Bonjour !
Voilà la suite, le sauvetage d'Harry chez ces méchants Griffondors. On en apprend pas vraiment plus... Mais c'était marrant à écrire ^^
Merci à Zimon et Aventurine-san, et aux autres reviewers ! Et comme une review me l'a fait remarquer, ça vous perturbe beaucoup, le présent ? C'est ce qui me semblait le plus naturel, mais c'est peut-être pas le cas...
J'espère que ça vous plaira, à bientôt !
« Vous auriez dû le laisser rentrer, vous savez », les informe Harrison, enfoncé dans le confortable fauteuil où ses amis de Griffondor l'ont ligoté. Il n'a aucun doute sur le fait que Jedusor arrivera à ses fins. Même s'il n'avait pas entendu sa réputation de meilleur élève de l'école, ses yeux, encore plus que la magie qui l'entoure, ne mentent pas. Plus il cherche à dissimuler son pouvoir en public, comme il l'a fait au banquet, plus c'est une évidence pour Harry. Malgré la retenue que projette le plus jeune, il y a quelque chose chez lui... Son préfet à l'accent moldu, qui s'est imposé comme roi à Serpentard, entre toutes les maisons de Poudlard. Harry ne sous-estimerait jamais les Lions, mais il a beau ne pas encore connaître Thomas Jedusor, il sait déjà qu'ils n'ont aucune chance. La Chose est d'accord avec lui. Il y a quelque chose dans l'autre garçon qu'elle reconnaît, et qui par contagion appelle Harry aussi. Il n'ignore pas qu'il a ressentit la même chose devant Grindelvald.
- Personne ne peut rentrer dans une Salle commune qui n'est pas la sienne, lui répond un garçon pâlichon.
- Ah ? Et tu sais ça comment ? Avec une complète certitude, ou on te l'a dit ?
Les Griffondors s'échangent des regards incertains. Harry pouffe au nez du Rouge et Or naïf, et continue.
- Ca veut dire que jamais, jamais, aucun d'entre vous n'est entré en douce dans la salle commune des autres ? »
Des toussotements se font entendre.
- Enfin, moi ça ne me gêne pas, après tout il vient me chercher pour me ramener et me présenter à mon nouvel oreiller », conclut-il en baillant. Zut. Il commence sa phase descendante. Harry à l'habitude de ses propres fluctuations d'humeur, et après l'enthousiasme de la journée, ce n'est pas étonnant que cela lui arrive maintenant. Plus haut il monte, plus violemment il descend... Un peu comme la mer. L'image de l'eau dans le port de Hambourg lui revient en mémoire, et il se laisse emporter...
Une exclamation des Griffondors le ramène à lui. Il tient absolument à garder les yeux ouverts pour savoir ce que va faire Jedusor. Le préfet a beau tenir à son air angélique, il est sûr que la tentation devant lui est suffisante pour que son côté Serpentard prenne le dessus. Et puis, qui l'en blamera ? C'est de bonne guerre, entre Griffondor et Serpentard, et cela passera comme une farce. Harry ne s'imagine pas qu'il fasse cela pour lui. Son faux enlèvement n'est qu'une occasion trop belle pour Jedusor de se laisser aller...
D'un coup, une bourrasque s'échappe de la fente sous la porte de la salle commune et balaie la pièce. Les fenêtres claquent. Harry fait apparaitre un pot de pop-corn et desserre ses liens juste assez pour pouvoir manger. Sa baguette est encore sagement posée sur la table basse. Les Griffondors se regroupent et sortent les leurs, debout devant l'entrée.
L'air devient étrangement moite, lourd et humide. Les flammes des bougies chancellent et s'éteignent. Jedusor fait vraiment ça bien. Harry est prêt à parier que l'obscurité est autant pour mettre à mal leur confiance en eux que pour dissimuler ce qui va sortir de sous la porte ensuite. Le Serpentard a visiblement l'habitude d'utiliser la peur comme arme, même si Harry sait qu'il est assez intelligent pour ne pas faire de dégats durables. Quelques lumos sont lancés, mais c'est largement insuffisant, estime Harry. Un premier coup se fait entendre contre la porte et les murs tremblent. Un deuxième. Les blagues habituelles qui ont cours dans l'école de magie ne sont sans doute pas aussi complètes, ni aussi sombres. La plupart des spécialistes en farces de l'école sont justement les Lions, et ils sont en train de se rendre compte que les Vert et argent ne jouent pas selon les mêmes règles. Jedusor va les battre sur leur propre terrain.
« Tenez-vous, prêts, il essaie de défoncer la porte, il ne faut pas le laisser faire », interpelle Charlus.
Aussitôt, la porte est renforcée, des tables accumulées devant. L'attente se prolonge, mais plus aucun coup ne vient. Il est impossible qu'il ait renoncé aussi vite.
L'atmosphère oscille entre le glauque et le tropical à présent. Harry lance son propre Lumos, et décide de le diriger vers le sol, là où une épaisse fumée rampe à présent. L'humidité se colle lentement à toutes les surfaces, suinte des murs et dégouline le long des bras et des fronts. L'impression de poison donne froid dans le dos à l'assemblée.
« Ouvrez les fenêtres ! » lance Charlus. Ils se sont rendu compte que quelque chose n'allait pas, mais bien trop tard, se dit Harry. Ils sont encore nombreux face à la porte barricadée, mais ce n'était pas de là que le danger allait arriver. Il est déjà à l'intérieur, la porte n'était qu'une distraction. Comme si un Serpentard s'appliquerait à forcer un passage quand il sait pertinemment qu'un rempart de baguettes l'attend derrière. Non, si Harry devine bien, ce sont les Griffondors eux-mêmes qui se précipiteront pour ouvrir la porte qu'ils ont si bien fermée quand Jedusor en aura fini avec eux.
Les vapeurs ont condamné les fenêtres. Au sol, elles prennent lentement forme, et se mettent à siffler doucement. Un cri retentit dans le dortoir des filles, un autre dans les escaliers. Des reptiles argentés grouillent maintenant, s'accrochant aux vêtements et aux cheveux. La peur enfle chez les plus jeunes, même si les serpents ne sont sans doute que des illusions. Ce sont des illusions très réalistes. Jedusor a réussi à couvrir la tour de Griffondor du symbole de Serpentard, aucun doute que cela restera dans les mémoires. Minerva prend la tête.
« Calmez-vous ! D'abord, essayez tous les sorts que vous connaissez qui produisent de la lumière ! Et je veux cinq septièmes années et cinq de sixième pour s'occuper des fenêtres. Essayez aussi dans les dortoirs. Le reste des grands, gardez la porte. Les cinquièmes et les quatrièmes, aidez les plus petits et faites de l'air ! Les autres, en hauteur ! »
Malheureusement, cela ne fait que révéler l'ampleur du désastre. Ils sont partout. Harry lui-même est à présent enveloppé dans les cercles d'un serpent jusqu'aux épaules, avec qui il discute tranquillement en Fourchelangue. Nagini, comme l'illusion du python s'est elle-même surnommée, est étrangement protectrice. Elle prend la mission que son conjureur lui a donnée très au sérieux. Harry a dû négocier dur pour la convaincre de ne pas couvrir sa tête et de le laisser voir ce qu'il se passait.
« Le feu ? » propose quelqu'un.
« On ne peut pas déclencher un incendie dans notre propre salle commune ! Qu'est-ce que cela donne, les fenêtres ? »
Cela ne donne rien, et bientôt on se résigne, alors que les plus jeunes commencent vraiment à paniquer. Les Griffondors s'attaquent avec désespoir à la barricade qu'ils ont eux-mêmes construite, cherchant à ouvrir le passage le plus vite possible. Mais alors qu'ils arrivent au bout et qu'ils tirent enfin la porte vers eux pour dissiper les serpents, ils se retrouvent devant une nouvelle cloison argentée. Il les a emmurés de l'extérieur. La Grosse Dame leur jette un regard d'incompréhension face à cette barrière devant son tableau, et les encourage à grands cris à la démolir. Rien n'y fait. Les sorts que dirigent les septièmes années sont absorbés comme une goutte d'eau sur la surface d'un lac. La surface est parfaitement lisse, froide.
Soudain, la fumée s'épaissit une nouvelle fois, et Thomas Jedusor en personne fait un pas hors du brouillard, un sourire sympathique aux lèvres. Une rafale de malédictions le touche aussitôt, et il disparait à nouveau. Il réapparait derrière eux, sa baguette tendue cette fois pour se protéger en cas d'attaque. Des cris hystériques se font entendre, mais au moins personne ne lui jette de sort cette fois. Jedusor lève les mains en signe d'apaisement, l'air parfaitement à l'aise. Il jette un regard vers Harry, et fait signe à Nagini qui part le rejoindre.
« Silence » crie Minerva, qui ne réussit pas à avoir l'air aussi terrifiante que d'habitude devant son Serpentard préféré. « Thomas. Nous t'écoutons.
- C'est très simple, Minnie. Faite passer mon serpent au travers de la paroi, et j'arrêterai mes sorts.
- Fait le toi-même, puisque t'as réussi à entrer ! lance Prewett.
- Et baisser ma garde ? Je ne crois pas. Lévitez le fauteuil. »
Les Griffondors se regardent avec consternation. Ils se sont fait avoir. Charlus soupire, et précautionneusement, approche Harry de l'étrange surface qui les emprisonne. Leur captif fait un signe d'adieu, et se prépare, curieux, au contact. C'est froid, comme dans un courant d'air. Autour de lui, le métal semble se liquéfier. Harry, flottant sur son siège, passe simplement au travers. Au fur à mesure, l'écran entier devient transparent, et le couloir devant la tour Griffondor devient à nouveau visible.
Tous peuvent voir clairement Thomas Jedusor, qui les attendait, appuyé contre le mur en face, les jambes négligemment croisées et jouant avec sa baguette, un sourire aux lèvres.
Harry se pose délicatement devant lui, et adopte la seule réaction acceptable. Il se cale dans son siège, croise à son tour une jambe, et applaudit lentement comme l'autre l'a fait, à peine deux heures avant, alors qu'il rejoignait sa Maison. Après tout, Harry reconnait tout à fait qu'il peut être fier de lui, même si l'épisode était peut-être un peu plus traumatisant que nécessaire. Jedusor semble accepter le compliment. La victoire lui va bien, se dit Harrison. La satisfaction ajoute un peu de couleur à ses joues, et illumine ses yeux d'une lueur orangée.
Et Harry baille à nouveau.
Le préfet s'arrête un instant, un peu ébahit que ce soit la réaction qu'il récolte à la fin. Harry lui jette un regard d'excuses, et l'autre s'adoucit un peu, une expression de fausse indulgence sur le visage. Il est trop satisfait pour que cela entame son triomphe. C'est un peu étrange, venant d'un adolescent de deux ans son cadet, mais Harry a tellement l'habitude d'être traité comme un enfant, qu'il ne s'en formalise pas. Etre le petit frère de la bande, n'avoir personne qui dépende de lui, c'était aussi sa position parmi ses amis d'enfance et c'est pour le mieux. Enfin. Il a peut-être l'air faible, mais il ne s'attendait pas à ce que Jedusor fasse la même erreur. Cela dit, il vaut sans doute mieux pour lui que le préfet le croit inoffensif. Son orgueil devra se taire pour cette fois.
« Et bien, j'espère que notre nouvelle princesse a bien dormi dans sa tour ?
Il rit. Leur princesse, vraiment ? La plaisanterie l'étonne, il ne pensait pas que c'était le style de l'autre. On dirait que les apparences jouent dans les deux sens... A quoi ressemble Jedusor quand il n'essaye pas d'intimider tous ceux autour ?
- Je suis sûr que tu fais un très bon chevalier servant. Je n'aurais peut-être pas deviné. Mais vraiment, j'ai une question.
Thomas Jedusor hausse un sourcil, s'attendant à recevoir enfin l'admiration qu'il mérite :
- Je ne sais pas à quoi ressemble la salle commune de Serpentard, mais est-ce qu'on peut garder ce fauteuil ? Il est vraiment trop confortable pour le leur rendre, et ça fera un trophée.
Le plus jeune le regarde une minute, et Harrison sait qu'il n'a sans doute pas l'habitude d'être surpris. Le brun secoue finalement ses boucles brunes. Avec un soupir, il hoche la tête, mais il a un sourire aux lèvres.
- C'est mieux qu'une tête de lion."
Harry acquiesce, et laisse Jedusor soulever à nouveau le fauteuil et reprendre le chemin des cachots.
« Eh, Jedusor : Annule les sorts ! » lui rappelle-t-on derrière lui. Le garçon éclate de rire, et Harry est certain que le son sera suffisant pour qu'il soit pardonné d'ici demain matin. Décidemment, on dirait que le petit prodige des Verts et Argent mérite son trône.
Harry se demande vaguement ce qu'il en fait tous les jours. Pour le moment, il se laisse sombrer au rythme des pas du préfet, certain qu'il n'a rien a craindre, et recroquevillé confortablement autour de la Chose qui ronronne dans le coin où il l'a enfermée.
