Alerte
Blair n'écoutait pas un mot de ce que racontait le professeur Marx. Il ne restait qu'à peine quelques jours avant la fin de l'année scolaire et elle était bien loin du campus. Elle ne voyait pas l'intérêt de venir assister à la préparation de la prochaine rentrée puisqu'elle ne reprendrait pas l'université avant le semestre de janvier de toute façon.
Son mariage avait lieu dans une grosse quinzaine de jours et elle avait encore des dizaines de petites choses à terminer. Elle était impatiente que cette année se termine. Elle avait réussi à boucler ses cours et ses résultats étaient à la hauteur de la situation. Blair Waldorf avait toujours réussi avec brio et ce n'est pas demain la veille que ça changerait.
Bon, elle devait bien concéder qu'elle n'avait pas vraiment eu l'occasion de s'éparpiller. Chuck était un vrai tyran. Il ne la laissait presque rien faire. Que ce soit pour la préparation du mariage ou celle de la venue du bébé. Il était là pour tout et veillait à ce qu'elle ne s'épuise pas.
Elle comprenait maintenant pourquoi elle l'avait tant agacé lorsqu'elle l'obligeait à se reposer pour prendre soin de lui. Mais les choses étaient différentes. Elle n'était pas malade, elle était enceinte et aussi une future mariée.
Heureusement, il n'aurait bientôt plus l'occasion de la couver comme il le faisait. Car l'année universitaire terminée, elle aurait tout le temps nécessaire pour se consacrer à son mariage en premier lieu et à la touche finale de la chambre de leur fils en second.
Néanmoins, elle préparait déjà mentalement ses arguments car il insisterait certainement pour qu'elle en fasse le moins possible et profite de ce temps libre pour se détendre. Comme si elle pouvait se détendre avec le mariage qui était déjà si proche !
Bien entendu, tout le monde était sur le pont pour l'aider. Chuck avait su réunir les troupes. Mais ce n'était pas la même chose que si elle s'en occupait elle-même. Car rien n'était jamais aussi bien fait que quand Blair Waldorf le faisait !
Elle devait pourtant reconnaître que l'équipe était à ses ordres et aux petits soins pour elle. Lily, Serena, Nate et même Lisa l'aidaient de leur mieux, sans compter Dorota, bien entendu. Là où elle avait le plus de mal, c'était avec sa propre mère par contre. Mais les choses s'arrangeaient tout de même au final.
Quand à Chuck, inutile d'en parler, il se mêlait de tout et contrôlait tout ses faits et gestes. Tant et si bien que même Elisabeth avait proposé son aide. Il avait bien entendu accepté pour soulager Blair d'une de ses nombreuses tâches.
Elle sourit. Il était adorable en fait, même si elle passait son temps à pester contre lui. Si on lui avait dit qu'un jour Chuck Bass se soucierait de choisir la couleur de la chambre de bébé, elle ne l'aurait jamais cru. Et pourtant, il était là à chaque pas. Il ne l'avait pas lâchée un seul instant.
Il se préoccupait de tout et surtout d'elle et du bébé. Il venait à chaque rendez-vous, à chaque analyse et bien sûr à chaque échographie. Il avait bondit de joie, le jour où il avait appris qu'il aurait un héritier.
Il se documentait sur la manière d'être le meilleur parent possible. Elle n'ignorait pas que plus la naissance approchait et plus il stressait. Peut-être encore plus qu'elle-même. Il craignait de ne pas savoir s'y prendre et d'être un père aussi lamentable que Bart. Comme si ça pouvait être concevable !
Il serait un papa formidable, elle en était intimement convaincue. Il lui suffisait de le regarder pour voir tout cet amour dans ses yeux, pour elle et pour le bébé. C'était magique et incroyable. Il suffisait que Chuck pose sa main sur son ventre pour qu'Alexandre se mette à remuer et à danser la samba là dedans. Elle était certaine qu'il pouvait reconnaître son père depuis là où il était.
Elle se demandait comment son fiancé trouvait le temps pour être partout à la fois avec son suivi médical, celui-ci s'était allégé mais il en était encore dans sa première année de contrôle. Et Bass Industrie l'accaparait beaucoup.
Visiblement les Grimaldi n'avaient pas désarmé. Ils tentaient par tous les moyens de torpiller les hôtels européens et menaient une campagne de fond. Elle avait cru que, passé la première salve dont Chuck avait su contenir l'hémorragie, ils en resteraient là. Mais apparemment, ils avaient la rancune tenace.
Au début, il ne lui en avait rien dit. Et elle ne l'aurait sans doute jamais su si elle n'avait pas surpris une conversation entre Chuck et Lisa à ce propos. Là-dessus non plus, elle ne savait pas trop comment il avait réussi à convaincre sa sœur de s'intéresser un minimum aux affaires familiales.
Mais Chuck était têtu et pugnace. Il était parvenu à ses fins et Lisa siégeait désormais au conseil d'administration, du moins officiellement. Mais il n'en désirait pas plus. Il avait à cœur les intérêts de sa sœur et s'attelait à travailler pour eux deux. Il voulait juste qu'elle soit à l'abri de Jack. Au cas où, disait-il ! Blair détestait quand il parlait de cette façon.
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- Tu crois vraiment qu'on va réussir à faire passer ça ? questionna Lily.
- On n'a pas d'autre cartouche de toute manière. Ou ça passe, ou ça casse, répondit Chuck.
- Ils sont déchaînés, Fritz Kilp les a littéralement remontés contre toi.
- Je sais, le tout est de savoir si Baronna votera pour ou contre mon idée. J'ai de toute manière la voix de Lisa et celle de Jack.
- Pour une fois qu'il est de notre côté, marmonna Lily.
Son i-phone sonna et elle décrocha malgré le regard désapprobateur de Chuck.
Ils devaient rependre la séance dans moins de cinq minutes.
- C'est Columbia, dit-elle en guise d'excuse, portant le combiné à son oreille.
Chuck vit son visage se décomposer au fur et à mesure que son interlocuteur parlait, ce qui ne prit que deux minutes à peine.
Lily referma le clapet de son téléphone, blanche comme un linge.
- Qu'est-ce qui se passe ? C'est Serena ? interrogea Chuck, inquiet à la vue de sa mère.
Cette dernière faillit perdre l'équilibre et il la rattrapa par le bras.
- Monsieur Bass, la s…
- Un instant, Marjorie ! intima-t-il à la secrétaire qui venait lui annoncer la reprise de la réunion.
- Lily, appela-t-il en l'asseyant sur un des sièges qui faisait face à son bureau.
Elle leva les yeux vers lui, emplis de terreur et il sentit une boule se former dans son estomac.
- Lily ! Dit-moi ce qui se passe, la brusqua-t-il pour qu'elle reprenne ses esprits.
- Il vient d'y avoir un attentat à Columbia, ânonna-t-elle d'une voix si lente qu'il lui fallut plusieurs secondes avant de réaliser ce qu'elle venait de dire.
La boule qui venait de se former dans son ventre remonta dans sa gorge. Il sentit son cœur s'emballer et se mettre à tambouriner dans sa poitrine comme un dératé.
Il alluma le poste de télévision qui se trouvait derrière des portes coulissante, dans la grande armoire de son bureau. Un flash spécial tournait déjà en boucle, annonçant une explosion sur le campus, sans en préciser exactement le lieu. L'alerte était déclenchée sur tout le périmètre. Et les premières équipes de déminages arrivaient déjà sur les lieux, derrière la journaliste.
- Mons...
- Pas maintenant ! hurla-t-il à nouveau.
- Oh ! Mon Dieu ! souffla Marjorie en voyant les images défilées sur l'écran.
Sans plus attendre, il attrapa son smart-phone et appuya sur la touche de raccourci qui correspondait au numéro de sa fiancée. Mais il tomba directement sur sa messagerie.
- Blair, c'est moi, bredouilla-t-il d'une voix tremblante. Appelle-moi dés que tu auras ce message.
Il essaya le portable de Nate et de Serena sans plus de succès.
- Viens, dit-il à Lily, toujours prostrée dans le fauteuil.
Il passa son bras en dessous du sien et l'entraîna dans le parking où une voiture stationnait.
- A Columbia, vite ! aboya-t-il à son chauffeur en embarquant à la suite de sa mère adoptive.
