Voyage dans le passé
Blair revint à l'Empire en fin d'après-midi. Elle avait passé presque toute la journée avec sa mère et elle était complètement perdue.
Les idées que sa mère avait sous entendues tourbillonnaient dans son esprit. Elle n'était plus une petite fille, mais lorsqu'elle se tenait devant Eléanor Waldorf, elle le redevenait instantanément.
Elle rentra d'humeur maussade. Sa seule envie était de se retrouver dans les bras de Chuck. Il l'aimait plus que tout. Elle le savait. Elle en était persuadée et elle n'avait pas besoin de soirée de fiançailles inoubliable pour en être convaincue.
Lorsqu'elle était avec Louis, tout était fastueux et luxueux, mais ce n'était pas ce qui importait. La seule chose qui comptait était qu'elle et Chuck soient ensemble. Elle ne voulait plus d'un conte de fée, elle voulait juste se blottir dans ses bras, bien à l'abri du monde extérieur. Elle n'avait envie de rien d'autre en ce moment.
- Bonne journée ? lui demanda l'élu de son cœur, avec un sourire, lorsqu'elle entra dans le salon.
- Elle aurait pu être meilleure, mais je suis certaine que ça va s'arranger maintenant que je suis près de toi, répondit-elle en passant les bras autour de son cou pour l'embrasser.
- Justement, en parlant de s'améliorer, je me disais qu'on pourrait faire un bon repas, qui se terminerait par un dessert, comme il se doit.
- Et pourquoi, on ne commencerait pas par le dessert ? marmonna-t-elle tout en continuant à l'embrasser.
- Je pensais à un vrai dessert, dit-il en détachant les bras de Blair de son cou.
Il n'avait pas l'intention de se laisser détourner de son objectif cette fois.
Elle grimaça avant de répliquer.
- Je me passerai volontiers de repas ce soir, je préfère te manger toi.
Elle recommença à l'embrasser, de plus en plus voluptueusement.
- Non, Blair, arrête ! dit-il en prenant ses mains dans les siennes.
Il n'arriverait à rien comme ça.
- On ne va pas s'enfermer dans la chambre ce soir, même si j'en ai très envie. Tu vas te préparer et on va sortir.
- Mais je suis déjà sortie toute la journée, et je manque de toi, se plaignit-elle en faisant sa petite moue boudeuse pour l'amadouer.
- Pas question ! Cette fois, tu ne m'auras pas comme ça. On doit retrouver Nate et Serena dans deux heures. Et ensuite, on verra bien... On est samedi soir et on va s'amuser, comme avant toute cette histoire de transplantation.
- Mais…
- Pas de mais ! Cette nuit tu vas t'amuser et moi aussi !
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Dans la limousine qui roulait à travers les rues de Manhattan, Blair leva les yeux sur Chuck, qui la regardait intensément. Elle ne savait pas où ils allaient. Il lui avait juste dis qu'il voulait sortir et que c'était une surprise. Il savait pourtant qu'elle n'aimait pas trop ça, elle préférait savoir ce qui se passait. Mais il avait insisté et elle n'avait pas voulu se disputer avec lui.
Il était déjà assez distant depuis ces dix derniers jours et elle n'arrivait pas à savoir pourquoi. Elle l'avait surpris plusieurs fois à l'observer, comme en ce moment. Se rendait-il compte qu'elle lui cachait quelque chose ? Sans doute, il n'était pas stupide.
Elle repensa à cette escapade en Toscane, rien que tous les deux. Loin des problèmes et de cette épée de Damoclès qui planait au-dessus de leur tête. Pour sa part, elle se serait amplement contentée de passé la soirée dans ses bras à l'Empire.
En fait, si elle avait pu, elle se serait enfermée avec lui dans une tour et aurait jeté la clef. Elle voulait profiter de lui au maximum. Mais il avait raison, ils ne pouvaient pas vivre cachés jusqu'à la fin des temps.
Et puis elle serait bien obligée de faire face à la situation et de sortir le bout du nez si elle voulait trouver une solution. Sa grossesse avançait, elle en était presque à la fin de son troisième mois.
La première échographie avait eu lieue il y avait déjà deux semaines et Chuck avait été aux anges. Mais depuis, elle sentait qu'il se passait un truc pas clair. Il n'arrêtait pas de l'éconduire.
Elle voulait pourtant juste prendre soin de lui. Cependant, il ne la laissait plus faire. Comme s'il n'avait plus besoin d'elle. Comme ce soir, où il préférait sortir avec leurs amis, plutôt que de rester en tête à tête avec elle.
Se lassait-il d'elle ?
Était-elle devenue ennuyante ?
Elle se rappelait combien elle avait eu peur lors de sa première rentrée universitaire. Quand il avait décidé de mettre fin à leur petits jeux d'humiliation envers toutes ces filles qui le méritaient pourtant bien.
Il l'avait fait pour elle, il lui avait dit qu'il ne pouvait pas être Chuck Bass sans elle.
Mais ensuite tout avait dégénéré.
Elle avait commencé par le manipuler pour qu'il embrasse le professeur qui lui permettrait de faire le discours de bienvenue de NYU. Puis avait appelé Jack derrière son dos pour obtenir la licence de vente d'alcool pour son nouveau club. Et pour finir, par accepter de coucher avec cet immonde salaud pour que Chuck puisse récupérer son hôtel, jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive qu'il était parfaitement au courant de cette horrible proposition.
Elle frissonna en repensant à tout ce gâchis.
- Est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-il en posant une de ses mains sur son bras.
- Ça va, oui. J'ai juste un peu froid, ce doit être la climatisation.
- Viens là, dit-il en passant un bras autour des ses épaules.
Elle le laissa l'attirer contre lui, profitant de la chaleur de son corps.
Il n'était plus ce Chuck Bass là, il était devenu quelqu'un de bien meilleur.
Il avait appris de ses erreurs. Elle pouvait le voir chaque jour.
Alors pourquoi ne pouvait-elle pas simplement accepter le bonheur qu'ils vivaient ?
Pourquoi redoutait-elle sans cesse le futur ?
La réponse était plus qu'évidente.
Ils avaient connus tant d'épreuves qu'elle attendait simplement la suivante, ce qui l'empêchait de goûter pleinement au bonheur qu'ils vivaient au quotidien.
Elle devait sortir de cette impasse si elle voulait pouvoir avancer à ses côtés.
- Je t'aime, murmura-t-elle doucement, les yeux pleins de larmes.
- Hé ! Mais ... qu'est-ce que tu me fais là ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien... je ne sais pas. J'ai peur, c'est tout.
- Peur de quoi ? demanda-t-il, chamboulé de voir à quel point elle souffrait.
Il ne doutait pas que passer la journée avec sa mère la fasse réagir, mais il espérait qu'Eléanor ne l'avait pas trop brusquée.
Elle avait besoin de sortir de son mutisme, d'exprimer ses angoisses, pour pouvoir avancer, mais pas d'être confrontée à ses échecs et jugée à ses dépens.
La douceur et le tact n'étaient pas les qualités premières de sa future belle-mère.
Cependant, il n'avait pas trouvé d'autre solution pour l'obliger à faire face à la situation et la faire redevenir elle-même.
- Peur de quoi ? insista-t-il encore avec douceur.
Il voulait tenter de l'apaiser, visiblement Eléanor ne l'avait pas ménagée. Il s'en voulut d'avoir laissé sa mère la mettre dans cet état. Il n'aurait jamais dû accepter de recourir à son aide. Il aurait dû trouver un autre moyen.
Blair ravala un sanglot, les émotions se bousculaient dans sa tête et dans son cœur. Elle avait besoin de les faire sortir. Elle ne pouvait plus garder tous ces sentiments au fond d'elle-même.
Elle se serra un peu plus contre lui. Ses bras autour d'elle la réconfortaient. Elle avait confiance en lui, plus qu'en n'importe qui, y compris elle-même. Il l'aimait et il l'acceptait comme elle était, il pouvait tout comprendre, il ne la jugeait jamais.
- J'ai peur de l'avenir, peur de te perdre encore, je … je sais que c'est idiot mais… après tout ce qu'on a vécu. Tout ça me semble bien trop beau pour être vrai, dit-elle d'un trait avant de ne plus en trouver le courage.
Il prit le visage de sa fiancée entre ses mains et plongea ses yeux dans les siens.
- Tu ne me perdras jamais. Tu ne m'as jamais perdu. Je t'aime depuis cette nuit là, au Victrola, quand tu as consenti à me montrer la vraie Blair Waldorf, dit-il en citant les propres termes de la jeune femme. Tu m'as époustouflé et tu le fais encore, tous les jours. Ce soir là, tu as volé mon cœur, alors que je ne savais même pas que j'en avais un. Et pourtant, aujourd'hui, s'il bat, c'est pour toi, grâce à ton amour.
Elle lui sourit et il l'embrassa tendrement.
- Ce soir on va s'amuser, parce qu'on l'a bien mérité. Et rien ni personne ne nous empêchera plus jamais de nous aimer. Jamais. Je ne le permettrai pas. Ok ?
- Si quelqu'un peut bien défier les Dieux, c'est Chuck Bass, acquiesça-t-elle.
- Ça tombe bien, parce que tu es justement la seule Déesse qui soit capable de me faire fléchir, dit-il en l'embrassant encore.
- Une Déesse ?! répéta-t-elle en redevant un peu Blair Waldorf. Sache que cela sera retenu et utilisé contre toi à la première occasion.
Elle répondit à son étreinte et insinua sa langue dans sa bouche, à la recherche de celle de son fiancé. Ses mains dénouaient sa cravate tandis qu'elle sentait la main de Chuck remontée le long de sa cuisse.
Les limousines avaient toujours le même effet magique pour eux.
