Bonjour !
Je me débats encore avec la réaction de Tom à la nouvelle qu'Harry lui a lâchée (des idées ? Moi, à part la strangulation, je sèche), alors un petit quelque chose pour vous faire patienter... Enjoy :) !
Et merci aux reviews, j'ai pas eu le temps d'y répondre encore, mais c'est toujours très motivant de vous lire. Bon chapitre !
Une perturbation dans l'air la réveille soudainement. Luna Lovegood se redresse sur son lit dans la tour de Serdaigle, et jette un coup d'œil à sa droite pour demander l'heure. Le vol des poussières qui dansent dans la pièce lui indique qu'il est tout juste l'aube.
Intriguée, et un peu anxieuse, elle se lève pour aller voir.
En descendant les escaliers de la tour Serdaigle, elle croise un de ses condisciples qui arrive à la fin d'une nuit blanche passée à étudier.
« Tu va où, Loufoca ? »
Elle déambule un moment dans le château, en attendant que son intuition lui dise où aller. Parfois, le hasard fait les choses, alors elle ne se presse pas. Elle a l'habitude d'être seule avec ses pensées de toute manière. Quand elle a finalement faim, elle descend dans la Grande Salle et commence à grignoter des morceaux de pâtisserie d'un air distrait. Se sentant d'humeur rebelle, elle choisit exprès les préférées des élèves qui ont l'habitude de l'embêter, et donne un gout de choux au jus de citrouille.
Quelques minutes plus tard, Ginny Weasley se glisse sur le banc face à elle et tend la main pour se servir un verre.
- Attention, le jus de citrouille a été contaminé par des Botrucs malveillants, la prévient-elle.
Sans chercher plus loin, la rousse attrape le café, et commence à chuchoter furieusement.
- Il est en retard ! Il n'est jamais en retard ! Tu crois qu'il est malade ?
- Qui donc ?
- Enfin, Luna... Jedusor bien sûr ! J'espère qu'il va bien...
Luna se fige. Ah. Quelque chose lui chatouille l'esprit... Est-ce que c'est Thomas Jedusor qu'elle attend ? Surement pas. Elle ne veut pas aller parler au Serpentard. Il est instable et imprévisible. Ses amies invisibles deviennent folles autour de lui, elles ne savaient pas quoi en faire. Quand il n'était pas d'accord avec elles, il les chassait d'un geste. Elles ne l'aiment pas du tout, et Luna non plus. En plus, il en susurre dans l'esprit des gens. Parfois, les rares fois où elle a croisé son regard, elle s'est demandée ce qu'il voyait. Il voit loin, mais pas comme elle... C'était comme être observée par un faucon borgne. Elle n'aime pas ça. Elle a essayé de le dire à Ginny, mais sa seule amie tangible refuse d'entendre quoique ce soit de négatif sur le garçon. Actuellement, elle est en train de parler de lui, bien sûr, et de son dernier plan pour qu'il la remarque. Qui serait voué à l'échec, s'il ne passait pas bientôt les portes pour le petit déjeuner. Ginny n'oserait jamais aller lui parler quand la Grande Salle serait remplie d'élèves, et surtout quand Walburga Black serait à côté.
Enfin, Jedusor fait son entrée, et la Grifondor se redresse sur sa chaise et commence à arranger vivement ses cheveux.
« Viens, Luna ! »
Elle la tire par la main vers la table de Serpentard.
« On va lui demander du jus de citrouille, puisque le nôtre n'est plus bon ! Tu restes avec moi, hein ? »
Elles s'approchent, Ginny parée de son plus beau sourire, les mains un peu nerveuses. Jedusor ne leur prête aucune attention alors qu'il attrape un pot de marmelade.
« Salut, Thomas...
Il débouche le pot avec un « clac ! » agressif, et Ginny sursaute. Luna l'observe étaler sa confiture avec une expression sauvage.
- Euh... Est-ce qu'on pourrait t'emprunter un pichet de jus de citrouille ? On te le ramènera, bien sûr.
Le Serpentard inspire un grand coup et finit par se retourner vers elles. Immédiatement, Ginny rougit jusqu'à la racine des cheveux. Luna ne s'attarde pas sur son visage, mais il y a quelque chose d'autre... Le préfet semble faire un effort pour retrouver son calme, puis leur adresse un faible sourire :
- Désolé, Ginevra, et Miss Lovegood c'est ça ? J'ai eu une mauvaise nuit.
Son amie lâche un petit rire charmé. Elle-même regarde autour d'eux, en cherchant l'origine de l'impression que lui transmettent ses sens. C'est un peu comme une odeur, piquante et florale, mais tellement froide... Elle renifle discrètement, tandis que Ginny essaye de prolonger la conversation.
- Je suppose que ça arrive à tout le monde de mal dormir, même à toi !
Il hoche lentement la tête sans se départir de son sourire, puis leur tend un pichet. Le parfum s'accroche à lui et à ses vêtements, mais semble distant. L'odeur se précise, elle rappelle à Luna le parc du château.
- Et bien sûr, servez-vous pour le jus de citrouille. Vous n'avez pas besoin de le rapporter.
- Ah, merci, mais ce n'est rien, on te le rendra, on est que deux à la table de Serdaigle pour l'instant. C'est un peu triste, ce serait bien si on était plus nombreux, d'ailleurs, non ?
Ginny tend sa perche, que Jedusor ignore royalement.
- C'est pour ça que je me lève tôt, personnellement. Le calme au petit-déjeuner, ça n'a pas de prix.
Luna les interrompt.
- Vous savez si les portes sont déjà ouvertes et qu'on peut aller dehors ?
Les deux autres se tournent vers elle, surpris par le coq à l'âne.
- Mais Luna, il fait froid à cette heure-là, tu n'as même pas de pull ! Et puis tu restes avec nous, non ?
Jedusor reprend la parole et arrête ses protestations.
- Vous avez appris les sortilèges pour le froid, non ? Je crois qu'on a vu ça dans le cours de Flitwick l'année dernière...
Ginny rougit :
- Ah, peut-être...
- Quoiqu'il en soit, oui, les portes sont ouvertes, j'ai vu Harrison Flamel sortir tout à l'heure.
Il n'a pas l'air content mais Luna l'ignore pour le moment. A nouveau, l'odeur est revenue. Luna s'excuse vite et la suit hors de la Grande Salle, jusqu'au parc. Elle traverse la pelouse et continue le long du bord du lac Noir. Un troupeau de Sombrals s'y abreuve, et les poulains jouent à s'éclabousser dans l'eau. Assis sur la plage, les observant avec mélancolie, un adolescent ébouriffé semble passer le temps. De temps en temps, il agite la main et fait surgir des formes à partir de la surface de l'eau, pour la plus grande joie des plus jeunes Sombrals qui courent après et sautent à travers. Le parfum est plus fort. Elle sent des lys, givrés pour l'éternité, leurs pétales courbés dans un sourire. Les Poussières passent devant elle et s'agglutinent autour de l'autre élève, qui se détend légèrement.
Luna s'approche lentement pour ne pas effaroucher ni les créatures ailées ni l'humain, et se présente d'une voix très douce :
- Bonjour, tu es bien Harrison Flamel, n'est-ce pas ? Je m'appelle Luna, mais tu peux m'appeler Loufoca comme tout le monde si tu veux.
Le brun la dévisage un instant avant de lui tendre la main avec un sourire.
- Tout le monde a tort, dans ce cas. Enchanté, Luna, tu peux m'appeler Harry.
- Oh. Merci, c'est gentil. Les poussières savaient ce qu'elles faisaient quand elles m'ont envoyée à ta recherche.
- Les poussières ? demande-t-il, intrigué.
- Oui. Ce ne sont pas des poussières normales, mais comme je ne sais pas comment les appeler autrement, j'ai trouvé ça. C'est un peu trop commun, mais elles ne se vexent pas.
Il hoche la tête, et répond avec bienveillance et curiosité :
- C'est fascinant.
- Tu le penses vraiment ? Personne ne m'a jamais dit ça.
- Oui, vraiment. Tiens-moi au courant de ce que les Poussières te disent alors, ça m'intéresse.
- Oh, je pense que tu sais déjà ce qu'elles disent. Elles sont tristes, mais il n'y a rien à faire, n'est-ce pas ? Tes yeux sont très verts, c'est très approprié, d'ailleurs.
Harry s'étrangle, vaguement surpris, mais il a l'air de s'amuser d'avoir été pris de court.
- Les Poussières sont plus sages que beaucoup de gens, alors. C'est vrai, parfois il n'y a rien à faire. Et merci du compliment.
Il lui fait un clin d'œil, et Luna tombe un peu sous le charme. Elle regrette qu'il n'ait pas plus de temps, mais c'est injuste pour lui de penser ça. Harry a l'air d'en avoir pris son parti, et elle admire ça.
- Ma mère est morte aussi, tu sais. Un sortilège qui a mal tourné. Les Poussières me donnent de ses nouvelles de temps en temps.
Ils restent un moment silencieux.
- Dis-moi, Luna Lovegood, tu sais monter à cheval ? J'ai une soudaine envie de voler.
Luna ne réfléchit pas et met sa main dans la paume un peu froide d'Harry quand il l'aide à se relever. Elle a très envie de s'envoler aussi, d'un coup.
Voilà voilà... Questions, réactions ? (suggestions pour la réaction de ce cher Tom aux révélations précédentes sur sa famille ? Oui, je suis désespérée à ce point^^)
