Recherche Elisabeth désespérément

- Bonjour, dit Blair en voyant son futur mari ouvrir les yeux.

- Bonjour, répondit Chuck, encore à moitié endormi.

Elle déposa une multitude de petits baisers, remontant de sa clavicule jusqu'à l'arrête de son visage, en passant par son cou.

- Mmmmm, est-ce que ce serra comme ça tous les matins ?

- Tous les matins, oui, répondit-elle.

- Si j'avais su, je t'aurais donné cette bague plutôt, plaisanta-t-il.

Elle lui administra une petite tape sur le bras.

- Hé, ça t'as pas le droit, reprit-il en tentant de l'embrasser.

Mais elle se redressa brusquement pour sortir du lit et se ruer vers la salle de bain.

- Ça va ? questionna Chuck en l'y rejoignant, tandis qu'elle se relevait d'au-dessus de la cuvette.

- Super ! grimaça-t-elle en se rinçant la bouche. Et ça ira encore mieux dans quelques semaines. Il paraît que le pire, c'est les trois premiers mois.

- Saaaluuut, chantonna Serena en entrant dans la salle de bain à son tour, par la porte de sa propre chambre.

Elle sauta sur le lavabo, à côté de sa meilleure amie, pour s'y asseoir avec un sourire radieux.

- Nate n'a pas pu tenir sa langue ! commenta Chuck.

- Ce n'est pas ma faute, elle m'a torturé, dit ce dernier en entrant dans la salle de bain lui aussi.

- Hé ! Mais, ne vous gênez pas ! Faites comme si on n'était pas là ! s'offusqua B.

- Et bien, étant donné que vous avez disparu avant que tous les invités ne soient partis et qu'on a été obligé de dire au revoir et merci à tout le monde à votre place, je pense qu'on a bien le droit d'avoir la salle de bain en premier, répondit Serena.

En lieu et place de réponse, B replongea tête la première au dessus des wc.

- Je te préviens : c'est ta copine, pas la mienne. Je ne lui tiendrai pas les cheveux, je n'ai pas signé pour ça, commenta Nate, du dentifrice plein la bouche.

- La ferme, Archibald ! dit Chuck avec un soupçon de sourire.

- Pousse-toi, S ! s'exclama B en passant devant sa meilleure amie pour ouvrir le robinet.

- Mademoiselle Blair, appela Dorota depuis sa chambre.

Elle fronça les sourcils, elle lui avait pourtant bien spécifié de ne pas les déranger !

Mais apparemment, la tranquillité, ce n'était pas pour ce matin.

La brune revint quelques minutes plus tard, fébrile.

- Allez oust ! dit-elle en chassant Nate et Serena hors de la salle d'eau. Je suis enceinte et Chuck est en sursit, ce qui nous confère toutes les priorités.

Elle jeta un regard d'avertissement à ses deux amis et les houspilla jusqu'à ce qu'ils aient vidé les lieux.

- Quoi ? dit-elle de son ton le plus innocent, à Chuck, qui la regardait ébahi. J'utilise juste les arguments que se présentent à moi. Et puis, je suis chez moi tout de même !

Le roi de l'UES sourit et l'embrassa. C'était bien la première fois qu'elle parlait de sa maladie avec légèreté.

- Prend ta douche tranquillement, je t'attends en bas pour le petit déjeuner.

- Tu ne veux pas la prendre avec moi ? l'invita-t-il.

- Pas maintenant, lui dit-elle.

Elle posa ses lèvres sur les siennes, avant de poursuivre en souriant :

- Sinon, Serena et Nate ne sont pas prêts de pouvoir réinvestir les lieux. Et puis je dois aller voir Dorota et envoyer un post de ma bague à Gossip Girl.

Il la rattrapa par la main tandis qu'elle s'éloignait déjà.

- Encore un, dit-il en collant sa bouche contre la sienne.

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Chuck coupa l'eau de la douche puis se sécha et s'habilla avant de descendre dans la cuisine pour rejoindre Blair. Dorota finissait d'y ranger les derniers vestiges de la soirée de la veille, mais aucune trace de la jolie brune.

- Bonjour Monsieur Chuck, voulez-vous manger quelque chose ? demanda la femme à tout faire, d'un air un peu gêné.

- Bonjour Dorota. Où est Blair ? répondit-il, étonné de ne pas voir sa fiancée.

Elle lui avait bien dit qu'elle l'attendrait pour le p'ti dej.

- Dans le bureau, elle est avec votre mère, répondit Dorota, évitant son regard.

Tout en se dirigeant vers la pièce, Chuck se demandait ce que Lily pouvait bien venir faire ici aussi tôt, ils devaient dîner ensemble le soir même. Il entra sans même prendre la peine de frapper et resta sur le seuil, pétrifié.

- Bonjour Charles, dit timidement sa mère biologique en le voyant sur le pas de la porte.

Blair se leva du fauteuil où elle était assise et vint à sa rencontre.

- Qu'est-ce qu'elle fait là ? siffla-t-il entre ses dents, sans pouvoir détacher ses yeux d'Élisabeth.

- Ne soit pas fâché contre moi, s'il te plaît, répondit Blair en lui prenant la main pour l'attirer dans la pièce.

- C'est toi qui lui as demandé de venir ?

Question stupide ! Bien sûr que c'était elle !

- Chuck, dit B les yeux suppliants.

Élisabeth s'approcha de son fils, il recula inconsciemment. Elle posa une main sur son avant bras et il le retira comme si ça le brûlait vif.

- Je suis désolée de ne pas avoir été là avant, s'excusa-t-elle en baissant les yeux. Je ne savais pas…

- Ton amant ne t'a pas prévenue de la raison de son voyage à New-York ? persifla Chuck.

- Je ne vois plus Jack depuis longtemps, répondit-elle en relevant la tête. Même si c'est lui qui m'a retrouvée.

- Alors, c'était pour ça tes rencontres secrètes avec Nate à propos de Jack ? demanda-t-il à sa fiancée d'une voix blanche.

- Tu ne croyais quand même pas que j'allais baisser les bras ?! répondit Blair.

- Je veux juste aider mon fils, dit simplement Elisabeth.

- Tu as dit que tu n'étais pas ma mère, lui jeta-t-il au visage.

- Parce que je pensais que je n'avais pas le droit de rester dans ta vie après ce que je t'avais fait et aussi tout ce que je n'ai pas fait. Mais ça ne m'empêche pas de m'inquiéter pour toi.

- Et depuis quand ? cracha C en jetant un regard noir à sa mère biologique.

- C'est normal que tu m'en veuilles, dit Elisabeth. Je n'espérais même pas que tu envisages une seconde de me revoir.

- Je n'ai pas dis que c'était le cas. Ce n'est pas moi qui t'ai demandé de venir. Je n'ai pas besoin de toi, la rembarra-t-il.

- C'est la réponse typique d'un Bass ! Mais tu n'es pas comme ton père, ni comme Jack, tu vaux bien mieux que ça, dit Elisabeth en le regardant bien en face. Tu as le droit d'être heureux toi aussi, alors ne laisse pas ta rancœur à mon encontre t'en empêcher.

Chuck ne répondit pas. Il n'arrivait pas à en croire ses yeux. Sa vraie mère se tenait devant lui. Il sentait remonter en lui des douleurs qu'il croyait avoir réussi à dépasser depuis longtemps.

Et quelque part, dans sa tête et dans son cœur, s'insinuait un nouvel espoir. L'espoir de retrouver sa mère, l'espoir qu'elle soit celle qui puisse l'aider à vivre ce bonheur qui semblait lui tendre les bras.

- Ce n'est pas parce que tu es là, que tout va s'arranger comme par miracle, cria-t-il presque, sur la défensive.

- J'ai déjà passé les tests Charles, à Zurich, je suis compatible pour te donner un de mes reins.

Chuck resta tétanisé, étourdi par ce que sa mère biologique venait de dire. Est-ce qu'il avait bien compris ce qu'elle disait ? Était-ce seulement possible qu'il entrevoit le bout de ce long calvaire ?

Il chercha la réponse dans les yeux de Blair. Elle se tenait debout, à quelques pas de lui. Il plongea son regard dans le sien, qui ne cilla pas. Il y avait tant d'amour et tant de joie qu'il se sentit couler à pic, comme aspirer par tout cet espoir, inonder de cette lumière qui brillait au fond des prunelles de la femme qu'il aimait et qui l'aimait. Cet ange, qui avait ouvert grand la porte pour qu'il puisse quitter les ténèbres et passer de l'autre côté.

- Je sais que je ne le mérite pas, mais je souhaiterais que tu me donnes une autre chance. Je veux faire partie de ta vie, mon fils me manque, dit encore Elisabeth.

Il écrasa une larme qui perlait aux coins de ses yeux d'un revers de main.

- Pourquoi tu ferais ça ?

- Parce que je suis ta mère et que je t'aime.

Chuck avait la gorge tellement nouée à présent qu'il ne pouvait plus prononcer un seul mot. Élisabeth s'approcha à nouveau. Il sentit un sanglot remonter du plus profond de son enfance. Quelque chose céda en lui comme un barrage emporté par les flots trop longtemps contenus.

- Maman, articula-t-il si bas qu'elle l'entendit à peine.

C'était la première fois qu'il osait prononcer ce mot depuis sa naissance.

- Je te demande pardon, s'excusa-t-elle à nouveau en le serrant dans ses bras.