Bonsoir,

Alors tout d'abord je tiens à m'excuser du délai entre ce chapitre et le précédent. Les rythmes d'écriture sont assez aléatoires pendant les études, donc on met un max de temps à publier un nouveau chapitre. Mais, je vous promets qu'on n'abandonnera pas l'écriture et que même si les publications mettent du temps, il y aura toujours un nouveau chapitre :)

Bon revenons à l'essentiel, la première mission d'Isaya a eut un déroulement pour le moins inattendu et elle se retrouve dans une situation pour le moins délicate. Comment vont réagir Athéna et Anastasia face à cette nouvelle ? Kiki est-il en danger ? Poséidon va-t-il devenir maître de l'univers ? Vous le saurez dans le prochain chapitre des aventures de … Ok c'était nulle, vaut mieux que je me tienne au disclaimer et que je vous laisse lire tranquillement le chapitre …

Disclaimer : tout (ou presque) appartient à Masami Kurumada sama


Isaya flottait. Ses yeux parcouraient aveuglément son environnement sans rien y voir et elle ressentait l'affreuse sensation de perdre tous ses sens. Elle ne parvenait même plus à détecter son propre cosmos. Etait-elle morte ? Ou était-ce l'œuvre d'une technique de son adversaire ? Elle se souvint de la dernière attaque qu'elle avait prise de plein fouet, traversant l'armure comme si de rien n'était. En y réfléchissant, il y avait peu de chance qu'elle ait survécue. Elle regrettait de ne pas avoir pu aider sa déesse. Sa mort avait été vaine, causée par sa propre faiblesse. Elle espérait que Kiki s'en était sorti. Elle ne voulait pas douter de son ami mais la puissance de Macbeth était phénoménale, il était sans aucun doute plus fort que n'importe lequel des chevaliers d'or actuels. Le Sanctuaire était encore trop faible pour affronter un ennemi comme celui qui s'était trouvé sur son chemin. Elle aurait souhaité pouvoir reprendre son combat, vaincre Macbeth et protéger Athéna, mais c'était trop tard. A quoi avait donc pu servir sa vie ? Elle se sentait pathétique.

L'intensité de ses émotions la surprenait. L'Enfer n'était-il pas censé drainer toute les émotions de ses habitants ? Ne devait-elle pas être jugée ? Ressasser ses regrets dans le vide absolu, était-ce là la punition de Hadès pour les chevaliers d'Athéna ? La tourmente éternelle ? L'idée de rester ici, seule et consciente de sa condition lui serra la gorge. N'y avait-il pas là pire supplice ?

Elle resta dans le noir pendant un temps qui lui sembla interminable. L'absence de support solide ne faisait que contribuer à son malaise. Elle ne pouvait même pas sentir son propre corps. L'idée de souffrir le martyr lui aurait semblée plus douce que le néant qui l'entourait.


Au moment même où le combat d'Isaya s'achevait, Athéna se réveilla en sursaut. Elle scruta sa chambre plongée dans la pénombre mais n'y détecta aucune menace. Elle se remit sous ses draps mais une nouvelle vague de terreur la submergea.

Les seules fois où cela était arrivé, un dieu était descendu sur Terre. Cette perspective l'alarma au plus haut point. Chaque bataille contre l'un des membres de sa famille avait causé de grands dommages au Sanctuaire. Il fallait agir et vite. Elle convoqua son majordome pour qu'il prépare le jet privé et dans la même foulée, elle contacta son Grand Pôpe.

« Anastasia, tiens-toi prête.»

Cette dernière se trouvait dans son bureau quand elle reçut le message. Elle n'avait pas entendu la voix de sa déesse depuis longtemps et n'avait pas eu l'occasion de lui parler depuis son face à face avec Ikki. Anastasia n'avait toujours pas digéré le fait qu'ils lui avaient caché cette mission, mais elle était le Grand Pôpe et elle ne devait pas se laisser submerger par ses sentiments personnels. Le ton qu'avait employé d'Athéna ne présageait rien de bon, et elle sut qu'elle allait devoir quitter le Sanctuaire pendant un moment.

Elle convoqua Lorélia, qui ne tarda pas à venir. Elle toqua et attendit qu'Anastasia l'invite à entrer. Elle était très polie comparé à d'autres personnes de sa connaissance.

- Entre je t'en prie, dit Anastasia.

- Que me vaut l'honneur d'être convoquée par le Grand Pôpe en pleine nuit ? demanda la chevalière du Cancer avec une légère pointe de sarcasme dans la voie. Elle détestait être réveillée.

- Athéna vient de me contacter, je pense devoir quitter le Sanctuaire quelques jours et je voudrais que tu t'en occupes à ma place, expliqua Anastasia.

Le visage endormi de Lorélia s'illumina d'un grand sourire angélique.

-Avec joie ! répondit-elle d'un ton enjoué.

Ce n'était pas la première fois qu'elle prenait les rênes du Sanctuaire et elle y prenait toujours un grand plaisir. Anastasia ne pu s'empêcher de penser aux chevaliers qui allaient rester. En termes de sadisme, elle méritait bien le titre de chevalière du Cancer. Il n'y avait, malheureusement pour eux, nulle autre personne assez compétente au Sanctuaire pour assumer cette tâche.

-Pour quelles raisons dois-tu t'absenter ? demanda Lorélia, curieuse.

Anastasia hésita. Lorélia ne semblait pas au courant de la mission et elle ne voulait pas l'inquiéter. Elle n'était même pas sûre que ce soit la raison de sa convocation.

- Je n'en sais rien pour le moment, Athéna me le dira sur place, dit-elle d'un ton évasif.

Lorélia ne demanda rien de plus et se mit à scruter le bureau de son amie avant de s'exclamer.

-Ma chère, je sais bien que l'administration et toi ça fait deux, mais on dirait qu'il y a eu une tempête ici dernièrement.

Anastasia leva les yeux au ciel : elle n'avait pas pris le temps de ranger le bureau qui gardait encore la trace de son altercation avec Ikki. Elle aurait souhaité lui parler mais il avait déjà quitté le sanctuaire. Elle se sentait un peu coupable mais il n'avait lui non plus fait aucun effort pour se faire pardonner. Elle reprit la parole en cherchant une excuse.

-J e teste un nouveau système de classement, répondit-elle du tac-au-tac.

- Ça passe pour cette fois, ricana Lorélia, habituée aux excuses ridicules de son Grand Pôpe, mais ne compte pas sur moi pour ranger ton bazar, ajouta-t-elle avant de quitter la pièce.

Dès qu'elle fut partie, Anastasia se rendit dans sa chambre et prépara le strict minimum. Elle attendit patiemment l'arrivée d'Athéna. Ce n'est qu'en début d'après-midi qu'un employé de la fondation Graal vînt la chercher.

- Mademoiselle Anastasia, si vous voulez bien me suivre, Mademoiselle Kido vous attend.

Elle le suivit sans poser de questions jusqu'au jet de Saori. Athéna l'attendait installée dans l'un des fauteuils. Malgré son apparence calme, Anastasia vit qu'elle était tendue mais elle ne fit aucune remarque. Elle s'installa en face de cette dernière en silence. Athéna, qui ne savait pas qu'Ikki lui avait vendu la mèche, prit la parole.

- J'ai confié une mission aux chevaliers d'or du Bélier et des Gémeaux…

Elle n'eut pas le temps de continuer ses explications qu'Anastasia lui coupa la parole :

-Ne te fatigue pas, je suis au courant.

Athéna sembla surprise :

- Mais comment ? Ikki aurait … demanda-t-elle.

- Je n'ai pas vraiment envie que tu me parles de lui pour le moment, dit-elle d'un ton froid.

Athéna pouvait comprendre les sentiments qui agitaient son grand Pôpe. Elle avait agi par égoïsme pour protéger Anastasia qui représentait bien plus à ses yeux que la fonction qu'elle occupait. De par son comportement, elle avait blessé sa fierté. Elle ne tenta pas de se justifier.

- Je connais l'importance du Grand Pôpe mais ce n'est pas une raison pour me mettre de côté au moindre danger, ajouta Anastasia.

Elle savait qu'elle aurait mieux fait de laisser passer mais elle ne pouvait s'empêcher d'exprimer la rancœur qui l'habitait.

Elle était énervée. Ikki, Athéna … Ils ne faisaient que lui rappeler son échec lors de sa précédente mission. Ils n'essayaient même pas de comprendre la raison de son obsession envers cette mission. Elle avait vu l'ennemi, il était puissant et représentait une vraie menace pour le Sanctuaire. Jusqu'à présent, elle avait pensé être la seule à se soucier de ce problème. Savoir qu'Athéna avait enquêté de son côté sans rien lui dire la blessait fortement. Elle se sentait évincée et rabaissée. Son rôle de grand Pôpe ne signifiait-il rien ?

- Je n'ai pas à justifier mon action, dit simplement Athéna, mais sache que ce n'est nullement parce que je doute de tes capacités.

Le silence s'installa entre les deux femmes. Anastasia ne voulait pas entrer en conflit avec Athéna pour le moment, alors qu'il semblait y avoir urgence.

- Quelle est la raison de notre départ ? demanda Anastasia.

Athéna, légèrement soulagée qu'Anastasia change de sujet, répondit :

- L'âme d'un dieu vient de s'éveiller et cette énergie provient du lieu où Isaya et Kiki effectuaient leur mission. Je n'ai aucune nouvelle d'eux depuis. Je souhaiterais que tu m'accompagnes jusqu'à l'hôtel.

Cette annonce glaça le sang d'Anastasia. C'était bien pire que ce qu'elle avait imaginé.

- Tu ne devrais pas y aller. C'est trop dangereux, dit Anastasia, on ne sait pas ce qui nous attend.

- Je ne peux pas rester assise alors que deux de mes chevaliers ont disparu ! C'est une affaire de famille, je dois y aller par moi-même. Et puis, mon puissant Grand Pôpe m'accompagne, ajouta-t-elle en souriant.

Elle essayait de l'amadouer mais elle ne la quitterait pas des yeux. Il était hors de question qu'Athéna perde la vie. Elle aurait dû prendre plus de chevaliers.

Anastasia tenta d'argumenter avec elle pendant toute la durée du vol mais Athéna était intraitable, il n'y aurait qu'elle et son Grand Pôpe.

- Je ne ressens pas d'agressivité venant de sa part, ajouta-t-elle, je ne vais pas amener une armée et risquer de provoquer une autre guerre.

Lorsque le jet se posa enfin, Anastasia était à deux doigts de ligoter Athéna et de la renvoyer au Sanctuaire, mais elle n'en fit rien.

L'hôtel semblait intact. Les touristes entraient et sortaient l'air serein. Une surprise les attendait à l'entrée

- Anastasia ! Athéna !

Kiki courait à leur rencontre.

- Je suis tellement contente de vous voir, je n'arrivais pas à vous contacter ! Il s'est passé tellement de choses ! Il y a eu une attaque pendant la vente et …

Une personne s'approcha d'eux pendant que Kiki tentait de leur expliquer la situation. Anastasia sentit ses poils se hérisser, et elle se mit aussitôt devant Athéna, prête à la protéger au péril de sa vie.

- Je suis heureux de te revoir chère nièce ! dit Poséidon.


L'éternité avait pu se passer deux fois lorsqu'elle crut entendre un murmure. Elle pensa d'abord que cela venait de son esprit, mais le murmure se faisait de plus en plus pressant. Elle entendait un mot qui se répétait en boucle.

- Isaya, Isaya, Isaya, Isaya…

Isaya, qu'était-ce ? Ce mot lui évoquait quelque chose mais elle ne s'en souvenait plus. A quoi bon tenter de se rappeler ? Elle voulait tout oublier et disparaître entièrement dans l'abîme.

La voix continuait à parler et gagner en intensité. A chaque mot prononcé, elle avait l'impression que son esprit devenait de plus en plus clair. Elle aurait souhaité pouvoir se boucher les oreilles pour échapper à ce son. Chaque mot s'imprimait au fer blanc dans son esprit. Et avec chaque mot, un souvenir revenait.

Elle était Isaya, chevalière des Gémeaux, protectrice d'Athéna et le plus important : elle connaissait cette voix. Anastasia. Elle l'appelait.

Elle se concentra sur le son et tenta de s'en approcher, mais elle n'arrivait pas à progresser. Les limbes la retenaient prisonnière. Cela ne servait à rien de tenter de s'y soustraire, c'était impossible. Le désespoir l'envahissait à nouveau et elle sentait la voix d'Anastasia s'atténuer à nouveau.

L'envie d'abandonner la reprenait.

- N'abandonne pas !

Voila quelle se mettait à entendre son maître. Un souvenir lui revint. Elle se revoyait petite fille faisant face à son maître pendant un entraînement particulièrement ardu.

- Maître, je ne peux pas, c'est impossible !

Isaya se trouvait entravée à un rocher par des liens de fer au niveau des poignets et des chevilles. Son maître avait supprimé son cosmos et lui avait dit qu'il ne lui rendrait pas tant qu'elle ne se serait pas libérée.

- Tu abandonnes toujours trop vite lorsque tu te retrouves face à un problème qui te semble insurmontable, et si tu continues ainsi ce défaut te sera fatal ! Je ne te libérerai pas, c'est à toi de le faire.

Isaya avait ensuite vu son maître partir et la laisser seule accrochée au rocher. Il n'était jamais revenu la chercher.

Elle avait tenté d'appeler son cosmos mais elle ne sentait rien et sans son cosmos elle ne pouvait rien faire. Jamais elle n'aurait la capacité de défaire ses liens. Elle ne comprenait pas où voulait en venir son maître. Il y avait toujours des situations insurmontables où peu importe les efforts qu'on faisait, on ne pouvait qu'échouer. Il était impossible pour elle de s'extirper de cette situation sans son cosmos, elle en était certaine. Quand son maître utilisait sa technique de suppression de cosmos, personne ne réussissait à en retrouver l'usage par soi-même. Elle avait vu des chevaliers bien plus puissants qu'elle succomber à cette technique. Elle ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre. Son maître n'allait pas la laisser mourir ?

Les jours étaient passés sans que personne ne vienne la délivrer. Elle n'avait rien mangé et seule la pluie qui tombait en continu lui permettait de s'abreuver. Elle avait compris que son maître ne plaisantait pas quand il avait dit qu'il ne la libèrerait pas. Les liens qui lui entouraient les poignets et les chevilles la faisaient souffrir. Elle passa trois semaines attachée à ce rocher, dépérissant à vue d'œil.

Elle ne sentait presque plus ses mains, ni ses pieds. Elle tenta de remuer légèrement sa main, espérant relancer la circulation sanguine. Elle sentit une poudre tomber sur sa main. Elle jeta un regard sur son poignet et elle n'en crut pas ses yeux. Le métal gris qui la retenait prisonnière était maintenant devenu entièrement brun. Il avait rouillé. Elle bougea à nouveau sa main et l'acier s'effrita encore un peu plus. Elle tira son bras de toutes ses forces. Le métal continua à résister mais maintenant qu'elle savait qu'il était rouillé, elle continua à tirer.

Il lui fallut une journée entière pour libérer son bras. Elle se sentait au bord de l'évanouissement mais elle continua son effort et lorsqu'elle enleva son dernier lien, elle s'effondra sur le sol. Elle avait réussi mais elle ne pouvait pas abandonner maintenant. Elle n'aurait pas dû pouvoir se relever mais elle puisa dans toute son énergie restante pour avancer. Le trajet fut dur mais lorsqu'elle rejoignit son maître, son visage affichait un grand sourire.

Plus tard son maître l'avait informée que les vis avaient été fragilisées. Si elle avait essayé de se libérer plus tôt, les vis auraient rapidement cédées.

L'abandon n'est jamais une solution, elle aurait dû s'en rappeler plus tôt.

Elle sentit aussitôt un changement s'opérer. L'espoir était revenu et l'univers qui l'entourait semblait un peu plus lumineux. Elle tenta de faire appel à toutes ses ressources physiques et mentales. Par sa volonté, elle s'imagina sortir de cette cage, par ses poings elle tenta de détruire cette barrière intangible. Elle invoquait en même temps son cosmos qui était toujours absent. Il n'y eut aucun changement de prime abord mais elle n'abandonna pas. Une lumière éblouissante l'entoura soudainement.

- Isaya.

Si elle avait pu elle aurait sursauté. Saga venait d'apparaître à côté d'elle. Son corps avait une allure fantomatique, légèrement transparente. Elle garda ses distances, incertaine de la réaction à avoir. L'isolement qu'elle avait subi la rendait méfiante, était-il une manifestation de son esprit ? Saga s'était approché d'elle.

-Isaya, nous avons peu de temps, le Grand Pôpe est en train de vider son cosmos pour tenter de te ranimer, dit-il d'un ton pressant, à ce rythme-là, elle ne tiendra plus longtemps.

Le voile qui enveloppait sa conscience se leva d'un coup. Anastasia était en danger ! Elle comprit que l'éveil de sa conscience était dû à l'action de son amie.

Saga lui prit soudainement les deux mains et elle se rendit compte que son corps avait repris consistance.

- Tu dois continuer à puiser ton cosmos comme tu l'as fait avant. C'est le seul moyen pour toi de t'échapper, mais ce ne sera pas suffisant, utilise aussi les restes de cosmos du sceau !

Elle prit conscience de ce que lui demandait Saga.

- Si je fais ça, tu disparaîtras.

- Je suis déjà mort depuis longtemps, ne regrette pas une âme comme la mienne. Il n'y a pas d'autre solution. Fais-le !

Il avait haussé le ton sur le dernier mot, le temps n'était pas à la discussion. Le sacrifice de Saga était nécessaire. Elle devait juste lui dire au revoir un peu plus tôt que prévu. Isaya avait la gorge serrée mais elle n'avait pas le choix. Elle s'approcha de Saga et le serra dans ses bras.

- Adieu, mon ami.

Et elle utilisa le cosmos restant de Saga. Il disparut en même temps que la lumière qui l'entourait. Elle eut soudain l'impression d'être plongée dans de l'eau glacée. Elle avait besoin de respirer. Une lumière brillait au loin, elle nagea vers elle, mais elle suffoquait. Elle arriva à son but.

La soudaine présence d'air lui fit prendre une immense inspiration qui lui brûla les poumons. Elle toussa pendant un bon moment avant d'ouvrir les yeux. Elle se trouvait dans une chambre trop luxueuse pour être la sienne, sur un lit. Elle n'était pas seule. Un homme était assis sur une chaise face à elle. Il lisait et ne semblait pas s'être rendu compte qu'elle était réveillée. Il lui semblait qu'elle l'avait déjà vu. L'homme leva les yeux de son livre et croisa les siens.

- Vous êtes enfin réveillé, dit-il simplement.

Isaya se rappelait de cette voix. Elle l'avait entendu pendant la vente aux enchères. Elle appartenait à l'homme qui avait acquis le trident, Julian Solo. Que faisait-il dans sa chambre ? Etait-elle encore à l'hôtel ? Que s'était-il passé après l'attaque ? La multitude de questions qui embrouillait son cerveau l'empêcha de formuler clairement une phrase. Elle fixa Julian, les yeux dans le vague, sans rien dire. Il devait penser que son cerveau avait disjoncté car il la regardait d'un air inquiet.

- Cela fait trois jours que vous êtes dans le coma, dit-il.

Trois jours ?! Cela lui avait semblé être une éternité. Elle se rappela soudain la raison pour laquelle elle avait été dans cet état. Julian avait interrompu son combat avec Macbeth et elle avait pris l'attaque à sa place. Comment pouvait-il être encore en vie alors qu'il s'était retrouvé seul face à Macbeth ?

- J-e vois, dit-elle d'une voix croassante.

Sa gorge était totalement asséchée. Elle regarda autour d'elle cherchant un verre d'eau des yeux. Julian lui en tendit un aussitôt. Elle l'accepta avec reconnaissance et s'empressa de le vider. Elle reprit alors d'une voix plus posée.

- Que s'est-il passé ? demanda-t-elle.

Elle ne voulait pas le noyer sous un déluge d'informations. C'était un civil maintenant, il y a peu de chance pour qu'il soit au courant.

Julian la fixa longuement, ses yeux brillant d'un étrange éclat. Il semblait hésiter sur ce qu'il allait lui dire.

- L'hôtel a été attaqué, dit-il sans vouloir en ajouter plus.

Il semblait qu'elle allait devoir lui tirer les vers du nez si elle voulait une réponse claire. Elle reformula alors sa question plus simplement :

- Que faîtes-vous ici ? Où est Kiki ?

- Je veillais simplement sur vous étant donné que les autres sont occupés pour le moment. Vous n'étiez pas censé vous réveiller.

Les autres ? Parlait-il de Kiki et de l'autre marinas de Poséidon ? Décidément, il était avare d'explications.

- Je suis désolée mais je n'ai pas le temps de jouer aux devinettes, si vous ne voulez pas me donner de réponses claires, je vais les chercher moi-même !

Elle voulut se relever mais quelque chose la maintint sur place : une immense pression en cosmos la clouait au lit. Elle venait de Julian. Isaya le regarda avec des yeux inquiets, n'était-il pas censé être totalement libéré de l'influence de Poséidon ?

- Je suis désolé mais je ne peux pas vous laisser partir pour le moment. Vous êtes-vous interposée pendant le combat ?

Ce n'était pas Julian qui lui faisait face.

- Que faîtes-vous ? Lâchez-moi ! dit-elle en se débattant de toute ses forces.

Il n'avait rien à y faire, la pression était trop forte et elle n'avait pas retrouvé entièrement son cosmos.

- Répondez d'abord à ma question.

Elle ne comprenait pas ce qu'il voulait. Ne voyant pas de mal dans la question, elle lui répondit :

- Julian était en danger et …

- Ce n'était pas Julian, la coupa-t-il, les chevaliers d'Athéna ont-ils un si grand manque de discernement qu'ils ne peuvent différencier un dieu d'un mortel ?

- Je ne sais pas comment les choses se passent dans votre Sanctuaire, mais quand une personne est en danger face à vous, on ne reste pas sans rien faire, dit-elle vexée.

- Mais votre échec à supporter l'attaque montre que votre jugement est bien déplorable. Vous auriez pu lui porter un coup fatal pendant que sa concentration était portée ailleurs, la réprimanda-t-il.

Elle avait l'impression de voir Saga lui faire la morale. Elle eut un pincement au cœur à l'idée du chevalier disparu. Elle ne permettrait pas à un dieu autre que sa déesse de critiquer ses valeurs.

- Une vie n'a pas de prix et je suis libre de disposer de la mienne et ce n'est pas un dieu qui me dira ce que je dois faire ! S'exclama-t-elle.

Sa réponse dut lui plaire car son regard se fit moins dur et l'emprise de son cosmos se relâcha.

- Peu d'êtres humains auraient agi de la sorte, dit-il simplement.

Elle ne savait pas si c'était un compliment mais elle l'accepta comme tel.

- Pouvez-vous me dire où est Kiki maintenant ?

- Il est avec Athéna, il veille sur votre Grand Pôpe. Elle s'est stupidement vidée de son cosmos pour vous secourir.

L'angoisse saisit à nouveau Isaya. Saga n'avait pas menti. Elle se releva d'un coup sans que Poséidon ne tente de l'en empêcher cette fois.

- Où est-elle ?

Elle avait du mal à utiliser son cosmos et n'arrivait pas à sentir celui d'Anastasia.

Il se leva en soupirant.

- Je vais vous montrer, Athéna serait encore capable de m'accuser d'ingérence si je vous laissais seule.

Isaya réalisa qu'ils étaient encore dans l'hôtel. Ils parcoururent rapidement les couloirs. Isaya avait les membres ankylosés et réussissait tant bien que mal à suivre le rythme imposé par Poséidon. Ils arrivèrent devant une porte fermée et entendirent des éclats de voix :

- COMMENT AS-TU PU LA LAISSER SEULE AVEC CE PSYCHOPATHE !

C'était la voix d'Anastasia.

- Calme-toi Ana, arrête d'hurler sur Athéna !

C'était Kiki qui avait répondu. Elle se sentit rassurée de les entendre.

- ON NE T'A PAS DEMANDE TON AVIS !

- Anastasia, je t'en supplie assied-toi, ton cosmos est encore trop faible. J'ai confiance en Poséidon, dit Athéna.

- Tu sembles avoir oublié qu'il a attaqué notre Sanctuaire …

La voix d'Anastasia avait dangereux baissée.

- C'était un malentendu Ana, et tu oublies qu'il nous a aidés dans la bataille contre Hadès ! Et ! Qu'est ce que tu fais ?! Reste ici !

La porte s'ouvrit d'un coup sur Anastasia. Elle s'arrêta choquée face à Isaya et Poséidon.

- Isaya, tu es réveillée ? On m'avait dit que ça n'avait pas marché, balbutia-t-elle.

Elle était livide et semblait à deux doigts de s'effondrer.

Quand elles étaient arrivées deux jours plus tôt, Kiki les avait informées de la situation. Poséidon s'était réveillé suite à son contact avec le trident. L'ennemi avait fui après son éveil, leur plan ayant apparemment échoué. Selon Poséidon, la technique qui avait plongé Isaya dans le coma était censée être capable d'emprisonner les dieux. Il n'y avait aucun moyen qu'une mortelle s'échappe. Athéna et Anastasia n'avaient pas pour autant abandonné, mais même le cosmos d'Athéna n'avait pas réussi à la ramener. Les forces d'Isaya diminuaient rapidement et la seule solution qu'avait trouvée Anastasia pour la sauver avait été de partager son propre cosmos avec la chevalière. Lorsqu'Anastasia s'était effondrée, Kiki et Athéna l'avaient amenée dans une chambre pour la soigner.

- Isaya !

Une double exclamation retentit dans la chambre derrière elle : Athéna et Kiki venaient de se rendre compte de la présence du chevalier des gémeaux. Ils se pressèrent auprès de la chevalière.

Elle semblait être en pleine santé bien que fatiguée. Le soulagement que ressentit Anastasia était sans fond. Elle s'approcha de la chevalière et la serra dans ses bras.

- Ne nous refait jamais ça ! Et surtout pas pour cet idiot !

Isaya hoqueta sous la force de l'étreinte d'Anastasia et aussi sur le fait qu'elle ait osé traiter le dieu des océans d'idiot. Si le regard de Poséidon avait pu tuer, Anastasia serait morte sur le coup, il n'avait pas apprécié sa dernière remarque. Cependant, il se contint et ne dit rien.

Athéna, après s'être assurée que sa chevalière était en bonne état, la questionna :

- Isaya, peux-tu nous dire ce qu'il s'est passé ? Sais-tu quelque chose à propos l'assaillant ?

Isaya leur expliqua ce que lui avait dit Macbeth. La présence d'un maître, sans doute plus puissant que Macbeth l'inquiétait.

Ils n'avaient aucune information utile sur l'assaillant, si ce n'est qu'il était très puissant.

- Est-ce que les artefacts divins ont été récupérés ? demanda Isaya.

La puissance de ces objets était incommensurable et si l'ennemi était en possession de l'un d'eux, leurs ennuis seraient plus grands que ce qu'elle ne pensait.

- Le trident est en notre possession, mais nous avons perdu la Kunée, répondit Kiki.

Athéna posa une dernière question à Isaya :

- Te souviens-tu de la manière dont tu t'es libérée de la technique de Macbeth ?

Poséidon guettait aussi sa réponse. Le fait que l'ennemi connaisse une technique permettant d'emprisonner les dieux ne lui plaisait guère.

Isaya ne sut que répondre, avec la disparition du sceau, elle sentait qu'elle pouvait à présent librement parler de ce qu'il lui était arrivé. Mais, d'un autre côté, révéler qu'elle s'était entraînée avec le fantôme d'un chevalier qui avait pris le contrôle du sanctuaire, qui était le frère de l'homme qui avait entraîné la chute du Sanctuaire marin et qui avait découvert une technique permettant de transmettre son savoir risquait de poser problème. Elle ne pouvait pas révéler cette information devant un potentiel ennemi, même s'il semblait pacifiste pour le moment.

Elle fit mine de réfléchir :

- J'ai eu la sensation d'être plongée dans le noir puis de voir une lumière qui me guidait vers la sortie. C'était peut être dû au cosmos d'Anastasia.

Les deux dieux semblèrent déçus de sa réponse mais ils n'insistèrent pas. Seule Anastasia regarda son amie plus longtemps, l'air un peu sceptique.

Il était tard, ils décidèrent de poursuivre leur réunion le lendemain à une heure plus appropriée. Ils regagnèrent ensuite leur chambre. Isaya et Kiki avaient chacun reçu une chambre individuelle.


Anastasia essayait de dormir mais le sommeil ne venait pas. La fatigue et l'inquiétude de ces derniers jours la rendaient plus irritable que d'habitude. De plus, elle sentait qu'Isaya n'avait pas tout dit. Elle n'avait pas eu l'occasion de lui parler en privé et elle détestait rester dans l'ignorance. Elle décida d'aller se dégourdir un peu les jambes. A cette heure-ci, l'hôtel était à peu près désert personne n'allait la déranger.

Perdue dans ses pensées, elle ne regardait pas où elle marchait. Elle percuta violemment quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Le choc la fit tomber sur les fesses. La personne devait être drôlement baraquée pour la faire chuter même si elle restait affaiblie par son manque de cosmos. L'homme face à elle ne semblait pas si musclé. Il avait de longs cheveux noirs et était habillé d'un costume, comme à peu près les trois quart des hommes de cet hôtel. Il s'excusa aussitôt et tandis une main vers Anastasia. Elle la refusa et le fusilla du regard. Comment osait-il interrompre sa balade nocturne ?

- Je n'ai pas besoin d'aide, répondit-elle sèchement.

- Je vous prie sincèrement de m'excuser mademoiselle, dit-il avec un sourire qui se voulait charmeur.

Mais Anastasia n'était absolument pas d'humeur à être charmée.

- Seules des personnes simples d'esprit ne regardent pas où elles vont, dit-elle alors que c'était elle qui ne regardait pas où elle allait, faîtes plus attention la prochaine fois !

Et elle tourna les talons pour s'éloigner de cet individu. Il lui avait gâché sa balade. Elle retourna dans sa chambre pour finir sa nuit.


Athéna les convoqua tous le lendemain matin. La nuit avait été courte pour tout le monde et la fatigue se lisait dans leurs yeux. Athéna elle-même n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Les trois chevaliers s'étaient regroupés autour de leur déesse. Ils se trouvaient dans une salle de réunion appartenant à l'hôtel, les chevaliers d'Athéna se regroupant d'un côté de la salle et Poséidon et Sorrento, qui était revenu de sa mission, de l'autre côté. Tous attendaient qu'Athéna prenne la parole, après tout, n'était-elle pas la déesse de la stratégie guerrière ?

Athéna ne savait pas quoi leur dire. Elle avait élaboré de nombreuses stratégies mais aucune ne lui semblait viable dans la situation actuelle. Les forces ennemies semblaient être puissantes et avoir une longueur d'avance sur eux. Ils avaient sciemment regroupé les objets divins sachant que cela risquait de provoquer le réveil des divinités. La technique qu'avait employée Macbeth sur Isaya montrait qu'ils avaient en leur possession une arme pour jouer à force égale contre les dieux. Elle ne comprenait pas leur but… S'ils avaient voulu l'annihilation des dieux, cela n'aurait-il pas été plus simple d'attaquer le Sanctuaire, seule force divine encore présente sur terre, en premier ? La libération de Poséidon avait-elle était une erreur de calcul de leur part, ou était-ce la leur but initial ?

Poséidon prit alors la parole :

- Chère nièce, il n'y a pas à réfléchir plus longtemps. Nous devons les annihiler sans leur laisser le temps de passer à l'action.

Un rire sinistre résonna dans la pièce. Tous se retournèrent au même moment. Un homme était subitement apparu dans la salle.

- Mon frère, on comprend pour quelle raison ce n'est jamais toi qui élabore les stratégies.

Hadès leur faisait face, rayonnant de toute sa puissance, la Kunée reposant sous son bras droit.


On vous a encore fait le même type de cliffhanger … Je vous promets qu'il n'y aura pas un nouveau dieu à chaque chapitre ! mais nous avons besoin de ces deux là pour le scénario …

J'espère que ce chapitre vous a plut malgré tout et laissez un commentaire si c'est le cas ;)

Aka