Bonjour à tou(te)s !

Nous sommes mercredi et il est donc temps que le chapitre 5 soit publié ! :)

Comme toujours, je remercie mille fois mes revieweurs ainsi que les lecteurs qui ont fait des ajouts en favoris/alertes. Ça me fait très plaisir, donc merci beaucoup à vous :).

J'ai été ravie de constater que trois d'entre vous avaient reviewés pour la première fois alors, les lecteurs fantômes, faites comme elles et sortez de l'ombre ! :) Please !

Je remercie mille fois HesseS, mon petit fizwizbiz adoré, pour son travail de bêtatage de cette fic' et vous souhaites une bonne lecture ! :)

Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 5 : Remise en question

Le lendemain, Hermione ne rencontra pas le Serpentard, bien qu'elle ait attendu quelques minutes dans l'Atrium. Elle ne le vit pas non plus à l'heure du déjeuner. C'est à ce moment-là qu'elle arrêta de le chercher.

Ginny soupira de soulagement en voyant qu'Hermione ne semblait pas avoir de séquelles – du moins physiques – de l'altercation qui avait eu lieu la veille. Elle lui posa des questions, cherchant à savoir pourquoi Malefoy avait tenu à lui parler. Ce fut alors qu'Harry arriva à leur table, visiblement contrarié.

La rousse, qui connaissait parfaitement son mari sut immédiatement que quelque chose n'allait pas :

- Qu'est-ce qu'il y a Harry ?

Ce dernier ne répondit pas immédiatement mais se tourna vers Hermione, ne sachant visiblement pas comment aborder le sujet. Cette dernière, qui n'aimait pas qu'on lui cache des choses, pria son meilleur ami de lui parler.

- Harry, tu commences sérieusement à nous faire peur ! avait ajouté Ginny.

Le Survivant avait alors pris une toute petite voix, comme s'il craignait qu'Hermione s'en prenne à lui.

- Euh tu sais Hermione, la formation que tu avais commencée pour devenir juré ?

- Oui, et bien ? la pressa la Gryffondor.

- C'est Malefoy qui la reprise, je suis désolé, annonça Harry dans un souffle.

Hermione soupira longuement, fermant les yeux. Pourquoi, par Merlin, le sort devait-il s'acharner continuellement sur elle ?

- Comment tu le sais ? demanda Ginny.

- Et bien j'ai dû me rendre aux Services Administratifs pour récupérer le dossier Dwight, tu sais celui concernant..., louvoya-t-il en regardant sa femme.

- Oui je m'en souviens, le coupa-t-elle.

- Oui enfin on m'a expliqué qu'il était pris en charge par le nouveau stagiaire et donc que je devrais m'adresser à lui pour le récupérer. J'ai trouvé ça assez étrange puisque Hermione avait été la seule stagiaire embauchée, et quand je suis arrivé devant le bureau j'ai trouvé Malefoy. Il m'a informé que c'était lui « le stagiaire » que je cherchais.

- Mais c'est pas possible, s'énerva Ginny, le dossier Dwight est top secret et vraiment complexe, ils ne peuvent décemment pas le confier à un stagiaire tout juste arrivé.

- C'est ce que j'ai dit à Malefoy avant de repartir.

Harry semblait de nouveau mal à l'aise et jetait de petits coups d'œil vers Hermione. Ginny qui ne semblait nullement se rendre compte des intentions de son époux continua :

- Et ? Il a expliqué pourquoi il était en charge d'un tel dossier ?

- Pas vraiment, repris Harry, il a juste dit que c'était « parce qu'il était un Malefoy » et puis il a tourné les talons.

Ginny affichait une moue dégoûtée et Harry regardait Hermione avec appréhension.

- Forcément, murmura cette dernière, il a sûrement dû user de son réseau de connaissance et de nombreuses menaces pour pouvoir accélérer la formation.

- Il me dégoûte ce mec, cracha Ginny.

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Ils finirent leur repas en silence et ne reparlèrent plus du Serpentard. Lorsque Hermione eut terminé, elle redescendit et se plongea dans les nouveaux dossiers que Perkins lui avait confiés. A dix-huit heures, elle sortit du bureau. Mr Weasley lui avait envoyé une note de service lui expliquant qu'il ne rentrait pas avec elle puisqu'il devait procéder à une perquisition de toute urgence.

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La Gryffondor n'avait pas réellement envie de rentrer au Terrier. Elle avait vécu, la veille, une journée assez éprouvante et apprendre, aujourd'hui, qu'on avait donné son emploi à ce rat de Malefoy l'avait encore plus minée. Elle ne s'arrêta pas devant les cheminées du ministère qui servaient à voyager avec la poudre de cheminette mais continua plutôt vers celles qui permettaient d'accéder aux toilettes publiques et donc à la zone de transplanage.

Pestant contre les agents du ministère qui avaient dû trouver cela très divertissant d'inventer un système permettant d'entrer et de sortir en mettant les pieds dans la cuvette, Hermione poussa la porte et respira l'air de Londres.

Même s'il était largement pollué, cela lui fit du bien d'inspirer un peu d'air frais après être restée enfermée toute la journée. Ne sachant pas vraiment où aller, la jeune femme marcha quelques minutes le long du trottoir. Finalement, elle décida de se rendre sur le Chemin de Traverse. Cela faisait, lui semblait-il, des siècles qu'elle n'y était pas allée et elle pourrait en profiter pour s'acheter quelques nouveaux livres.

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Flânant le long de la large allée, Hermione s'arrêtait devant toutes les boutiques, même celles qui ne l'intéressaient pas forcément comme l'échoppe consacrée au Quidditch. Plusieurs élèves de Poudlard étaient là et faisaient leurs emplettes pour la rentrée avec leurs parents, n'ayant pas pu attendre le week-end. En voyant les plus jeunes se bousculer pour acheter leur première baguette ou encore faire des bonds en arrière en inspectant les ingrédients suspects présents sur les étals de l'apothicaire, la Gryffondor se sentit nostalgique. Merlin que Poudlard pouvait lui manquer ! Même si elles avaient été peuplées de danger de toute sorte, ses années là-bas avaient été les meilleures de sa vie. Elle avait rencontré Harry et surtout Ron, elle avait développé ses capacités intellectuelles et était devenu une sorcière accomplie. Les cours et les professeurs lui manquaient, la Grande Salle lui manquait et les visites à Hagrid aussi. En revanche, les prises de bec et les coups bas de Drago Malefoy ne lui manquaient pas du tout. Peut-être était-ce parce que ces derniers l'avaient poursuivi même après Poudlard. La jeune femme se rappela soudain que dans moins d'une semaine elle pourrait y retourner, à l'occasion du dîner avec le Conseil, et cela lui redonna un peu de baume au cœur.

Finalement, elle entra chez « Fleury et Bott », sa boutique préférée, après avoir fait un détour par Gringotts afin de refaire son stock de monnaie.

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Les deux gérants étaient occupés avec plusieurs élèves de Poudlard, la jeune femme se débrouilla donc toute seule. En se rendant dans la section des « Romans », elle passa devant une grande cage où semblaient se disputer plusieurs exemplaires du « Monstrueux Livre des Monstres » nouvelle génération. Réprimant un petit rire, la Gryffondor continua son chemin.

Une demi-heure plus tard, elle sortait avec un grand sac où se trouvait une dizaine de roman plus un livre consacré aux « Sorts avancés pour mages et sorciers ». En le voyant sur un étroit présentoir devant le guichet, elle n'avait pas pu résister et s'était dit qu'il lui permettrait de refaire quelques petits exercices pratiques.

Décidant de profiter encore quelques instants de sa ballade et surtout du calme qui était revenu sur le Chemin de Traverse, Hermione décida d'aller observer les animaux à la « Ménagerie Magique ». Pattenrond était mort depuis plusieurs années et Hermione n'avait pas repris de nouvel animal de compagnie. Bien sûr, avec Ron, ils avaient prévu d'acheter un hibou pour Rose lorsqu'elle entrerait à Poudlard et avaient donc mis de l'argent de côté dans cette intention. Maintenant, elle ne savait plus vraiment quoi en faire.

Il était vrai que si elle voulait pouvoir louer un appartement, elle devait conserver ses maigres économies. D'un autre côté, si c'était pour qu'elle se retrouve toute seule sans même un animal de compagnie, cela allait vite devenir déprimant.

Son regard s'attarda sur un grand hibou majestueux au plumage noir et mordoré qui se tenait de l'autre côté de la vitrine. Celui-ci, la fixait de ses grands yeux jaunes. Il devait sûrement coûter une fortune pensa la jeune femme.

Elle n'entra même pas dans la boutique lorsqu'elle avisa un petit écriteau coincé sous la cage du volatile indiquant « 100 Gallions d'or ».

Détournant le regard du hibou, une moue triste sur le visage, Hermione transplana finalement au Terrier.

Bien sûr, elle et Ron avait accumulé certaines économies avant la mort de ce dernier. Néanmoins cela n'avait été qu'à la sueur de leur front. Ils avaient refusé tout l'argent qu'on leur avait proposé en contrepartie d'une interview, après la défaite de Voldemort. De plus, quand elle avait touché l'héritage que lui avait laissé son mari, Hermione avait tout bonnement refusé de le conserver. Après s'être concertée avec Arthur et Molly, ils avaient pris la décision de céder la somme à un orphelinat pour enfants ayant perdu leurs parents durant la Grande Guerre.

Par la suite, Hermione avait été renvoyée de sa formation et comme elle avait vendu sa maison, n'avait pas eu d'autre choix que de déménager chez ses beaux-parents.

}{

- QUOI ?! s'écria Pansy Parkinson

- Et ouais, répondit Drago une expression de profonde détresse peinte sur son visage.

- Il faut admettre qu'elle a un sacré culot quand même, la petite lionne !

- On s'en fout qu'elle ait du culot, Blaise, moi je plains surtout Dray ! se lamenta Pansy.

Les trois amis étaient attablés devant leur apéritif à un bar du Chemin de Traverse et Drago venait de leur annoncer que Granger faisait partie du Conseil d'Administration de Poudlard.

- Et je suppose que tu lui as fait quelques remarques bien senties ? l'interrogea Blaise Zabini.

- Bah attend mec, pour qui tu me prends ? Je pense même que j'ai réussi à la faire pleurer !

- Ah ouais ? Tu lui as dit quoi Dray ? lui demanda Pansy, surexcitée.

A vrai dire, Drago n'était pas certain que la jeune femme eût pleuré après leur violente dispute mais il en aurait parié son manoir tellement elle semblait bouleversée quand elle avait fui. D'ailleurs, et à ce souvenir Drago se renfrogna, lui non plus n'en avait pas mené large et il avait passé la soirée et une bonne partie de la nuit à ressasser les propos de la Gryffondor.

- Drago ? l'interpella Pansy en faisant claquer ses doigts devant le jeune homme perdu dans ses pensées.

- Hein ? Euh je m'en souviens plus, mentit-il.

Il ne semblait pas avoir convaincu Blaise mais Pansy se satisfit de sa réponse.

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Les trois amis continuèrent de boire leur apéritif en silence. Drago était épuisé et n'aspirait qu'à rentrer chez lui et à rattraper la nuit précédente. Seulement, il avait reçu un hibou de Pansy le matin même, l'invitant à boire un verre avec elle et Blaise après le travail, et quand Pansy proposait, ces messieurs s'exécutaient. Toutefois, c'était plutôt en prévision d'une énorme crise de nerf de leur amie que par réelle intention de lui faire plaisir.

- Tiens quand on parle du loup, dit Blaise en désignant quelque chose derrière eux d'un signe de tête.

C'était Granger. Un gros sac à la main elle se dirigeait vers une boutique un peu plus loin et ne semblait pas les avoir remarqués.

- Et si on l'appelait pour se foutre un peu de sa gueule ? proposa Pansy d'une voix enjouée.

- Non, répondit Drago, catégorique.

Ses deux amis se retournèrent vers lui, réellement surpris.

- Je dois déjà la voir trois fois par semaine au ministère, c'est pas pour en plus devoir me la coltiner en dehors, répondit le garçon d'une voix glaciale devant leur regard interrogateur.

Encore une fois, Pansy se contenta de cette réponse en lançant même un « Oh oui c'est vrai ! Désolée Dray ! » d'un air faussement niais. Blaise, beaucoup plus perspicace, savait qu'il y avait autre chose.

Il avait raison. Drago ne voulait pas que Granger se retrouve devant eux parce que si Pansy commençait à déblatérer toute sorte de conneries, Granger risquerait de reparler de la veille et Drago ne voulait pas qu'ils sachent. Il ne voulait pas non plus réentendre la Gryffondor lui affirmer qu'il gâchait la vie de Scorpius rien que parce qu'il s'appelait Malefoy.

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La conversation reprit mais Drago n'y mettait pas du sien. Il était réellement épuisé et prit finalement congé de ses deux amis.

En rentrant au Manoir, son fils lui apprit qu'un hibou avait déposé une lettre pour lui.

« Réunion du Conseil d'Administration le mercredi 3 juillet, 18h30, salle 14B ».

« Génial ! » songea Drago, faussement réjoui. Il ne s'était pas rendu compte qu'il devrait revoir la Gryffondor dès le lendemain.

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Avec cette idée peu réjouissante en tête, le blond dîna puis monta rapidement se coucher. Non sans s'être, au préalable, servit un verre de Whisky Pur Feu.

}{

Hermione, qui venait de terminer les cinq premiers chapitres d'un des livres achetés plus tôt dans la journée, bailla longuement. Il était encore relativement tôt mais elle était épuisée. Elle allait éteindre lorsqu'une petite voix s'éleva du couloir la faisant sursauter.

- Hermione ? l'appelait Mme Weasley en toquant à la porte.

- Entrez, l'invita Hermione en se redressant de ses couvertures.

- Oh pardon ma chérie, je ne pensais pas que tu étais déjà sur le point de te coucher, s'excusa la petite femme rousse.

- Ce n'est rien Molly, je suis juste fatiguée à cause du nouveau rythme. Je pense que d'ici deux ou trois jours tout sera rentré dans l'ordre.

- D'accord, répondit-elle avec un sourire bienveillant. Je venais juste t'apporter ceci, reprit-elle en tendant à Hermione une petite enveloppe à son nom.

Hermione l'ouvrit et en sortit un minuscule morceau de parchemin sur lequel était écrit :

« Réunion du Conseil d'Administration le mercredi 3 juillet, 18h30, salle 14B ».

OoOoOoO

A six heure et quart, le lendemain, Hermione se trouvait donc devant la porte de la salle 14B. Elle avait réussi à retrouver facilement le chemin qui menait à la salle de réunion, se remémorant le chemin emprunté l'avant-veille lorsqu'elle avait tant peiné à sortir.

Ginny n'était pas là. Elle avait envoyé une note à Hermione lui expliquant qu'elle ne se sentait pas dans son assiette, ce jour-là, à cause de l'état très avancé de sa grossesse. La brune avait d'abord pesté intérieurement. Elle allait se retrouver plus ou moins seule et Malefoy serait là. Cependant, elle s'était vite reprise. La santé de son amie était bien plus importante que l'angoisse puérile que lui inspirait le Serpentard.

OoOoOoO

Quand Percy les fit entrer dans la pièce, Hermione s'assit à côté de Cho à la même place que la fois précédente, au premier rang et complètement sur la droite. Malefoy, qui arriva légèrement en retard, se plaça au fond de la salle et complètement sur la gauche.

La séance du jour fut totalement barbante. Ils durent apposer leur signature – les signatures ne pouvant être dupliquées par la magie - sur tout un tas de papiers administratifs destinés aux autres parents d'élèves, leur expliquant en quoi consistait le Conseil. Ces derniers pouvaient demander à rencontrer le Conseil et c'était aussi par son biais que l'on réglait les différends, qui pouvaient exister entre élèves - ou parents - et professeurs de Poudlard, ne pouvant être administrés uniquement par la directrice.

Au bout d'une heure et demie, les parents d'élèves, qui avaient fortement mal au poignet, apposèrent leur dernière signature sur les derniers formulaires présents sur leur table.

Percy les remercia et leur fit signe qu'ils pouvaient partir.

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Hermione ne se fit pas prier. Elle passa la porte lorsque quelqu'un la bouscula.

- Désolé, grommela la voix.

Elle se retourna, croisa le regard froid de Malefoy qui la réduisit au silence et s'immobilisa sur place.

- Tu pourrais bouger, Granger ? s'agaça le Serpentard.

Hermione reprit ses esprits mais ne bougea pas pour autant.

- Un mot, Malefoy ? demanda-t-elle en utilisant sciemment les mêmes termes que lui deux jours auparavant.

- Non, répliqua le garçon, glacial, en la poussant franchement du passage.

Il reprit alors son chemin sans un regard pour la jeune femme.

Celle-ci était, toutefois, finalement bien décidée à faire ce qu'elle s'était promis et s'élança derrière lui.

- Malefoy, attends ! lui intima-t-elle.

- Bordel Granger mais qu'est-ce que tu peux être chiante ! râla-t-il, sans se retourner pour autant.

Encore une fois, la jeune femme ne se découragea pas et lui lança d'une voix forte :

- Je suis désolée Malefoy !

Ce dernier se raidit brusquement et s'arrêta à deux pas de la porte donnant dans le couloir du Département de la Justice magique, tandis que la dernière personne qui était à la réunion refermait le panneau de bois.

Encouragée par son attitude, Hermione fit quelque pas en avant et reprit la parole.

- Écoute Malefoy, je n'ai pas agi en adulte l'autre jour. Je suis désolée pour ce que j'ai dit à propos de ton fils. Je ne le pensais pas. Et tu as raison je ne te connais pas vraiment.

- Pourquoi tu t'excuse ? demanda le garçon d'une voix tranchante.

Hermione resta interdite. Elle ne comprenait pas sa question.

- Comment ça ?

- Pourquoi tu t'excuses ? répéta-t-il simplement.

- Euh, mes paroles ont dû te blesser et je me suis rendue compte que j'avais dépassé les limites quand je t'ai giflé, alors désolée, expliqua la jeune femme d'une toute petite voix et du mieux qu'elle put après une seconde de silence.

Drago se retourna vivement.

- Tu crois que tes paroles m'ont blessé ? demanda-t-il en ricanant. Mais si tu savais comme j'en ai rien à foutre de ce que tu racontes Granger ! Et tes excuses tu peux te les mettre où je pense. Je sais très bien que tu me crois coupable alors c'est pas la peine de venir faire ta mijaurée pour te donner bonne conscience !

- Parfait ! répliqua la jeune femme, irritée, en passant devant lui pour ouvrir la porte qu'elle claqua violemment derrière elle.

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Le Serpentard ne se départit pas de son sourire en coin. Encore une fois il avait réussi à énerver la Gryffondor alors que c'était elle qui était venue vers lui.

Toutefois, une petite voix lui répétait qu'il n'en avait pas « rien à foutre » comme il le faisait croire, étant donné l'état dans lequel les paroles de Granger l'avaient mis les deux derniers jours. Après tout, pourquoi devrait-il encore penser à ce qu'elle avait dit. Elle-même ne venait-elle pas de lui expliquer qu'elle avait dit tout ceci sous le coup de la colère et qu'elle ne le pensait pas ? Cependant, Drago ne put s'empêcher d'envisager qu'il y avait un fond de vérité dans les critiques qu'elle avait proféré. Il y avait longuement réfléchi et plus le temps passait plus il croyait en la véracité de ses propos. Après tout, son fils avait déjà failli se retrouver confronter à la magie noire à cause de son grand père et de sa propre mère. Ceci parce qu'il était un Malefoy. S'il avait été n'importe quel autre petit garçon il n'aurait pas eu à quitter son domicile et tous ses repères pour fuir dans un autre pays. Drago, lui-même, n'était pas vraiment ce que l'on pouvait appeler un « bon père » pour l'enfant. Une soudaine sensation de culpabilité l'envahit et il lui sembla que tout le poids du monde pesait à présent sur ses épaules. Il chassa cette désagréable sensation comme lui seul pouvait le faire, c'est à dire en dressant de hauts remparts autour de son cœur où aucun sentiment, aucune blessure ne pouvait l'atteindre et, reprenant finalement contenance, il rentra chez lui.

}{

Hermione fulminait. Et bien qu'elle fut à table avec les Weasley, elle ne put s'empêcher de laisser s'exprimer sa mauvaise humeur. Le morceau de Pudding servi par Mrs Weasley en fit largement les frais et elle se sentit honteuse quand cette dernière lui demanda :

- Ça ne te plaît pas ?

- Oh non, non ce n'est pas ça ! Je suis juste d'une humeur massacrante, mais le gâteau est très bon, la rassura la jeune femme avec un sourire en enfouissant un bout dudit gâteau dans sa bouche afin de prouver qu'elle disait vrai.

- Elle a raison Molly, c'est très bon ! commenta Mr Weasley.

Cette dernière rougit sous les compliments et embrassa son mari sur la joue, celui-ci rougissant à son tour.

Soudain, Hermione n'eut plus faim du tout. Même sa colère contre Malefoy était passée.

- Je vais me coucher, dit-elle rapidement à l'intention du couple.

- Bonne nuit, répondirent-ils vaguement, trop occupés à se regarder mutuellement dans les yeux.

Hermione se rua sous la douche. L'eau chaude eut l'effet escompté et elle se sentit un peu moins fébrile en ressortant. Cependant, alors qu'elle s'avançait vers la fenêtre de la chambre de Ginny qu'elle ouvrit en grand, l'air frais du soir la fit frissonner.

- Tu me manques tellement Ron, dit-elle dans un souffle en regardant le ciel.

Une larme coula lentement sur sa joue.

- Vous me manquez tellement.

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Voir toutes les petites attentions que se faisaient les Weasley au quotidien était pénible pour Hermione et ce fut en pleurs que la jeune femme finit par tomber dans un sommeil agité.

OoOoOoO

Scorpius lisait un livre, emprunté dans la bibliothèque familiale un peu plus tôt dans la journée. Il arrivait à un passage qui semblait trépidant lorsque de petits coups secs se firent entendre contre la porte de sa chambre.

L'enfant en fut d'abord étonné. D'habitude personne ne venait toquer à sa porte. Après une seconde de réflexion, il songea que cela devait être Micky qui avait certainement oublié de nettoyer quelque chose.

- Tu peux entrer Micky, l'invita le garçon en se redressant.

- Ce n'est pas l'elfe, c'est moi, annonça une voix froide et traînante que l'enfant reconnu comme étant celle de son père.

}{

Refermant la porte derrière lui, Drago s'approcha du lit de son fils et s'y assit. Son comportement semblait profondément surprendre le gamin qui le regardait avec un mélange d'excitation et d'appréhension.

- Ça va ? demanda le père en essayant d'alléger l'atmosphère.

- Oui et toi, papa ? l'interrogea Scorpius de plus en plus inquiet.

Son père ne répondit pas mais, avec son tact légendaire, expliqua l'objet de sa visite.

- Est-ce que je suis un bon père pour toi Scorpius ?

Il avait posé la question de but en blanc et il fallut quelques secondes à son fils pour répondre.

- Bah oui, pourquoi ?

- Tu es sûr ?

- Je ne comprends pas ta question Papa, répondit le gamin.

Il était proche de la panique. Son père n'était visiblement pas du tout dans son assiette. Jamais il ne lui avait posé de questions aussi étranges.

- Est-ce que tu as honte d'être mon fils, Scorpius ? continua cependant Drago.

- Hein ? QUOI ? s'écria-t-il. Bien sûr que non je n'ai pas honte d'être ton fils, Papa !

- Tu es sûr ? Tu ne préfèrerais pas avoir un autre père ? Je ne sais pas moi, comme... Harry Potter par exemple ?

Employer le nom de son pire ennemi fit tirer, à Drago, une moue de dégoût.

- Ben non, c'est toi mon papa. Je ne vois pas pourquoi je voudrais te remplacer, répliqua l'enfant d'une voix innocente les yeux embués de larmes.

Drago resta muet pendant quelques secondes. Ces deux petites phrases, pourtant toutes simples, venaient de lui redonner du baume au cœur et confiance en lui. Il reprit cependant, mais d'une voix un peu moins grave :

- Et si tu apprenais que j'avais fait quelque chose de grave quand j'étais plus jeune, est-ce que ça changerait ton opinion ?

- Euh ... Non, non ça ne changerait rien. Tu es mon papa à moi et je sais que quoi qu'il arrive tu me protègeras toujours, répondit Scorpius prenant à son tour un ton sérieux. Aussi sérieux que sa voix d'enfant de onze ans le lui permettait.

Encore une fois, Drago se sentit touché en plein cœur par les propos de son fils. Bien sûr qu'il ne laisserait jamais rien lui arriver mais il ne pensait pas que le gamin en avait conscience.

- Pourquoi tu me demandes ça ?

Le Serpentard hésitait. Devait-il avouer à son fils le doute qui l'habitait ? Devait-il abattre totalement les barrières de son cœur ?

Percevant le combat intérieur auquel était soumis Drago, Scorpius le supplia :

- S'il-te-plait, Papa, dis-moi !

- Eh bien, une... dame – ce mot lui écorcha la bouche – m'a dit que tu devais sûrement avoir honte de m'avoir comme père étant donné ma... heu... personnalité et la famille que nous avons, avoua-il, non sans difficulté. Après y avoir réfléchit, je me suis dit qu'elle n'avait peut-être pas tort, lâcha finalement Drago une lueur de tristesse dans la voix.

Merlin que c'était compliqué d'avouer ses sentiments.

- Pourquoi elle t'a dit ça ?

- Parce que j'ai été méchant avec elle. Et qu'elle a cherché à me blesser.

Drago vit que son fils réfléchissait à ses paroles.

- Elle doit bien te connaître, déclara-t-il simplement.

- Quoi ? Pourquoi tu dis ça ?

- Et bien parce qu'elle sait que la seule façon de te blesser c'est de parler de moi.

« Maudite Granger ! » pensa le blond.

- Hum, non Scorp, je pense qu'elle a juste parlé de toi parce que j'ai été méchant avec elle à propos de sa fille.

- Sa fille ? répéta-t-il, les yeux agrandis par l'incompréhension.

Fallait-il lui avouer qu'il avait parlé à Granger ? Encore une fois, le gamin prit les devant.

- Tu as parlé à LA dame ?

- ...

- Pourquoi tu t'en es pris à elle ? s'écria l'enfant, scandalisé.

- C'est pas aussi simple que tu le crois. Elle et moi on se connaît, enfin on était ensemble à Poudlard. Et on n'était pas vraiment ami...

- Et alors ? objecta Scorpius, les sourcils levés et le regard noir comme un parent aurait grondé son enfant.

Drago était estomaqué. Voilà qu'il allait se faire réprimander par son propre fils maintenant !

- J'ai pas pu m'en empêcher. Je suis comme ça et surtout avec elle. C'est qu'une Miss-je-sais-tout, une fille insupportable, une...

Il allait dire « Sang de Bourbe » mais se rattrapa à temps.

Alors je lui ai dit que sa fille et son mari devaient sûrement être bien plus heureux là où ils étaient plutôt que quand ils étaient avec elle.

- C'est elle qui t'as fait cette marque rouge sur la joue l'autre jour ? demanda son fils d'une voix blanche.

- Oui.

- Eh bien, elle a bien fait, lâcha l'enfant.

- Qu... Quoi ?

- Tu n'avais qu'à pas être aussi méchant, Papa. Tu te rends compte ? Elle a déjà perdu toute sa famille à cause de nous et en plus tu en rajoutes, reprocha-t-il en soupirant face à l'attitude très peu adulte de son père.

- Je t'ai déjà dit que ce n'était pas NOTRE faute, répliqua Drago, passablement irrité.

- Mais pour elle, toi, Astoria, Grand-père ou Grand-mère ça ne doit pas faire beaucoup de différence. On est tous des Malefoy à ses yeux.

Il avait dit cela simplement, comme s'il s'agissait d'une vérité immuable.

- Nous ne sommes pas eux Scorp, insista Drago, inquiet de la tournure que prenait la conversation.

- Je le sais Papa. Je sais que toi et Grand-mère vous être différents, que vous ne ferez jamais une chose pareille. Mais en dehors de nous, je pense que tout le monde nous voit uniquement comme des Malefoy, comme les personnes qui se sont cachées pendant que le reste de la famille tuait tout le monde. Tu comprends ?

Jamais Drago n'aurait cru que son fils pouvait être si censé. Ses paroles résonnaient en lui tel un chant douloureux.

- Tu penses, qu'ils nous croient quand même coupable de quelque chose ?!

- Je pense que cette dame, Mrs Weasley...

- Granger, le coupa Drago instinctivement.

Le gamin eut un petit sourire et reprit :

- Je pense qu'elle nous tient pour responsable. Quant aux autres personnes, bah, certaines ont sûrement des doutes...

Plus Drago réfléchissait aux suppositions de son fils, plus il leur trouvait du sens. Il savait que Granger le pensait coupable puisqu'elle lui avait elle-même avoué. En revanche, que d'autres personnes puissent également le tenir en partie responsable était autre chose. C'était vrai que vu de l'extérieur, tout le temps enfermé chez eux, ne parlant à personne, revenus juste après la tuerie, ils devaient paraître suspects même s'ils avaient été innocentés par le Veritaserum.

- Bon et qu'est-ce que tu proposes ? l'interrogea Drago en souriant.

Voyant que son père n'était plus fâché, l'enfant exposa son « plan » :

- Déjà tu dois aller t'excuser auprès de Mrs Granger. Ensuite je pense que tu devrais essayer d'être moins distant et froid avec les autres personnes. Parce que parfois, tu sais, tu fais vraiment peur. Avec tes yeux qui lancent des éclairs...

Scorpius se demanda s'il était allé trop loin. Ils avaient beau être au milieu d'une conversation à cœur ouvert, l'enfant n'avait jamais parlé d'une telle façon à son père.

Ce dernier ne sembla pas lui en tenir rigueur et réprima même un sourire.

- Je peux toujours essayer. Mais concernant les excuses, ça ne va pas être possible.

- Et pourquoi ça ?

- Je suis un Malefoy et elle est une Granger, dit-il simplement comme si cela pouvait tout expliquer.

- Tout ce que je vois c'est que tu l'as beaucoup blessée et que tu dois t'excuser pour lui montrer que tu n'es pas comme elle le pense.

Montrer à Granger qu'elle avait tort ? Ça, Drago pouvait certainement le faire.

- Ok, concéda-t-il de mauvaise grâce.

- Et tu lui feras de vraies excuses d'accord ? Gentiment et en t'assurant qu'elle ait bien compris, ok ?

- Ok ! répéta le père, visiblement contrarié que son fils le mène si facilement par le bout du nez.

Le gamin se mit à sourire de toutes ses dents.

- Bon allez, maintenant au lit ! déclara Malefoy qui trouvait que cette conversation avait largement assez duré comme cela.

- Tu viendras me dire ce qu'elle a dit ? Hein, Papa ?

- Ouais, on verra. Maintenant, va dormir ! commanda son père en se levant.

- Promet ! exigea-t-il.

- OK ! Qu'est-ce que tu peux être agaçant ! pesta le Serpentard.

- Papa ? l'interpella une nouvelle fois Scorpius avant que Drago ne referme la porte.

- Quoi encore ?!

- Je t'aime, dit simplement l'enfant.

Drago s'était figé. Scorpius ne lui avait jamais dit cela et lui non plus. Que faire ? À vrai dire, personne ne lui avait jamais dit qu'il ou elle l'aimait. Même pas Narcissa. Et ces trois petits mots lui faisaient peur. Il signifiait beaucoup trop de chose pour être prononcés à la légère et Drago répugnait l'impact qu'ils pouvaient avoir sur une personne.

Aussi, trop effrayé pour répondre, il ferma la porte sans rien ajouter.

}{

Mais Scorpius connaissait son père. Il savait parfaitement que la conversation qu'ils venaient d'avoir avait déjà beaucoup coûté à Drago. En fait, lorsque le gamin lui avait dit « je t'aime », il n'avait pas attendu de réponse. Il voulait simplement rassurer l'homme complexe qu'était son père. Ce fut donc avec un sourire accroché à ses petites lèvres qu'il s'endormit.

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Drago, lui, s'était réfugié dans sa chambre, encore un peu perdu par ce que Scorpius lui avait dit, et il dut bien admettre que même si ces trois petits mots l'avaient bouleversé, ils l'avaient aussi rassuré.

Se sentant plus léger, il avait réfléchi à ce que lui avait finalement proposé son fils. Même si cela allait à l'encontre de tous ses principes, il devait avouer que l'idée était bonne. Et s'il devait faire ceci pour prouver à la communauté sorcière que lui et sa « vraie » famille n'avaient rien à voir dans le double meurtre, il le ferait. Ne serait-ce que pour assurer à son fils un avenir moins sombre.

« À nous deux, Granger », pensa-t-il en s'endormant.


Et voilà, notre Drago compte enfin prendre les choses en main !

J'espère que ce chapitre vous a plu. Et surtout notre petit Scorpius... car, pour ma part, c'est un personnage que j'adore !

Je vous laisse de nouveau quelques questions afin d'orienter vos reviews, et peut-être incités les récalcitrants et ceux qui manquent d'inspiration, à m'écrire ! :).

Que pensez-vous du caractère d'Hermione ? de Drago ?

Sa réaction vis-à-vis des propos d'Hermione vous a-t-elle semblé pertinente ?

Avez-vous été sensible au comportement de Scorpius ?

Appréciez-vous la progression générale de la fic' ? Le scénario ?

Merci à ceux qui me laisseront leur avis et à dimanche prochaine pour le chapitre 6 ! :) Dimanche... les choses s'accélèreront entre nos deux protagonistes ;).

Kisses !

Chalusse