Pacte avec le Diable
Esteban se mordit la lèvre inférieure, les secrets ça n'avait jamais été son truc. Tout petit déjà, il était incapable de tenir sa langue. C'est deux dernières semaines avaient été un véritable enfer pour lui. Si ce n'avait été dans l'intérêt de Lisa, il lui en aurait parlé depuis longtemps. Les choses étaient faites maintenant, ça ne pouvait plus rien changer de toute façon.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? cria-t-elle à nouveau. Qu'est-ce que Chuck a bien pu faire pour m'aider ? Je ne l'ai pas revu depuis que tu es venu me prendre à Chinatown !
Des flammes dansaient dans son regard, exactement comme celles qu'il avait déjà vu dans celui de son employeur. Encore une fois, il eut une étrange sensation. Il ne comprenait pas ce qui se passait entre ces deux là et il n'aimait pas ça du tout.
- Vous avez le même regard, lâcha-t-il d'un coup.
Lisa eut un hoquet de surprise.
- Je ne lui ressemble pas, je ne suis pas comme lui !
Le jeune Cubain était de plus en plus perdu. Comment s'était-il retrouvé dans cette situation ? Tout ça par ce qu'il avait voulu aider une fille belle à se damner ?!
- Si … tu lui ressembles, reprit-il lentement. Je ne sais pas comment, mais il y a un lien entre vous. Et je ne veux plus me retrouver au milieu de vous deux.
- Comment-ça, tu ne veux plus ? Qu'est-ce que tu as fait ? Je croyais que je pouvais avoir confiance en toi !
- Et moi je croyais que je pouvais avoir confiance en Toi ! Mais visiblement tu n'es pas disposée à m'ouvrir ton cœur.
- Mais je ne t'ai pas menti moi, j'essaie juste de me préserver, dit-elle en plongeant son regard d'ébène dans celui du jeune homme.
Esteban en fut complètement déstabilisé, il n'y avait plus aucune trace de danger dans ses prunelles. Il s'approcha et lui prit la main.
- Je ne pourrai jamais te faire de mal, déclara-t-il. Si j'ai aidé Monsieur Bass c'était pour toi. Tu es une artiste exceptionnelle et tu mérites tellement d'entrer à Julliard.
- Mais qu'est-ce que tu raconte ? J'ai été acceptée à Julliard, j'ai reçu une bourse et elle comprend même le logement sur le campus pour toute l'année.
- Ce genre de bourse n'existe pas Lisa. Les bourses sont pour les frais d'admission et les cours uniquement. Il n'y en a que trois et tu ne faisais pas partie du lot, tu te souviens ?
- C'est vrai. Mais, le formulaire que ton cousin a ramené lors de la répétition ? Celui qui concernait l'autre bourse.
- Il n'y a pas d'autre bourse. C'est Monsieur Bass qui a payé ton admission, les cours et le logement sur le campus pour toute une année. Mais il savait que tu n'accepterais pas son aide, alors il a trouvé un autre moyen.
- Et comment a-t-il su que je n'avais pas reçu de bourse ? C'est toi qui le lui as dis ? Tu étais son complice pendant tout ce temps ?
- Je voulais juste t'aider à réaliser ton rêve. Et pourquoi est-ce si important pour toi de ne pas accepter son aide si tu en as besoin ?
- Par ce que je ne veux rien lui devoir.
- Tu ne lui dois rien puisque tu n'es même pas sensée savoir qu'il est derrière tout ça.
Lisa le regarda, pensive.
- Maintenant vas-tu enfin me dire ce qu'il y a entre vous, si ce n'est pas une relation qui a mal tournée ?
- C'est mon frère, dit tout bas la jeune fille. Enfin, je veux dire, mon demi-frère. Bart Bass était mon père.
Esteban faillit s'étouffer avec sa salive. Il était amoureux de la sœur de Chuck Bass !
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A l'autre bout de New York, deux autres jeunes filles discutaient aussi de leur rentrée à l'université, celle de Columbia.
- Tu t'es décidée pour le cours de littérature française ? demanda B à son amie.
- Pas encore non, je crois que je préfère attendre de voir les suggestions des nouveaux cours de prépa anglaise.
- Tu veux dire que tu attends de voir comment sera le prof ?
- Je ne suis plus à la recherche d'un petit ami, j'en ai un, répliqua Serena en relevant ses cheveux en chignon. Je devrais peut-être retourner voir Vince non ? continua-t-elle en se regardant dans le miroir de la salle de bain. Il pourrait peut-être me proposer une nouvelle couleur.
- Tu espères vraiment me faire croire que tu as l'intention d'avoir une relation à long termes avec ce monsieur muscle décoloré ?
- Qu'est ce qui te dérange chez Ethan ?
- Et bien voyons, le fait qu'il soit Californien d'abord, et qu'il ait l'air de sortir d'une cabine à UV, et ensuite qu'il ne comprenne rien à la hiérarchie de l'UES.
- Tu dis ça parce qu'il n'est pas impressionné par le titre de Louis et qu'il se fiche complètement des coutumes et du statut social si important de ce côté de Manhattan ?
- Exactement, oui, ce qui prouve que c'est un ignare. Je ne pensais pas que tu pourrais nous ramener pire qu'Humphrey et pourtant.
- En parlant de Dan, tu as de ses nouvelles ?
- Il est encore dans les Hamptons, il a prolongé son séjour jusqu'à la rentrée de NYU, je pense que c'est pour rester avec sa peste de sœur. Elle a une très mauvaise influence sur lui !
- Tu veux dire que Jenny n'apprécie pas qu'il soit ami avec toi.
Leurs téléphones retentirent au même moment.
« Aperçue : la petite pauvresse de Chuck Bass qui tente elle aussi d'avoir sa part du gâteau. On croyait pourtant qu'il en avait fini avec les œuvres de charité. Mais dites moi, on ne m'avait pas dit que l'Empire était devenu le nouveau refuge des SDF »
B fit une moue dégoûtée en découvrant la photo de Lisa qui entrait dans l'ascenseur particulier menant à la suite de Chuck.
- C'est qui cette fille, tu la connais ? demanda-t-elle à S.
- Je ne connais pas toutes les filles que Chuck invite dans sa chambre.
B la fusilla du regard.
- Je croyais qu'il sortait avec Gillian.
- Tu connais Chuck, l'une n'empêche pas l'autre !
S observa son amie, qui souriait à présent. Elle n'aurait pas voulu être à la place de cette fille. Si Queen B ne pouvait rien contre Gillian, il en était tout autre de cette pauvresse et elle allait sûrement payer l'addition pour deux.
- En quoi ça te concerne de toute façon ? questionna Serena.
- J'aime savoir ce qui se passe tout simplement. Il n'est pas question qu'une souillon viennent s'incruster parmi nous. Manquerait plus que Chuck ait la bonne idée de l'inviter à une de nos soirées.
- En parlant de soirée, dit S pour changer de sujet, tu es toujours décidée à participer à celle des auditions pour les parrainages de Julliard ?
- Bien sur, c'est le meilleur moyen d'impressionner le nouveau Doyen Hartland, c'est un mélomane et il tient beaucoup à raviver l'alliance entre nos deux écoles, et ça doublera les points de mes activités extra scolaires. Il ne me reste plus qu'à trouver un pauvre musicien fauché pour qui je pourrai jouer les bonnes fées.
