Voici le nouveau chapitre ! Il aura fallu un peu moins d'un mois et le suivant est déjà pratiquement fini, on fait des progrès :D
Il y a un peu moins d'action que dans les précédents, et plus de blabla. Vous êtes prévenu ;)
En espérant que vous appréciez ce chapitre ! N'hésitez pas à donner votre opinion, ça nous fait toujours très plaisir !
Disclaimer : cet univers est sorti de la tête de Masami Kurumada
Toutes les personnes présentes dans la pièce s'étaient soudainement retournées et faisaient face au dieu des enfers. Anastasia, Isaya et Kiki se placèrent aussitôt devant leur déesse. Ils ne bougeaient pas, attendant que celui-ci fasse un geste menaçant ou qu'Athéna leur donne l'ordre d'attaquer. Hadès restait immobile et dévisageait froidement les dieux qui se tenaient face à lui, ignorant totalement les autres personnes présentes. Athéna posa doucement sa main sur l'épaule d'Anastasia pour la rassurer et s'avança pour faire face à son oncle.
- Que fais-tu ici Hadès ? demanda-t-elle calmement.
Il la fixa d'un regard froid sans répondre. Poséidon, n'appréciant pas le silence de son frère, l'empoigna aussitôt, le soulevant de terre.
- Tu ferais mieux de répondre rapidement avant que je ne te renvoie en enfer, dit-il fermement.
Un rictus moqueur apparu sur le visage d'Hadès. Il se dégagea d'un simple mouvement de bras.
- Me renvoyer en enfer … Je vois que tu n'as toujours pas appris les bonnes manières, mon frère, dit-il avant d'ajouter, je ne suis pas venu ici pour me battre.
Sa voix était douce mais ses yeux étaient de glace. Le cosmos de Poséidon se déploya dans la salle, lourd et étouffant.
- Tu n'as toujours pas répondu à la question d'Athéna, dit-il d'une voix dangereusement menaçante.
- Je pourrais te poser la même question, répondit froidement Hadès, comment se fait-il que nous nous retrouvions sur Terre dans nos corps originaux ? demanda-t-il cette fois ci à l'adresse d'Athéna, est-ce encore dû à ton incompétence ?
Son sinistre cosmos se fit à son tour ressentir, faisant tituber les chevaliers. Athéna utilisa son propre cosmos chaleureux pour les protéger. Elle reprit la parole :
- Hadès, tu-
- Tu n'as rien à faire ici après la guerre que tu as provoquée ! la coupa Poséidon.
Le dieu des océans se laissait peu à peu guider par la haine qu'il ressentait envers son frère depuis des millénaires, oubliant jusqu'à la présence des autres personnes dans la pièce.
Hadès, lui restait parfaitement maître de ses sentiments, et sa froide indifférence semblait encore plus inquiétante que la fureur de Poséidon.
- Il me semble que je ne sois pas le seul à avoir attaqué Athéna. Tu t'es fais manipuler par un mortel, tu ne mérites pas d'être un dieu.
Si la quantité de cosmos augmentait encore, l'hôtel s'effondrerait. Athéna décida d'intervenir avant qu'il ne soit trop tard. Elle se positionna entre les deux dieux. Les chevaliers voulurent s'avancer à leur tour, mais elle les en empêcha d'un geste de la main. Leur action ne ferait qu'envenimer la situation.
Poséidon et Hadès portèrent leur attention sur leur nièce et elle en profita pour reprendre la parole :
- Je vous en prie, arrêtez de vous disputer. Un grave danger nous attend à l'extérieur, ce n'est pas le moment de nous battre, exigea Athéna d'une voix calme, Hadès, je ne pense pas que tu sois venu ici pour nous nuire. Tu ne te serais pas montré alors que tu n'es clairement pas en position de force.
Hadès restant muet mais ne la contredisant pas non plus, elle poursuivit :
- Ton réveil et celui de Poséidon sont liés à une menace encore inconnue.
Elle lui expliqua rapidement la situation. Poséidon ne lâcha pas son frère du regard mais laissa Athéna parler sans intervenir. Isaya était étonnée de la réaction de sa déesse : elle avait rapidement analysé la situation et elle discutait avec son ennemi de toujours sans aucune animosité. Cela ne fit que renforcer son amour pour elle.
- Je ne pense pas que votre présence ici soit un hasard, cela doit faire partie du plan de l'ennemi, ajouta-t-elle en achevant son explication.
Poséidon, qui était jusqu'à présent resté silencieux, intervint :
- Je pense au contraire qu'ils n'avaient pas prévu notre retour. Nous devons rapidement l'anéantir sans lui laisser une chance de se préparer !
Hadès lâcha un soupir devant l'idiotie de son frère :
- Tu n'as décidément rien dans le cerveau. Il n'y a que toi pour proposer un plan aussi stupide. Attaquer une force inconnue sans connaître son objectif et sa force est tout bonnement suicidaire. Et surtout, il n'y a pas de nous qui tienne. Je ne m'allierai jamais avec Athéna, dit-il d'un ton implacable.
- Hadès, tu ne peux pas encore une fois abandonner l'humanité, ton égoïsme est-il donc infini ? demanda Athéna. Vouloir détruire la Terre simplement parce que Persephone a-
- Ne t'avises surtout pas de finir cette phrase, dit Hadès d'un ton encore plus glacial, et dis à tes vulgaires chevaliers de reculer ou je les tue.
La fureur commençait à se lire sur son visage impassible et les chevaliers avaient aussitôt entouré le dieu en faisant bruler leur cosmos, prêts à attaquer.
- Anastasia, Isaya, Kiki je vous en prie, relâchez votre cosmos.
- Mais Athéna …, commença Kiki.
Mais devant le regard insistant de sa déesse il ne pouvait désobéir à son ordre. Il se rangea à nouveau aux côtés de sa déesse avec Isaya. Anastasia mit plus de temps à revenir. Elle n'avait aucune confiance en Hadès et s'il attaquait maintenant, elle n'était pas sûre qu'ils puissent le neutraliser. Elle retourna malgré cela à côté d'Athéna mais ne le lâcha pas un instant du regard. C'est en fixant son visage qu'elle fit le lien. Quand le dieu des enfers était entré dans la pièce rayonnant de cosmos, elle l'avait aussitôt identifié au dieu de l'enfer. Elle ne l'avait pas vraiment observé mais le dieu qui lui faisait face et l'homme qu'elle avait bousculé le soir précédent étaient une seule et même personne. Elle était soudainement mortifiée. La situation était à deux doigts de s'embraser et elle avait elle-même provoqué Hadès. Il pourrait utiliser cette histoire à son avantage. Elle avait mis sa déesse dans l'embarras. Le seul espoir qu'elle avait serait qu'il ne la reconnaisse pas, mais il y avait peu de chance. Contrairement à lui, elle n'avait pas masqué son cosmos, étant trop faible pour le faire.
Hadès avait en effet remarqué la chevalière blonde qui le fixait. Il l'avait reconnue. La veille, il avait été intrigué par son cosmos et s'était alors approché d'elle pour tenter de comprendre la situation mais elle l'avait aussitôt repoussé. Il aurait pu la détruire pour son insolence mais il avait préféré la laisser vivre pour voir si elle le conduirait aux autres chevaliers. C'est ainsi qu'il les avait retrouvés malgré le soin qu'Athéna avait pris pour camoufler leur cosmos.
La discussion entre les dieux se poursuivait et le ton montait. Heureusement pour Anastasia, le dieu des enfers ne fit pas mention de leur rencontre. Elle resta donc silencieuse avec les autres chevaliers. Toute intervention de leur part aurait pu être vue comme un signe d'agression et n'aurait fait qu'empirer la situation. Ils n'étaient que trois chevaliers face à deux dieux en pleine possession de leur pouvoir, ils ne pourraient pas protéger leur déesse. Isaya jeta un regard inquiet vers Anastasia, voulant lui demander conseil mais cette dernière, avait son attention fixée sur Hadès.
La tension semblait à son apogée quand la porte s'ouvrit soudainement. Les dieux se turent et portèrent aussitôt leur attention vers l'intrus. Une femme aux longs cheveux noirs et vêtue d'une robe de la même couleur entra. Elle se dirigea vers Hadès et s'inclina devant lui :
- Me voila de retour seigneur Hadès, dit-elle d'une voix douce.
- Pandore, répondit-il simplement.
La jeune femme se redressa et se plaça aux côtés du dieu. Anastasia la reconnut, Ikki lui avait parlé d'elle et de l'aide qu'elle lui avait apportée. Elle était censée être morte, comment pouvait-elle se trouver à ses côtés ? N'avait-elle pas trahi son dieu ? Athéna elle-même était étonnée et Pandore, voyant son expression, déclara :
- Mon âme est éternellement liée à celle du seigneur Hadès, où qu'il aille je l'accompagnerai, dit-elle sans en révéler d'avantage.
Hadès, qui se trouvait pourvu d'un nouveau soutien, reprit la discussion, une assurance nouvelle dans la voix. Les dieux continuèrent alors à débattre. Ils ne semblaient trouver aucun accord. Cela faisait bien une heure que la discussion avait débuté lorsque Pandore décida de prendre à son tour la parole.
- Je ne vois pas en quoi le seigneur Hadès serait concerné par cette menace. Après tout, ce n'est pas à lui de s'occuper de l'avenir de l'humanité, dit-elle en jetant un regard appuyé à Athéna.
Poséidon la regarda d'un air menaçant. Quant à Athéna, prise au dépourvu, elle ne sut que répondre. Anastasia décida d'intervenir, avant que la situation ne s'envenime d'avantage.
- Pandore, je te prie de retenir tes paroles. Cette discussion ne nous regarde pas, c'est aux dieux qu'il revient d'en parler. De plus, cette situation vous concerne tout autant tant qu'on ne connait pas la cible de l'ennemi. Il s'en est pris aux chevaliers et aux marinas. Pourquoi les spectres ne seraient-ils pas les suivants ?
- A quel spectre pourrait-il s'en prendre ? Ton Sanctuaire les a tous scellés, répondit-elle d'un ton amer, pourquoi nous allier à ton sanctuaire alors que cet inconnu a permis à mon frère et moi de revenir.
Anastasia serra les poings face aux accusations de Pandore. Elle ne pouvait les nier, ils avaient toujours été ennemis. L'idée de s'allier avec Hadès lui retournait à elle aussi l'estomac. C'était par sa faute que les chevaliers d'or morts avaient dû attaquer le Sanctuaire, se déshonorer pour sauver Athéna. Que les derniers chevaliers d'or vivants avaient perdu la vie. Elle ne pourrait jamais lui pardonner, mais elle savait aussi qu'une alliance était nécessaire.
- Pandore, je comprends ta rancœur, nous possédons tous la même. Je ne te demande pas de l'oublier. Préférez-vous rester les bras croisés à attendre de savoir s'il est votre ennemi ou non ? Dois-je vous rappeler que vous n'avez plus d'armée ? Et cela est valable aussi pour Poséidon. S'il vous attaque vous serez seuls. Seule Athéna en possède une. L'ennemi est puissant et a le pouvoir de rivaliser avec les dieux. Ce n'est pas en restant ici à vous disputer que vous allez pouvoir vous en sortir !
Elle avait pratiquement crié ces derniers mots. La peur du conflit et la volonté de trouver une solution l'avait poussé à s'exprimer. Maintenant qu'elle était au centre de l'attention, elle n'était pas sûre que son intervention ait été la meilleure chose à faire. Athéna était fière des qualités oratoires de son Grand Pôpe, mais elle savait que convaincre ses oncles de réaliser une alliance ne serait pas une tâche si aisée.
Hadès avait écouté cette étrange chevalière à la langue bien déliée avec attention.
- Je vous trouve bien audacieuse pour répondre à ma sœur et vous inviter dans une discussion qui comme vous l'avez dit ne vous concerne pas. Vous ne vous basez que sur des suppositions. Voudriez-vous que je risque ma vie pour une déesse qui a causé la chute de mon sanctuaire ? demanda-t-il avec un mince sourire.
Anastasia voulu répondre, mais Poséidon la devança.
- Tu préfères encore te cacher dans ton antre et laisser les autres faires le sale boulot ? dit-il.
La discussion continua alors comme si elle n'avait pas été interrompue par l'intervention des deux femmes. Les arguments des dieux recommençaient à devenir sans queue ni tête et chacun campait sur ses positions. La tension était remontée d'un cran. Les dieux commençaient à perdre patience. Ce fut Poséidon qui explosa en premier.
- Ça suffit ! Cette discussion ne mène nulle part, dit-il en frappant son poing sur la table.
- Mon cher frère si cela est trop pénible rien ne t'empêche de partir, mais pour une fois je suis d'accord avec toi, je ne m'allierai pas à une Déesse qui sacrifierait sa vie pour des humains, dit Hadès.
Ce fut la goutte de trop pour Athéna qui perdit à son tour patience. Elle laissa son cosmos imprégner la pièce, plus virulent qu'auparavant. Les chevaliers étaient tous en alerte, prêts à bondir pour protéger leurs dieux. C'est dans cette atmosphère qu'une voix puissante retentit.
- Athéna, Poséidon, Hadès ça suffit ! Le temps n'est plus aux enfantillages. Je vous attends sur l'Olympe.
Les trois dieux n'eurent pas le temps de réagir qu'ils disparurent dans une lumière dorée, laissant seuls leurs chevaliers. Les personnes restantes se redressèrent aussitôt, paniquées. Sorrento, qui était resté silencieux jusqu'alors, empoigna violemment Pandore :
- Qu'avez-vous fait au seigneur Poséidon ? cria-t-il.
- Je n'y suis pour rien, articula-t-elle péniblement, demande plutôt à ces chevaliers. Où se trouve le seigneur Hadès ?
Les chevaliers n'eurent pas le temps de répliquer car un homme était apparu face à eux. Il portait un casque avec des ailes, ainsi qu'un caducée dans sa main. Son cosmos ne permettait pas de douter de sa nature de dieu.
- Oula, l'atmosphère semble tendue, je peux repartir si vous préférez, dit-il d'un ton rieur.
Sorrento lâcha Pandore qui retomba au sol en se massant la gorge.
- Je préfère ça, ce serait bête qu'une aussi belle femme se fasse blesser en ma présence, dit-il avec un sourire charmeur, laissez-moi me présenter. Je suis Hermès, le messager des dieux, et je suis là, et bien, pour vous apporter un message ! Un instant s'il vous plaît, je dois le retrouver !
Il se mit à fouiller dans sa besace qui semblait beaucoup plus remplie qu'elle n'en avait l'air. Les chevaliers, trop stupéfaits pour agir, observaient ce curieux individu.
- Ah, c'est le bon ! Alors « Moi, Zeus, roi des dieux, maître de l'Olympe, etc, etc ai convoqué les dieux Athéna, Poséidon et Hadès pour une réunion d'urgence au mont Olympe. Les chevaliers, marinas, spectres sont priés de se rendre dans leur sanctuaire respectif en préparant le retour de leur dieu et en se préparant à la guerre, blabla » bref vous avez compris le message. Je vous laisse, j'en ai d'autres à livrer, aéroport !
Et il disparut sans crier gare, laissant le mot tomber au sol. Le sceau de Zeus était visible au bas du papier, ne laissant aucun doute sur la provenance du message. Zeus était intervenu dans la dispute des trois dieux, chose qu'il n'avait pas faite depuis des millénaires. La situation devait être plus grave qu'ils ne l'avaient imaginée. Pandore disparut aussitôt pour rentrer aux enfers. Sorrento sortit de la pièce sans adresser un mot aux chevaliers. Ces derniers se consultèrent du regard et décidèrent de rentrer. Si leur déesse ne rentrait pas avant une semaine, ils retourneraient l'Olympe de fond en comble pour la retrouver.
Zeus était assis sur son trône et faisait face à ses deux frères et sa fille. Une éternité s'était écoulée depuis la dernière fois où ils s'étaient tous retrouvés réunis. Etant le roi des dieux, il ne pouvait intervenir dans les disputes de sa famille. S'il avait pu, cela ferait longtemps qu'il y aurait mis un terme, ne serais-ce que pour calmer Héra. Et voilà que l'occasion se présentait à lui, dans une situation beaucoup plus grave qu'il ne l'aurait souhaité.
- Mes chers frères et ma fille, je vous ai réuni sur l'Olympe car l'heure est grave.
Poséidon et Hadès le regardait avec hostilité. Appliquer son plan ne serait pas une chose aisée et cela pourrait mener l'humanité à sa perte mais il n'avait pas le choix. Il reprit alors d'une voix plus grave :
- Nous avons perdu le contrôle du Tartare, annonça-t-il sans préambule.
Le choc se peignit sur le visage des dieux. Le Tartare était la prison des dieux où étaient enfermé tous leurs pires ennemis, dont leur père Cronos.
- Mais comment est-ce possible ? commença Poséidon, le tartare n'était pas censé être inviolable ?
- La destruction du corps d'Hadès en Elysion a provoqué un déséquilibre dans les forces qui maintenaient la prison, poursuivit Zeus.
Un air de culpabilité se peignit sur le visage d'Athéna. Cette situation était donc sa faute. Zeus, voyant la peine d'Athéna, reprit la parole d'une voix plus douce :
- Ma fille, ne prends pas seule le poids de la culpabilité, cette faute est partagée entre nous tous. Les guerres saintes successives ont fragilisé le sceau pendant des millénaires. Je suis resté neutre dans les conflits dans le but de ramener l'équilibre mais cela n'a servi à rien si ce n'est à empirer la situation.
Ce n'était pas tous les jours que Zeus endossait la responsabilité de ses actions et c'est ce qui permit à Poséidon et à Hadès de se rendre compte de l'ampleur de la situation, ils n'avaient jamais vu leur frère aussi inquiet.
- Un individu s'est introduit en enfer et à réussi à atteindre le Tartare pour provoquer son ouverture. Nos renseignements sont maigres et nous ne connaissons pas l'identité de ceux qui se sont échappés pour le moment. Tout l'Olympe est sur ses gardes. Les artefacts que l'ennemi a utilisés n'auraient pas dû avoir le pouvoir de vous ramener à la vie dans vos propres corps. C'est forcément une part du plan de l'ennemi, il vous faudra être prudent. Je m'occuperais des défenses célestes pendant que vous vous occuperez de celles de la Terre, c'est là que l'ennemi frappera en premier.
- Tu nous envoies encore faire ton boulot si je comprends bien, dit Poséidon sur un ton de reproche, sans armée comment veux-tu que l'on résiste aux forces du Tartare ? Même Athéna n'a pas la force nécessaire, tu l'as bien vu !
- Nous reviendrons sur ce sujet plus tard. La chose la plus importante est que vous formiez une alliance, répondit Zeus.
Poséidon se mit aussitôt à protester. Hadès quant à lui resta muré dans le silence. Bien qu'il soit indifférent au sort des humains et dans une moindre mesure à celui des dieux, il ne pouvait pas ignorer la menace que représentait son père. Il s'était porté volontaire pour surveiller les portes du Tartare pour empêcher qu'il ne s'échappe. Il haïssait plus que tout l'homme qui avait dévoré ses enfants. Seule la bienveillance de Rhéa avait protégé Zeus, qui les avait libérés par la suite pour mener une guerre contre les titans. La guerre l'avait profondément marqué et ils n'avaient arraché la victoire que par pure chance.
- Poséidon, tais-toi, déclara Hadès.
Poséidon s'attendait à ce qu'Hadès le soutienne, après tout les deux n'appréciaient pas leur frère.
- As-tu donc oublié ce que nous a fait Cronos ? Tu laisserais une telle menace en liberté ?
Athéna ne pouvait intervenir. Elle n'était pas encore née que Cronos était déjà enfermé au Tartare. Elle avait seulement entendu d'effrayantes histoires sur son règne. La façon dont il traitait les humains, tels des esclaves. Elle ne pouvait permettre qu'il reprenne le pouvoir.
Poséidon, de son côté, n'avait pas non plus oublié et il n'était pas aussi stupide que ses frères voulaient le penser. Lui aussi ne portait pas son père dans son cœur et ce qu'il souhaitait le plus était la vengeance, mais il n'était pas suicidaire non plus. Dans l'état actuel, ils ne pouvaient mener une guerre contre Cronos. Une alliance ne les avancerait pas non plus sans leur armée. Cependant il connaissait aussi Zeus, il ne les aurait jamais convoqués sans avoir une idée en tête. Il poursuivit :
- Je suppose, mon frère, que si tu nous as amené ici c'est que tu dois avoir un plan ?
Zeus reporta son attention sur Poséidon et il ne put retenir un mince sourire. Son frère n'était pas réputé pour être le plus fin des stratèges et préférait l'action aux paroles mais il pouvait se montrer pertinent par moment.
- Comme je l'ai dit précédemment, je veux que vous formiez une alliance et que vous le juriez sur le Styx.
Les dieux ne surent quoi répondre. Un serment juré sur le Styx était inviolable et éternel. Ils ne pourraient revenir sur leur promesse.
- Je ne peux vous obliger à le faire et vous renonceriez à vos idéaux en le faisant, poursuivit Zeus, Je ne suis pas assez fou pour penser que vous abandonneriez vos conflits aussi facilement. Mais la situation l'exige.
Ce fut Athéna qui réagit en première.
-Père, avec tout le respect que je vous dois, une alliance à ce prix signerait la fin de l'humanité. Je ne pourrais plus m'opposer à mes oncles contre leur idéaux.
- Cette menace nous concerne tous et tu penses encore à ta chère humanité, soupira Poséidon.
- Avec les maigres informations que tu nous donnes, nous ne pouvons réaliser un tel serment, ajouta Hadès.
Zeus le savait bien, mais il ne pouvait pas dévoiler la suite de son plan avant d'être sûr qu'ils s'allient de leur propre volonté. Le dévoiler fausserait leur jugement. Il fallait qu'ils trouvent un accord, et vite.
Les chevaliers rassemblèrent rapidement leur affaire et se rendirent au jet de la société Graal. Tatsumi était resté à l'intérieur et s'inquiétait de ne pas voir Saori revenir avec ses chevaliers. Il servait la famille Kido depuis des années mais il avait toujours un peu de mal à suivre toutes ces histoires de divinités. Il lui était inconcevable de perdre Saori, il la considérait comme sa propre fille. En arrivant, Anastasia lut tout de suite l'inquiétude sur son visage, et décida de lui révéler ce qu'il s'était passé.
-Ah ! mais … c'est terrible ! vous voulez dire que Poséidon et Hadès sont revenus ! Les deux plus grands ennemis de mademoiselle et vous l'avait laissée partir avec eux ! cria-t-il
- Crois-moi Tatsumi ça ne nous fait pas plaisir mais nous ne pouvons pas nous opposer immédiatement à Zeus, du moins tant que nous ne sommes pas sûrs qu'Athéna soit en danger. Elle ne le voudrait pas, répondis-t-elle
Ne sachant quoi répliquer, il laissa les chevaliers monter à bord de l'avion et partit donner ses instructions au pilote. Chaque chevalier prit une place éloignée des autres, préférant rester seul pour la durée du voyage. Kiki s'était installé à l'avant de l'avion. Il n'aimait pas les transports, il aurait pu se téléporter directement au sanctuaire mais au vu de ce qu'il s'était passé, il ne voulait pas laisser les deux chevalières seules. Il avait revu l'homme qui lui avait enlevé son maitre. Préparé depuis sa plus tendre enfance à succéder à Mu, la vie d'un chevalier étant souvent courte, sa perte n'en resta pas pour autant moins douloureuse. Il voyait en Mu le père qu'il n'avait jamais eu. La haine qu'il ressentait pour Hadès était intacte et le fait qu'Athéna soit avec lui le rendait fou d'angoisse. Il savait qu'Anastasia ressentait les mêmes sentiments et il respectait le calme qu'elle affichait malgré la situation. S'il avait été à sa place, il n'était pas sûr qu'il ait été capable de prendre les bonnes décisions.
Isaya elle s'était assise près d'un hublot, elle s'était aussitôt enfermée dans ses pensées. Elle avait fait rater la mission que lui avait confiée sa déesse. Il est vrai qu'ils avaient retrouvé les artefacts mais elle avait provoqué le réveil des dieux, ce qui était la pire situation possible. Etait-elle digne de sa place ? Qu'en aurait pensé Saga ?
Anastasia prit place sur le premier siège qu'elle aperçut. En tant que Grand Pôpe elle se sentait responsable de la situation toute entière. Si elle avait été capable d'agir plus rapidement, de retrouver la trace de l'ennemi, rien de tout cela ne se serait passé. Elle repensa aussi au moment où elle avait vu Isaya étendue dans son lit. Jamais elle n'avait eu aussi peur. Puis elle avait provoqué Hadès sans le savoir. Elle devait se montrer beaucoup plus responsable. La guerre arrivait et le Sanctuaire avait besoin d'un Grand Pôpe exemplaire.
