Chapitre 12
Alors je tiens à dire que il y aura des références "Au portrait de Dorian Gray", si vous ne l'avez pas lu (qu'attendez vous!) ça n'affectera pas votre compréhension de l'histoire et si vous l'avez lu, sachez que j'ai imaginé Adèle bien avant de commencer à lire ce livre.
Là je vous conseille la chanson « runnin with the devil » de Van Halen. Et je trouve que les paroles vont bien avec la situation. Et là encore le chapitre a été écrit avant que je tombe par hasard sur cette chanson.
Bloquée.
Elle voulait bouger. Elle essaya. Non, elle était maintenue par un truc lourd.
Elle respira. Réfléchit.
Non ! Elle était emprisonnée !
Engoncée dans des trucs qui l'empêchait de bouger !
Elle se releva brusquement et se réveilla.
Toujours la sensation d'être prisonnière. Où était-elle ? Un lit. Pas le sien, pas compliqué; elle n'en avait pas. Cela lui arrivait souvent de ne pas se rappeler de l'endroit où elle se réveillait. Mais d'habitude c'était plus agréable. Un homme grogna et se retourna de l'autre côté. C'était lui qui l'avait maintenue contre le matelas avec son bras enserrant sa hanche. Elle regarda le visage de son tortionnaire et sa respiration se calma.
C'était son copain. Elle dormait dans les bras du Geek, comme tous les jours. Elle respira plus lentement et essaya de se rendormir mais la peur d'être à nouveau prisonnière lui tiraillait le ventre. « Irrationnelle, infondée ». Oui, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Impossible de se rendormir. Elle regarda l'heure et souffla exaspérée. 3h00 ? Sérieusement ? Son instinct de protection n'aurait pas pu faire son travail plus tard ?
Elle se leva avec le plus de délicatesse possible et se dirigea vers la cuisine. Pas besoin de s'habiller, pour cela elle devait reconnaître que l'horrible pyjama que son copain l'obligeait à porter était utile pendant ses terreurs nocturnes. Même s'il était inconfortable. Elle s'assit sur le plan de travail, ouvrit la fenêtre et se fit couler un café. Enfin pyjama, l'autre pudique lui avait demandé de se couvrir un minimum. L'ayant pris au pied de la lettre le minimum fut définit par un short et un top assorti en soie. Quitte à ne pas pouvoir dormir nue autant se couvrir vraiment, non ? A un moment elle avait même pensé à mettre un long pantalon et une chemise bien large en pilou. Histoire d'être le moins sexy possible. Mais c'était chaud, et ses rêves l'étaient aussi. Chaud. Elle avait abandonné l'idée.
Le café était prêt. Elle prit la tasse de ses deux mains, elle se brûla. Ce n'était pas grave, elle y était presque insensible. Elle but une gorgée. Il était chaud, et elle n'était pas insensible à la brûlure sur la langue.
Il était tôt, trop tôt. Personne à l'horizon avant longtemps. Elle soupira, elle n'aimait pas attendre. Elle allait s'ennuyer, elle le savait. Et « Il n'y a qu'une chose horrible en se monde, un seul péché irrémissible, l'ennui.»; du Oscar Wilde dès le matin ? Elle se fatiguait elle-même.
Elle but une autre gorgée de café.
Que faire ? Lire ? Pff. Non, en plus elle les connaissait presque tous par cœur.
Elle eut un sourire mauvais. Elle pourrait aller réveiller le Patron, elle l'avait entendu rentrer.
Elle se resservit de café et secoua la tête. Mauvaise idée, il lui en voudrait de le réveiller juste pour une insomnie. Il serait de mauvaise humeur toute la journée, non vraiment mauvaise idée. Il le lui ferait payer. Oublions ça. Même si elle en avait envie.
Elle pourrait trouver un inconnu ? Non, tous bourrés à cette heure-ci. Dernière possibilité: du sport ? Oui, pas mal. Elle se déshabilla en même temps qu'elle se dirigeait vers son appartement. Ben quoi ? Il n'y avait personne à cette heure et puis même si elle croisait quelqu'un elle pourrait trouver un peu de distraction. Elle prit un short, un top et des baskets. Passa vite (pourquoi vite ? Elle avait du temps à perdre !) devant un miroir mis du mascara et du rouge à lèvres, rouge. Le mascara c'était la base quand au rouge c'était sa marque de fabrique. Ce qu'on retenait d'elle. « La tueuse rouge », surnom dont on l'avait affublé à son insu. Elle ne l'aimait pas, elle avait bien essayé de s'en débarrasser en se présentant toujours en disant son nom, mais il y avait toujours des atteints d'Alzheimer qui s'obstinait. « Les lèvres aussi rouges que le sang de ses victimes », ce n'était pas faux surtout que son arme de prédilection était le poignard et qu'on aurait pu croire qu'elle léchait la lame de son arme pour avoir les lèvres rouges. Ce n'était absolument pas le cas, elle trouvait ça répugnant. En plus si elle avait choisi le poignard au lieu de l'arme à feu traditionnelle, c'est car c'était plus classe, propre et beaucoup plus équitable. C'est vrai quoi ! N'importe qui avec un pistolet pouvait s'auto-proclamer tueur, alors qu'elle, elle s'était entraînée, elle avait plus de légitimité. Et puis l'arme blanche était plus discrète et facile à dissimuler. Silencieuse.
Elle prit une montre et sortit.
La fraîcheur de la nuit la happa. Elle frissonna de plaisir. Ça c'était une vraie sensation !
Elle se mit à courir. Elle n'aimait pas particulièrement la course, mais cela avait les énormes avantages de se pratiquer seule et à n'importe quelle heure.
Ses muscles se réveillèrent d'eux-mêmes et elle commença à prendre un rythme plus soutenu.
Sifflement.
-T'as un beau cul ! (ndc : j'ai vraiment eu droit à ce « compliment »)
Continuer, ne pas s'arrêter. Quand elle commençait quelque chose, elle ne s'arrêtait pas.
-T'entends quand on t'parle !
Elle se retrouva plaque contre un mur. Elle eut un sourire carnassier, ce n'était pas elle la proie. En moins de deux secondes ses deux « adversaires » eurent, pour l'un, une luxation du coude et, pour l'autre, une jolie commotion.
-Entschuldigung. (ndc : "pardon, excusez-moi" après avoir fait une erreur ou bousculer quelqu'un dans la rue en allemand). C'est le matin.
Elle continua tranquillement à courir se demandant juste brièvement si la luxation serait accompagnée d'une fracture.
6h00.
Elle avait les muscles engourdis. S'étira, regarda le soleil se lever lentement puis rentra dans son appartement.
Elle enleva ses chaussures pour marcher à pieds nus sur le tapis moelleux. Les petits plaisirs pour contrer le manque de Bonheur. Elle haussa les épaules, elle était bien là non ? Dans son appartement qu'elle quitterait dans quelques mois. Cela ne l'avait pas empêchée de s'amuser avec la déco. C'est vrai que souvent les gens « comme elle » avait un appartement vide, un simple matelas au sol. Impersonnel. Elle ne les comprenait pas. Son appartement aujourd'hui était plutôt d'une inspiration loft, hier il était bohême et une fois il avait été entièrement blanc et noir. Juste pour l'amuser. Et il était tout aussi impersonnel, même plus peut-être. On aurait pu croire à un showroom Ikea.
Elle se déshabilla et rentra dans la douche. L'eau froide l'aida à décompresser. Elle put enfin réfléchir.
D'où lui était venu ce sentiment d'emprisonnement ? Elle était libre de partir quand elle voulait. « Tu t'es enfermée toi-même dans cette jolie cage dorée ». Peut-être. Mais le petit canari qu'elle était (« corbeau plutôt. Oiseau de malheur. ») avait les clefs lui permettant de recouvrer sa liberté.
Libre ? L'était-elle vraiment ? Personne ne l'était. C'était une utopie.
Chacun devait trouver sa place dans une société, trouver la cellule qui lui correspondrait le mieux. Et tout ça dans le louable but « d'aider au bon fonctionnement de la société ». Une fourmi dans une fourmilière qui s'écroulait, et où toutes les petites fourmis ne cherchaient qu'à sauver leur miette de nourriture, au détriment des autres.
Elle refusait. Jamais elle ne deviendrait comme cela. Elle voulait choisir, vraiment choisir. Et elle l'avait fait en devenant le fourmilier, celui qui boufferait les fourmis agglutinées autour d'un bout de pain.
L'ennemi.
S'opposer au courant. Libre de toutes contraintes. Vivre la vie comme elle l'entendait.
Cela l'avait condamnée.
Elle ne voulait rien perdre de la vie, la croquer à pleine dents. Elle serait là pour 80 ans. Passer 25 ans à étudier puis en travailler 50 en attendant la retraite et finalement ne faire que ce qui lui plaisait pendant 5 malheureuses années où son corps l'en empêcherait. Très peu pour elle.
Epicure et carpe diem étaient devenues ses philosophies.
Elle aurait pu se battre pour un monde plus juste. « Dans le simple monde des faits, les méchants ne sont point punis, les bons ne sont point récompensés. Le succès couronne les forts, la défaite écrase les faibles » (Oscar Wilde pour changer). Elle n'était pas gentille, du moins elle ne l'était plus. Elle serait forte. Et avait décidé de se battre différemment. Si le monde était complètement pourri, elle s'emploierait à l'être encore plus. « Quand le maître est bon, l'élève finit toujours par le dépasser », elle avait été à bonne école.
A jouer avec le diable, elle l'était elle-même devenue. Un démon au visage d'ange. Un ange déchu.
Elle sortit de la douche en frissonnant. Remis son pyjama.
6h30.
Personne ne devait être encore réveillé.
Tant mieux. Elle ne voulait pas que quelqu'un soit au courant de ses faiblesses. « Faiblesses ? ». Oui, avoir peur, paniquer. Elle refusait d'être faible.
Son regard se dirigea vers la seule chose de personnelle dans son appartement. La seule chose qui la reliait à son passé. Son seul souvenir. La seule chose qui l'empêchait de sombrer complètement, lui rappelant qui elle avait un jour été. Elle le caressa du bout des doigts.
-Désolée.
Elle quitta précipitamment sa chambre pour retourner dans la cuisine des Sommet.
S'accouda au plan de travail, une nouvelle tasse de café à la main. Tout était parfaitement normal.
Un cops se colla contre elle dans son dos.
-Où était tu passée ?
Voix grave. Elle frissonna et se laissa aller contre le torse, elle le sentait, nu.
-Dans ma douche. Tu aurais pu me rejoindre.
Une main calleuse encercla sa taille.
-Tu ne m'y a pas convié.
-Cela ne t'aurais pas gêné.
Son autre main fit tomber top sur le sol carrelé. Puis ce fut au tour du short de subir le même sort.
Des lèvres vinrent effleurés son épaule nue.
-Ils pourraient arriver à n'importer quel moment. Folie. Souffla-t-elle.
- « Les folies sont les seules choses qu'on ne regrettent jamais ».
Elle sourit.
-Oscar Wilde. Tu sais lire ?
Il mordit son épaule.
Elle bascula la tête en arrière pendant qu'il descendait ses mains jusqu'à ses hanches. Elle se laissa complètement aller.
Elle se retourna, plaça ses mains sur son torse et enleva les lunettes opaques avec ses dents, pour les jeter par terre. Il grogna. Elle savait qu'il n'aimait pas être ainsi, à découvert. Mais elle s'en moquait, elle, elle, était nue dans une cuisine, pour être à découvert, ça elle l'était. « Les yeux sont le miroir de l'âme », elle se plongea dans le regard azur. Elle ne comprenait pas comment il avait réussi à en garder la pureté. Elle en avait pris l'habitude.
Il plaça son pied derrière sa cheville pour la faire basculer, elle le tint par le cou pour l'attirer avec elle dans sa chute.
Il s'allongea sur elle. Ses mains vinrent titiller son bas ventre. Elle mordit son épaule pour ne pas crier (ndc : ben, oui. Ils sont dans une cuisine je vous rappelle…).
-LES PORCS EPIQUES SE SONT EMPARES DU CHÂTEAU DES BELETTES !
Ils se raidirent. Depuis quand le Hippie se levait tôt ?! Le Patron se releva (il était habillé, lui), remis ses lunettes, s'accouda au plan de travail et pris une tasse de café. Comme si de rien était.
Adèle, toujours couchée au sol, se mit à ramper afin de réenfiler son pyjama (Pour la troisième putain de fois de la journée !).
-Hello ! Bien dormi ? demanda-t-elle en se relevant d'un coup.
-Qu'est-ce-que tu faisais par terre, grosse ?
-Je cherchais le petit homme vert en maillot de bain qui assomme ceux qui font des pompes.
-T'as trouvé ?
-Non, je suis déçue.
-Le Patron t'aidait à chercher ?
-Non, il profitait du spectacle.
L'intéressé souffla et bu une nouvelle gorgée de café.
-Tu en veux un joint ? Tu as l'air triste.
Elle alla s'asseoir à ses côtés dans le canapé.
-Pourquoi pas ? elle prit celui que le Hippie lui tendait, le tout sous l'air effaré du Patron.
Elle inspira, laissant la fumer pollué ses poumons.
- « La cigarette est le parfait exemple du parfait plaisir. C'est une chose exquise et qui nous laisse inassouvi ».
-C'est beau ce que tu dis, grosse.
-Si tu continues à citer du Oscar Wilde, je jure que je te tue.
-Peace. Détends-toi.
Et l'incorruptible (ndc : lol) Patron se vit à son tour proposer un joint, qu'il accepta à la surprise d'Adèle (ndc : parce que dans le monde du Hippie cela était parfaitement normal). Puis l'alluma s'assit au côté d'Adèle et passa un bras autour de ses épaules.
Ah ! Il avait bien dormi ! Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas atteints les 10 heures de sommeil recommandées. Il devait ne rien s'être passé de bruyant cette nuit. Il avait développé une ouïe sensible, avec le temps. Il s'habilla en vitesse avant de se diriger vers la source de café.
Il tendit l'oreille, inquiet. Des éclats de rires en provenance du salon. Suspect. Il était quoi, 8 heure ? Même pas. Ce n'était pas normal. A cette heure-ci Adèle et le Patron se disputait du retard de l'un ou de l'autre, ils ne riaient pas ? Le Geek dormait toujours (il l'avait repéré en passant devant la porte entrouverte), ce n'était donc pas lui la source du fou rire (Ben quoi ? C'est tellement simple de s'en moquer…). Le Hippie peut-être ? Avec ses délires psychédéliques…
En arrivant, dans le salon, il se figea. Le Hippie était effectivement (déjà) défoncé, mais il n'était pas seul ; Adèle et le Patron s'étaient joint à lui (ndc : lol. J'ai tellement d'humour).
-MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FOUTEZ !
Trois têtes étonnées se tournèrent vers lui.
-Ta tête ! On dirait Fardzira quand elle a chanté son rêve de devenir créatrice d'œufs arcs-en-ciel ! Adèle se plia en deux de rire vite rejointe par les deux autres.
Inspirer. Expirer. Il devait se calmer. Ne pas crier. Ne pas réveiller les autres. Bien, analyser la situation maintenant. Le Hippie était couché dans la largeur du canapé la tête en bas, Adèle allongée les jambes sur le ventre du Hippie et la tête sur les genoux du criminel, celui-là (allait lui payer ! Il pensait qu'il était digne de confiance ! Adulte ! Responsable !) avait négligemment (c'est cela oui) posé une main sur la tête d'Adèle.
Il se prit la sienne, de tête, entre les mains.
-Et je fais quoi, moi, si le Geek arrive ? Ça vous arrives de réfléchir deux secondes aux conséquences ?!
-T'inquiètes on va se cacher comme des ninjas, gros.
Il allait faire une réplique acerbe, quand il se rendit compte que ce n'était pas si con.
Il courra et toqua délicatement à la porte de Maître Panda (ndc : juste pour toi Mutekiam :3 et parce qu'il est utile aussi).
-Que…que… quoi ?
-Chuuuut.
Il lui fit signe de le suivre. L'ursidé se leva en frottant ses yeux de fatigue. Arrivés dans le salon, il lui désigna la scène.
-Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
-On s'en fout pour le moment ! Tu portes Adèle jusqu'à son appart. Je m'occupe du Patron puis tu files chercher du pain.
Mathieu se dirigea vers le canapé et était sur le point de saisir le Patron quand…
-Euh…du pain ?
Il soupira exaspéré. Pourquoi fallait-il que toutes ses personnalités soient aussi connes ?
-Oouuuiii, il leur faudra du temps pour retrouver leur état normal…
-Je vais très bien ! C'est toi qui a tué Jean-Luc avec un épluche patate rouillé je te rappelle !
-… et le Geek ne comprendras pas pourquoi sa petite-amie parfaite ne lui a pas dit au revoir. Mais elle n'est pas partie, elle est allée chercher du pain, pour lui faire une surprise.
-Ah, je vois. T'es pas si con mec.
-Merci. Bon, tu me débarrasses d'Adèle, parce que si je la touche je me brûle.
-Quoi ?
-Laisse tomber.
-C'est parce que je suis chaude.
-Quoi ?
-La ferme ! Bon tu t'en occupes ?
-...
Le déplacement se fit, étrangement, sans encombres.
-Bonjour Monsieur, je souhaite vous souhaitez de la meilleure façon qu'il existe un très beau et très agréable séjour dans la résidence secondaire de la reine des mangues. Dit Adèle quand ils franchirent le pas de son appartement.
- Fous la dans le lit.
-Le tapis est moelleux aussi, gamin.
-Tu l'auras voulu !
Et il jeta le Patron sur le sol. Celui-ci s'écrasa en rigolant.
-Pourquoi vous me faites ça le matin ? gémit il.
Il sortit avec le Panda et ferma la porte derrière lui, se demandant si cela avait été une si bonne idée de laisser le Patron et Adèle ensemble drogués dans le même appartement. « Oh, ça va ! Ils ne sont pas dans la même pièce et au pire on s'en fout, non ? On a déjà suffisamment aidé le Geek pour la journée. »
-Je vais les tuer. JE VAIS LES TUER !
-Eh, calme toi. Moi je vais chercher du pain je prends quoi ?
-On s'en fout ! Juste prends ton temps. Et quand tu reviens, tu prends Adèle et tu lui expliques puis tu fais semblant d'avoir été avec le Patron pendant tout ce temps.
-Eh ! Jamais ! C'est quoi ton problème ? Je vais dire que j'avais envie de me balader avec la copine de mon petit Geek adoré et voilà. Point. Pas de trucs dégueulasses avec ce taré !
-Et on explique comment l'absence du Patron ?
-Ben il est partit tôt…
-Sans avoir pu mater Adèle le matin et en risquant de se faire égorger parce qu'il ne l'a pas prise en co-voiturage ?
-On s'en fout de ce que le Geek pensera, le Patron rentre comme s'il avait fumé une cigarette et merde !
-C'est toi qui lui explique s'il pose des questions…
-Très bien, j'y vais.
Il regarda le Panda partir se demandant juste brièvement si les gens trouveraient cela normal qu'un homme avec un kigurumi de panda aille chercher du pain.
Elle s'assit sur le bureau face à lui. Il la regarda, un grand sourire éclairait son visage, elle s'amusait follement.
-J'ai passé une super matinée ! Et dire que ça avait super mal commencé ! Aaaahh génial !
Ses yeux pétillaient, les effets de la drogue n'était peut-être pas encore tout à fait dissipé ?
-Et encore, tu as raté Mathieu engueulant le Hippie, lui demandant ce qu'on avait pris.
-Je ne me le pardonnerai jamais. Fit-elle avec une petite moue déçue.
Il se leva fit le tour du bureau et la prit dans ses bras. Elle éclata d'un rire cristallin. Il ouvrit la porte et alla dans la pièce attenante à son bureau où était placé (stratégiquement) un grand lit. C'était là qu'il passait leurs après-midi. Mais malgré l'heure matinale il n'attendait que ce moment depuis qu'il l'avait vue dans la cuisine dans ce micro-short crème découvrant ses longues jambes.
Il la jeta sur le matelas. Nouvel éclat de rire.
-Tu résistes mieux à l'alcool qu'au cannabis. Dit-il en venant la rejoindre pour l'embrasser dans le cou.
-Je n'ai pas l'habitude. Mauvais pour les réflexes.
Elle attrapa son visage et l'attira à elle. Il embrassa les lèvres qui se présentaient à lui. Il avait pris goût à ses baisers. Le goût qu'ils avaient était celui de … Il se retira brusquement.
-Cerise ?!
-Merde ! J'ai oublié de l'enlever ! C'est le rouge à lèvres préférés du Geek et comme tout à l'heure avec le pain, la surprise, … enfin je ne te fais pas un dessin. Tu aimes ? Ça moi je trouve ça infecte, mais bon.
Il se leva et retourna s'asseoir à son bureau, ouvrit le premier dossier de la pile et s'y plongea.
-J'en déduis que tu as les mêmes goûts que moi.
Elle se leva et courra pour se mettre à quatre pattes sur son bureau. Son visage touchait presque le sien. La position adoptée lui offrait également un magnifique point de vue sur son décolleté. Elle lui passa un doigt sous le menton pour le lui faire relever.
-Regarde-moi. Quel est le problème ? C'est que je couche avec le Geek ?
-Non. Juste que cet horrible goût de cerise va me rester en bouche pendant des jours et me rappeler que tu couches avec lui.
-Oh, c'est bon ! Tu penses à moi qui doit le garder pendant toute l'action ?
-Non, je m'en fous. Maintenant, lâche-moi. Tu n'as pas autre chose à faire ?
-Non, là tu lis mon rapport sur le dernier meurtre. J'attends mon payement.
-Arrange-toi avec Tatiana.
-Pff… J'en ait un à la violette aussi si tu préfères ?
-Dégage. Tu n'as pas eu ta dose de sexe depuis ce matin ?
-Justement je n'ai rien eu. Toi, le Hippie est arrivé et le Geek ça ne compte pas.
-Trouve-toi quelqu'un d'autre.
-Non, là je ne veux que toi.
Elle se pencha pour l'embrasser. Il n'était pas d'humeur, deux fois en une matinée on lui avait coupé l'envie de coucher avec Adèle. Il la poussa.
-AÏE !
Merde, elle était tombée. Il ne put s'empêcher de sourire : la puissante tueuse venait de tomber d'un bureau.
Elle gémit, et il se décida enfin à aller la rejoindre. Elle se tenait le poignet droit, celui-ci avait une forme tout sauf naturelle.
-Ça va ?
-Non, mais ce n'est pas grave. Porte moi jusqu'à la salle.
-Euh…
-Obéis, putain !
Il la gifla.
-D'accords mais seulement si tu te calmes.
-Mais je suis calme ! C'est juste toi qui est lent !
Il se retint de justesse de la gifler à nouveau. Soupira et la prit le plus délicatement possible puis la porta jusqu'à la salle et…
-Par terre.
…la posa sur le sol.
-Pourquoi sur le sol ?
-Plus de place. Ophélie ! cria-t-elle.
Toutes les jeunes femmes arrivèrent mais ce fut une petite rousse qui sortit du lot.
-Oui ?
-Tu es bien en troisième année d'infirmière ?
-Euh, oui.
-Prends la trousse de secours dans ton sac, si tu as besoin de plus il y a le mien dans le bureau, et révise « comment soigner une fracture du poignet ».
La jeune fille partit rapidement.
-Que s'est-t-il passé ? demanda Tatiana.
-Je suis tombée du bureau.
-En fait je ne veux pas savoir ce que vous faisiez sur le bureau.
-Rien, en plus ! C'était ça justement le sujet de la dispute.
-C'était de ta faute. Dit-il.
Adèle tourna la tête vers Tatiana.
-Il n'aime pas la cerise.
-Je ne veux pas savoir.
Ophélie arriva et examina son poignet.
-Vous êtes sûre qu'il est cassé ?
-Non. J'ai dit ça pour que tu te dépêches. C'est juste une entorse.
Il sourit devant l'air désespéré de la rouquine. Ah, Adèle il fallait se préparer psychologiquement avant de l'affronter.
-Bonne nouvelle
-Oui, ça m'arrives tout le temps j'ai les poignets hyper fragiles
-Les poignets fragiles ? ricana-t-il. C'est donc ça la faiblesse de la meilleure tueuse de notre époque ?
-Tu me flattes, mais arrête de te moquer. Saches que cela implique également que si on me met des menottes, j'ai les poignets foulés après. Désolée, mais j'en ai besoin pour gagner ma croute moi.
-Et mon plaisir ne passe pas avant.
-Surement pas ! Dans l'échelle de mes priorités il y a un écart entre toi et mes poignets. AAAAHHH !
-Désolée, j'ai dû le remettre à sa place. Dit Ophélie.
-Tu aurais pu prévenir ! J'ai l'air de quoi moi maintenant !
-Si tu ne supportes pas la douleur, je comprends mieux pourquoi l'interdit des menottes. Dit-il.
-Je t'étranglerai bien mais j'ai une main en moins là.
-Il faudra quand même vérifier pour les menottes…
- « Va, je ne te hais point »
-Corneille, je sais.
-Ca veut dire : dégage !
-Et qui te reconduis auprès de ton chéri ?
-Je te hais si fort, mais si fort.
-Voilà fini ! Je crois que tu sais qu'il faut l'immobiliser, dit Ophélie en se relevant.
-Oh, tutoiement ? M'en fous j'ai trop mal pour rappeler qu'il faut mettre de la distance avec moi, pour son propre bien.
Il la prit dans ses bras, un poids plumes, les côtes saillantes lui perforait le thorax.
-Ça t'arrives de manger parfois ?
-Oui, regarde aujourd'hui j'ai mangé du pain.
Il soupira en se disant que cela allait durer tout le trajet jusque chez eux.
-Au lieu de râler, tu pourrais pas trouver une excuse potable pour Mathieu ?
Elle éclata de rire.
-Il va nous tuer !
Voilà! Il était long hein? J'espère que cela vous a plu, une matinée ordinaire avec un long point de vue d'Adèle.
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