Retour à la vie réelle

Blair le regardait dormir à côté d'elle, si paisible. Les trois mois qui venaient de s'écouler avait été merveilleux. Il l'avait emmenée pour un voyage extraordinaire.

La Toscane avait été leur première escale. Ils avaient retrouvé le chalet de leur petite escapade de l'hiver précédent. Il avait tout prévu pour leur fils. Il n'avait négligé aucun détail.

Puis, au fur et à mesure que l'automne approchait, ils étaient était descendus vers le sud, pour terminer leur périple en Australie. Le temps y était magnifique en ce mois de novembre, et leur vie aussi. Il était dévoué et attentionné. Il avait même réussi à lui préparer une surprise pour son anniversaire là-bas !

Néanmoins, ce matin, ils étaient de retour à Manhattan. Ils étaient rentrés dans la nuit. La lune de miel devait bien prendre fin un jour où l'autre.

Et puis, Chuck voulait passer les fêtes ici. Ce serait le premier Noël de leur fils et même s'il ne le disait pas vraiment, elle savait qu'il tenait à être entouré de toute leur famille cette année. Il voulait respecter les traditions, celles que Bart avait toujours méprisées et tournées en ridicule, mais qui étaient magiques et féeriques pour un enfant.

Eléanor et Cyrus seraient là dans quelques jours et ne repartiraient pas en France avant la nouvelle année. Et Harold et Roman avaient promis qu'ils viendraient pour Noël. Aucun d'eux ne voulait rater cet événement, leur petit-fils serait, à coup sûr, le roi de la fête. Elle se réjouissait, elle aussi, qu'ils soient tous réunis en cette période qui avait toujours été sa préférée.

En plus, elle avait bien vu que Chuck commençait à s'inquiéter de Lisa. Son album était sorti dans les bacs il y a peu et il marchait plutôt bien. Il était très fier d'elle. Elle lui avait annoncé qu'Esteban avait libéré sa chambre à l'Empire… pour s'installer dans la sienne.

Et si elle était honnête avec elle-même, elle devait bien reconnaître que Serena lui manquait, et Nate, bien entendu. Elle était la demoiselle d'honneur de sa meilleure amie et n'avait encore rien prévu pour le mariage de celle-ci, dans trois mois. Non pas qu'elle ait le moindre doute sur ses capacités à organiser un mariage en un laps de temps si court. Elle avait bien organisé le sien depuis le fond de son lit. Et S n'avait sûrement pas le même point de vue qu'elle sur la question.

Elle imaginait déjà ça d'ici. Elle serait bien capable de faire une fête champêtre en lieu et place d'une réception chique et de bon goût. Mais c'était son mariage, ce serait à elle d'en décider. Elle se bornerait à essayer de lui faire entendre raison pour que cela ne prenne pas des allures de kermesse.

- Bonjour mon amour, marmonna Chuck, encore à moitié endormi.

- Bonjour, répondit-elle en se penchant sur lui pour passer une main dans ses cheveux tout ébouriffés.

Il attrapa ses doigts au passage et les porta à ses lèvres.

- Je vous aime, Madame Bass, dit-il en se tournant vers elle pour l'attirer tout contre lui, les paupières toujours closes.

- Je t'aime aussi, répondit-elle.

Elle se laissa couler contre le corps de Chuck et referma les yeux elle aussi, pour profiter encore du bien-être de cet instant. On était samedi matin dans la grosse pomme et il n'y avait aucune urgence.

La vie réelle reprendrait bien assez rapidement son cours. Dés l'instant où leurs amis et familles sauraient qu'ils étaient de retour, ils seraient assaillis et la lune de miel prendrait véritablement fin.

Elle laissa son corps s'engourdir doucement au contact de la chaleur de celui de son mari et somnola mollement dans la quiétude de ses bras.

Chuck caressait lentement l'avant bras de son épouse de son pouce, déposant de temps à autre un baiser sur son épaule. Il n'avait pas envie d'être rattrapé par la réalité du monde lui non plus, même s'il savait que c'était inéluctable.

Ces dernières semaines avait été magiques et il voulait prolonger cet état de grâce. Il souhaitait profiter de chaque minute, de chaque seconde, dont il disposait encore.

Bientôt, ils reprendraient pied dans la vie de l'Upper East Side et il devrait se séparer d'eux. Même si ce n'était que pour quelques heures, cela lui paraissait insupportable. Pourtant, il savait que le temps continuerait sa course, inexorablement, et s'écoulerait bien trop rapidement. Son fils changeait à vue d'œil et il ne voulait rien rater des moments importants de sa croissance.

Alexandre pleura depuis son berceau, ce qui le sortit de sa léthargie.

- Laisse, j'y vais, dors encore un peu, dit Blair en se levant pour prendre son fils dans ses bras.

Elle le berça un peu et le déposa auprès de Chuck, assis contre la tête de lit, qui prit son fils dans ses bras. Il n'avait visiblement plus aucune intention de dormir.

Il cala son fils contre lui et Alex cessa immédiatement de geindre.

La relation qu'ils avaient était vraiment incroyable et fusionnelle. A tel point qu'elle en était un peu jalouse par moment. Heureusement qu'elle était la seule à pouvoir l'allaiter !

Elle se réinstalla dans le lit et Chuck passa un bras autour de ses épaules, de manière à ce qu'Alex soit au creux d'eux deux.

Il déposa un baiser tendre sur sa pommette.

- Prête à replonger dans l'activité incessante de New-York ? lui demanda-t-il.

- Est-ce qu'on a le choix ? questionna-t-elle en retour dans un soupir.

- Non et c'est bien dommage.

- Mais le côté positif c'est qu'on est à nouveau chez nous.

- Et qu'on va retrouver tous ceux qu'on aime, poursuivit-il.

Elle l'embrassa doucement sur les lèvres et il répondit à son baiser alors qu'Alex se rendormait dans leurs bras.