée, Matt s'excusa. Et contrairement à la première, il sut qu'il n'échapperait pas aux ragots.
Alors votre avis sur ce chapitre?
