Faute avouée

Blair se réveilla en sursaut et mit quelques secondes avant d'être rattrapée par la réalité.

Elle était bien dans la chambre de Chuck, à l'Empire, mais il n'était pas là !

Elle replongea la tête dans l'oreiller, qui avait recueilli ses larmes, pour respirer encore son odeur. Elle avait besoin de lui plus que jamais, mais elle savait que c'était impossible maintenant. Elle ferma les yeux pour mieux se retrouver au creux de ses bras, dans ses souvenirs.

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Lisa entra à l'Empire et prit l'ascenseur qui menait directement au penthouse. Esteban avait dit qu'il lui déposerait ses affaires en venant prendre son service, dans deux heures.

Elle n'avait pas le courage de repasser à l'appartement du jeune homme. Aussi, avait-elle préféré qu'il la dépose directement ici. Chuck lui avait proposé de s'installer chez lui, dans l'ancienne chambre de Nate, qui logeait pour l'instant avec Serena chez les Waldorf. Esteban pouvait disposer de la chambre qui lui plairait dans l'hôtel.

Elle ouvrit la porte de la chambre de son frère pour y prendre les quelques effets qui lui manquaient et s'arrêta sur le seuil.

Queen B se leva d'un bond et lissa ses vêtements, dans lesquels elle s'était endormie la veille, après avoir appelé sa meilleure amie pour lui dire de ne pas l'attendre.

- Je ne savais pas que tu étais là, dit la nouvelle venue, gênée. Chuck ne m'a pas dit que tu dormais ici.

- Il ne le sait pas, répondit Blair, un peu embarrassée elle aussi, car elle se sentait prise en défaut.

- Je vois, commenta Lisa.

- Tu vois quoi ? s'emporta Blair, agacée par cette fille qui l'éloignait de celui qu'elle aimait par-dessus tout. Tu crois tout savoir parce que tu es sa sœur ! Mais tu ne sais rien du tout de ce qu'il y a entre Chuck et moi !

- Je sais ce que j'ai lu sur Gossip Girl, répondit Lisa d'un ton froid. Je sais que tu l'as laissé pour te fiancer à un autre. Et je sais que ça le fait souffrir plus que tout, parce qu'il t'aime comme un fou, même si je ne comprends pas pourquoi. Et je sais que tu l'aimes aussi, étant donné tout ce que j'ai vu et tout ce que tu étais prête à faire contre moi.

Blair voulut répondre mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Cette petite peste savait faire mouche aussi bien que son frère. Que pouvait-elle dire pour sa défense ? Rien ne pouvait excuser ce qu'elle avait fait.

Elle ramassa son sac et son manteau pour sortir de la chambre.

- Surtout prend bien soin de lui, dit-elle en passant à la hauteur de Lisa.

Cette dernière mit plusieurs secondes à réaliser la portée des propos de Blair. Elle la rattrapa par le bras alors qu'elle s'apprêtait à entrer dans l'ascenseur.

- Pourquoi tu ne le fais pas toi-même ? questionna Lisa.

B se tourna vers elle, interloquée.

- J'ai vu l'annonce dans le journal ce matin, à propos de l'annulation de tes fiançailles, reprit la sœur de Chuck. Tu l'aimes, il t'aime, alors qu'est-ce qui vous empêche de vous retrouver ?

- Demande à ton frère, jeta Blair sur un ton de défi.

- Tu crois vraiment que vous avez le temps de jouer à ça ?

Blair sentit à nouveau les larmes lui monter aux yeux.

- Il est déjà trop tard, j'ai tout gâché. Il ne me pardonnera jamais d'avoir attiré ce malade ici… et moi non plus, répondit-elle d'une toute petite voix qui ne ressemblait pas à Blair Waldorf.

Lisa la regarda, ahurie.

- Tu veux dire que… c'est toi qui a passé ce coup de fil à Hanck depuis New-York ?

- J'étais persuadée que tu l'utilisais et… J'ai cru qu'il était tombé amoureux de toi et… Je voulais lui prouver que tu n'étais pas digne de confiance et… Et surtout … Que tu ne pourrais jamais le rendre plus heureux qu'il ne l'a été avec moi... Je suis vraiment désolée… Pour tout… En passant ce coup de fil… Je n'ai jamais imaginé… dit B, qui ne pouvait plus retenir ses larmes.

- C'est pour ça que tu viens te cacher ici, au lieu d'être auprès de lui, quand il a désespérément besoin de ta présence à ses côtés ? demanda Lisa d'une voix plus douce.

Blair releva son visage vers la jeune fille qui lui faisait face. Il n'y avait plus aucune trace de colère dans ses prunelles. Juste la même compassion que celle qu'elle avait vue le jour précédent dans son regard sombre, qui lui rappelait tant celui de Chuck.

- Moi aussi, je me sens coupable, reprit Lisa. Coupable de l'avoir appelé à l'aide, de l'avoir mêlé à mes problèmes. Mais la vérité, c'est que c'est Chuck qui a raison. Le seul coupable dans cette histoire, c'est mon beau-père. Il était déjà à New-York quand il a reçu ton coup de fil. Il a été renseigné par une entreprise de pompes funèbres du Vermont, à qui je devais encore de l'argent et qui avait ma nouvelle adresse à Brooklyn. Et ce n'est pas non plus de leur faute, ni la tienne. Tu n'es en rien responsable de ses blessures, pas plus que de l'agressivité de ce dégénéré.

B sentit un poids s'envoler de sa poitrine. Chuck n'avait plus aucune raison de lui en vouloir. Elle pouvait à nouveau le regarder en face et tenter de le convaincre qu'ils étaient faits pour être ensemble.

- Tiens, dit Lisa, en lui tendant les objets personnels qu'elle devait ramener à son frère. Tu les lui donneras pour moi.

Blair acquiesça et monta dans l'ascenseur sans dire un mot, le sourire aux lèvres.