Désolée pour le chapitre précédent il y a eu des trucs étranges et inexplicables avec la mise en page.

Bref j'espère que là ça va et du coup à nouveau désolée pour le temps d'attente (un an c'est long je sais) et j'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre.

Chapitre 17

Elle se jeta sur le lit. Le matelas était dur. Comme elle s'y attendait. Elle entendit un soupire à côté d'elle, puis un poids vint se poser sur le lit.

-Était-ce nécessaire de faire croire que nous étions un couple ?

Elle ne prit même pas la peine de tourner la tête. Hésitant même à répondre.

-Oui. Ça éveille toujours moins les soupçons. Un jeune couple amoureux ou deux riches célibataires dans un hôtel luxueux, avec une des deux options tu te fais cramer.

-Oui mais on aurait pu éviter le lit double.

Elle se leva et haussa des épaules avant de se diriger vers la salle de bain.

-De toute façon tu n'es pas intéressé.

Elle se déshabilla toute en marchant. Il ne regardait pas.

-Je vais prendre une douche.

Un vague acquiescement lui répondit.

Elle laissa un peu d'eau couler avant de rentrer histoire de la réchauffer. Puis elle entra, profitant de la sensation de plénitude accompagnant le ruissellement des goutes sur sa peau. 11 heures de vol c'était trop. Surtout que comme à son habitude elle avait passé son temps à marcher dans le peu de mètres carrés dont disposait le cockpit plutôt que de dormir. Elle ferma les yeux. Les rouvrant vite après que la vision d'yeux azurs se soient imprimés sur sa rétine. Elle ne devait pas y penser. Et pourtant elle ne faisait que ça depuis son départ de l'immeuble de verre.

Elle prit le shampoing et commença à se laver les cheveux. Elle avait fait des erreurs. Beaucoup d'erreurs. La première étant le coup de téléphone au Geek. Elle disait qu'elle allait revenir. C'était faux. Elle le savait. Pourquoi était-elle allée lui dire ça ? Ça n'avait rien à voir dans aucun plan !

Elle se rinça les cheveux et commença à se laver. Bien sûr elle savait très bien dans le fond le pourquoi de ce geste. Elle voulait laisser une porte ouverte. Une porte ouverte sur cet hypothétique bonheur qui pouvait s'offrir à elle.

Elle sortit de la douche et s'enroula dans un essui. Se regardant dans la glace elle avait l'air encore plus pathétiques avec ses cernes et ses cheveux ébouriffés. « Une tueuse de première catégorie ». Mais le pire ça restait ses yeux qui lui donnait cet horrible et pitoyable air triste. Elle devait se ressaisir. Ce n'était pas le moment d'y penser. De penser à lui.

Elle sortit de la salle de bain et ouvrit sa valise pour en extraire une nuisette.

Il la regarda d'un air interloqué.

-J'imagine que tu préfères ça à moi nue, je me trompe ?

-Non, non, pas du tout je suis juste surpris que tu penses à moi.

Elle soupira.

-Ecoute je n'ai pas choisi d'être en équipe mais j'aurais pu tomber sur pire que toi donc on va y arriver si chacun y met du sien de son côté. Ce n'est peut-être qu'une nuisette mais prenons ça comme un drapeau blanc.

Il hocha de la tête.

Elle se coucha sur le lit, s'enveloppant dans les draps.

Elle était sur le point de s'endormir quand il parla.

-Qui était-ce ?

Un frisson lui parcouru l'échine.

-Quelqu'un qui m'en veut.

Elle sentit un poids la rejoindre dans le lit.

-Est-ce trop indiscret de demander pourquoi ?

-Assez.

-Cela influera-t-il sur notre contrat ?

-Mon dieu non !

La réponse paru le satisfaire car il se tut.

Mais elle n'arrivait plus à trouver le sommeil.

Cela avait été son erreur fatale. Ne pas quitter la ville le plus tôt possible. Elle avait deux jours devant elle, elle aurait pu aller n'importe où. Mais non elle avait préféré errer dans cette ville qu'elle détestait. De plus elle avait été prévisible. Elle ne faisait aucun effort particulier pour se cacher et avait longtemps parler avec lui du fait qu'on était toujours mieux cacher dans une grande foule à agir comme un simple passant que dans une vraie cachette où l'on était vulnérable. Mais bien sur elle avait cru pouvoir s'en sortir. Que sa deuxième erreur ne lui serait pas fatale. Elle était idiote.

Bien sûr elle savait qu'il ouvrirait cette lettre et que si elle ne se barrait pas suffisamment vite elle ne pourrait pas être en sécurité.

Elle resserra les draps autour d'elle.

Il fallait qu'elle dorme. Demain elle devait retourner à sa vie. La vie qu'elle avait eu toutes ses années. La vie qu'elle avait choisi.

En fermant les yeux elle se revit dans la ruelle. Un endroit où quand on décide de se perdre on tente à tout prix d'éviter. Mais au fond d'elle, elle voulait être trouvée.

Elle se sentit à nouveau projetée contre le mur ne faisant rien pour se défendre. Attendant simplement le coup. Les yeux ouverts regardant ce visage qu'elle avait décidé d'abandonner. Puis la pression se relâchât. Et elle le vit à terre menacer par le pistolet de Han Chul Hei. Elle revint à elle.

-Je savais que tu me suivais mais de là à intervenir. Je suis surprise.

Aucun des deux ne réagit.

-Tu peux nous laisser. Je ne risque rien.

Un rictus mauvais étira la bouche de son amant.

Han Chul Hei la regarda, interloqué.

-Bien sur tu peux rester là. Il nous reste 26 heures et 43 minutes avant notre départ. Ça peut être long je te l'accorde et tu risque de fatiguer c'est quand même lourd un pistolet.

Il se releva pointant toujours son arme en direction du Patron, qui se releva à son tour massant son coude.

-Tu as un garde du corps maintenant ?

-Non, c'est juste un jeune homme indiscret qui va dés à présent partir et se trouver une chambre d'hôtel jusqu'à demain s'il ne veut pas mourir dans les vingt secondes suivantes.

-Depuis quand savais-tu que je te suivais ?

Elle haussa les épaules.

-Tu n'es pas particulièrement discret du coup le début. Félicitations néanmoins de ne pas m'avoir perdue dans le métro. Maintenant oust.

Elle accompagna sa dernière phrase d'un geste.

Il se décida enfin à partir.

-Bon où en étions-nous déjà ?

Elle se retrouva à nouveau projeter sur le mur. Avec moins de virulence toute fois.

-J'imagine que préciser que je saurais inverser la situation est inutile ?

Elle sentit la pression se détendre quelque peu. Jusqu'à complètement disparaître.

Elle affronta le regard de verre face à elle.

C'était à lui de parler.

Elle serra encore plus les draps autour d'elle.

Elle devait dormir.