Auteur : Fire Serendipity
Bêta-Lecture : Lyly u
Rating : T.
Note : Pour les chansons je peux citer l'original comme la VF, ça dépend de ce qui colle le mieux. Les parties en Anglais sont reprises et traduites en bas.
Note bis : A l'intention de ceux qui suivent « A Cœur Fendre » - c'est-à-dire quasiment tous ceux qui liront ceci, je pense - un nouveau poll vous attend sur mon profil. Le chapitre 12 est actuellement en cours de mûrissement. Merci d'avance pour votre participation et bonne lecture.
RAR :
Anohito : Merci pour ta review. J'espère que ce premier chapitre sera à la hauteur de tes attentes.
This is Halloween
Peut-être avant de vous conter cette histoire convient-il de vous familiariser un peu avec l'environnement. Vous risqueriez de vous saisir. Ah.
A Halloween, nous vivons par la peur et pour la peur. C'est une façon de vivre comme une autre, et parfois même meilleure qu'une autre. La ville de Thanksgiving, par exemple, qui se trouve à quelques portes d'ici, est peuplée de gens qui ne vivent que pour dire « merci ». Je n'ai rien contre le fait de dire merci bien sûr, mais ici, à Halloween, on est un peu plus délurés, un peu moins prévisibles. Et la plupart du temps, tout le monde s'y amuse beaucoup.
C'est ici que se rassemblent tout ce que nos mondes comptent de ce que les autres gens appellent « monstres », « marginaux » ou « créatures ». Ici se trouve la capitale des erreurs des la nature, et personne n'a de complexe ou de honte. C'est pourquoi moi et mes concitoyens aimons tant notre petite cité.
Halloween est faite de pierre, surtout. Des architectures gothiques ou biscornues, tout en arêtes et en pointes. Pour y trouver quelque chose qui aurait l'air normal, il faudrait la regarder dans un miroir déformant. Nous avons une mairie, une fontaine et une guillotine qui a d'ailleurs donné son nom à la Grand-Place du village. A la sortie de la ville se trouvent le Cimetière, puis la Colline aux Citrouilles et le Mont Spirale, et au-delà la forêt dans laquelle nous n'allons jamais.
Les nouveaux habitants viennent toujours de la forêt. Ils échouent ici quand ils ont été rejetés de partout ailleurs et nous les accueillons toujours à bras ouverts. Personne ne va dans les bois car tous ceux qui arrivent jusqu'à Halloween restent à Halloween. De mémoire de conteur, je n'ai jamais vu arriver de nouvel habitant et je suis moi-même là depuis bien trop longtemps pour me souvenir d'où je venais. Je pense qu'ici personne n'a envie de se rappeler comment c'était de l'autre côté des bois.
Nous vivons en autarcie. Oh, bien sûr, nos besoins sont très limités puisque pour la plupart, nous sommes morts ou tout simplement non-vivants. Ceux d'entre nous qui ont besoin de nourriture se satisfont de ce qu'ils trouvent – ils chassent la chauve-souris et le crapaud et bien sûr profitent des immenses champs de citrouilles qui entourent la muraille de la ville.
Bien évidemment, la date la plus importante de l'année, l'évènement le plus attendu, c'est Halloween. De grandes réjouissances sont organisées pendant une semaine, chaque année. Musique, chants, danses, jeux et concours et le point culminant des festivités, le Défilé de L'Epouvantail.
Notre histoire commence ce fameux jour de Halloween, lors du Défilé. Tout le monde y participe, évidemment. Des musiciens jouaient partout, comme chaque année, des funambules, c'est ainsi que se nomment ces créatures grises qui peuvent produire n'importe quel son selon le mouvement qu'ils exécutent. Les funambules n'obéissent qu'à une seule personne en ville, celui qui s'occupe toujours des chants et de la musique pour les Fêtes, Demyx.
Quand Demyx est arrivé, il n'y avait que deux funambules avec lui. Maintenant, ils sont partout. Même en dehors des la période de Halloween ils sont partout en ville à danser et à faire de la musique. Souvent, des habitants s'arrêtent pour chanter avec eux. Ainsi grâce à eux, d'une certaine manière, Halloween est toujours en fête.
Le jour du Défilé Demyx mène ses funambules d'une main de maître et la ville se joint à eux pour rendre hommage à notre chez-nous. Le jour où commence ce récit, il se tenait debout sur la margelle de la fontaine dont les jaillissements visqueux et vaguement luminescents jetaient des reflets verts sur ses vêtements et sa peau déchirés.
A Halloween personne ne parle jamais d'« avant » mais ça ne veut pas dire que personne n'y pense. En tant que conteur je m'intéresse à tout, et j'aime bien Demyx. Je crois qu'il venait de la ville de Carnaval. Il a toujours porté ce costume de Pierrot-la-Lune, à la soie de plus en plus grise et usée avec le temps, et son visage a toujours été blanc, même avant que l'atmosphère de la ville ne commence à faire se décomposer sa peau. Nous réagissons tous différemment à notre arrivée ici. Demyx pourrit sur pied. L'une de ses mains n'est plus que des os et son crâne et une bonne partie de sa mâchoire sont apparents. Mais il en faudrait bien plus que ça pour l'empêcher de jouer et de chanter. Ici, il vit en harmonie avec ses funambules qui deviennent de plus en plus nombreux.
Nous ne sommes pas tous des créatures connues. Certains d'entre nous sont des mystères même à leurs propres yeux mais je m'efforcerai tout au long de l'histoire de vous renseigner au mieux. Demyx et ses funambules sont des lorialets, ce qu'on appelle des enfants de la Lune. Je fais moi-même partie d'une petite communauté de vampires, nous comptons également un loup-garou, deux sorcières et bien d'autres créatures que vous découvrirez plus tard. Je digresse et il me faut reprendre le début du récit.
Debout sur le bord en pierre de la fontaine et baigné par une lueur verdâtre, Demyx jouait du sitar, pinçant les cordes du bout des os. Cet instrument ne produit pas directement de son, il s'en sert pour contrôler les funambules. Ceux-ci virevoltaient en tous sens en produisant la musique qu'il avait composée pendant que tous chantaient et dansaient. Des citrouilles évidées éclairaient les rues, les grimaces taillées dedans semblant hurler au cœur de la nuit.
Les enfants comparaient leurs butins de trick-or-treating. Ici, l'important, c'est la farce qu'ils ont préparée, et ils sont récompensés en fonction de leur malice et de leur ingéniosité. Ceux qui ont récolté le plus de friandises, sont ceux qui ont été les meilleurs farceurs, ça fait partie des traditions. Ici à Halloween, faire peur est notre vocation, notre raison d'être, mais nous ne sommes pas méchants.
Présents ce soir-là dans les chœurs, il y avait plusieurs de ces créatures non-répertoriées que nous nommons « choses ». Les choses se cachent dans les placards, sous les lits et les escaliers des autres mondes de peur d'être découvertes et chassées, comme c'est bien souvent le cas. Il y avait la chose au crâne couvert d'araignées dont les doigts sont des couleuvres, la chose aux très longues dents avec des yeux rouges et si brillants qu'ils se distinguent même dans le noir. Complétant ce chœur se trouvait le clown, une chose spéciale qui ne se déplace qu'assise sur son monocyle et qui est capable d'enlever et de remettre son visage comme un masque pour montrer l'intérieur creux de sa tête, et le trio de choses chantait :
- In this town we call home, everyone hail to the Pumpkin Song ~
Le chœur des vampires dont je faisais partie avait un très bon couplet : « I am the who when you call "Who's there ?" I am the wind blowing through your hair… » Une des meilleures trouvailles de Demyx, à mon sens, cette ligne. Les sorcières faisaient quelques acrobaties aériennes sur leurs balais
Et Lexaeus, l'arbre aux pendus qui est un ami à moi, baladait ses deux squelettes qui chantaient ma foi fort juste, surtout quand on sait qu'ils n'ont pas de cordes vocales.
Lexaeus ne parle pour ainsi dire jamais. Ce sont toujours ses pendus, Xaldin et Xion, qui prennent la parole. Ils sont accrochés à ses branches depuis si longtemps qu'ils doivent savoir lire dans ses pensées, je suppose. Alors il est bien rare d'entendre un son sortir de sa vieille écorce.
Il y a deux protagonistes principaux dans cette histoire, les deux personnages les plus importants. L'un d'entre eux se trouvait derrière Lex alors que le défilé approchait de son apothéose, le clou du spectacle.
Roxas était l'un des rares habitants de Halloween à y être « né », si je puis dire. Je ne suis pas sûr de pouvoir parler de naissance, en réalité, car Roxas est un homonculus, un être vivant artificiel. Il avait été créé un peu plus d'un an plus tôt par le savant qui occupait la tour laboratoire juste à côté de la Place de la Guillotine, le docteur Vexenstein.
Roxas était une poupée, en réalité. Son corps était fait de toile fine cousue pleine d'un rembourrage de feuilles mortes et ses yeux, deux orbes de porcelaines sur lesquelles avaient été peints des iris bleu saphir. Ses cheveux étaient des fils dorés et, cousus à même son corps comme une seconde peau, mille morceaux de tissus de tailles, de formes et de couleurs différentes l'habillaient de ce qui rassemblait assez à un magnifique costume bariolé d'Arlequin. Il se l'était cousu lui-même au fil du temps, avec des chutes de tissus trouvées à droite et à gauche.
A l'origine, le docteur l'avait créé uniquement dans le but d'avoir quelqu'un qui pousserait son fauteuil roulant. Il ne s'était pas donné la peine de l'habiller.
Dans les tout premiers temps de son existence, Roxas avait rempli son rôle sans que le docteur ne trouve rien à y redire. Il ne parlait pas, regardait tout d'un œil vide, se contentait de faire ce que son créateur lui disait : pousser son fauteuil, monter ou descendre des escaliers, aller chercher quelque chose ici ou là. Roxas bougeait mais ne vivait pas. Pas vraiment.
C'était là ce qu'avait souhaité le docteur Vexenstein en le créant. Le docteur est un génie, en toute honnêteté, mais pas un personnage très agréable à côtoyer. Et bien qu'il ait créé un homonculus dans le but d'avoir en permanence une paire de mains disponibles pour le pousser, ce n'était pas vraiment un infirme. Il avait un jour décidé qu'il n'avait pas besoin de marcher pour être génial, et il avait arrêté d'utiliser ses jambes. Assis en permanence dans un fauteuil roulant, elles s'étaient affaiblies jusqu'à devenir inutilisables. Si on ajoute à cet aspect déjà peu engageant du personnage le fait qu'en tirant sur ses longs cheveux d'un blond filasse il pouvait à volonté soulever la partie supérieur de sa boîte crânienne, et le fait qu'il le faisait souvent pour se gratter le bulbe rachidien, je pense que je n'ai pas besoin de vous expliquer pourquoi personne n'a envie de pousser son fauteuil. Même pour Halloween le docteur Vexenstein est un grand malade mental. Et je sais de source sûre que pour arriver à s'ouvrir le crâne, il s'est trépané lui-même…
Le docteur avait donc créé Roxas, une poupée animée mais sans vie qui devait se taire et pousser, se taire et pousser, pousser et se taire et encore pousser. Et Roxas s'est animé, Roxas s'était tu, et Roxas avait poussé. Un moment. Jusqu'à un an plus tôt jour pour jour, à peu près à la même heure. Il s'était tenu debout derrière le fauteuil, voyant plus qu'il ne regardait le défilé, l'œil vide.
La vie était venue en lui ce soir-là. Elle s'y était allumée, aussi sûrement que la flamme qui avait tout à coup illuminé son regard de porcelaine, quand les flammes du spectacle avaient révélé celui qui, chaque année depuis si longtemps que j'ignore même quand cela à commencé, fait la fierté et la gloire de notre cité. L'orgueil de Halloween, celui qui est l'incarnation même de ce que nous sommes et que nous appelons le Roi des Citrouilles : Axel, l'Epouvantail. C'est toujours lui qui conclut le spectacle : une entrée fracassante, il danse, crache du feu et fait quelques acrobaties. C'était l'année précédente, alors qu'il voyait Axel Flurrington danser au milieu des flammes sur la place de la Guillotine, que pour la première fois les yeux de Roxas avaient commencé à regarder. Et à partir de ce moment-là il avait commencé à s'éveiller.
Une semaine plus tard il parlait. Le docteur avait d'abord été ravi : son invention dépassait toutes ses espérances. Il s'était longuement félicité d'assister aux progrès de sa « poupée ».
Deux semaines plus tard, Roxas prenait du fil et une aiguille. Il avait rapidement appris à coudre, même s'il est difficile de dire s'il avait appris ou s'il avait su aussitôt. C'eût été comme une seconde nature chez lui mais après tout, son corps entier était un assemblage de coutures. Il avait commencé à collecter les morceaux de tissu abandonnés qui constitueraient plus tard son habit. Le docteur avait froncé un sourcil circonspect en le voyant se soucier de pudeur et ce pour deux raisons : la première était que la pudeur était une des manifestations d'humanité les plus flagrantes qu'il aurait pu imaginer et qu'il ne voyait pas pourquoi Roxas en faisait montre la deuxième était plus terre à terre : il n'y avait pas de pudeur à avoir puisqu'il n'avait rien à cacher ! Le corps artificiel de sa poupée, le docteur ne s'était pas donné la peine de s'y investir plus de temps et de travail qu'il ne le fallait pour qu'elle ait les deux bras, les deux jambes et la tête qu'il fallait pour pousser sa chaise. Roxas s'était donc cousu tout ça pour cacher un corps de toile rembourrée aussi asexué que celui d'un ange. Il est probablement ce qui se rapproche la plus d'un ange, ici, à Halloween, d'ailleurs…
Jusque là le docteur n'avait rien eu à redire aux agissements de sa création. Puis Roxas s'était enfui pour la première fois. Puis il s'était enfui une deuxième fois, puis une troisième, puis comme son créateur ne le laissait plus sans surveillance, il avait commencé à élaborer mille stratagèmes pour se soustraire à son attention. Roxas s'était éveillé, il avait pris vie : il avait parlé, s'était mis à réfléchir, à se soucier de son image et de son entourage et puis il avait attrapé la bougeotte. Il était devenu comme possédé par la curiosité, incapable de rester tranquille.
C'était devenu moins drôle pour le docteur à partir de ce moment-là, car il avait créé Roxas pour qu'il pousse son fauteuil, et depuis un an, il passait une bonne partie de son temps à rouler à travers tout Halloween pour retrouver sa poupée vagabonde. Ironie.
Pour l'heure, l'homonculus se tenait derrière Lexaeus, côté Xion. Lui et la pendue étaient amis – aussi proches que faire se pouvait en tout cas. Roxas ne se confiait pas trop à elle car il ne pouvait le faire sans être entendu par l'arbre et par Xaldin, et bien que ces deux là fussent sans doute les deux langues de bois les mieux clouées de la ville, il n'aimait guère avoir du public quand il parlait.
Appuyé des deux mains sur l'écorce de l'arbre aux pendus, Roxas regardait la procession. Elle était presque finie, et ses yeux étaient écarquillés d'excitation. Il avait absolument voulu revoir ce spectacle qui lui avait donné vie plus sûrement encore que la science et les mains de son créateur, et c'était la raison de sa présence dans le foule ce soir-là.
Une tempête de hurlements se déclencha lorsque le char arriva, au point de presque couvrir les chants. Une grande structure métallique en forme de toile d'araignée y était fixée et accroché la se trouvait Axel. Roxas serra les poings en admirant l'apparition qui saluait la foule. Sa gorge était trop serrée d'émotion pour qu'il puisse joindre sa voix aux chants qui continuaient :
Skeleton Ax might catch you in the back
And scream like a banshee
Make you jump out of your skin
This is Halloween, everybody scream
Won't ya please make way for a very special guy ~
Sa très longue maigreur cintrée dans un costume noir à fines rayures blanches, une chauve-souris en guise de nœud papillon, et une très grosse tête blanche parfaitement ronde, avec des orbites creuses noires comme des puits de mine hantés et une bouche fendue jusqu'à des oreilles inexistantes, Axel grimpa en haut de la toile d'araignée et s'y percha. Il salua son public et puis il dévala du haut du char jusqu'au sol en faisant la roue, ses longs membres squelettiques aussi droits et raides que des os. Des flammes jaillissaient de ses mains, formant ainsi avec son corps une roue de feu qui fit le tour de la place de la Guillotine avant de s'arrêter la tête en bas. Le feu s'éteignit et il se remit sur ses deux pieds d'un bond avant de commencer à danser.
Si Roxas avait eu des ongles, ils se seraient enfoncés jusqu'au sang dans sa peau. Et le cœur mécanique dont il avait été doté battait la chamade. Il lui semblait presque ressentir de l'angoisse, mais il s'efforça de l'ignorer. Il ne voulait pas laisser une prémonition venir lui gâcher ce moment… Il se focalisa entièrement sur Axel et sur l'excitation trépidante qu'il ressentait.
L'épouvantail tournait et voltait, faisait des pirouettes et exécutait des pas de danse vertigineux. Roxas pressa ses deux mains sur son cœur affolé lorsqu'au moment du final, Axel regrimpa sur la toile d'araignée en fer et que, s'y agrippant des deux mains, il se fracassa la tête dessus.
Le rond masque blanc éclata, révélant son véritable visage. Pâleur mortelle, cicatrices lui faisant un sourire d'ange, yeux d'un vert venimeux cernés de noir, marques violacées en forme de triangles sur les joues et longs cheveux rouge sang, tel était le Roi des Citrouilles, que nous surnommons également la Rafale des Flammes Dansantes.
L'homonculus crut défaillir lorsqu'il le vit arquer le dos et, jetant la tête en arrière, vomir un torrent de flammes qui monta haut dans le ciel nocturne, puis ce fut fini.
La foule éclata en hurlements enthousiastes et Axel se redressa et salua ses admirateurs avec emphase avant de descendre du char autour duquel la on se pressait maintenant. Le spectacle était fini et en un clin d'œil la Place de la Guillotine fut noire de monde. Même Lexaeus s'éloigna, le privant de l'abri qu'il lui avait fourni jusque là, mais Roxas était trop secoué pour en avoir cure. De là où il était, les mains jointes et serrées, il observait Axel recevoir les félicitations et les compliments de ses innombrables admirateurs, cherchant en lui le courage de s'approcher. Il avait déjà parlé avec Axel plusieurs fois, et il aimait même à se laisser croire qu'il l'aimait plutôt bien, mais il était toujours mort de trouille à chaque fois qu'il voulait lui adresser la parole.
Au bout d'un instant, il se sentit assez brave pour aller se mêler à la foule et essayer de glaner un regard du Roi de la soirée, mais au moment où il faisait un pas en avant, une poigne de fer se referma sur son poignet. Il sursauta et se retourna pour découvrir, planté derrière lui dans son sempiternel fauteuil roulant, le docteur Vexenstein. Roxas étouffa un juron.
- Les effets de la décoction que tu m'as fait avaler se sont dissipés, Roxas. C'est la dernière fois que j'avale quelque chose qui a été préparé par toi sans te le faire goûter avant.
Roxas tira sur sa main pour essayer de se dégager, mais il ne réussit qu'à faire avancer un peu le fauteuil de son maître.
- Lâchez-moi ! Protesta-t-il.
- Tu n'es pas encore prêt à expérimenter des sensations et des émotions aussi fortes, répliqua le docteur en ignorant sa demande.
- Bien sûr que si ! Se défendit Roxas, en sachant très bien que cela ne mènerait nulle part. Ils avaient déjà eu cette conversation dix fois et toujours pour le même résultat : le docteur faisait la sourde oreille et le ramenait au bercail.
D'une main, le savant fou actionna son fauteuil pour le faire rouler et de l'autre, il tenta de le tirer derrière lui.
- Tu vas venir avec moi, maintenant !
- Certainement pas !
Roxas se mordit l'épaule, coupant le fil qui rattachait son bras à son buste. Toute la couture se défit et, emporté par son élan, le fauteuil du docteur fit une embardée et se renversa par terre. Roxas tourna les talons et décampa en direction du Cimetière sans un seul regard en arrière. Il entendit donc son créateur lui hurler de revenir tout de suite et le traiter de petit crétin ingrat, mais il ne le vit pas brandir dans sa direction le bras qu'il avait laissé derrière lui, et le bras en question assener un solide coup de poing sur son crâne chevelu.
Personne n'avait vraiment prêté attention à cette scène, toute l'attention était restée concentrée sur Axel jusqu'à ce que ce dernier s'en aille. A ce moment-là, enfin, deux funambules redressèrent le fauteuil du vieil homme qui s'en retourna en maugréant dans sa tour. Roxas finirait bien par rentrer. Il rentrait toujours – au fond, il n'avait pas d'autre endroit ou aller – et de toute façon, il avait perdu un bras, il faudrait bien qu'il vienne le récupérer…
Ainsi peu à peu quelques personnes quittaient la Place de la Guillotine, où la grande majorité des habitants se tenaient encore longtemps plus tard et entonnèrent notre « hymne national », le Chant des Citrouilles.
This is Halloween, this is Halloween
Pumpkins scream in the dead of night
This is Halloween, everybody make a scene
Trick or treat till the neighbor's gonna die of fright
It's our town, everybody scream
In this town of Halloween…
This is Halloween, this is Halloween
Pumpkins scream in the dead of night
This is Halloween, everybody make a scene
Trick or treat till the neighbor's gonna die of fright
It's our town, everybody scream
In this town of Halloween…
Traduction en Français:
"This is Halloween" Voici Halloween
"In this town we call home, everyone hail to the Pumpkin Song " Dans cette ville qui est notre maison, tout le monde joint sa voix au Chant des Citrouilles
"I am the "who" chen you call "Who's there ?" I am the wind blowing through your hair… » Je suis « qui » quand tu cries « qui est là ? », je suis le vent, soufflant dans tes cheveux
Skeleton Ax might catch you in the back / Ax le squelette peut vous sauter dessus par derrière
And scream like a banshee / Enhurlant comme une banshee
Make you jump out of your skin / A vous faire bondir hors de votre peau
This is Halloween, everybody scream / Voici Halloween, tout le monde crie
Won't ya please make way for a very special guy ~ / Veuillez faire place pour un gars vraiment special
This is Halloween, this is Halloween / Voici Halloween, Voici Halloween
Pumpkins scream in the dead of night / Les citrouilles hurlent au coeur de la nuit
This is Halloween, everybody make a scene / Voici Halloween, tout le monde fait la grimace
Trick or treat till the neighbor's gonna die of fright / Trick or treat jusqu'à ce que les voisins meurent de peur
It's our town, everybody scream / C'est notre ville, tout le monde crie
In this town of Halloween… ~ / Dans cette ville de Halloween ~
