S'il y avait bien une chose que Tony avait en horreur pure et sainte, c'était le mélodrame familial. Le genre avec flots de larmes, torrents de récriminations et porcelaine qui s'envole par la fenêtre. Ce qui faisait qu'il évitait de regarder les soap opéras – ça ne manquait jamais dans ce genre de feuilletons.

Hélas pour lui, il semblait se retrouver coincé aux premières loges du soap Royauté Asgardienne. Avec le frère mystérieusement disparu suite à sa tentative de suicide qui s'avère avoir tenté d'effacer son identité pour se démarquer définitivement de sa famille, et le frère dévoué qui voit tous ses efforts pour sauver son cadet adoré lui exploser à la tronche d'une manière aussi inattendue que cruelle.

Un soap. Une saleté de soap. Tony voulait chialer. Ou vider son minibar. Ou se planquer sous une table renforcée – parce que vu ce qu'il avait appris des mœurs asgardiennes, c'est qu'il ne faisait pas être bon un fragile petit humain dans les parages, et c'était seulement pour les roturiers ! Alors, la famille royale, imaginez un peu…

« Question rapide, vous avez un psychothérapeute sous la main ? » glissa Igor, qui ouvrait de grands yeux épouvantés. « Parce que j'ai l'impression qu'ils en ont sacrément besoin. »

Tony fit la grimace.

« On a Bruce. Vous savez, le Hulk. Très sympa, très compréhensif, très câlin jusqu'à ce que quelqu'un lui tape sur les nerfs et qu'il arrête de l'être. »

La gueule catastrophée de Frankenstein serait très bien allée à un baigneur qui voit un aileron lui foncer dessus à toute berzingue.

« On va peut-être éviter. Trouver quelque chose d'un peu plus délicat. »

« Parce que tu crois que la délicatesse, ça passerait ? » grinça la rouquine – Verity, c'était ça son nom, et purée Billy Milligan avait un pot de cocu d'avoir une nounou aussi attrayante pour le ramener au bercail après chaque soirée. « Surtout avec Thor, ce mec n'a pas l'air capable d'intégrer l'information à moins que tu la lui fasses rentrer dans le crâne avec un marteau-piqueur. »

Et c'est qu'elle avait pas faux, la donzelle. C'était pas pour insulter Point Break, mais il manquait rudement de subtilité. D'un autre côté, quand vous êtes un dieu capable de pulvériser quiconque vous emmerde d'un grand coup de marteau sur le carafon, vous n'avez probablement pas besoin de vous montrer subtil.

En attendant, le manque de subtilité, c'était le pauvre Tony qui risquait de l'endurer. Et vu comment ça braillait à qui mieux mieux – au point que la Bannière Étoilée en personne grimaçait et donnait l'air de vouloir se barrer – ça n'allait pas tarder à s'abattre.

Juste au cas où il viendrait à survivre – pas tellement probable – il balancerait ça sur Vie De Merde. A tous les coups, ça finirait dans le Top Cinquante.