Auteur : Ariani Lee
Bêta-Lecture : Lyly u
Rating : T.
Note: Le nouveau poll vous attend toujours sur mon profil ^^ Ce serait gentil d'y répondre, les résultats m'intéressent beaucoup!
And burn we will, until the day we die
Town Meeting
La ville entière s'était précipitée dans la salle des fêtes. Quand Roxas atteignit la Place de la Guillotine et monta les marches de pierres de l'Hôtel de Ville, il se fit presque renverser par Larxène qui entrait en trombe, juchée sur son balai magique. Il l'entendit ricaner méchamment tandis qu'elle s'engouffrait par la porte ouverte. Elle ne l'avait jamais beaucoup aimé, il le savait sans avoir jamais compris pourquoi.
À l'intérieur, la foule était si dense qu'il n'y avait plus moyen de s'approcher de l'estrade. Celle-ci était pour le moment masquée par de lourds rideaux noirs mangés aux mites, fermés. Toute la population de Halloween, choses, vampires et enfants-monstres, se pressait sur les bancs en bois qui craquaient, tout comme le plancher, sous ce poids inhabituel. Tous étaient fébriles d'impatience et d'anticipation à l'idée de ce que l'épouvantail pouvait bien vouloir leur montrer. Larxène et Naminé sillonnaient la salle sur leurs balais.
Quand Roxas entra, l'endroit était réellement plein comme un œuf de corbeau, au point qu'il craignit d'être obligé de rester dans l'encadrement de la porte. Mais Naminé, contrairement à sa consœur, avait toujours eu un petit faible pour l'homonculus. Elle s'approcha et lui offrit gracieusement son aide.
Roxas s'assit sur son balai et elle s'envola jusqu'à la charpente du toit avant de s'arrêter à hauteur d'une grosse poutre. Il s'y jucha et, regardant devant lui, s'aperçut qu'en arrivant dernier – la Tour-Laboratoire était un peu à l'écart du reste de la ville – il n'en avait pas moins la meilleur place. Ravi, il remercia la petite sorcière d'un baiser sur sa joue pâle. Naminé rougit et gloussa de plaisir avant de redescendre auprès de Larxène. Puis il s'installa confortablement et écouta tranquillement la foule en dessous de lui qui vibrait d'excitation.
Puis soudain, Axel surgit entre les rideaux. Lorsqu'ils s'écartèrent pour le laisser passer, chacun put voir un éclat de lumière teintée de rouge et de vert, puis ils retombèrent derrière le Roi des Citrouilles. Ce dernier alla se placer derrière le pupitre et s'y appuya des deux mains.
Roxas pressa les siennes contre la flamme de soie rouge fraîchement cousue sur son cœur. Axel était magnifique. Resplendissant.
Son sourire féroce lui fendait le visage en deux et son regard brûlait d'un feu infernal. Roxas ne l'avait jamais vu ainsi, et il ne ressemblait plus du tout à l'épouvantail triste et désœuvré qu'il avait vu dans le Cimetière la veille. Il semblait transfiguré.
Les nombreux autres habitants dont les souvenirs remontaient plus loin que la courte mémoire de Roxas, moi le premier, avaient déjà vu cette expression, et connaissaient ce regard. C'était le véritable Axel, la Rafale des Flammes Dansantes, dont l'épouvantail que Roxas avait connu n'était qu'un pâle reflet. Il était de retour, et la foule éclata en imprécations enthousiastes.
Les doigts de l'homonculus s'enfoncèrent dans la soie et la toile quand Axel commença à parler. Comme il était beau, et plein de vie ce mort-là ! L'homonculus sentait son cœur mécanique battre plus vite rien qu'à entendre le son de sa voix, pleine d'énergie et d'ardeur, vibrante d'une chaleur qu'il ne l'avait jamais entendu exprimer jusque là et qui jurait un peu avec son expression sauvage.
- Bonsoir à tous, mes très chers concitoyens, et merci d'être venus ! Marluxia ? Lumière !
Un projecteur s'alluma et se braqua sur lui. Une nuée de chauve-souris envahit la salle en poussant des cris indignés – elles avaient manifestement fait leur nid dessus et n'appréciaient guère tout ce dérangement. L'une d'entre elles vint s'accrocher au bras de Roxas, ses petites pattes fermement agrippées à son épaule, et se renveloppa dans ses ailes, tête en bas. L'homonculus la laissa faire, heureux de cette compagnie un peu inattendue mais bienvenue. Il se tourna pour apercevoir Marluxia, perché sur une plate-forme non loin, derrière le gros spot. Le maire fit à Axel sa mine la plus réjouie et un grand signe de la main.
- Merci, dit l'épouvantail, avant de revenir à nous. J'ai découvert un endroit incroyable ! Annonça-t-il, fébrile. Un endroit comme je n'en avais jamais vu auparavant, ni aucun de vous j'en suis sûr. J'y ai vu des choses si étonnantes et extraordinaires que c'en est à peine croyable. Un véritable mystère pour ma très humble cervelle, ajouta-t-il avec un petit clin d'œil qui fit palpiter plus d'un cœur dans l'assemblée. Les doigts de Roxas se crispèrent davantage sur la flamme de soie.
- Ce monde, mes amis, est unique, absolument fantastique… Essayer de vous le décrire serait comme de tenter de raconter le plus improbable des rêves… Mais vous devez me croire quand je vous dis que cet endroit est aussi réel que mon crâne. Il existe ! Si vous le voulez bien, je vais vous dire tout ce que j'ai appris sur Christmas Town. Laissez-moi vous montrer…
Il s'écarta du pupitre et alla tirer sur l'épais cordon noir qui pendait sur le côté gauche de l'estrade. Les rideaux s'ouvrirent et devant le spectacle ainsi découvert, le public éclata en exclamations de stupéfaction. Roxas se pencha en avant pour mieux voir, dérangeant un peu la chauve-souris, et laissa échapper un « Ooooooh ! ». Il était subjugué, jamais il n'avait vu quelque chose de comparable.
Sur l'estrade brillamment éclairée se dressait un arbre. Mais ce n'était pas une de ces choses noiraudes, chétives, nues et tordues qui bordent les rues de Halloween. Le bois en était brun et presque totalement couvert d'aiguilles d'un vert très vif qui rappelait à la poupée les yeux de son idole. Ses branches étaient chargées d'étincelantes boules de toutes les couleurs et de petites lumières blanches et une grande étoile dorée brillait à son sommet.
Au pied de l'arbre étaient entassées pêle-mêle de nombreuses boîtes enveloppées de papier bariolé et décorées avec des rubans bouclés, aussi colorés que les boules de l'arbre. Sur une petite table juste à côté étaient posés de menus objets mais de là où il était, Roxas ne pouvait voir de quoi il s'agissait.
Axel bondit plus que ne marcha vers l'arbre et s'empara d'un des cubes colorés qu'il brandit vers nous, le tenant de façon à ce que tout le monde puisse bien le voir.
- Ils appellent cette chose un « présent », dit-il. Tout commence par une boîte…
- Une boîte ! S'exclama inopinément Luxord en se redressant et en attrapant l'objet. Tous ceux qui étaient autour de lui se rapprochèrent pour regarder.
- En acier ? Demanda Lex de sa voix profonde et rocailleuse.
- Non, sûrement en fer, complètement rouillé, suggéra Xaldin, et Xion, de l'autre côté, hocha vivement la tête pour marquer son approbation, faisant cliqueter ses vertèbres.
- Oui, pour faire attraper le tétanos ! Ajouta-t-elle.
- Ou alors la Peste ? Proposa posément Xemnas. C'est bien, la Peste, c'est funeste.
Axel se pencha pour reprendre la boîte, un air bienveillant sur le visage.
- Je vous en prie ! Laissez-moi donc vous expliquer, dit-il en brandissant à nouveau le présent. Ce n'est qu'une boîte ! Enveloppée de papier rouge, et décorée avec un petit nœud de…
- Un nœud ? L'interrompit Xigbar, cette fois, rapidement suivi par un groupe de choses assises au deuxième rang.
- Pour quoi faire ?
- Quelle horreur ! S'extasia-t-on.
- C'est sûrement un nœud de pendu !
- Qu'est-ce qu'il y a dedans ? Qu'est-ce qu'il y a dedans ? Trépignait le public.
Roxas pouffa de tous les voir si excités.
- C'est le but du jeu : ne pas savoir ! Essaya de leur faire comprendre Axel, qui semblait un peu décomposé.
- C'est un chat ! S'écria Larxène, et elle lui arracha la boîte des mains.
- On peut le vendre ? S'intéressa Luxord, toujours à l'affût du moindre profit.
- Ou un rat ? Demanda Xion en oscillant au bout de sa corde alors que Lexaeus se penchait pour mieux voir.
- On le pend ? Proposa Xigbar qui ne ratait jamais une occasion de s'amuser.
Ils continuèrent d'y aller chacun de sa suggestion, rivalisant d'atrocités. Axel commençait à désespérer. Ne pouvaient-ils donc pas le laisser parler, et écouter ? Ne pouvaient-ils donc pas comprendre qu'il n'y avait rien d'effrayant, de sale ou de gluant, pour une fois ? Finalement, il sourit – car après tout, n'était-ce pas justement cela, l'esprit de Noël ? – reprit une nouvelle fois la boîte et arrangea le ruban avant de la remettre au pied de l'arbre.
- Je crois que vous ne comprenez pas, dit-il d'une voix aimable. Laissez-moi vous expliquer ça… et faites attention !
Il prit un des objets qui étaient posé sur la table – un long bas rouge bordé de blanc. Il la posa contre les pierres du mur et se retourna vers nous.
- Vous prenez une chaussette géante, expliqua-t-il. Et vous le mettez comme ça sur le mur…
- Oh, ouiiii ! Avec un pied coupé ? Demanda Larxène et volant vers lui pour regarder.
- Fais voir ça, j'veux regarder ! S'écria une chose au premier rang coiffée d'un large chapeau haut-de-forme – mais quand même très loin d'être aussi haut que celui du Maire – qui se souleva soudain, révélant une petite créature assise sur la tête de la première qui s'écria d'une voix stridente :
- Un pied tout pourri et couvert de saleté !
Axel sourit avec indulgence et chassa les importuns qui retournèrent à leur place.
- Que je vous explique… La chaussette contient seulement des jouets…, dit-il en sortant du bas une poignée de petites choses brillantes et colorées. Ou parfois, ce sont des bonbons !
- Des bonbons ? S'exclama un enfant monstre au fond de la salle.
- Est-ce qu'ils mordent ? Demanda son copain, un hybride entre un petit garçon et une chauve souris.
- Est-ce qu'ils croquent ?
- Ou explosent dans le sac ?
Une autre petite chose – une momie dotée d'un seul grand œil jeune - jeta une poignée de scarabées sur la tête de Naminé.
- Ou est-ce qu'ils s'entortillent dans les cheveux des petites filles ? S'exclama-t-elle pendant que la petite sorcière, avec l'aide sa sœur, se débarrassait des rampants insectes.
- Quelle merveilleuse idée ! S'exclama Marluxia depuis sa plateforme. En tant que Maire, je déclare officiellement qu'à partir d'aujourd'hui, nous adoptons cette fête ! Brillant !
Il s'agitant tant qu'il en faillit dégringoler de sa plate-forme. Il se rattrapa au projecteur qui balaya toute la salle, éblouissant Roxas au passage – la chauve-souris se crispa de contrariété sur son épaule – avant qu'il n'arrive à se stabiliser. La lumière revint sur Axel.
- Pas d'affolement ! leur dit-il. Ecoutez bien… J'ai gardé le meilleur pour la fin.
Il se détourna un peu tandis que la salle se répandait en chuchotements d'appréhension.
- Hé bien… Je vais au moins leur donner ce qu'ils veulent…, dit-il pour lui-même avant de reprendre d'une voix forte : Et voici, mes chers confrères la surprise finale ! L'empereur de cette ville heureuse… C'est un terrible roi à la voix majestueuse ! Oui, c'est du moins ce que j'ai cru comprendre.
Il arpentait la scène avec de grands gestes passionnés.
- Et ce tyran intrépide serait un géant fabuleux… avec un gros nez rouge et humide. Une reine l'entraîne au ciel, quand les enfants dorment et il porte sa grotte dans ses bras énormes ! Voilà tout ce qu'ils m'ont raconté…
Il se rapprocha du devant de la scène, et le Maire baissa progressivement la lumière, tandis que la voix d'Axel en faisant autant et tous durent tendre l'oreille pour l'entendre dire :
- Ce terrifiant prince noir, dans les brumes du soir, s'envole d'un air bestial tel un vautour colossal…
Il leva les mains à hauteur de son visage et des flammes en jaillirent, le baignant dans une lumière rougeâtre tandis qu'il prenait son air le plus menaçant pour déclarer :
- Ce « Perce-Oreille » est un monstre… ha ha ha…
Tous, nous éclatâmes en exclamations de joie et d'enthousiasme à l'idée d'une telle créature dans un monde rempli d'enfants à terrifier tandis qu'Axel se détournait et refermait les rideaux avant de disparaître derrière. Une seule personne parmi l'assistance ne se joignait pas à la liesse générale : Roxas.
Toujours perché sur sa poutre, il avait bien vu l'expression triste du visage de l'épouvantail, et son regard déçu. Son cœur lui fit mal, comme s'il avait des ratés avant de tomber en rade.
Il redescendit de sa poutre avec prudence, la gorge un peu serrée. Axel était de nouveau triste… Il aurait aimé aller lui parler. Il se sentait capable de surmonter sa timidité pour lui dire qu'il le comprenait, qu'il savait ce qu'il ressentait, mais malheureusement, il semblait que la moitié de la ville semblait déjà décidée à l'attendre de pied ferme. Alors il soupira et quitta l'Hôtel de Ville en songeant que l'épouvantail n'aurait pas besoin d'une personne de plus pour le déranger.
Ce n'est qu'après avoir dépassé la Place de la Guillotine que l'homonculus remarqua que la chauve-souris était toujours là, ballant, accrochée à son épaule. Il la toucha du bout de doigts.
- Hé, toi, lui dit-il d'une voix douce. Allez, va-t-en. Tu peux retourner dans la salle, ils ont éteint la lumière.
Sans déplier ses ailes, la bestiole émit un petit bruit plaintif, comme si elle l'enjoignait de le laisser dormir en paix. Roxas songea qu'il était peut-être plus confortable que le projecteur, et décida de la laisser là. Elle ne le gênait en rien – bien au contraire, c'était agréable de ne pas être tout seul, même si la compagnie n'avait guère de conversation – et elle n'aurait qu'à s'en aller quand bon lui semblerait.
Pendant ce temps, derrière les lourds rideaux noirs, Axel s'était appuyé contre la petite table et y avait prélevé un objet. C'était un petit dôme de verre dans lequel se trouvait une miniature de l'arbre coloré. Il la secoua et des flocons blancs s'agitèrent dedans.
- Oui, au moins ils ont applaudi, soupira-t-il pour lui-même, le regard mélancolique perdu dans les profondeurs de la boule à neige. Même s'ils n'ont rien compris… au prodigieux sortilège d'un bonhomme de neige… Quel dommage… !
Je sais, c'est court et il ne se passe pas grand-chose, mais je ne peux pas zapper des bouts d'histoire non plus. Et puis Roxas s'est fait un(e) copain/copine. Qui a une idée de nom pour la chauve-souris ? Parce qu'il va la garder
