Un long dimanche de fiançailles

Il était à peine neuf heure quand Nate ouvrit les yeux auprès de sa blonde. Il passa un doigt sur le bras de la belle, qui dormait toujours, et l'embrassa tendrement.

- Où vas-tu ? le questionna-t-elle, le nez dans l'oreiller.

- J'ai rendez-vous avec Chuck.

- Si tôt, un samedi matin ? Mais vous êtes fous ? maugréa-t-elle.

- Il veut qu'on parle et Blair devait justement petit déjeuner avec Eléanor ce matin, donc, on en profite.

- Eléanor est revenue de France ?

- Il faut croire, puisque B à rendez-vous avec elle.

- Je ne l'ai même pas vue dans la maison !

- Parce que son avion vient seulement d'atterrir.

- Super ! B va encore être d'une humeur de chien !

- Sûrement, allez bouge-toi, tu viens aussi.

- Quoi ? s'étrangla Serena en relevant la tête.

- Chuck a demandé que tu viennes aussi, alors debout.

- Et depuis quand c'est lui qui décide de l'heure à laquelle je dois me lever ? Il ne peut pas venir lui ?

- Non, parce qu'on vit chez Blair et qu'il y a de grandes chances pour qu'elles repassent ici, elle et sa mère. En tout cas, plus que de les croiser à l'Empire.

Serena émit un grognement et sortit du lit, à contre cœur.

- Arrête de râler ! C'est ta meilleure amie, non ?

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Blair accueillit sa mère à la sortie des passagers. Elle lui avait demandé de la retrouver pour un petit déjeuner à l'Opia Lounge, mais elle avait préféré l'attendre à l'aéroport.

Eléanor avait fait un pas vers elle en venant à la clinique lorsque Chuck était en salle d'opération. C'était bien la première fois que sa mère décalait son vol pour elle. Et B voulait lui faire savoir qu'elle appréciait son geste à sa juste valeur.

- Blair ?! s'étonna la styliste de renommée mondiale, en voyant sa fille dans le hall de l'aéroport. Je ne m'attendais pas à te voir ici. N'avions-nous pas rendez-vous un peu plus tard ?

- Si, mais je me suis dit qu'on pourrait ainsi profiter de plus de temps ensemble, vu que tu ne restes que deux jours à New-York.

- Ma chérie, s'il n'y avait pas ce défilé privé, je ne serais même pas revenue. Mais Alice a insisté pour que je sois présente donc, je n'ai pas vraiment eu le choix. Cependant, je suis heureuse de pouvoir passer quelques heures avec ma fille, ajouta-elle devant la triste de mine de Blair.

- Moi aussi, dit cette dernière en retrouvant le sourire.

Elles montèrent dans la limousine qui les emmena jusqu'à un des restaurants les plus sélect de Manhattan, spécialisé dans les petits déjeuners.

- Alors, comment vas-tu ? questionna Eléanor. J'espère que Chuck prend soin de toi et du bébé.

- Je vais bien et Chuck est parfait, répondit B du tac au tac.

- Bien, tant mieux. Et tes études ? D'après ce que j'en ai eu comme échos, ta moyenne a chuté en français !

Blair avala sa salive, ses notes étaient descendues d'à peine quelques centièmes de point. C'est vrai qu'elle avait moins de temps pour sa scolarité. Elle se donnait moins à fond qu'à son habitude.

Ses priorités avaient été tournées vers l'accompagnement de son fiancé depuis presque trois mois. Le temps de la période la plus accrue du suivi post opératoire.

Elle avait aussi commencé à se renseigner sur les cours d'accouchement et prit des infos sur les décorateurs les plus cotés, dans le but d'entamer l'aménagement pour une chambre d'enfant. Elle envisageait des rendez-vous avec plusieurs d'entre eux dans les semaines à venir. Mais il restait un point épineux à élucider.

Elle ne savait pas où ils allaient s'installer. Pour l'instant ils passaient la majeure partie de leur temps à l'Empire, mais ils n'avaient pas encore abordés les questions pratiques. Ils étaient si heureux de s'être retrouvés qu'ils s'étaient laissés porter par le flot des événements.

En fait, si elle était honnête, c'était elle qui refusait de prendre le sujet à bras le corps. Chuck avait tenté plusieurs approches, plus ou moins subtiles, mais elle avait, à chaque fois, botté en touche.

Elle craignait que faire des projets d'avenir ne leur porte la poisse. Elle avait si peur d'un rejet de la greffe ou d'une autre complication, qu'elle se bornait à se couler dans ses bras, tout comme une autruche qui s'enfonçait la tête dans le sable.

Elle profitait du temps qui leur était imparti, comme si chaque jour était le dernier. Elle en avait même presque oublié l'anniversaire de Chuck. Si Lily et Elisabeth ne le lui avait pas rappelé, une semaine avant, avec l'organisation de cette petite soirée intime, elle aurait tout aussi bien pu passer à côté.

Pourtant, ce petit extra lui avait fait du bien. Il lui avait remis en mémoire à quel point elle aimait organiser les événements et surtout, avoir le contrôle de son futur. Elle avait même été jusqu'à inviter Gillian, tant elle était heureuse que Lily et Elisabeth aient eu cette idée.

- Alors, vous avez arrêté une date pour le mariage ? questionna à nouveau Eléanor.

- Pas encore, non, répondit B dont le moral commençait déjà à chuter.

- Et pourquoi ça ? Chuck serait-il revenu sur sa proposition ?

- Quoi ? Non, bien sûr que non ! Qu'est-ce qui te mets de pareilles idées en tête ?

- Peut-être le fait que vous n'aillez pas officialisé vos fiançailles ! C'est bien toi qui aime les soirées mondaines ?! Je pensais que tu voudrais faire les choses en grand, à la manière de Blair Waldorf. Mais si tu te contentes d'une bague au doigt, quand bien même ce joyau est une pure merveille, c'est toi qui voie.

Blair était sous le choc.

Comment sa mère pouvait-elle concevoir qu'elle puisse organiser une telle réception alors que son fiancé était encore en période sensible ?

Il fallait du temps pour se remettre d'une transplantation.

Ce n'était pas comme si on lui avait enlevé les amygdales !

Il avait besoin de calme et de repos. Il dépensait déjà bien trop d'énergie dans le travail, à son goût.

- Nous n'avons pas encore pris le temps de le faire, c'est vrai, mais cela ne veut pas dire que ce projet n'est plus à l'ordre du jour.

- La question que je me pose, c'est : pourquoi tes fiançailles en sont encore au stade de projet ?! Et pourquoi la date de votre mariage n'est pas encore fixée ?!

Le serveur déposa une tartelette au citron devant Blair, mais celle-ci n'avait plus d'appétit tout à coup.