Elle se réveilla dans un appartement qui n'était pas le sien et attrapa la main d'Agatha qui s'évertuait à lui donner des gifles pour la faire revenir à elle. Le visage angélique de la jeune femme était penché au dessus de celui de Lily, et elle tenait dans ses mains une fiole de potion que Lily reconnut comme étant celle qu'elle avait fait boire à Mary MacDonald un lendemain de soirée pour la guérir de sa cuite. Il était tard, l'horloge sur le mur en témoignait, et Lily se demanda combien de temps elle était restée inconsciente.

« Où as-tu appris à faire ce genre de potion ?
- J'ai toujours été douée pour ça, répondit la jeune femme en haussant les épaules. Il me suffit de lire une page d'un manuel pour refaire la potion sans aucun soucis. C'est à peu près le seul domaine dans lequel je me débrouille... Mes parents ont voulu me faire l'école à la maison, et ça a toujours été très frustrant pour eux de voir que je n'étais pas aussi douée qu'ils l'auraient souhaité.
- Tu m'as parlé de ton père et de ta petite sœur, mais où est ta mère ? Lui demanda Lily en se redressant légèrement.
- … Ils l'ont tuée parce qu'elle ne voulait pas venir ici. »

Elle reconnut la tristesse dans ses yeux pour l'avoir vue de nombreuses fois dans le miroir. Il n'y avait rien de pire que de perdre des membres de sa famille, Lily en était persuadée. L'adolescente qu'elle avait en face d'elle était à peine plus jeune, mais elle semblait déjà avoir oublié son enfance. Sans prévenir, elle la prit dans ses bras.

« Ton mari... Il te force aussi à être ici, n'est-ce pas ? L'interrogea Agatha. »

Lily déglutit. Elle n'avait pas envie de lui mentir, mais elle ne pouvait pas faire autrement. Elle en profita de ne pas avoir à la regarder en face pour hocher la tête.

« Tu devrais retourner le voir. Mon père ne sera pas content s'il te trouve là, et ton mari non plus. S'il apprend que tu es chez quelqu'un d'autre, il va sûrement être fou de rage... J'ai vu de quoi il était capable... Il faut que tu fasses attention, Lily. »

Elle desserra son étreinte, hocha la tête, remercia Agatha et quitta l'endroit. Elle fut surprise, en ouvrant la porte, de se retrouver dans le grand hall circulaire, et elle se demanda un instant si les cris qu'elle avait entendu plus tôt dans la journée ne venaient pas de chez la jeune femme. Elle voulut lui poser la question, mais elle avait déjà refermé la porte derrière elle, et Lily n'avait aucune intention de s'attarder dans les couloirs à cette heure-ci.

Elle croisa plusieurs mangemorts et s'efforça de garder la tête basse et d'accélérer le pas, ne pouvant retenir un soupir de soulagement lorsqu'elle parvint finalement dans l'appartement qu'elle partageait avec James. Elle avait à peine fait quelques pas dans le salon qu'il émergea de la chambre.

Elle avait toujours en tête leur précédente altercation, et il semblait l'avoir aussi. Son visage était tendu, et elle était épuisée rien que parce qu'elle sentait qu'ils étaient encore à deux doigts de s'étriper.

« Je ne te trouvais plus.
- J'étais chez Agatha.
- Agatha ?
- Agatha Timms, répondit-elle. Une nouvelle. Brune, jeune. Elle est ici avec son père. Ils y ont été forcés. Enfin... Elle, au moins.
- C'est ce qu'elle t'a dit ? L'interrogea James. »

Lily savait bien ce qu'il sous-entendait par là. C'était sa manière personnelle de lui dire « tu l'as vraiment crue ? » sans déclencher une guerre civile, mais en s'assurant tout de même de lui donner la sensation, encore une fois, d'être bête comme ses pieds.

« Elle a seize ans à tout casser, et elle est terrorisée par ce qu'il se passe ici, lui fit-elle remarquer en le regardant droit dans les yeux.
- C'est peut-être exactement ce qu'elle veut te faire croire.
- Tu es peut-être incapable de juger les gens correctement, mais moi j'y arrive.
- Oh oui, tu as raison... Je me rappelle de ton incroyable amitié avec Severus Rogue, pointa t-il, la touchant exactement là où elle ne voulait pas être touchée.
- Ne dis pas un mot de plus.
- Pourquoi ? Tu as subitement l'impression que ta capacité a juger les gens vient d'en prendre un coup ? Servilus ne serait-il pas l'homme le plus gentil et censé sur cette terre ? Merlin, je tombe des nues !
- Ferma là, Potter, répliqua t-elle en dégainant brutalement sa baguette de sa poche. »

Le silence s'imposa dans la pièce, seulement brisé par la respiration rapide de Lily qui s'était étonnement calmée dès que les yeux noirs de James s'étaient figés dans les siens. Elle l'avait ensuite contourné, avait lancé sa baguette dans un coin de la pièce, et était allée s'enfermer dans la salle de bain, pleurant à chaudes larmes dès que l'eau s'était mise à couler sur elle.

C'était trop. Cette situation était beaucoup plus que ce qu'elle ne pouvait supporter. Etre seule, ici, avec lui était étouffant, et l'entendre parler de Severus remuait en elle des choses qu'elle aurait voulu garder cachées. Le fait de l'avoir vu la veille n'arrangeait rien. Elle avait l'impression que son cœur éclatait en des milliers de pièces, exactement comme la table en verre s'était brisée sur le poing de James. Peut-être que c'était lui, peut-être que c'était lui, qui cassait tout ce qu'il touchait.

Elle avait les yeux rougis quand elle quitta la salle de bain, portant avec rancoeur le long tee-shirt de James sur elle. Il était déjà allongé dans leur lit, la lumière était éteinte, mais elle distinguait quand même sa silhouette. Il était tourné vers le mur, et il lui sembla qu'il dormait. Elle ne prononça pas un mot, renifla bruyamment, et s'allongea de son côté du lit en prenant soin de faire le moins de bruit possible. Elle ne voulait pas risquer de le réveiller. Elle ne voulait surtout pas avoir à lui adresser encore la parole, et elle réalisa que c'était un sentiment récurent, ces derniers temps.

« Ne pleure pas, s'il te plaît... »

Elle fut surprise d'entendre sa voix. Elle pivota légèrement pour le regarder, mais elle constata qu'il lui tournait toujours le dos. Elle ne répondit pas, mais elle essaya tant bien que mal de réguler ses sanglots, sans succès.

« Lily, je... Je ne savais pas où tu étais. Je sais qu'il est là et je croyais que tu étais avec lui, je croyais que tu allais foutre la mission en l'air... »

Elle eut envie de se retourner et de lui flanquer un coup d'oreiller sur la tête, mais au son de sa voix, elle sentait qu'il essayait de se rattraper et cela lui ressemblait tellement peu qu'elle se demanda si elle ne devait pas lui laisser une chance. C'était maladroit, mais au moins, il tentait le coup.

« J'ai bien cru que Sirius allait y passer... Il s'interrompit et quelque chose dans sa voix changea. J'ai perdu les pédales, je ne suis rien sans lui, je... Je sais que je donne toujours l'impression de ne penser qu'à moi, et je sais que c'est ce que tu crois, mais ce n'est pas le cas... Lily, je t'assure que ce n'est pas le cas. »

Elle déglutit et serra la couette entre ses poings, ses yeux étaient grands ouverts dans la pénombre, mais elle ne distinguait pas le mur à quelques mètres d'elle. James bougea légèrement dans le lit, mais elle n'osa pas se retourner. De grosses larmes roulaient encore sur ses joues, le long de ses lèvres, et elle ne parvenait pas à comprendre comment il pouvait réussir à la convaincre aussi facilement quand il était celui qui l'avait faite pleurer.

« Ne m'en veux pas trop de me comporter comme le plus gros abruti que la terre ait portée avec toi...Je ne comprends pas pourquoi je suis toujours comme ça quand tu es là.
- Parce que tu m'en veux, lâcha t-elle finalement. »

Elle se retourna subitement et fut surprise quand ses yeux trouvèrent directement les siens. Il ne faisait pas si noir car elle distinguait parfaitement son visage... Ou alors, ils étaient beaucoup plus près que ce qu'elle n'avait prévu en changeant de position.

« Pourquoi je t'en voudrais ? lui demanda t-il, le regard si inconscient qu'elle douta un instant avoir raison.
- A cause du secret de Rémus, de la façon dont je l'ai su... Répondit-elle à voix basse. »

Il ne prononça pas un mot, et ce fut long. Elle le regardait, et même si la lumière était éteinte, elle avait l'impression qu'elle le voyait pour la première fois. Elle comprenait pourquoi il fronçait les sourcils et pourquoi il avait été obligé de prendre un moment avant de lui répondre. C'était étrange. C'était comme si, tout à coup, il avait décidé d'accepter qu'elle le voit vraiment.

« Je ne t'en veux pas.
- Tu m'en veux, certifia t-elle.
- Non, ce n'est pas ça, lui affirma t-il. Avec les gars, on a un pacte là dessus. C'est notre secret. On a tous quelque chose les uns sur les autres, tous quelque chose à perdre si l'un de nous parle, et tu es la seule... La seule qui sache et qui ne risque pas gros. Ce n'est pas très rassurant... »

Elle cligna plusieurs fois des yeux, essuya la dernière larme qui roula sur sa joue, et continua à détailler James avec attention. C'était la première fois qu'il lui semblait aussi honnête, la première fois qu'il lui donnait l'impression d'avoir une faille, et elle sentit son cœur se serrer contre sa volonté.

Ils n'avaient jamais partagé ce genre de moment, cet espèce d'instant gênant pendant lequel on prend soudainement conscience de plein de choses sans pour autant en avoir envie. C'était stupide, mais c'était comme si elle venait de réaliser qu'ils étaient tous les deux allongés l'un en face de l'autre et que ce simple fait lui donnait une perspective totalement différente de leur relation.

« J'ai triché pour mes BUSE, admit-elle subitement.
- … Quoi ? L'interrogea t-il après avoir lâché un rire.
- J'ai triché... Pour l'épreuve de métamorphose... Je... Je n'aurais pas dû avoir Optimal, j'ai regardé sur ta feuille.
- Pourquoi est-ce que tu me racontes ça ? Lui demanda t-il, l'air considérablement amusé.
- Parce que maintenant tu as quelque chose sur moi. Avec ça, tu devrais pouvoir me faire perdre mon diplôme... Expliqua t-elle en grimaçant.
- Te faire perdre ton diplôme ? Répéta t-il avant de se retourner sur le dos en riant. Personne ne va te retirer ton diplôme parce que tu as regardé sur ma feuille !
- … C'est le plus gros secret que j'ai... Souffla t-elle avec une pointe de regret qui sembla le faire rire d'avantage. »

Il sembla perdu pendant un long moment, hilare et incapable de se calmer, et Lily se surprit à pouffer à son tour. Ils mirent plusieurs minutes à retrouver leurs esprits, et quand James se tourna de nouveau vers elle et que ses yeux sombres accrochèrent les siens, elle soupira.

« Tes yeux sont beaux. »

Elle comprit qu'elle avait pensé à voix haute quand il la fixa d'un air curieux et qu'un demi-sourire un peu incertain, un peu satisfait, se dessina sur son visage. Elle en fut mortifiée et elle se retourna rapidement en se maudissant dans le mutisme le plus gênant du monde d'être une telle idiote.

Elle ne savait pas comment elle en était arrivée à le complimenter. En débarquant dans l'appartement, elle avait pensé que l'un d'eux ne passerait pas la nuit, songeant que l'autre le tuerait probablement sans toutefois savoir lequel allait craquer, et voilà qu'il devenait tout à fait charmant et qu'elle se mettait à lui jeter des compliments à la figure... Ils étaient probablement tous les deux dingues, elle n'avait pas d'autre explication.

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Le soleil ne s'était pas encore levé quand elle se réveilla. Encore somnolente, elle marmonna quelque chose qui n'avait ni queue ni tête et enfouit son visage un peu plus dans son oreiller, savourant la chaleur rassurante dans laquelle elle était enveloppée. Elle se résolut à ouvrir les yeux quand la respiration lente et régulière de James lui parvint aux oreilles et qu'elle se souvint qu'elle était avec lui, et elle manqua de suffoquer quand elle s'aperçut que leurs mains s'étaient trouvées pendant leur sommeil et qu'elles reposaient nonchalamment l'une sur l'autre.

James était tourné dans l'autre sens, elle ne pouvait pas voir son visage, mais elle était obnubilée par ses doigts glissés subtilement entre les siens, par sa peau sur la sienne et la sensation bizarre qu'elle avait au creux du ventre. Elle retira habilement sa main de l'étreinte inconsciente dans laquelle elle s'était retrouvée et se redressa légèrement.

Assise contre la tête de lit, elle laissa son regard vagabonder sur le jeune homme à côté d'elle. Elle n'arrivait pas à le cerner. C'était agaçant. Elle savait qu'elle commençait à mettre le doigt sur quelque chose, à découvrir quelqu'un qu'elle avait toujours évité, mais elle ne parvenait pas à comprendre comment fonctionnait leur relation.

Rémus lui avait dit que James était un garçon bien et qu'il était loin d'être celui qu'elle imaginait, mais elle n'avait jamais trop voulu savoir ce genre de choses. Elle se portait mieux quand il était loin d'elle, et pourtant, à ce moment précis, assise dans le grand lit, seule avec lui dans le quartier général des mangemorts, elle eut l'impression qu'elle n'aurait jamais pu faire cette mission avec une autre personne.

Il était capable d'être odieux, mais il avait quelque chose de très rassurant qui allait au delà de son physique de sportif. Si quelqu'un au sein du groupe de mangemorts découvrait qu'ils mentaient, elle savait qu'il la protégerait. Elle ferait la même chose pour lui, mais elle ne pouvait pas assurer avoir la même confiance en tous les membres de l'Ordre.

Elle soupira et s'apprêta à quitter le lit pour aller prendre son petit-déjeuner lorsqu'il bougea, s'étira, et se retourna sur le dos avant de lever les yeux vers elle.

« Bien dormi ? »

Elle hocha la tête. Compte tenu de la situation, elle estimait avoir passé une bonne nuit de sommeil. Elle gardait toujours sa baguette sous son oreiller, prête à riposter en cas d'attaque en pleine nuit, mais elle espérait qu'elle n'en aurait pas besoin et elle s'efforçait de ne pas penser que dès qu'elle fermait les yeux, elle était vulnérable.

« Et toi ?
- Pas vraiment, admit-il en se redressant jusqu'à être assis contre la tête de lit à côté d'elle. »

Il était très près, si près que leurs épaules se touchaient, mais contrairement à elle, il ne semblait même pas s'en être aperçu. Il se frotta les yeux un instant et secoua ses cheveux pendant que Lily s'efforçait de retenir la petite centaine de compliments ridicules et pathétiques qui se bousculaient dans son esprit.

« Tu es inquiet pour Sirius ?
- Non. C'est juste que tu ronfles.
- … Je ne ronfle pas ! Réfuta t-elle en ouvrant la bouche, outrée.
- Si. Beaucoup trop fort pour une personne de ta taille, lui fit-il remarquer avec un léger sourire amusé.
- Tu aurais pu me réveiller pour me le dire... Grommela t-elle, un peu vexée.
- J'ai essayé... Tu m'as dit d'aller me faire voir et tu t'es rendormie.
- Sérieusement ? »

Il acquiesça et elle chercha dans sa mémoire, incapable de se souvenir d'une telle chose, mais James coupa court à ses pensées.

« J'ai quand même trouvé un truc pour t'arrêter. Ça m'a garanti deux heures de sommeil, expliqua t-il avec un sourire en coin qui ne lui disait rien qui vaille.
- C'est quoi ?
- Si je te le dis, tu vas flipper.
- Je flippe déjà. Qu'est-ce que tu m'as fait ?
- Désolé, j'ai trop peur que tu me frappes, répondit-il en bondissant du lit. »

Elle s'élança à sa poursuite, mais il s'enferma rapidement dans la salle de bain, lui claquant la porte à la figure. Elle y frappa quelques coups avant d'abandonner, mais resta juste devant.

« Je te jure que si tu m'as pelotée pendant mon sommeil, je t'envoie à Azkaban ! S'écria t-elle de derrière la porte.
- Wow, tu es tarée ou quoi ?! S'exclama t-il en retour. Je ne ferai jamais ça sans ton consentement !
- Tu ne feras jamais ça tout court ! Répliqua t-elle en donnant un coup contre la porte.
- Comme tu veux, c'est toi le chef, entendit-elle juste avant que l'eau de la douche ne se mette à couler. »

Elle se mit à rougir violemment et remercia Merlin que James se soit enfermé dans la salle de bain et que cette conversation n'ait pas eu lieue en face à face, car il lui sembla qu'il venait plus ou moins d'admettre que tout ne tenait qu'à elle. Potter ressemblait tellement à Sirius, dans ces moments là, quand il se permettait ce genre d'audace... Cela lui embrouilla légèrement l'esprit pendant quelques secondes, et elle se laissa retomber sur leur lit, la tête enfoncée dans son oreiller, remontant la couette sur elle pour ne plus qu'aucun membre en dépasse, et elle se rendormit.

Elle ne se réveilla que quand elle entendit un bruit sur sa table de chevet, et qu'elle sentit le matelas s'affaisser légèrement de son côté. Elle se retourna sous la couette et en sortit le haut de la tête jusqu'aux yeux, juste pour voir ce qu'il se passait, et son regard croisa de nouveau celui de James, assis sur le bord du lit.

« Combien d'heures est-ce que tu es capable de dormir, au juste ? Se moqua t-il gentiment.
- Mon record, c'est quatorze à la suite... Répondit-elle en esquissant une grimace coupable.
- C'est inhumain, commenta t-il après avoir lâché un rire estomaqué. Tiens, je t'ai amené un jus de citrouille. »

Il pointa du doigt le grand verre qui reposait sur sa table de chevet, et les yeux de Lily jonglèrent entre lui et le liquide orange.

« Qu'est-ce que tu as mis dedans ?
- Rien, c'est juste du jus de citrouille, assura t-il.
- Pourquoi est-ce que tu m'apporterais du jus de citrouille ? Le questionna t-elle, suspicieuse.
- Parce que je t'ai fait pleurer hier, admit-il sans détour. »

Elle plissa légèrement les yeux, mais l'expression sur le visage de James ne changea pas. Il avait l'air très sérieux. Elle ne savait pas trop quoi en penser. Elle décida de rabattre de nouveau la couette sur sa figure pour faire le point là dessus, là où elle n'avait pas à se laisser influencer par le jeu de charme qu'il n'était probablement même pas conscient de lui jouer.

« Merlin, tu as quel âge ?! S'exclama t-il alors qu'elle se cachait sous les couvertures.
- Je suis deux mois plus vieille que toi ! Répondit-elle, la voix un peu étouffée.
- Alors dépêche toi de sortir de là ! Il est l'heure d'aller jouer les amoureux bourgeois et ségrégationnistes. »

Il tapotait sur la couverture, et elle finit par en émerger en soupirant lourdement, et par s'emparer du verre de jus de citrouille qu'il lui avait apporté, en engloutissant le contenu d'une seule traite.

« Comment on fait ça ? Le questionna t-elle.
- Comment on joue les amoureux, ou comment on joue les ségrégationnistes ? L'interrogea t-il, une étincelle espiègle dans le regard. »

Elle haussa les épaules, un peu perturbée par cette petite lumière qu'elle voyait au fond de son regard, celle qu'elle n'avait jamais vue, probablement parce qu'elle ne lui avait jamais donné l'opportunité de la lui montrer.

« Laisse moi faire, ok ? »

La proposition de James ne lui semblait pas très rassurante, mais Lily obtempéra. Elle n'avait pas trop le choix. Elle n'avait aucune idée de comment jouer ce genre de sentiment avec lui, ni comment avoir l'air d'une peste, mais visiblement, il savait. Ils n'avaient pas avancé dans leurs recherches, et il fallait impérativement qu'ils gagnent la confiance de quelques personnes pour y parvenir. Il allait falloir qu'ils jouent intelligemment, et elle était prête à le faire.