B a besoin d'air

Blair sortit de sa chambre et dévala les escaliers de son appartement de l'UES comme une flèche.

- Dorota, on y va, cria-t-elle dans le hall.

Elle n'en pouvait plus, elle avait l'impression d'étouffer. Elle venait de passer des jours à la préparation de son mariage. Les petits fours, le gâteau, la robe, la couleur des nappes, le placement des invités, tout était prise de tête.

Elle était pourtant réputée pour l'organisation des soirées et des fêtes les plus réussies de tout Manhattan. Mais pour un mariage royal, Son mariage, il fallait absolument que tout soit parfait.

Heureusement qu'elle avait réussi à renvoyer sa belle-mère et sa mère en France, sinon tout cela serait encore bien pire. Elles n'avaient de cesse de se disputer sur chaque détail.

Queen B n'avait rien perdu de sa force de persuasion. Elle avait reçu le soutient de Louis pour organiser seule le mariage comme elle l'entendait. Après tout, c'était elle la mariée non ? Et elle entendait bien ne laisser personne l'oublier.

De toute manière, Louis lui mangeait dans la main, enfin jusqu'à ces derniers jours du moins. Elle s'était plus ou moins réconciliée avec lui. Après la dispute de la veille et le dernier post de GG, elle l'avait appelé pour s'excuser.

Elle se rendait bien compte qu'elle était l'instigatrice de cette querelle et même si les mots de Louis résonnaient encore dans sa tête, elle savait que sa réaction irrationnelle n'était pas le fruit du comportement du prince.

Une seule personne était capable de la mettre dans un tel état et elle était rongée par la culpabilité de ne pas pouvoir s'affranchir totalement de cette emprise qu'il exerçait sur elle sans même ne rien avoir à faire pour y parvenir.

Qu'est-ce qui lui avait pris d'enlacer Chuck sur ce stupide balcon ? Elle ne savait même pas pourquoi elle avait fait ça. Elle n'avait tout simplement pas réfléchi à l'éventualité d'une telle situation.

Lorsqu'elle l'avait vu se tenant devant elle, seul, elle n'avait pas pu résister. Elle avait bien remarqué qu'il se passait quelque chose entre Nate et lui, même s'il le niait. Et pourquoi lui mentait-il ? Pas à cause du mariage, elle en était persuadée. Il leur avait donné sa bénédiction et il s'y tiendrait. Cette fois, c'était bel et bien fini entre eux.

Mais pourquoi était-il venu accompagné de Gillian ? Au moins elle appartenait à leur monde, par comme cette souillon avec qui il avait quitté la soirée, c'était déjà ça. Mais pourquoi Gillian ? Il y avait quantité de filles à Manhattan. Même si elle devait bien reconnaître, malgré elle, que la cousine de Nate était magnifique ce soir là.

Elles se connaissaient bien toute les deux, ils se connaissaient tous d'ailleurs. Ils évoluaient dans les mêmes sphères depuis qu'ils étaient enfants et elle et Gillian n'avaient jamais été très proches. Cette dernière étaient trop manipulatrice, trop garce, trop mesquine, en un mot trop Blair pour qu'elles puissent s'entendre.

Était-il si désespéré qu'il se contentait d'une pâle copie d'elle-même ? Non, il était passé à autre chose et elle le savait mais, elle pressentait toutefois qu'il se tramait quelque chose et elle allait découvrir ce qui se passait, foi de Queen B.

- Je suis là Mademoiselle Blair, dit Dorota en arrivant dans l'entrée chargée d'un panier de pain pour les canards.

- Ce n'est pas trop tôt, tu pétrissais la pâte toi-même ? demanda B en entrant dans la cage d'ascenseur.

Dorota ne répondit pas. Il était inutile de contredire Blair de toute façon. Elle était heureuse qu'elle ait trouvé un peu de temps pour aller au parc. Cela la détendait toujours, et Dieu savait qu'elle en avait besoin.

Blair et Dorota se dirigèrent vers l'endroit où elles nourrissaient les canards comme elles en avaient l'habitude.

Elle jeta le pain sans conviction tandis que Dorota l'observait du coin de l'œil. L'employée de Blair voyait bien que quelque chose ne tournait pas rond. Elle mettait ça sur le compte du mariage mais elle n'était pas certaine que cela soit vraiment ça.

- Voulez-vous encore un peu de pain ? demanda Dorota.

- Merci, dit B en se saisissant du quignon que la bonne lui tendait.

Mais elle ne le distribua pas aux volatiles. Au lieu de ça, elle se dirigea vers le sentier qui menait au petit pont. Dorota suivit le regard de Miss Blair et l'aperçut elle aussi.

Mais que faisait-il là ? se demanda la bonne. N'avait-il donc pas compris ? Il lui avait déjà créé assez de problèmes à la dernière soirée. Pourquoi ne pouvait-il pas tout simplement la laisser tranquille ?

- Miss Blair, appela Dorota en courant pour rattraper la future mariée. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, souvenez-vous combien Monsieur le Prince a été irrité par les derniers post de Gossip Girl.

- Je suis encore capable de prendre mes propres décisions, la rabroua-t-elle sans ralentir l'allure. Va donc terminer de nourrir les canards pour nous deux et disparaît de ma vue.