Pôles Positifs
- Ta cavalière t'abandonne encore ? Ça devient une habitude, constata Blair avec un petit sourire contrit.
- Gillian et moi avons une relation particulière, répondit-il avec le petit sourire cynique qu'elle lui connaissait bien.
- Ça, je n'en doute pas une seconde, dit-elle sur un ton de dégoût.
Chuck releva un sourcil. Elle n'avait plus l'air fâchée contre lui. Et pourquoi l'aurait-elle été après tout ? C'était elle qui avait gagné à leur dernier affrontement. Mais avec Blair, il savait par expérience qu'il valait mieux se méfier. Elle ne portait pas cette robe par hasard et elle n'avait pas relevé ses cheveux par hasard, elle ne faisait jamais rien par hasard.
- Je suis aussi venue pour m'excuser, reprit-elle devant son silence.
- T'excuser ? répéta-t-il surpris.
Depuis quand Blair Waldorf s'excusait-elle ?
Elle s'approcha plus près de lui et il sentit son cœur s'emballer. Il avait beau lutter, il ne parviendrait jamais à se libérer du pouvoir qu'elle avait sur lui.
- Pour notre dispute à Julliard. Tu avais raison, je n'aurais pas dû m'immiscer dans ta relation avec cette fille. D'ailleurs, je t'assure que je ne savais pas qu'elle serait là. Mais quand je l'ai vue, je n'ai pas pu m'en empêcher, l'occasion était trop belle.
Elle avait décidé de jouer cartes sur table. Si elle voulait le reconquérir, elle devait être sincère avec lui avant tout. Il détestait quand elle lui mentait et le manipulait. Elle ne voulait pas risquer que tout lui explose à la figure cette fois. Si elle voulait regagner son amour, elle devait lui prouver qu'il pouvait avoir confiance en elle.
- L'occasion de quoi ? Je ne comprends pas. Lisa n'est pas de notre monde, alors pourquoi vouloir l'humilier ? Ce n'est pas comme si elle était une de tes sous-fifres, ou qu'elle puisse te faire de l'ombre. Alors pourquoi t'intéresser à elle ?
Le sang de Chuck bouillonnait dans tout son corps. Le parfum de Blair s'insinuait partout en lui. Elle le rendait dingue, dans tous les sens du terme et il faisait des efforts surhumains pour ne pas se jeter sur elle et l'embrasser comme un fou. L'attraction qu'elle exerçait sur lui était magnétique et inexplicable.
- Parce que Toi, tu t'intéresses à elle, dit-elle d'une voix tremblante.
Elle avait bien conscience qu'elle se mettait dans une position compromettante en s'exposant de cette manière, mais elle ne pouvait pas se mentir plus longtemps. Elle ne pouvait pas lui mentir encore, en prétendant vouloir être son amie. Elle voulait bien plus que ça. Elle voulait qu'il la prenne dans ses bras, qu'il lui dise que cette fille ne représentait rien pour lui, qu'elle était la seule qu'il aimait et qu'il aimerait jamais.
Elle croisa son regard et vit le feu qui le dévorait de l'intérieur. Elle ne l'avait pas perdu. Il lui appartenait toujours. Mais elle ne pouvait oublier ce qu'elle avait vu dans ses yeux quand il les posait sur cette fille. C'était un regard différent de celui qu'il posait sur elle-même, mais elle y avait reconnu quelque chose d'étrangement familier. Elle devait en avoir le cœur net, aussi horrible que puisse être la réponse.
- Est-ce que tu l'aimes ? l'interrogea-t-elle à mi-voix.
- Quoi ? questionna Chuck.
Son cœur battait à tout rompre et son sang cognait à ses tempes. Il était hypnotisé par son corps, ses yeux, sa bouche. Il devait s'éloigner d'elle pour pouvoir reprendre ses esprits. Il n'arrivait pas à assembler les pièces du puzzle. Il avait l'impression qu'il lui manquait des éléments. Il recula de quelques pas pour mettre de la distance entre eux, il devait absolument reprendre le contrôle de lui-même.
- Je vous ai vu, reprit-elle, la voix tremblante. Dans la salle de répétition, à Julliard. Et dans l'amphithéâtre, quand elle s'est jetée dans tes bras. Tu ne faisais pas semblant ! Je te connais Chuck … mieux que personne.
Il comprit tout à coup ce qui lui échappait. Ce n'était pas à lui, mais à elle, qu'il manquait des éléments. Elle prenait sa relation avec Lisa pour une liaison amoureuse. Un sourire se dessina sur son visage malgré lui.
- Tu es jalouse ! D'une pauvre fille qui ne vit même pas dans l'UES ! se moqua-t-il.
- Et ça te faire rire n'est-ce pas ? s'emporta-t-elle.
- Je dois avouer que je trouve ça plutôt plaisant et comique, oui. Mais pas dans le sens que tu crois. Je ne suis pas amoureux d'elle, ou d'une autre d'ailleurs. Tu es la seule que j'aimerai jamais de cette façon. Je croyais que tu le savais.
- Dans ce cas, pourquoi m'as-tu poussée dans les bras de Louis ?
- Par ce que tu mérites d'être heureuse et que ton prince, en plus de réaliser ton rêve de toujours, t'apporte la lumière dont tu as besoin pour t'épanouir, dit-il le cœur à la dérive. Je t'aime plus que tout et ta liberté est la plus belle chose que je puisse t'offrir, la seule chose que je puisse t'offrir, pour contribuer à ton bonheur.
Son gsm vibra et la musique qu'il avait attribuée à sa sœur résonna depuis la poche intérieure de sa veste. Il décrocha sans attendre, soulagé de pouvoir s'éloigner de Blair avant de succomber à la tentation.
- Lisa, dit-il, en franchissant la porte fenêtre.
Il avait besoin d'air, il avait l'impression d'étouffer à l'intérieur.
Blair n'en revenait pas, il osait la planter là pour répondre à cette petite grue après ce qu'il venait de lui dire.
- Si tu crois que tu vas t'en tirer comme ça, commença B en le suivant sur la terrasse.
Mais elle n'eut pas le courage de continuer lorsqu'elle vit le visage livide de Chuck.
- Lisa, je ne comprends rien de ce que tu dis, parle moins vite, s'énerva-t-il.
Sa sœur était en larme au téléphone
- C'est … Hanck … il est … ici.
- Quoi ? Mais, comment …
- Je … sais … pas … mais … il est là … Viens vite !
