Happy Birthday
La fête d'anniversaire de Blair était un succès. Chuck avait réussi à la surprendre, grâce à la complicité de Nate et de Dorota. Elle ne s'était doutée de rien, vu sa tête à leur arrivée chez elle. Elle était vraiment surprise et il était plutôt content de lui. Ce n'était pas tous les jours qu'on réussissait à bluffer Blair Waldorf.
En général, c'était elle la reine des secrets.
Il poussa un soupir et la regarda rire avec Serena. La jolie brune avait apparemment fait la paix avec sa meilleure amie.
Tant mieux !
Blair avait besoin d'être entourée, elle ne pouvait pas passer son temps à se préoccuper de lui. Elle avait sa propre vie à mener.
Il était encore sous le coup de l'émotion de l'annonce de sa grossesse. Pour sa part, il ne savait toujours pas trop quoi en penser. Il était complètement perdu. Il l'avait observée depuis ses deux derniers jours, elle était radieuse et semblait enchantée de la nouvelle.
Il se sentait vraiment idiot, il aurait dû être heureux qu'elle porte son enfant, et il l'était, assurément. Mais était-ce vraiment ce à quoi, ELLE, aspirait ? Il la connaissait bien. Elle voulait être une femme de pouvoir, elle était belle et intelligente, elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait de sa vie. Mais il doutait fortement qu'avoir un enfant à 22 ans ait jamais été dans ses prérogatives.
- On a bien réussi notre coup, n'est-ce pas ? sourit Nate en s'approchant de lui.
- Plutôt, oui, répondit Chuck.
- A ce que je vois, tu ne lui as toujours pas offert ton deuxième cadeau ! Je suis certain qu'elle l'appréciera encore plus que le bracelet de diamants.
- J'ai changé d'avis, dit-il impassible.
- Quoi ? Mais pourquoi ? C'est l'occasion idéale et avec le bébé maintenant...
- Justement !
- Attends, je comprends plus là.
- Il n'y a rien à comprendre Nathaniel, répondit son ami en carrant la mâchoire.
- Chuck ! Déconne pas, c'est plus un jeu là ! On parle d'un bébé, de TON bébé, je te signale.
- Tu crois que je ne le sais pas, fulmina-t-il.
- Alors, pourquoi tu veux faire marche arrière ? Tu était si sûr de toi, il y a, à peine deux jours !
- Il y a, à peine deux jours, les choses étaient différentes !
- Pourquoi ? Parce que tu ne savais pas qu'elle était enceinte ?
- Exactement, oui !
- Et ça change quoi au juste ? Puisque tu veux passer le reste de ta vie avec elle.
- Justement, peut-être que ce n'est pas une si bonne idée que ça de l'enchaîner à moi, après tout.
Nate le regarda, estomaqué.
- Tu as peur, c'est ça ? cracha-t-il. Le grand Chuck Bass se dégonfle !
- Je suis mort de trouille, oui, tu as raison ! Tu es content maintenant ?! siffla Chuck entre ses dents.
- Non, je ne suis pas content Chuck. Je t'ai souvent vu faire n'importe quoi avec elle mais là, ça dépasse l'entendement. Vous êtes heureux ensemble, elle te soutient, elle est là pour toi, et toi tu veux lui tourner le dos quand elle a besoin de toi ?!
- Je sais très bien ce qu'elle fait pour moi, commenta-t-il, amer, seulement… Seulement je me rends aussi compte que ce n'est pas forcément le mieux pour elle.
- Arrête Chuck, elle est aux anges !
- Je sais, oui, elle dit que c'est un signe que tout va s'arranger pour nous.
- Alors pourquoi tu ne peux pas tout simplement croire à ce signe toi aussi, et profiter de votre bonheur ?
- Parce que je n'ose pas y croire ! Franchement, Archibald, toi qui est quelqu'un de bien, tu ne penses pas que c'est égoïste si je n'essaie pas de la dissuader d'avoir ce bébé ?
- Quoi ? Chuck ! Mais enfin de quoi tu parles là ? Tu ne comprends donc pas qu'elle t'aime et que la seule chose qu'elle veut c'est que vous formiez une famille ?
- Je sais, moi aussi c'est ce que je voudrais. Ce bébé, c'est le plus beau cadeau qu'elle puisse me faire seulement…
- Seulement ?
- Seulement, je ne sais pas comment on fait pour être un bon père. Et je ne suis même pas certain de pouvoir être là pour cet enfant. Qu'est-ce qui se passera pour elle, si elle se retrouve seule avec un enfant en bas âge ? Et qu'est-ce qui se passera pour le bébé ? Je sais trop le mal que ça fait de grandir dans ces conditions.
Nate resta sans voix, il ne savait pas quoi répondre à ça. Il commençait à comprendre ce que redoutait son ami.
- Tu n'es pas ton père Chuck, et Blair non plus. Quoi qu'il puisse arriver, cet enfant ne manquera jamais d'amour et tu le sais, répondit-il après un instant de réflexion.
Son ami ne répondit pas tout de suite, il considérait ce que Nate venait de dire et il était forcé de reconnaître qu'il avait raison. Mais il n'était toujours pas convaincu que ce soit le mieux pour Blair, même si elle avait de la ressource et qu'elle était bien capable de mener de front bébé et vie professionnelle. D'un autre côté, il savait qu'il ne la ferait pas changer d'avis et il n'en avait pas envie. Il voulait aimer et élever cet enfant, et il priait intérieurement pour qu'on ne lui enlève pas ça aussi.
- Est-ce que tu seras là pour prendre soin d'eux, si moi je n'y suis plus ? questionna Chuck, qui connaissait parfaitement la réponse.
- Tu seras là, dit son ami, la voix enrouée par l'éventualité de ce qu'il insinuait.
- Mais si ce n'est pas le cas, tu lui parleras de moi ? Je ne veux pas que cet enfant grandisse en pensant que son père ne s'inquiétait pas de lui. Même si c'est un autre qui doit prendre ma place au futur, je veux que le bébé sache à quel point il est important pour moi.
- Elle lui parlera de toi, et moi aussi, si le pire devait se produire, articula-t-il avec difficulté. Mais ne crois pas qu'un autre pourra te remplacer aussi facilement dans le cœur de B, Chuck !
- Je sais, mais je compte sur toi pour ça aussi. Ne la laisse pas me pleurer trop longtemps. Elle est merveilleuse. Elle peut avoir tous les hommes qu'elle souhaite et je ne veux pas qu'elle finisse seule. Elle mérite bien mieux que ça. Alors, promet-moi que tu ne la laisseras pas s'étioler. Elle a toute la vie devant elle, je ne veux pas qu'elle se fane en s'enfermant dans son chagrin.
Nate posa les yeux sur son ami. Sa voix avait à peine tremblée et il affichait un visage impassible. Chuck était parfaitement lucide devant cette situation. Il n'était pas certain qu'il saurait faire face avec autant de dignité s'il était dans le même cas de figure.
Chuck le surprendrait toujours par son aptitude à s'adapter aux aléas de la vie, en tout cas en apparence. Car il ne doutait pas qu'il devait être aux affres de la torture de devoir envisager le futur de sa famille sans lui, alors que tout ce qu'il avait toujours souhaitez au plus profond de son cœur d'enfant, c'était d'en avoir une.
- Je te le promets, dit-il solennellement.
C'était la moindre des choses qu'il pouvait faire pour son meilleur ami.
