Repos forcé
Serena se réveilla dans la chambre de l'Empire où elle résidait dorénavant avec son petit ami. Sa mère lui avait proposé de venir en convalescence dans l'appartement pour qu'elle puisse veiller sur elle, mais elle avait décliné l'invitation. Ils venaient à peine de déménager avec Nate et elle se sentait bien dans l'ancienne suite de Chuck.
Son flan la lançait un peu. Le médecin, qui avait enlevé le morceau métallique de son corps, avait recommandé quelques jours de repos et lui avait assuré que n'importe quel chirurgien plasticien digne de ce nom, ferait disparaître la vilaine cicatrice qui se formerait à la suite de cette horrible journée.
Elle ne voulait rien qui lui rappelle l'explosion de la veille. Dire que tout ça était arrivé parce que des idiots, qui se prenaient pour des génies, avaient tenté des expériences qui s'étaient révélées avoir ces conséquences désastreuses pour nombre de leurs camarades.
La police avait en effet conclu à un accident et avait réfuté toute tentative d'attentat après enquête. Les expérimentateurs, ne s'en n'étaient malheureusement pas sortis indemnes, mais on pouvait écarter toutes possibilités quand à une hypothèse de complot.
Plusieurs étudiants avaient été grièvement blessés et la vie de certains étaient encore en danger. Heureusement, dans toute cette horreur, aucun de ses amis proches n'étaient dans ce cas.
Blair et son bébé étaient sains et saufs. Dés qu'elle serait remise sur pied elle irait au chevet de sa meilleure amie, condamnée à être alitée jusqu'à l'accouchement, c'est-à-dire approximativement les deux prochains mois. Le mariage serait reporté à une date ultérieure et elle ne doutait pas que, dés qu'elle en aurait la possibilité, la reine de l'UES organiserait cet événement en un des plus somptueux qu'il ait été donné de voir à Manhattan.
- Tu as pu dormir un peu ? demanda Nate en entrant dans la chambre avec un plateau chargé de mets.
Il le déposa sur l'édredon et l'embrassa amoureusement. Il n'ignorait pas qu'elle avait été secouée, tout comme lui, ni qu'elle se faisait du mauvais sang pour son amie et son bébé. Lui aussi du reste. Il avait seulement eu l'occasion de parler à Chuck au téléphone et avait été rassuré de savoir que Lisa avait été avec lui en ces instants de doutes intenses.
Dés qu'il le pourrait il passerait chez les Waldorf pour voir comment ils s'en sortaient et leur témoigner son soutien.
- Un peu, oui, répondit Serena en piochant dans une brioche.
- Tiens, tu devrais essayer celle-ci, dit son petit ami en lui en présentant une autre avec un regard malicieux.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle a de spécial ? questionna-t-elle, intriguée par son attitude.
- Essaie, tu verras bien, répondit-il tout sourire.
- D'accord, acquiesça-t-elle en reposant la première pour saisir celle qu'il lui tendait.
Elle en déchira une partie qu'elle enfourna goulûment dans sa bouche.
- Mmmm, déliichieuse, commenta-t-elle la bouche pleine.
Elle voulut prendre une deuxième bouchée mais elle remarqua quelque chose de brillant à l'intérieur.
Elle sortit une bague de la pâtisserie et jeta un regard incrédule à son petit ami.
- Veux-tu devenir Madame Archibald ? demanda-t-il avec un grand sourire.
Serena pouffa avant de comprendre que la question était tout ce qu'il y a de plus sincère.
- Quoi, sérieux ? Tu veux m'épouser ?
- Pourquoi pas ? Si tu le veux aussi.
- Oui, s'entendit-elle répondre sans la moindre hésitation.
Nate lécha l'anneau surmonté d'un diamant qui était plein de brioche et le passa au doigt de Serena avant de l'embrasser et de grimper dans le lit avec elle.
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Blair était maintenant installée confortablement dans sa chambre, bien calée entre les coussins, sur son lit moelleux, dans l'appartement de l'Upper East Side qu'elle partageait désormais avec son fiancé.
- Il n'y a plus aucune chance pour que tu me laisses faire quoi que ce soit, n'est-ce pas ? interrogea-t-elle.
- Plus aucune, non, répondit Chuck en s'allongeant à côté d'elle sur la couette duveteuse.
- On vit à New-York, je peux très bien m'acquitter d'un tas de choses en restant allongée. Et tu n'étais pas obligé de me porter pour monter les escaliers, je peux quand même encore me déplacer.
Il ne répondit pas, se contentant de ramener une mèche de cheveux de Blair derrière son oreille, avant de l'embrasser tendrement.
- Pour le mariage… essaya-t-elle encore.
- Tu n'as pas à te préoccuper de ça. Dorota et moi on va se charger de tout annuler pour l'instant, dit-il sur un ton sans appel.
- Et de quoi ais-je le droit de me préoccuper, alors ?
- De toi et de notre fils, répondit-il le plus sérieusement du monde. C'est bien toi qui voulait passer toutes tes journées dans la chambre, il n'y a pas si longtemps que ça.
- C'est parce que j'avais peur de te perdre, et je voulais que tu y sois avec moi.
Il avala sa salive et plongea ses yeux sombres dans les siens, elle s'y noya, comme à chaque fois qu'il la regardait de cette manière si intense. Puis il l'embrassa à nouveau.
Elle lui rendit son baiser et se lova tout contre lui.
- Nous allons bien et je ne prendrai aucun risque, ni pour moi, ni pour le bébé, reprit-elle doucement, en ramenant le bras de Chuck autour d'elle.
- Je sais, mais j'ai eu si peur, dit-il d'une voix rauque, dans le creux de son oreille.
Il posa sa tête contre la sienne et ferma les yeux. Lentement, il glissa sa main sur le ventre arrondi de Blair.
Elle connaissait parfaitement l'angoisse qui lui étreignait le cœur. Elle la ressentait elle-aussi, même si elle feignait le contraire. Elle l'avait également assez expérimentée lorsque c'était sa vie à lui qui était dans la balance.
- Je n'ose même pas imaginer ce que je deviendrais sans vous, murmura-t-il. Je ne serais rien.
- Chut, dit-elle, ça n'arrivera pas. Nous sommes ensemble et tu as promis que tu ne laisserais personne nous empêcher d'être heureux. Et, si ce petit a, ne fut-ce que la moitié, du caractère de cochon de son père, il n'est pas près de battre en retraite.
- Sauf devant toi, commenta Chuck à voix basse.
- Parce que je suis la seule Déesse capable de te faire fléchir, souligna-t-elle.
Il sourit et l'embrassa sur le joue, du bout des lèvres, remontant jusqu'à la racine de ses cheveux, sans ouvrir les paupières.
- Mais je veux bien rester au lit autant que tu le veux, si tu y restes avec moi, tenta-t-elle subtilement.
Il avait dit avoir, soi-disant, dormi dans le fauteuil à côté de son lit, dans la chambre d'hôpital. Elle savait que c'était un mensonge. Les événements de la veille l'avaient fortement ébranlé et elle était certaine qu'il avait passé plus de la moitié de la nuit à la regarder dormir, surveillant les appareils qui indiquaient les fonctions vitales du bébé. Il était épuisé, il lui suffisait de le regarder, mais il n'accepterait jamais de le reconnaître.
Alexandre gigota et lui donna un coup de pied.
- Tu vois, argumenta-t-elle encore pour le convaincre de se reposer avec elle. Ton fils et moi, on a besoin de te sentir tout contre nous. Il faut que tu sois là.
- Inutile d'essayer de me manipuler, je n'irai nulle part ce matin. Le monde peut bien s'écrouler, je m'en fiche, tant que je peux vous tenir dans mes bras, souffla-t-il.
Elle ferma les paupières et se laissa bercer par les mouvements de la poitrine de son fiancé qui se soulevait au rythme régulier de sa respiration. Bien à l'abri dans le creux de ses bras, enveloppée par la chaleur rassurante de son corps, elle sombra doucement dans le sommeil.
Chuck resta là, à écouter le silence, tandis que l'odeur des cheveux de Blair l'envahissait. Il caressait doucement le ventre de Blair. Sous ses doigts, le bébé répondait à son appel.
- Je suis là, murmura-t-il pour son fils. Tu pourras toujours compter sur moi pour te protéger, à chaque pas, à chaque étape. Si tu tombes, je serai là pour te rattraper.
