« Je t'ai vu te disputer au loin avec Lilly et ensuite je t'ai vu monter, j'espère que ça va aller.

-Oui, c'est gentil de t'inquiéter mais ma mère se comporte comme une adolescente. Nate souria. »

Tout en restant à une bonne distance, elle s'approcha un peu et commença à le regarder d'un regard pénétrant.

« Ce baiser que je t'ai donné, je ne l'ai pas oublié loin de là. Certes au départ ce n'était qu'un baiser mais ce baiser, il me hante. Je n'arrête pas d'y penser, à ce que j'ai ressentit, à ce qu'il à réveiller en moi, à la façon dont tu m'as fuis après. Je ne sais pas où tout ça va nous mener, Nate s'approcha très près d'elle, mais j'ai vraiment envie de tenter….. »

Alors que Dan semblait en grande discussion avec un éditeur reconnu, Blair n'osa pas l'interrompre dans cette discussion sans doute passionnante aux gestes et aux sourires de son petit-ami. Elle s'ennuyait, Nate et Serena avait disparu depuis un moment, Dan discutait, sa mère était tout aussi occupée et elle ne connaissait pas la plupart des invités. Elle aperçut Rufus, il était accoudé contre un mur, un verre à la main et une journaliste semblait s'intéresser à lui. La rumeur de leur divorce imminent n'avait pas encore été dévoilé à la presse mais les très nombreuses conquêtes de Lilly ne passaient pas inaperçu.

Ne voulant plus être seule, elle s'approcha de sa mère et s'incrusta dans la conversation. Elle ne connaissait pas l'homme avec qui elle faisait la conversation.

« Ah Blair, laisse-moi te présenter. Mr Gale, ma fille, Blair.

-Enchanté mademoiselle Waldorf, Eleanor se retourna pour discuter avec un autre invité, je suis ravie de vous rencontrer enfin.

-Enchanté également, vous me connaissez ? lui demanda Blair qui elle ne voyait absolument pas qui pouvait être cet homme.

-Tout le monde vous connaît suite à votre mariage puis divorce, elle minauda, mais c'est par Mr Bass que j'ai entendu parler de vous.

-Chuck ? »

Elle était réellement étonnée, pourquoi donc Chuck avait parlé d'elle à un inconnu.

« En effet, mademoiselle. »

Elle allait lui poser la question lorsqu'elle se rappela avoir aperçu Chuck plus tôt dans la soirée. Il était plus facile d'obtenir des réponses de sa part. Elle le salua et se mit à sa recherche.

Après avoir cherché pendant un long moment et toujours sans l'avoir aperçu, elle allait se résigner quand sa mère s'approcha d'elle.

« Si tu cherches Dan, un des journalistes l'a prit à part dans la cuisine pour une interview de son prochain roman.

-En réalité, je cherchais Chuck.

-Oh et bien, il est partit il y a de ça plus d'une heure.

-Vraiment ? Mais la soirée ne faisait que commencer.

-Il est venu nous saluer et il est repartit. »

Elle souria à sa mère et repartit. Chuck était de plus en plus bizarre. Il ne parlait plus à personne même Nate lui avait confié qu'il était de plus en plus absent et puis elle n'avait plus de nouvelles sur sa « mère ». C'était bien trop étrange même pour lui. Piquée par sa curiosité, elle alla dans le vestibule récupérer un de ses manteaux et s'engouffra dans l'ascenseur.

A l'écoute de ces mots, il n'avait pas réfléchit il avait agis, il avait enfin lâché ce qu'il retenait depuis plus d'un mois en lui. Il avait beau avoir voulu nier après ce qu'il venait d'entendre il en était persuadé. Il la voulait là, maintenant. Alors sans même prendre le temps de lui répondre, il s'était approché et l'avait prise dans ses bras tel un animal et avait commencé à l'embrasser sauvagement.

Le baiser était passionné, sauvage, fougueux, il ne voulait plus décoller ses lèvres de celle de Serena, elle répondait avec ardeur et gourmandise. Il avait pris son visage entre ses bras et continuait à la noyer de baiser. Il s'attaqua ensuite à son cou, le dévorant littéralement, il n'en pouvait plus. Il implosait de l'intérieur, il se sentait comme le besoin vitale de la sentir contre lui, son odeur, sa présence, tout l'enivrait et lorsqu'elle passa ses mains contre son torse, il ne se contrôla plus.

Elle n'avait pu finir sa phrase qu'avec violence les lèvres de Nate s'étaient collées aux siennes. Elle lui répondit avec autant d'ardeur, elle avait chaud, trop chaud, elle bouillonnait. Il lui embrassa le cou, la naissance de sa poitrine et elle lui releva le visage pour l'embrasser à nouveau. Posant ses mains contre son torse, il réagit en la soulevant brutalement de terre. Une fois dans ses bras, tous ses sens étaient en éveil, elle le désirait de tout son corps. Elle s'accrocha au col de sa chemise, enleva la cravate et d'un geste sauvage déboutonna sa chemise. Il venait de passer une porte, elle ne voyait plus rien, ne sentait plus rien, enivrait par l'intensité du moment.

TIC !

Lorsqu'il entendit le bruit de l'ascenseur, il fut étonné. Qui pouvez bien venir le déranger à une heure pareille. Debout devant la fenêtre, il entendit des bruits pas s'approchaient puis se stopper à l'entrée du bar. Il n'entendait que sa respiration et après un court moment il se retourna.

« Blair »

Il prononça son nom, d'une voix froide, il était stoïque. Son corps semblait épuisé et son visage fatigué. Il avait du avoir une dure journée.

Elle n'avait pas bougé, debout dans son manteau, elle se tenait droite face à lui à une bonne distante. Elle ne disait rien, elle le regardait avec un visage triste. Il se demandait ce qu'elle pouvait bien faire ici. Néanmoins, il ne dit rien.

Elle regarda toujours, fixement, en se demandant ce qui l'avait poussé à quitter la soirée sans prévenir personne et à venir ici, pour lui. Elle se sentait lasse, fatiguée par tous ces mois de non dit et de souffrance commune. Il devait cette fois mettre les cartes sur table une bonne fois pour toutes.

Baissant le regard, il se tourna vers sa droite et avança jusqu'au bar. Il prit un verre puis le pichet mais s'arrêta dans son mouvement. Il sentait toujours son regard sur lui. Il remit le pichet à place et se tourna à nouveau vers elle.

Elle inspira profondément.

« Chuck »

Elle avait sentie cette voix faible et tremblante qu'elle avait, elle ne savait pas pourquoi mais l'atmosphère était terriblement lourde. Elle se décida à expliquer la raison de sa venue.

« A la fête, ma mère m'a présenté à un certain Monsieur Gale qui visiblement avait entendu parler de moi par toi. J'ai été très surprise et donc je suis venue te demander des explications. »

A l'évocation de ce nom, il avait relevé les yeux.

« Alors tu es venu jusqu'ici pour me demander ça ? Tu as quitté la fête comme ça, en laissant tout le monde, juste parce qu'un homme t'a dit que je lui avais parlé de toi ? C'était si important de le savoir, ce soir ? »

Quand elle l'entendit dans sa bouche, elle se rendit compte à quelle point ça paraissait stupide. Pourquoi était-elle venue ? Elle se posait la question.

« Même si tout comme moi, tu trouves ça bizarre je vais néanmoins répondre à ta question. Histoire de dire que tu ne t'es pas déplacé pour rien. »

Il s'arrêta et inspira un grand coup.

« Je pars. »

A ces deux petits mots prononcés, elle sentit son esprit faire un demi-tour, elle ne comprenait pas. Qu'elle était le rapport avec la raison de sa venue ? De cette voix toujours tremblante, elle se lança.

« Tu pars ? »

« Oui. A Londres. Je quitte New York le moins prochain. Définitivement. »

Il vit le visage de Blair se décomposait, c'était indescriptible même pour lui qu'il la connaissait parfaitement, il n'avait jamais vu ce visage auparavant. Il vit sa lèvre trembler, elle eu un léger mouvement de recul et détourna son regard du sien en arpentant le sol. De son côté, il sentait comme un poids glisser, elle était la première personne à qui il l'avait dit. Il ne savait plus quoi penser, ni pour elle, ni pour lui.

Cette phrase résonna comme une bombe dans son esprit. « Définitivement. » ce simple mot venir de la détruire. Elle s'était sentie vacillée. Jamais elle n'avait pu imaginer cela même dans ces cauchemars. Chuck ne pouvait pas partir et quitter leur monde. Elle ne pouvait l'imaginer, il ne pouvait pas partir, il avait toujours était là depuis le début de sa vie jusqu'à maintenant. Elle ne pouvait le regarder, tout son être était chamboulé par cette simple phrase. Elle se sentait vide, anéantie. Elle n'osait lever son regard ni même dire un mot. Elle voulait savoir mais n'avait pas la force de demander. Elle sentit son corps trembler de la tête au pied. Elle ne réalisait pas.

Son visage était fermé, impassible, il la regardait digérant la nouvelle.

« L'Empire a été racheté la semaine dernière, il est à moi jusqu'à la fin du mois ensuite le nouveau propriétaire prendra les lieux. Je resterai ici une semaine ou deux avant de partir.

Il vit son visage se relever et la tristesse qu'il pouvait lire dans ses yeux le toucha profondément. Blair semblait choquée, incapable de quoi que ce soit. La voir comme ça était une véritable épreuve mais pour autant il ne pouvait pas s'approcher d'elle. Il ne devait pas. »

Puisant dans ces dernières ressources, elle posa la question qui lui brûlait les lèvres.

« Pourquoi ? »

-Suite au paiement de ta dote, j'ai été en fort manque de liquidité et l'Empire me revenait trop cher, je n'ai plus les ressources suffisamment nécessaires pour le faire fonctionner. J'ai donc contacté mon directeur financier, Mr Gale, et lui ai raconté toute la situation. Pendant des semaines, j'ai cru pouvoir sauver l'hôtel mais c'est impossible. Je l'ai donc mis en vente maintenant, tant qu'il vaut encore une bonne somme et j'ai très vite trouvé un acquéreur très discret. On a signé les papiers la semaine passé et ce soir Mr Gale m'a dit que l'hôtel n'était plus à moi. J'ai donc quitté la fête. »

Blair sentait les larmes lui montaient aux yeux. Tout. Tout était de sa faute. Pourquoi avait-t-il payé sa dote ? Et elle, elle ne l'avait même pas remercié, le prix de sa liberté lui avait coûté la sienne. Elle ne se le pardonnerait jamais. Elle sentit son cœur fondre, elle se sentait sale, cruelle, responsable. Elle se sentait lourde de culpabilité mais surtout elle sentait une souffrance tellement vive dans le creux de sa poitrine qu'elle croyait qu'elle allait s'effondrer.

« C'est impossible, murmura t'elle.

-Si, Blair. C'est la vérité.

-Et Londres ? Pourquoi Londres ? »

Chuck depuis des semaines s'étaient posé la question des centaines de milliers de fois « Pourquoi avait-t-il payé sa dote ? », il venait de tout perdre, ce qu'il avait mis tant de temps à bâtir et en une journée tout était partie en fumée. Depuis qu'il savait l'hôtel perdu, il l'a fuyait, il ne pouvait plus la voir, il voulait qu'elle se sente coupable, qu'elle souffre autant que lui. Elle l'avait détruit. Il ne restait plus rien. Plus rien de Chuck Bass. Blair Waldorf en avait dégusté chaque parcelle.

« On m'a proposé un poste comme gérant d'un très grand hôtel du centre-ville, bien payé, bien situé, je ne pouvais refuser. Et puis je crois que j'ai besoin de repartir de zéro, sans attache, sans personne, sans problème. »

Il avait fini sa phrase en la fixant. Puis il se retourna et sans aucun signe pour elle se servit un verre.

Chuck. Chuck partait. C'était irrévocable et pourtant elle voulait y croire, elle voulait arranger la situation. Elle s'approcha de lui.

« Chuck, pardonne-moi. »

Il ne silla pas. Pas même un geste, elle savait que c'était trop facile mais elle devait lui dire ce qu'elle ressentait.

« Chuck ! »

De sa main droite, elle saisit son menton l'obligeant à la regarder.

« Regarde-moi. »

Il plongea son regard dans le sien.

« Je ne voulais pas tout ça ! Pardon ! Je ne savais pas ! Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? »

Il ne répondit pas et il détourna à nouveau le regard. Elle ne supportait pas la situation, trop irréelle, trop impensable. Elle saisit son bras gauche et l'obligea à lui faire fasse de son autre main elle saisit son autre bras et elle plongea son regard dans le sien.

« Pourquoi ne pas m'avoir demandé de l'aide ? Je t'aurais prêté des fonds.

-Et puis quoi encore ! D'un geste sec il dégagea ses bras. Je ne veux pas de ta pitié. J'ai payé ta dote en étant conscient des risques et je vais les assumer seul jusqu'au bout.

-Ne me rejette pas, laisse moi t'aider.

-Blair, stp arrête, tout ce que tu fais est inutile. Ma décision est prise, j'assume mes actes et mes choix et m'éloigner de New York ne me fera que du bien. »

Dans un élan désespéré, elle s'approcha très proche de lui et saisit son visage entre ses deux mains, son visage à quelques centimètres du sien. Sa voix tremblait, elle sentait ses yeux humides.

« Tout est de ma faute. J'ai tout gâché si j'étais partie avec toi dès le début. »

Pour la première fois, elle vit dans son regard une lueur de compassion loin de ce visage de colère et d'indifférence envers elle qu'il abordait depuis le début.

« Blair, le passé est ce qu'il est. Toi comme moi devons avancer, séparément. »

Elle avait toujours son visage entre ses mains, elle s'approcha encore, passa ses mains dans ses cheveux. Elle le regarda intensément.

Malgré qu'en ce moment tout son être brûlait d'une colère contre elle, voir Blair dans cet état lui faisait un mal fou, elle semblait désespérée. Il l'aimait. Malgré tout cela, il l'aimait mais elle était à la fois son cancer et son traitement. Un amour passionné mais destructeur et il fallait y mettre un terme. De ces mains il saisit les siennes et enleva ses mains de son visage.

Une fois ces mains dans les siennes, elle fit glisser ces doigts dans les siens, les entrelaçant. Elle le regardait toujours avec le même désespoir. Elle ouvrit les bras toujours avec les mains de Chuck dans les siennes. Dans geste sec, il les enleva. Elle les porta alors à nouveau sur lui, contre son cou le forçant à la regarder encore et toujours.

« Chuck »

Ce qui se passait en elle était impossible à d'écrire, trop d'émotions brutales et subites. Elle ne savait plus ce qu'elle faisait, elle était simplement guidée par son instinct.

Elle descendit ses mains le long de son torse et sentit que sous cette chemise, il avait effectivement perdu du poids. Elle ne l'avait jamais connu aussi frêle. Elle sentit soudainement une poigne ferme se refermer contre ses poignets et l'éloigner brutalement.

Elle le regarda une dernière fois, elle s'approcha à nouveau, les bras le long du corps, elle ne le touchait pas. Il la regardait aussi. Elle s'approcha à quelques centimètres de lui et ferma les yeux.

Il sentait sa respiration contre son cou. Elle était haletante. Il sentait grandir en lui une vague de grande colère, c'était elle, c'était de sa faute, elle avait tout ruiné, elle avait tout gâché, elle lui avait tout pris. Néanmoins, même si il savait qu'il ne lui restait plus rien il savait qu'à cet instant c'était lui le plus fort.

« Va-t'en Blair.

-Chuck, essayons de parler calmement de tout ça. De trouver une solution.

-Blair tu ne te débarrasseras pas de ce sentiment de culpabilité aussi facilement. Maintenant, laisse-moi. »

Elle se retourna et quitta l'appartement.