Raison et Sentiments

- Tu peux m'expliquer ce qui se passe exactement ? demanda Louis à Blair, à peine Chuck s'était-il ruer dans le hall de l'hôtel.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-elle de son ton le plus angélique.

Mais Louis commençait à bien la connaître à présent et il n'avait pas l'intention de la laisser continuer à le manipuler comme elle l'avait fait pendant tout l'été.

- Je parle de toi et de ton ancien amant, rétorqua-t-il froidement.

- Chuck n'est qu'un ami, je te l'ai déjà dit. D'ailleurs tu étais présent lorsqu'il nous a souhaité tout le bonheur du monde à la soirée à Constance.

- Justement, je ne vois pas pourquoi tu avais besoin de son autorisation pour te marier avec moi.

- Ce n'était pas une autorisation mais plutôt un traité de paix, je croyais que tu avais compris que nous avions eu une histoire compliquée, j'avais juste besoin de lui dire au revoir, c'est tout.

Le téléphone de B retentit et elle le consulta immédiatement, trop heureuse de pouvoir mettre un terme à la conversation.

Mais le post de Gossip Girl qu'elle lut n'allait pas arranger les choses, au contraire. Si elle avait pensé un instant avoir réussi à apaiser la méfiance de Louis, elle comprit en voyant la photo d'elle et Chuck enlacés qu'elle ne s'en tirerait pas aussi facilement cette fois.

Le regard courroucé de Louis lorsqu'elle se retourna lui fit un instant froid dans le dos. Il avait lu par-dessus son épaule et il avait tous les droits d'être en colère devant cette démonstration d'affection des plus équivoques.

Elle ragea intérieurement contre GG et pesta contre elle-même. Mais pourquoi n'avait-elle pas pu s'empêcher de le toucher ? Dés l'instant où elle avait sentit ses bras autour d'elle, elle n'avait plus eu qu'une envie, rester blottie contre lui pour ressentir la chaleur de son corps contre le sien. Elle aurait voulu lui prendre la main et passer ses doigts dans ses cheveux mais au lieu de ça, elle s'était contentée de l'embrasser sur la joue.

- Tu vas encore me dire que tu ne vois pas de quoi je parle ? tonna-t-il, les yeux exorbités par ce qu'il venait de voir.

- C'était juste un baiser amical, se défendit B, tentant de se convaincre elle aussi.

- Non mais tu te moques de moi ? hurla-t-il. Tu me prends vraiment pour un crétin ! C'est évident que tu as toujours des sentiments pour lui. Il suffit de voir la manière dont tu le regardes. Tu serais prête à te jeter du haut de l'Empire State Building s'il te le demandait.

A la simple évocation de ce bâtiment, B sentit resurgir une colère incommensurable du fond de ses entrailles. Le choc aurait été moins violent si Louis l'avait giflée en plein visage.

- Tu dis n'importe quoi, s'emporta-t-elle contre Louis, alors qu'il n'était pourtant pas la raison du sentiment qu'il l'animait tout à coup. Combien de fois devrais-je te dire qu'il ne représente plus rien de ce genre pour moi ? C'est juste un ami c'est tout. Mais étant donné le peu d'ami que tu as je comprends que cette notion t'échappe.

Elle se retourna et s'engouffra par la porte fenêtre d'où elle était venue, hors d'elle.

En pénétrant dans le hall, elle aperçut Chuck qui escortait une jeune fille asiatique au look plus que douteux.

- Blair, attend ! siffla Louis qui arrivait derrière elle.

Il l'attrapa par le bras tandis que Chuck et sa nouvelle « amie » passait la porte.

- Ne me touche pas, hurla-t-elle en se dégageant avec vivacité.

Louis la regarda, interloqué.

- Mais qu'est-ce qui te prend ? explosa-t-il à nouveau. Tu crois que tu peux me balancer de telles ignominies à la figure et me laisser planter là comme si j'étais un de tes laquais ?

Il ne l'avait jamais vue comme ça et il ne comptait pas passer l'éponge sur son attitude infamante. Après tout c'était elle qui avait embrassé son ancien amant et elle aurait dû s'excuser de son comportement plutôt que de lui tenir tête et de l'insulter de surcroît.

B ouvrit la bouche pour répliquer mais il ne lui en laissa pas le temps et poursuivit, furieux lui aussi de l'affront qu'elle venait de lui faire et de sa désinvolture face à l'humiliation qu'elle lui faisait subir.

- Tu n'es qu'une sale petite peste prétentieuse et crois-moi, tu as intérêt à changer de comportement si tu veux devenir digne d'être une véritable princesse un jour. Je n'ai peut-être pas beaucoup d'ami mais chacun d'eux sait se tenir en société en tout cas. Ils ne cèdent pas à chacune de leurs basses pulsions pour défrayer la chronique mondaine et être la risée de tous, ils ne m'ont jamais fait honte !

Pour toute réponse, B ramassa une coupe de champagne qui traînait sur le comptoir d'enregistrement et le lui jeta à la figure avant de tourner les talons et de se ruer sur le trottoir elle aussi.

Elle était outrée par les propos de Louis et elle sentit les larmes lui monter aux yeux tandis qu'elle regardait la limousine, dans laquelle Chuck venait de s'engouffrer avec cette petite garce en guenille, s'éloigner. Elle passa sa main sur son visage d'un geste rageur et héla un taxi. Elle n'avait aucune intention de rester une minute de plus en compagnie de ce goujat qui lui servait de fiancé.